Jacques Doucet (couturier)

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Une création de Jacques Doucet dessinée par George Barbier.
L'hôtel particulier de Jacques Doucet, 33 rue Saint-James, Neuilly-sur-Seine, 1929. Joseph Csaky conçu l'escalier, Henri Laurens la fontaine, Jacques Lipchitz le manteau de la cheminée, Louis Marcoussis un tapis cubiste. Le sculpteur Gustave Miklos et d'autres ont collaboré à la décoration du studio

Jacques Doucet, né à Paris le 19 février 1853 et mort à Paris le 30 octobre 1929, est un grand couturier, collectionneur et mécène français, personnalité de la vie artistique et littéraire parisienne des années 1880-1920.

Biographie[modifier | modifier le code]

Le grand couturier

Propriétaire d’un magasin hérité de sa mère, rue de la Paix, Jacques Doucet fonde à Paris une des premières maisons de haute couture. Sa riche clientèle d’actrices et de femmes du monde — Réjane, Sarah Bernhardt, Liane de Pougy, la Belle Otéro — lui assure une fortune et lui permet de satisfaire ses passions d’amateur d’art et de bibliophile. Il forma Paul Poiret (1898-1901).

En 1925, le financier Georges Aubert prend le contrôle de la maison Doucet et provoque un rapprochement avec la maison de Georges Dœuillet. Après la crise de 1929, la nouvelle société Dœuillet-Doucet perdure jusqu'en 1937.

Le collectionneur et mécène

Après avoir réuni des objets d’art du XVIIIe siècle — tableaux, dessins, sculptures, œuvres d’ébénisterie et de marqueterie —, il s’intéresse aux livres de cette même époque. En 1912, il vend cette première collection pour acquérir des toiles de Manet, Cézanne, Degas, van Gogh, Bakst, Arthur Jacquin.

Mais Doucet a des visées plus vastes. Dès 1909, il finance des « cellules de recherche » sur l'histoire de l'art dans son exhaustivité. Il commande de véritables programmes de recherche, s'entourant d'éminents spécialistes. Il s'intéresse à tout et achète sans compter. Il est même l'un des premiers à comprendre la valeur des manuscrits. Constatant la pénurie documentaire dont souffre l'histoire de l'art, il constitue, avec l'aide de son premier bibliothécaire René-Jean puis de nombreux spécialistes, une bibliothèque couvrant l'art de tous les temps et de tous les pays. Il tient en outre à acquérir les sources elles-mêmes, nécessaires à tout historien d'art. En 1917, il offre sa bibliothèque à l'Université de Paris : elle deviendra la Bibliothèque d'art et d'archéologie Jacques Doucet, puis, en 2003, la bibliothèque de l'Institut national d'histoire de l'art - collections Jacques Doucet.

Ami d'André Suarès, il collectionne ses manuscrits, s’intéresse à ceux de la génération précédente — Stendhal, Baudelaire, Verlaine, Rimbaud — et de la génération contemporaine : Apollinaire, Gide, Cocteau, Mauriac, Montherlant, Maurois, Morand, Valéry, Proust, Giraudoux. Il fait recouvrir ces manuscrits de reliures modernes avant de donner cette bibliothèque littéraire à l’Université de Paris, en 1929 : elle deviendra la Bibliothèque littéraire Jacques Doucet. Doucet eut également un rôle de mécène auprès de nombreux écrivains tels que André Suarès, Max Jacob, Reverdy, André Breton, Louis Aragon. En 1924, il est le premier propriétaire des Demoiselles d'Avignon de Picasso : achetées sans avoir été déroulées parce qu'elles trainaient dans un coin de l'atelier du peintre, elles seront estimées quelques mois plus tard entre deux et trois cent mille francs[1]. Le musée Angladon à Avignon, créé par ses héritiers, abrite une partie importante de son ancienne collection.

Créations[modifier | modifier le code]

Planches extraites de la Gazette du Bon Ton :

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Germain Bazin, Histoire de l'histoire de l'art, Paris : Albin Michel, 1986, pp. 470-473.
  • Vincent Bouvet, "Jacques Doucet", Beaux arts magazine no. 21, Levallois, février 1985, pp. 58-65.
  • Michel Ragon, "Jacques Doucet", Cimaise no. 204, Paris, janvier-mars 1990, pp. 85-104.
  • Pierre Gassier (dir.), De Goya à Matisse : estampes de la Collection Jacques Doucet [catalogue d'exposition], Martigny : Fondation Pierre Gianadda, 1992.
  • Andrée Doucet, Jacques Doucet et la poésie, Paris : Galilée, 2002.
  • Bernard Comment & François Chapon, Doucet de fonds en combles : Trésors d'une bibliothèque d'art, Paris : Herscher, 2004.
  • Michel Collot, Yves Peyré et Maryse Vassevière (eds.), La bibliothèque littéraire Jacques Doucet : Archive de la modernité. Actes du colloque tenu en Sorbonne les 5, 6 et 7 février 2004, Paris : Presses de la Sorbonne Nouvelle & Ed. des Cendres, 2007.
  • Edouard Graham, Les écrivains de Jacques Doucet, Paris : Bibliothèque littéraire Jacques Doucet, 2011.

Biographies[modifier | modifier le code]

  • François Chapon, Mystère et splendeurs de Jacques Doucet 1853-1929, Paris : JC Lattès, 1983.
  • François Chapon, C'était Jacques Doucet, Paris : Fayard, 2006.

Catalogue raisonné de l'oeuvre[modifier | modifier le code]

  • Andrée Doucet, L'oeuvre comlet 1942-1994 [catalogue raisonné], 3 volumes:
    • Tome I : Jacques Doucet : parcours 1942-49, Paris : Galilée, 1996.
    • TomeII : Jacques Doucet : parcours 1960-1976, Paris : Galilée, 1998.
    • Tome III : Jacques Doucet : parcours 1977-1994, Paris : Galilée, 1999.

Ecrits de Jacques Doucet[modifier | modifier le code]

  • Jacques Doucet, Lustrales, Porrentruy : Éditions des Portes de France, 1946.
  • Jacques Doucet, La vue seconde, Paris : P. Seghers, 1950.
  • Jacques Doucet & André Suarès, Le condottiere et le magicien, correspondance établie, choisie et préfacée par François Chapon, Paris : Julliard, 1994.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Lettre du 17 janvier 1926 d'Henri-Pierre Roché à Jacques Doucet.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]