Jean Guillaume Moitte

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Jean-Guillaume Moitte, burin de J.M.N. Frémy, d'après un buste sculpté par Jacques-Édouard Gatteaux.
Hérodote (1806), Paris, façade ouest de la cour Carrée du palais du Louvre.

Jean-Guillaume Moitte, né le à Paris où il est mort le , est un sculpteur français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jean-Guillaume Moitte est le fils du peintre et graveur Pierre-Étienne Moitte (1722-1780). Il fut successivement l’élève des sculpteurs Jean-Baptiste Pigalle et de Jean-Baptiste Lemoyne. Il obtient le premier prix de Rome en sculpture de 1768 avec David portant la tête de Goliath en triomphe. Il entre alors à l’École royale des élèves protégés puis entreprend son séjour romain à la villa Médicis qu’il écourta pour raison de santé. Il y copie des modèles d'armures, armes, casques et autres antiques dont les bas-reliefs de la colonne Trajane[1].

Il travaille pour Henri Auguste, l’orfèvre du roi, et participe à des travaux décoratifs pour des monuments de la capitale. Il exécute des commandes de statues de généraux morts au combat comme la statue de Custine pour le musée de Versailles, le tombeau de Desaix au Grand Saint-Bernard ou celui de Leclerc au Panthéon de Paris. Pour ce dernier édifice, il conçoit et achève en 1793, pendant la Révolution française, le décor de son fronton sur le thème de La Patrie couronnant les Vertus civiles et héroïques[2]. Moitte est, avec le sculpteur Philippe-Laurent Roland, le principal acteur des décors extérieurs sculptés de l’hôtel de Salm à Paris.

Il est membre de l’Institut de France, de l’ordre de la Légion d'honneur et devient professeur à l’École des beaux-arts de Paris le , en remplacement d' Augustin Pajou. C'est Jean-Baptiste Stouf qui lui succède le [3].

Œuvres dans les collections publiques[modifier | modifier le code]

Dessins[modifier | modifier le code]

  • Le Triomphe de Voltaire, 1778, dessin, Paris, musée du Louvre, département des arts graphiques
  • Le Départ, 1798-1799, dessin, musée de la Révolution française de Vizille
  • Orphée en enfer, dessin, Paris, musée du Louvre, département des arts graphiques
  • Orphée et Eurydice, dessin, Paris, musée du Louvre, département des arts graphiques
  • Un sacrifice, dessin, Dijon, musée Magnin

Sculptures[modifier | modifier le code]

  • La Victoire écrivant sur un bouclier, vers 1782-1787, terre cuite, Metropolitan Museum, New York
  • Deux Renommée, vers 1782-1787, bas-reliefs, pierre, Paris, Hôtel de Salm, Palais de la Légion d'honneur, portail principal
  • Fête de Palès, vers 1782-1787, bas-relief, pierre, Paris, Hôtel de Salm, Palais de la Légion d’honneur, au fond de la cour
  • Cinq bas-reliefs et six statues allégoriques, vers 1782-1787, pierre, Paris, Hôtel de Salm, Palais de la Légion d’honneur, corps central quai Anatole-France
  • Cérès, Mars et Diane, vers 1782-1787, études en terre cuite pour les statues se trouvant sur la coupole de l’Hôtel de Salm, Hôtel de Salm, Palais de la Légion d’honneur
  • Rousseau observant les premiers pas de l’enfance, 1790, groupe en terre cuite, Paris, musée Carnavalet
  • la Patrie couronnant les Vertus civiles et héroïques, 1793, décor du fronton du Panthéon de Paris, œuvre détruite sous La Restauration
  • Thucydide, Hérodote, Divinité égyptienne et un Inca, 1806, reliefs, pierre, Paris, palais du Louvre, cour Carrée, attique de la façade Ouest, à droite du Pavillon de l’Horloge
  • Adam Philippe, comte de Custine, général en chef (1742-1793), Salon de 1810, statue en pied plus grande que nature, marbre, château de Versailles, œuvre achevée par Jean-Baptiste Stouf
  • Jean Dominique Cassini (1625-1712), statue terminée en 1810 par Jean-Baptiste Stouf, Observatoire de Paris
  • Leclerc au Panthéon de Paris
  • La Loi, Numa, Manco Capac, Moïse et un Pharaon[4], bas-reliefs, bronze, Paris, musée du Louvre
  • Minerve, statuette, terre cuite, Paris, musée du Louvre
  • Danseuses, frise de l’attique de la barrière d’Enfer, pierre, Paris, place Denfert-Rochereau
  • Portrait de Léonard de Vinci, buste, marbre blanc, château de Fontainebleau
  • Le Rhin et Le Nil, deux bas-reliefs pour le tombeau du général Desaix dans (l’hospice du Grand-Saint-Bernard, ainsi que ses deux plâtres modèles, bas-reliefs, châteaux de Versailles et de Trianon
  • Jean Dominique Cassini (1625-1712), statuette (esquisse), terre cuite, Bayonne, musée Léon-Bonnat
  • La Victoire écrivant sur un bouclier et La Victoire brandissant des lauriers, Metropolitan Museum, New York[5]
  • Place Peyrou à Montpellier
  • Vierge à l'Enfant, deux Anges, statue de Saint Rieul, cathédrale Notre-Dame de Senlis

Bibliographie et sources[modifier | modifier le code]

  • Dictionnaire Bénézit
  • Simone Hoog, (préface de Jean-Pierre Babelon, avec la collaboration de Roland Brossard), Musée national de Versailles. Les sculptures. I- Le musée, Réunion des musées nationaux, Paris, 1993.
  • Pierre Kjellberg, Le Nouveau guide des statues de Paris, La Bibliothèque des Arts, Paris, 1988.
  • Catalogue d’exposition, Skulptur aus dem Louvre. Sculptures françaises néo-classiques. 1760 - 1830, Paris, musée du Louvre, 23 mai - 3 septembre 1990.
  • Didier Rykner, « Deux terres cuites de Moitte acquises par le Metropolitan Museum », sur le site de La Tribune de l'Art, lundi 16 décembre 2013

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Didier Rykner, op.cit
  2. Ce décor sera supprimé au début de la Restauration et remplacé par le haut-relief actuel exécuté par David d'Angers.
  3. Frédéric Chappey, « Les Professeurs de l'École des Beaux-Arts, (1794-1873) », in Romantisme, no 93, 1996, p. 95-101.
  4. [1]
  5. Didier Ryckner, La Tribune de l'Art du lundi 16 décembre 2013.