Madame Grès

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Germaine Émilie Krebs, dite « Alix », puis « Alix Grès », et enfin célèbre sous le nom de Madame Grès (Paris, 30 novembre 1903 - 24 novembre 1993) est une grande couturière, créatrice de haute couture. Elle exercera sous deux appellations distinguant deux maisons de coutures différentes : « Madame Grès » et « Grès ».

Biographie[modifier | modifier le code]

Tout d'abord séduite par la danse puis par la sculpture, Germaine Émilie Krebs devient finalement modiste. Elle débute en 1934 sous le nom d'Alix et nomme son atelier Alix Couture. Elle obtient la même année le premier prix de Haute couture à l'Exposition universelle de Paris. En 1935, elle réalise les costumes de la pièce La Guerre de Troie n'aura pas lieu, de Jean Giraudoux, dans une mise en scène de Louis Jouvet.

Mariée au sculpteur russe Serge Czerefkov, elle emprunte son nom d'artiste, Grès (qui est le quasi-anagramme de son prénom).

Elle crée ainsi sa propre maison de couture en 1935 sous le nom de Madame Grès au Faubourg Saint-Honoré. Son style est caractérisé par les drapés et les lignes pures. À son retour après l'Exode elle retrouve sa maison de couture qui ne lui appartient plus, son associé l'ayant vendue. Perdant l'usage du nom « Madame Grès », elle fonde une nouvelle entreprise sous le nom de « Grès »[1]. La nouvelle maison de couture est installée de 1942 à 1988 au 1, rue de la Paix, à Paris ; elle habite dans le XVIe arrondissement[2].

Son style vestimentaire personnel est immuable : des pulls à col-roulé et un turban dans les cheveux. À l'inverse de Coco Chanel, elle ne porte jamais ses créations[2] mais des vêtements cousus par ses ouvrières. Elle mesure 1 mètre 50[2].

Dans les années 1950, elle crée son premier parfum Cabochard, qui sera suivi par Cabotine.

Lucien François, chroniqueur de mode, en a fait le portrait : « Avec son fin visage dont le vaste front est toujours orné de son turban, et ses yeux dont il ne lui est pas facile d'éteindre la malice, telle est Madame Grès ».

En 1983 elle lance sa première collection de prêt-à-porter qu'elle souhaite maitriser en totalité[3]. Au nom de la Chambre syndicale de la haute couture, elle remet la Légion d'Honneur à Lola Prusac. Au milieu des années 1980, elle est présidente de la Fédération française de la couture[4].

En 1982, elle cède la parfumerie, puis, en 1984, la maison de couture à Bernard Tapie. La griffe est rachetée en 1986 par la maison Jacques Esterel, puis cédée en 1988 au groupe japonais Yagi Tsusho limited qui engage comme directeur artistique le couturier Lloyd Klein[5] qui poursuit la création et les collections sous le nom de Grès[6]. Lloyd Klein quitte la Maison Grès en 1995 pour poursuivre ses propres collections à New York.

Elle disparaît en 1993 dans une grande discrétion voulue par sa famille.

Expositions[modifier | modifier le code]

En 1994, elle a été exposée au Metropolitan Museum de New York.

En 2003, au Musée de Bourgoin-Jallieu, l'exposition Madame Grès, entre ombre et lumière a présenté une sélection de modèles de madame Grès, grâce à la maison de couture Jacques Esterel, propriétaire de la collection .

En 2011, elle est exposée au musée Bourdelle qui lui consacre sa première rétrospective parisienne.

En 2012, elle expose au Musée de la Mode (MoMu) d'Anvers.

Le pli Grès[modifier | modifier le code]

Madame Grès a travaillé une étoffe en jersey de soie qu'elle avait commandé spécialement aux fabricants. Le pli Grès est formé pendant la construction de la robe, puis cousu. Il consiste à réduire un lé de tissu de 280 cm de large à 7 cm par la seule création de multiples plis très serrés. Ses robes drapées d'inspiration antique, ont fait sa renommée. C'est un des trois types de plis portant le nom de leur créateur[7]

Clientes célèbres[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Didier Grumbach, Histoires de la mode, Paris, Éditions du Regard,‎ 2008 (1re éd. 1993 Éditions du Seuil), 452 p. (ISBN 978-2-84105-223-3), « La défense de la tradition : Madame Grès », p. 59
  2. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k et l Paris Match, semaine du 24 au 30 mars 2011, p. 36-37.
  3. Madeleine Delpierre et Davray-Piékolek, Le costume : la haute couture 1945-1995, Paris, Flammarion, coll. « Tout l'art »,‎ mai 1997 (1re éd. 1991), 80 p. (ISBN 2-08-011236-8), « Le costume : la haute couture 1945- 1995 », p. 51
  4. Jean-Luc Dufresne, Musée Christian-Dior et al., Dior, les années Bohan, Art Lys Eds,‎ mai 2009 (ISBN 978-2854953732), p. 110
  5. http://www.yagitsu.co.jp/english/brand/gres/
  6. luxe magazine
  7. http://www.intellego.fr/soutien-scolaire-Terminale-BEP/aide-scolaire-Arts-appliques/Le-plein-de-plis-Madame-Gres/2079 intellego
  8. Le Jour, 19 avril 1938.

Biographie[modifier | modifier le code]

  • Laurence Benaïm, Madame Grès, Éditions Assouline, 1999
  • Patricia Mears, Madame Grès : Sphinx of Fashion, Yale University Press, 2008
  • Madame Grès : la couture à l’œuvre, catalogue de l'exposition, Paris Musées, 2011

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]