Henri-Georges Clouzot
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| Henri-Georges Clouzot | |
| Naissance | 20 novembre 1907 Niort |
|---|---|
| Nationalité(s) | |
| Décès | 12 janvier 1977 Paris |
| Profession(s) | Réalisateur |
| Film(s) notable(s) | L'assassin habite au 21, Le Corbeau, Quai des Orfèvres, Le Salaire de la peur, Les Diaboliques, Le Mystère Picasso |
Henri-Georges Clouzot, né le 20 novembre 1907 à Niort et mort le 12 janvier 1977 à Paris est un réalisateur, scénariste, dialoguiste et producteur de cinéma français.
Sommaire |
[modifier] Biographie
Henri-Georges Clouzot est né à Niort, le 20 novembre 1907. Après des études classiques, il se dirige d'abord vers le journalisme. Il commence par superviser les versions françaises des opérettes allemandes[1] puis il écrit des scénarios pour Jacques de Baroncelli, Carmine Gallone ou Viktor Tourjansky.Il enchaîne avec deux adaptations : Les Inconnus dans la maison d'Henri Decoin avec Raimu, d'après le roman éponyme de Georges Simenon et Le Dernier des six de Georges Lacombe avec Pierre Fresnay et Suzy Delair, d'après Stanislas-André Steeman (qu'il adaptera deux fois encore pour L'assassin habite au 21 et Quai des Orfèvres). Il écrit 4 pièces entre 1940 et 1943[2]. Il débute réellement dans la mise en scène en 1942, bénéficiant du départ hors de France des grands réalisateurs (Jean Renoir, Julien Duvivier, René Clair...)[3] avec L'assassin habite au 21 et reforme le couple Pierre Fresnay-Suzy Delair. Puis il réalise en pleine occupation allemande un film sur un expéditeur de lettres anonymes Le Corbeau (1943), qui donne lieu à de vives polémiques dans une France qui souffre alors de la délation. Le scénario est de Louis Chavance d'après un fait divers passé à Tulle dans les années 1920. Une campagne communiste est lancée contre Clouzot (comparant son film à Mein Kampf et l'accusant d'offrir une image négative de la France) et en même temps son film est condamné par les conservateurs et la Centrale catholique pour immoralité tandis même que Goebbels le fait diffuser à l'étranger (mais pas en Allemagne, où il fut jugé trop noir). À la Libération, contrairement à la plupart des autres employés de la Continental-Films (une entreprise créée par Joseph Goebbels), Clouzot échappe à la prison mais se voit frappé d'une suspension professionnelle à vie. Un fameux résistant écrira alors à un détracteur de Clouzot : «Mon cher, tu sais bien que Clouzot n'a pas plus été collabo que toi tu n'as été résistant». Grâce à l'intervention de personnalités (comme Pierre Bost, Jacques Becker, ou encore Henri Jeanson qui signe un texte corrosif «Cocos contre corbeau»...), Clouzot revient à la réalisation et remporte plusieurs récompenses aux festivals de Venise, de Berlin et de Cannes avec Quai des Orfèvres en 1947, Miquette et sa mère en 1949, tous les deux avec Louis Jouvet, Manon (1949) (d'après Manon Lescaut de l'Abbé Prévost), Le Salaire de la peur (d'après le roman de Georges Arnaud), avec Yves Montand et Charles Vanel en 1952, films ayant tous bénéficié d'une large audience. Il fut surnommé le Hitchcock français.
Cinéaste au style classique mais incisif, ses trois premiers films trahissent l'influence du cinéma expressionniste, et surtout Fritz Lang. Il est animé par une sorte de perfectionnisme qui le conduit parfois à tyranniser ses acteurs. Moraliste jetant un regard souvent pessimiste sur la société, il est le réalisateur de plusieurs autres films célèbres dont Les Diaboliques (1954), film policier haut en suspense mettant en scène un couple ambivalent et ambigu interprété par Simone Signoret et Véra Clouzot, soupçonnées du meurtre du mari de cette dernière (Paul Meurisse) par un inspecteur à la logique implacable (Charles Vanel) ; Le Mystère Picasso (1956), un grand documentaire sur la méthode du peintre et sur la naissance de quelques-uns de ses tableaux ; et La Vérité (1960), où Brigitte Bardot trouve son meilleur rôle dramatique.
Henri-Georges Clouzot meurt le 12 janvier 1977 laissant derrière lui une des filmographies les plus abouties et les plus intéressantes du cinéma français.
En 1994, avec L'Enfer, Claude Chabrol a repris le scénario d'un film que Clouzot n'avait pu achever trente ans plus tôt.
[modifier] Réception critique
Clouzot souffre d'une réputation controversée dûe à la réalisation, sous l'occupation, du film Le Corbeau. Le film, produit par la société Continental-Films, dresse le portrait d'un village français affligé d'un délateur envoyant des lettres anonymes. Le film valut à Clouzot une exclusion de la profession en 1944[4].
[modifier] Filmographie
[modifier] Réalisateur
- 1931 : La Terreur des Batignolles (court-métrage)
- 1942 : L'assassin habite au 21
- 1943 : Le Corbeau
- 1947 : Quai des Orfèvres (également dialoguiste)
- 1949 : Manon
- 1949 : Retour à la vie (segment Le Retour de Jean)
- 1950 : Le Voyage en Brésil (inachevé)
- 1950 : Miquette et sa mère
- 1953 : Le Salaire de la peur (également dialoguiste et producteur)
- 1955 : Les Diaboliques (également producteur)
- 1956 : Le Mystère Picasso (également producteur)
- 1957 : Les Espions (également producteur)
- 1960 : La Vérité
- 1964 : L'Enfer, inachevé
- 1967 : Grands chefs d'orchestre (Messa da Requiem von Giuseppe Verdi)
- 1968 : La Prisonnière
[modifier] Superviseur des versions françaises
- 1933 : Tout pour l'amour de Joe May
- 1933 : Caprice de princesse de Karl Hartl
- 1933 : Château de rêve de Géza von Bolváry
[modifier] Scénariste ou dialoguiste
- 1931 : Je serai seule après minuit de Jacques de Baroncelli
- 1931 : Ma cousine de Varsovie de Carmine Gallone
- 1931 : Un soir de rafle de Carmine Gallone
- 1931 : Le Chanteur inconnu de Viktor Tourjansky
- 1932 : Niebla de Benito Perojo
- 1932 : Le Dernier choc de Jacques de Baroncelli
- 1932 : Faut-il les marier ? de Pierre Billon et Carl Lamac
- 1932 : Le Roi des palaces de Carmine Gallone
- 1932 : La Chanson d'une nuit de Pierre Colombier et Anatole Litvak
- 1933 : Château de rêve de Géza von Bolváry
- 1933 : Caprice de princesse
- 1933 : Tout pour l'amour
- 1938 : Éducation de prince d'Alexander Esway
- 1938 : Le Révolté de Léon Mathot
- 1939 : Le Duel de Pierre Fresnay
- 1939 : Le Monde tremblera de Richard Pottier
- 1941 : Le Dernier des six de Georges Lacombe
- 1942 : Les Inconnus dans la maison de Henri Decoin
- 1942 : L'assassin habite au 21
- 1943 : Le Corbeau
- 1947 : Quai des Orfèvres
- 1949 : Manon
- 1950 : Miquette et sa mère
- 1953 : Le Salaire de la peur
- 1955 : Les Diaboliques
- 1956 : Si tous les gars du monde de Christian-Jaque
- 1957 : Les Espions
- 1960 : La Vérité
- 1964 : L'Enfer finalement non tourné
- 1968 : La Prisonnière
- 1994 : L'Enfer de Claude Chabrol sur son scénario de 1964.
- 1996 : Diabolique de Jeremiah S. Chechik, remake de Les Diaboliques
[modifier] Théâtre
- 1941 : Comédie en trois actes d'Henri-Georges Clouzot, Théâtre de la Michodière
- 1942 : Comédie en trois actes d'Henri-Georges Clouzot, Théâtre de l'Athénée
[modifier] Récompenses
- Meilleur réalisateur à la Mostra de Venise 1947 pour Quai des Orfèvres.
- Lion d'or à la Mostra de Venise 1949 pour Manon.
- Prix Méliès pour Manon.
- Ours d'or au festival de Berlin pour Le Salaire de la peur.
- Grand prix (l'équivalent de la palme d'or à l'époque) au Festival de Cannes 1953 pour Le Salaire de la peur.
- Prix Méliès pour Le Salaire de la peur.
- BAFTA du meilleur film pour Le Salaire de la peur.
- Blue Ribbon Awards du meilleur film étranger pour Le Salaire de la peur.
- Prix Louis-Delluc pour Les Diaboliques.
- Prix Edgar Allan Poe du meilleur film étranger pour Les Diaboliques.
- Prix du Jury au Festival de Cannes 1956 pour Le Mystère Picasso.
- Prix du meilleur scénario du film étranger au Festival de Saint-Sébastien pour Si tous les gars du monde (film de Christian-Jaque).
- Meilleur réalisateur au Festival international du film de Mar del Plata pour La Vérité.
[modifier] Divers
- Il fonde sa société de production Vera Films, en lui donnant le prénom de son épouse Véra Clouzot, actrice d'origine brésilienne, qui apparaît au générique de plusieurs de ses films.
- L'Enfer d'Henri-Georges Clouzot est un documentaire sur le film inachevé L'Enfer, il est sorti le 11 novembre 2009 au cinéma.
- Plusieurs remakes de ces films ont été tournés aux États-Unis : La Treizième Lettre (1951) d'Otto Preminger (d'après Le Corbeau), Le Convoi de la peur de William Friedkin (1977) (d'après Le Salaire de la peur) et Diabolique (1996) de Jeremiah S. Chechik (d'après Les Diaboliques).
[modifier] Bibliographie
- François Chalais présente Henri-Georges Clouzot de François Chalais, Éditions Jacques Vautrin, 1950 - (ASIN B0000DLX2D).
- Le Procès Clouzot de Francis Lacassin et Raymond Bellour, Le Terrain vague Clamart, 1964 - (ASIN B0014UW79W).
- Henri-Georges Clouzot de Gérard Pangon et Pascal Mérigeau, 1997, Arte éditions - Mille et une nuits (ISBN 978-2842052485)
- Clouzot cinéaste de José-Louis Bocquet et Marc Godin, Horizon Illimité, 2002 - (ISBN 978-2847870053).
- Romy dans l'enfer : Les images inconnues du film inachevé d'Henri-Georges Clouzot de Serge Bromberg, 2009 (ISBN 978-2226181817).
[modifier] Notes et références
- ↑ Dictionnaire du cinéma - Les réalisateurs de Jean Tulard
- ↑ Dictionnaire du cinéma, Larousse, sous la direction de Jean-Loup Passek
- ↑ Dictionnaire du cinéma - Les réalisateurs de Jean Tulard
- ↑ Dictionnaire du cinéma, Larousse, sous la direction de Jean-Loup Passek
[modifier] Lien interne
[modifier] Lien externe
- (fr+en) Henri-Georges Clouzot sur l’Internet Movie Database.
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La Terreur des Batignolles (1931) |
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