Henri Germain (banquier)
Henri Germain
Médaille à l'effigie d'Henri Germain, œuvre du médailleur français Charles Pillet (1910).
| Naissance | 19 février 1824 Lyon |
|---|---|
| Décès | 2 février 1905 (à 80 ans) Paris |
| Nationalité | Française |
| Pays de résidence | France |
| Profession | Banquier |
| Activité principale | Finance |
| Autres activités | Politique : président du conseil général de l'Ain et député de l'Ain. |
| Distinctions | Membre de l'Académie des sciences morales et politiques |
| Ascendants | Henri Germain (négociant en soieries) Claudine Lupin |
| Enfants | André Germain (1881-1971), fils (écrivain) |
Henri Germain, né le 19 février 1824 à Lyon et mort le 2 février 1905 en son domicile à Paris (89, rue du Faubourg Saint-Honoré), est un banquier – fondateur au XIX° siècle du Crédit lyonnais – et homme politique français.
En 1904, il formalise la « Doctrine Germain » soit un mode de gestion bancaire selon lequel il convient d'encadrer l'emploi des fonds détenus par les banques selon l'origine et les caractéristiques de ces fonds. Henri Germain pointe en effet les prises de risques excessives opérées par certains banquiers imprudents qui sont tentés de financer dans une proportion exagérée des investissements à long terme avec des ressources collectées à court-terme ( notamment les dépôts à vue des épargnants). Pour empêcher ou réduire ces pratiques potentiellement dangereuses, l'exercice des activités de banque de dépôt, de banque d'investissement ou de banque d'affaires doit être strictement distingué au sein d'un même organisme bancaire, et mieux être séparé en obligeant les institutions financières à se spécialiser. Cette vision de l'exercice spécialisé de la pratique de l'activité bancaire fait l'objet d'une controverse périodique au sein de la profession bancaire. Ceci explique que la réglementation concernant la séparation des métiers bancaires connait des périodes de va-et-vient, tantôt pour la renforcer, tantôt pour la supprimer en défendant le principe opposé d'une « banque à tout faire ».
Jusqu'à la crise financière de 2008, le mouvement des idées évolue plutôt dans le sens d'une déréglementation ou dérégulation pour laisser aux organismes bancaires la liberté de pratiquer simultanément les deux métiers. (Voir notamment la controverse née aux États-Unis, autour de l'abandon du Glass-Steagall Act).
Depuis cette date, suite aux difficultés enregistrées par nombre d'établissements bancaires, l'idée d'une réglementation plus stricte de l'exercice de la profession bancaire revient sur le devant de la scène. Voir à ce sujet les nouveaux épisodes de la controverse : «Volcker Rule» et «Dodd-Frank Act» aux États-Unis. Ainsi que les exigences de la nouvelle réglementation bancaire -dite Bâle III- instaurée par le Comité de Bâle, pour lequel la profession bancaire réclame sinon la suppression, du moins des aménagements.
Sommaire |
Biographie[modifier]
Fils de Henri Germain, négociant en soieries, et de Claudine Lupin, il est le père de l'écrivain André Germain (1881-1971), brièvement marié à Edmée Daudet, fille d'Alphonse Daudet.
Banquier et financier de premier plan, homme politique discret mais influent, la vie d'Henri Germain se confond en grande partie avec le Crédit lyonnais (aujourd'hui LCL, filiale de CASA - Crédit agricole SA), banque dont il a été l'un des fondateurs et le principal animateur de 1863 à sa mort, en 1905.
Il a financé la Société d'enseignement professionnel du Rhône, créée par Arlès_Dufour, et dont il fût le premier président.
En 1882, Henri Germain et son épouse Blanche sont propriétaires de la Villa Orangini, à Nice[1]. Le parc d'acclimatation, aujourd'hui loti, de cette demeure prestigieuse est redessiné par le paysagiste Sébastien-Marcel Biasini.
Carrière[modifier]
- Bancaire
- 1863 : Président-fondateur du Crédit lyonnais (devenu aujourd'hui LCL), sous l'impulsion de François Barthélemy Arlès-Dufour,
- 1865 : Président-fondateur de la Société foncière lyonnaise.
- Politique
- 1871-1883 : président du conseil général de l'Ain.
- 1869-1893 : député de l'Ain, suite à sa victoire contre le député sortant, Alexandre Bodin de Montribloud.
- À Cannes
- 1892 : ouvre le boulevard de la Foncière-Lyonnaise (actuel boulevard Carnot (Cannes)) et est ainsi à l’origine de la fortune du quartier.
- Divers
- Membre de l’Académie des sciences morales et politiques.
Formulation et postérité de la « doctrine Germain »[modifier]
La doctrine Germain préconise la séparation des activités de Banques de dépôt de celles des Banques d'investissement ou d'affaires.
Henri Germain adopte en 1882 puis formule en 1904 ce concept qui inspire le mouvement et les pratiques de spécialisation du secteur bancaire, intervenus entre les années 1880 et 1914 – donc avant les lois adoptées en 1941 qui imposent cette spécialisation.
Publications[modifier]
- La Situation financière de la France en 1886.
- L’État politique de la France en 1886.
Rues portant son nom[modifier]
- À Cannes
- Il existe une rue Henri-Germain à Cannes commençant boulevard Carnot.
- Au Cannet
- Il existe une rue Henri-Germain, entre le boulevard Sadi-Carnot et l'avenue de Lyon.
- À Lyon
- Il existe une rue Henri-Germain, entre la rue Herriot et la rue de la Rébublique[2].
Notes et références[modifier]
- Christian Byk, Regard sur les villas niçoises, p. 91-101, Nice-Historique, année 1989, no 40 Texte
- Rues de Lyon : Rue Henri Germain
Voir aussi[modifier]
Articles connexes[modifier]
- Crédit lyonnais
- Melchior de Vogüé (banquier)
- Glass-Steagall Act (aux États-Unis)
Liens externes[modifier]
- Député du Second Empire
- Ancien député de l'Ain (troisième République)
- Ancien conseiller général de l'Ain
- Ancien président du conseil général de l'Ain
- Académie des sciences morales et politiques
- Banquier français
- Naissance à Lyon
- Naissance en 1824
- Décès en 1905
- Décès à Paris
- Ancien député de l'Ain
- Député à l'Assemblée nationale (1871)
- XIXe siècle à Lyon