Chapeau

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Le chapeau est un couvre-chef, devenu un accessoire de mode. Il se distingue des autres couvre-chefs par sa matière (le feutre), la présence d'un bord plus ou moins large, et sa mise en forme.

Coiffes et chapeaux médiévaux (Enluminure du Codex manesse, 1320)
Évolution du chapeau en peau de castor au Canada, cause de forte régression de cette espèce
Femme avec un chapeau, en 1901.

Définitions[modifier | modifier le code]

Le mot chapeau vient de l'ancien français chapel, lui-même issu du latin caput (tête). En normand il a donné le mot cap, qui désigne en Anglais le bonnet (et non le chapeau).

Selon le dictionnaire d'Ancien français de Godefroy, le terme de chapel est une "coiffure que les hommes et les femmes mettent sur leur tête pour sortir" mais aussi une "couronne dans l'acception générale", et notamment une couronne de fleurs sens qui sera conservé jusqu'au XVIIIe siècle au moins.

Dans la première édition de son Dictionnaire françois en 1680 Richelet le définit comme une "couverture de tête dont l'homme se sert durant le jour et qui est composée de deux parties, dont l'une s'appelle forme et l'autre bord" (l'édition de 1715 en rajoutera une troisième, le lien).

L'article du dictionnaire de l'académie française de 1694 le définit comme une "coiffure, habillement de teste pour homme, qui a une forme et des bords. Autrefois on les faisoit de drap ou d'estoffe de soye, maintenant on les fait de laine ou de poil que l'on foule" ainsi que comme « une couronne qu'on met sur la teste dans quelque resjoüissance, dans quelque feste solemnelle", citant : "les Prestres à la procession portoient un chapeau desur la teste[1]

Les mots capa, capella ont la même racine. Selon le Dictionnaire encyclopédique de l'Histoire de France de Ph. Le Bas[2] Chapel « dans l'origine, fut un diminutif, non pas du chaperon (comme d'autres l'ont dit...) mais du capuchon qui accompagnait la chape, et servait à couvrir la tête) ».

Organisation du métier et fabrication[modifier | modifier le code]

L'organisation du métier[modifier | modifier le code]

La fabrication du chapeau est faite par les chapeliers, une profession attestée à Paris depuis 1323 (Livre des métiers d'Étienne Boileau), qui est parfois regroupée avec celle des bonnetiers qui utilisent eux-aussi du feutre (Rouen, Marseille). À Paris, les chapeliers sont d'abord divisés entre chapeliers de feutre, chapeliers de coton, de plume ou encore ceux de fleurs, avant d'être réunis, puis au XVe siècle, érigés en un métier distinct des bonnetiers. Le métier existe également dans d'autres pays : les chapeliers londoniens sont une corporation florissante aux XVIe et XVIIe siècles.

Le métier, à savoir l'accession à la maîtrise, le travail effectif et la qualité de la production, est réglementé par une série de statuts (1387, 1578, 1612, 1658) et par une série de règlements sur la qualité au XVIIIe siècle[3].

À la disparition des corporations, à partir de la Révolution française pour la France, la fabrication du chapeau devient également le fait des modistes. Dès le XVIIe siècle, les manufactures de chapellerie complètent la production en atelier : les chapeaux sont produits en plus grand nombre et en prêt-à-porter.

Le formier est l'artisan sur bois qui sculpte des blocs de tilleul en différentes formes, selon la demande des modistes ou des chapeliers, pour la mise en forme des chapeaux de feutre ou de paille ou de tissu.

Une fabrication quasiment inchangée depuis le XIVe siècle[modifier | modifier le code]

Les principales techniques de fabrication des chapeaux furent mises au point au XIVe siècle et n'ont guère évolué depuis. Quel que soit le matériau utilisé pour faire le feutre (castor ou bièvre, laine, vigogne), les étapes de fabrication ne changent pas. Ces étapes sont au nombre de cinq, dont une subsidiaire : préparation du poil, foulage, mise en forme, teinture et garniture[4].

  • la préparation du poil consiste à couper le poil de castor et de vigogne des peaux, puis à les épurer en les arçonnant (une sorte de cardage).
  • le foulage est la transformation de ce poil en feutre : avant la mécanisation au XIXe siècle, le poil ou la laine cardés sont agencés en sorte de triangles nommés capades, que l'on réunit pour former une cloche. La foule, par l'action de l'eau chaude et du mouvement de va-et-vient et de pression de l'ouvrier, va feutrer la cloche, et lui donner de la solidité et son caractère imperméable. Avec la mécanisation, le poil et la laine seront directement soufflés sur une forme de cloche avant que celle-ci soit foulée. Pendant cette opération, la cloche va perdre les deux tiers de sa taille originelle.
  • La mise en forme fait passer la cloche au stade de chapeau : elle est placée sur une forme en bois, qui comprend seulement la calotte (jusqu'au XIXe siècle) puis la calotte et les bords. Au XIXe siècle, la cloche peut être mise en forme par pression sur des formes en métal.
  • La teinture est une étape subsidiaire. Elle consiste à plonger le chapeau dans un bain de teinture (pour la couleur noire on utilise de la noix de galle puis avec les progrès de la chimie des teintures chimiques) en alternant bain et oxydation en plein air. La majorité des chapeaux sont noirs, mais on peut les teindre en d'autres couleurs, dès le XVIe siècle : le rouge est une couleur appréciée, en 1610 Louis XIII se fait livrer un castor teint en "vert de mer".
  • La garniture finalise le chapeau : après séchage il est déformé de sa forme en bois, les poils disgracieux sont coupés ou brûlés, on le recouvre d'un apprêt imperméabilisant, on lui ajoute une coiffe et un cordon, et parfois des broderies.

En matière de chapeau le prêt-à-porter est la norme. En 1843, deux chapeliers français, M. Allié et M. Maillard firent breveter un outil, le conformateur, qui permettait de relever la conformation précise de la tête. La conformation des chapeaux était une étape de la vente obligatoire du fait de leur rigidité (haut-de-forme, chapeau melon, canotier). Elle était assurée par le chapelier de ville. Cet outil, principalement dédié aux chapeaux sur mesure, est encore utilisé pour la fabrication de certains chapeaux de théâtre. Les formes standard sont toujours utilisées pour les chapeaux de grande distribution suivant trois conformations : l'ovale normal, l'ovale allongé et l'ovale rond.

Historique[modifier | modifier le code]

Une utilisation dès l'Antiquité[modifier | modifier le code]

On n'a pas de traces de chapeau datant de la préhistoire, mais il est possible qu'ils aient existé.

Des chapeaux sont en tous cas portés dès l'Antiquité, dont par exemple le pétase. Dans son Thresor de la langue françoyse, paru en 1606, Jean Nicot cite le « chapeau contre le bronzage/hasle du Soleil » (Causia, Vmbella), celui de paille de blé « fait d'espis de bled » (Corona spicea), le « chapeau de fleurs, ou Bouquet » (Sertum, Strophium), le « Chapeau deentrelassées et entassées » (Pactilis corona).

Au Moyen Âge, selon Philippe Le Bas, leur usage est attesté dès le règne de Charles VI, où les chapeaux fréquemment portés à la campagne sont adoptés à la ville « mais seulement les jours de pluie ». On sait que Charles VII, pour son entrée dans Rouen en 1449, portait un chapeau de castor. Louis XI est fréquemment représenté avec son chapeau orné d'enseignes, des "images en plomb des saints auxquels il avait le plus de dévotion ».

Évoluant au gré des modes, il continue à être utilisé, même si au XVIIIe siècle, en raison des volumineuses perruques, les hommes portent au bras leur bicorne. En France son usage est petit à petit réservé aux femmes avant qu'au XVIIIe siècle les dames de la cour n'arborent les créations de leurs marchandes de modes.

Le chapeau continue alors d'être portés par les deux sexes jusqu'à la fin de la seconde guerre mondiale. Aujourd'hui, il n'est plus qu'un accessoire de mode, porté lors d'occasion spéciale (mariage, enterrement) ou pour se protéger des éléments (pluie, soleil).

L'évolution des formes de chapeaux[modifier | modifier le code]

La forme du chapeau évolue sur trois éléments : le bord du chapeau, dit aussi "aile", la hauteur de la calotte, la forme de cette calotte (ronde, carrée, en pointe).

Dans la première moitié du XVIe siècle, la mode française est au chapeau à la calotte très plate et au bord très étroit. La calotte augmente petit à petit dans la seconde moitié du XVIe siècle, formant la toque recouverte de tissu plissé et à petits bords qui caractérisent notamment les portraits de Henri III. À l'extrême fin du XVIe siècle, le chapeau voit sa calotte diminuer et ses bords s'élargir un temps.

Dès 1610, mais surtout dans les années 1620-1630, la mode est sous influence hollandaise, avec les chapeaux en "pain de sucre", à savoir à calotte haute et conique et aux bords étroits. Dès 1630 cependant la taille de la calotte diminue tandis que celle des bords augmente. Au début du règne de Louis XIV, la mode est au chapeau de mousquetaire, à savoir une calotte de petite taille, carrée, masquée par un grand panache, et aux bords très large. Dès les années 1670, à la Cour, les hommes préfèrent porter des chapeaux à petite calotte et à bords de taille moyenne ou petite.

r ont été si appréciés qu’ils ont contribué à la forte régression de cette espèce en Europe, mais aussi au Québec et Canada où s'est portée la demande européenne

On s'aperçut ensuite que ses bords étendus gênaient le maniement des armes ; « alors on imagina pour les troupes le chapeau à trois cornes, qui est la coiffure militaire, et la coiffure d'étiquette dans les hauts rangs de la société. Sous le ministère du comte de Saint-Germain, on s'avisa de coiffer les brigadiers de cavalerie de chapeaux à quatre cornes; mais cet usage ne dura pas. Depuis un peu plus de trente ans, les troupes ont quitté le chapeau pour le bonnet à poil, le shako ou le casque, quand elles sont sous les armes. Dans le monde, la coiffure générale des citoyens est aujourd'hui le chapeau rond de couleur noire; celle des fonctionnaires, dans les cérémonies publiques, est le chapeau noir à cornes, orné de plumes. Celle des militaires en petite tenue est le même chapeau, avec ou sans plumes, suivant le grade. Les ecclésiastiques portent aussi le chapeau à trois cornes, mais lui donnent une forme particulière ».

Homme avec chapeau, photographie de 1860.

Comme souvent dans les périodes tumultueuses, le chapeau peut servir à une expression politique ou de soutien à un régime. En juillet 1815, après les 100 jours, il fallait porter du blanc. On peut lire dans le Journal de Rouen du 13 juillet 1815, un avis en forme de consigne pour la nouvelle mode: « Les chapeaux de paille blanche de la dernière forme ont la passe quarrée, très saillante, et un fond plat qui déborde d'un travers de doigt, et forme bourrelet sur la passe. Entre la passe et le fond, on met une guirlande en diadème, beaucoup plus épaisse au milieu que des extrémités. Elle est composée de roses blanches ou de lys, de myrte ou de jasmin. (... ) Les modistes posent sur ces chapeaux trois roses blanches et trois plumes duveteuse. »[5]

En 1845, l'encyclopédiste Ph. Le Bas ajoute[2] que la généralisation du chapeau « nécessita l'établissement de grandes fabriques, notamment à Lyon et à Paris, et l'on fit bientôt une telle consommation de castors, que ceux que l'on trouvait en France, et spécialement dans les îles du Rhône, étant détruits, il fallut poursuivre ces animaux industrieux et inoffensifs jusque dans les lacs glacés du Canada » (...)
« On imagina de suppléer à leur fourrure par celle d’animaux indigènes (lièvre, lapin et même le chien caniche). On a aussi fait en « peluche de soie » des chapeaux légers moins chers qu’en feutre, et pour l'été des chapeaux gris en feutre, des chapeaux en paille, en osier, en lacets et en étoffes de soie ou de coton dont les formes varient au gré de la mode. On fabrique, pour les voituriers et les marins, des chapeaux de bourre ou de laine commune, que l'on revêt de plusieurs couches de vernis qui leur donnent de l'éclat, de la durée, et les rendent impénétrables à la pluie ».

Mode au XXe siècle[modifier | modifier le code]

Jusqu’à la Première Guerre mondiale, le chapeau est un élément indispensable de la toilette. Son absence signale au regard, l’ouvrière qui sort « en cheveux ». Dans toutes les villes des modistes répondent à la demande d’une énorme clientèle en créant leurs propres modèles ou en adaptant ceux de la mode parisienne[6].

Au tournant du XIXe siècle, la silhouette se modifie. Le grand chapeau apparaît avec le costume tailleur vers 1900[7]. Il permet d’équilibrer la toute nouvelle jupe cloche. La garniture est  posée très haut sur des chapeaux de plus en plus larges. Ils sont maintenus par des épingles à chapeau, nouvel accessoire.

Les liens entre la haute couture et les chapeaux remontent à Worth et à sa collaboration avec Mme Virot dans les années 1890[8]. « Une bonne modiste était capable d’interpréter l’esprit d’une collection sans sacrifier sa propre créativité. Bien que leur contribution ne fût pas officiellement reconnue, tous ceux qui faisaient partie du monde fermé de la mode parisienne savaient quelles modistes avaient créé les modèles qui accompagnaient la collection présentée par son couturier ».

Les grandes modistes de cette époque sont Caroline Reboux, Lucienne Rebaté, les sœurs Legroux, madame Blanchot, Lewis, Marie Alphonsine.

Années 1920[modifier | modifier le code]

Sous l’influence de Paul Poiret les robes deviennent plus simples dès les années 1910. La silhouette s’allonge et s’aplatit. De nouvelles coiffures sont créées pour les activités sportives : automobile, bain, canotage. Les femmes coupent leurs cheveux. Un nouveau chapeau apparaît, le chapeau cloche à côté de la capeline et de la toque. Parmi les grands noms de cette époque, on trouve Rose Valois, Suzanne Talbot[7].

Coco Chanel débuta comme modiste avant de se lancer dans la haute couture. Ses chapeaux étaient comme ses vêtements, inhabituels tant par la pureté de leur ligne que par la. Contrairement à Elsa Schiaparelli qui « aimait choquer et adorait les paradoxes des surréalistes. Elle utilisait les chapeaux comme un point d’exclamation, une « folie » qui couronnait un look et donnait matière à discussion. Le concept de la démesure était entré dans l’histoire des modes du XXe siècle »[8].

Années 1930[modifier | modifier le code]

La chevelure et le chapeau vont constituer des éléments essentiels de l’esthétique féminine, symbolisant peut être le mieux cette époque[7]. Il existe un chapeau pour tous les évènements de la journée. Les chapeaux garnis sont à l’honneur. Les garnitures sont posées près du visage. Les chapeaux reprennent de la hauteur à la fin des années 1930. Les lignes verticales sont ainsi à l’honneur et sont encore accentuées par des drapés en hauteur, des coques, des aigrettes, des ailes, des nœuds disposés au sommet de la calotte. Avec Schiaparelli, les grandes modistes de cette époque sont Rose Valois, Louise Bourbon, Germaine Page, Rose Descat, Gaby Mono, Agnès et Claude Saint-Cyr.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Le monde de la mode traverse une crise pendant la Guerre. Certaines maisons de haute couture ferment leurs portes. La pénurie des matériaux touchent celles qui continuent leur activité. C’est l’époque des matériaux de substitution : la fibranne, la rayonne, le bois, la paille, le liège. « Le modélisme s’accommode de ces difficultés mieux que la couture et est très novateur. Ce bouleversement permet l’éclosion de jeunes talents : Albouy, Gabrielle, Gilbert Orce »[6]. « L’heure est aux performances : chapeau en papier journal d’Albouy, toque en copeaux de bois d’Agnès »[9]. Selon l’historienne Dominique Veillon : «… l’exubérance créatrice des couvre-chefs peut s’expliquer comme la manifestation diffuse d’une révolte contre la dureté de l’époque »[10]. Les chapeaux apportent également des solutions concrètes au froid (capuchon), à la difficulté d’entretenir ses cheveux (turban et foulard).

Après-guerre[modifier | modifier le code]

La fin de la Guerre et la disparition progressive des pénuries marque le retour des belles matières, une volonté de raffinement et d’opulence, à l’image des créations de Christian Dior nécessitant des mètres de tissu. Les petits chapeaux alternent avec les grands, en fonction des robes larges et des minces tailleurs.

Couvre-chef et apparat en Europe[modifier | modifier le code]

On se souvient des chapeaux extravagants des élégantes du siècle dit des lumières à ceux du XIXe siècle, mais les rois et princes d’Asie et d’Europe ont très tôt acheté des chapeaux aussi complexes et plus coûteux, aux chapeliers. alors qu’aux mêmes époques dans d’autres région du monde les couvre-chef complexes fait de plumes et d’autres ornements étaient probablement depuis longtemps fabriqués et portés. Le métier de chapelier était en France déjà codifié sous Louis IX, comme le montre un chapitre du Registre des métiers[11]. À titre d’exemple la comptabilité[12], de l'an 1351 décrit pour une commande un chapeau de castor enrichi d’or, perles et émaux commandé par le roi pour « maistre Jean, le fol du roy » ;

« Baillez à Kathelot la chapellière, pour un chappel de bièvre (chapeau de castor ; bièvre est l'ancien nom du castor européen, dont le poil est utilisé pour fabriquer du feutre), fourré d'armines (de fourrure d'hermines), « couvert par dessus d'un roisier (rosier ?) dont « la tige estoit guippée d'or de Chippre, et les feuilles d'or soudé ; ouvré par dessus d'or de Chippre, de grosses perles de compte et de grenas, et les rosés faites et ouvrées de grosses perles, toutes de compte, et « par les costez avoit deux grandes quintefeuilles d'or soudé, semées de grosses perles, de grenas, de pierres esmaillées et pardessus le chappel, en haut, avoit un dauphin fait d'or, tournant à vis sur un tuyau d'argent. Lequel chappel garny de boutons, de perles rondètes et menues, et orfroiriées de bisete d'or de plite et de grosses « perles, mons le dauphin commanda à l'argentier, et en chargea faire tel et d'icelle devise, pour donner à maistre Jean, le fol du roy. »

Cette même comptabilité précise plus loin que Kathelot, la chapelière a reçu cinquante ventres de menu vair qui avaient coûté 5 livres 6 sous, pour fourrer un « chapeau de bièvre » destiné au roi.

Types[modifier | modifier le code]

Différents chapeaux

Usage[modifier | modifier le code]

Bien plus qu'un moyen de se protéger des intempéries, le chapeau est un accessoire de mode permettant d'exprimer sa stature sociale.

Comme le vêtement, le chapeau semble avoir eu un double rôle, de protection (contre le froid, le soleil, la pluie, les embruns, voire certains combats...), mais aussi d'affirmation d'un statut social (chapeau d'apparat), d'une appartenance ethnique ou clanique... pour finalement devenir un accessoire de mode à part entière.La tradition veut que le fait d'ôter son chapeau (se découvrir) soit une marque de respect et d'humilité (du moins pour les hommes ; pour les femmes, l'usage est différent[précision nécessaire]) ; la coutume s'est répandue jusqu'à devenir un signe de salut.

En 1889, le comte de Larmandie écrivit même un guide du coup de chapeau. Selon lui le chapeau s'ôte d'un geste large, gracieux et brusque, le chapeau doit rester un instant en l'air avant d'être remis rapidement sur la tête.

Chapeau et arts du spectacle[modifier | modifier le code]

Dans les années 1750, le chapeau est d'une telle importance dans la société qu'il fait l'objet d'un spectacle de music-hall par le mime français Tabarin. Il disposait d'un feutre à large bord et à calotte creuse, qu'il pliait et dépliait pour lui donner la forme des couvre-chefs à la mode en adaptant son expression au sens qu'il voulait donner au chapeau qu'il représentait. Ce spectacle disparut avec son auteur mais fut réactualisé vers 1870 par Monsieur Fusier au point que ce genre de spectacle prit le nom de chapeaugraphie et devint très en vogue dans les années 1900.

Les jongleurs et les magiciens utilisent aussi le chapeau comme accessoire. Le premier homme à avoir fait sortir un lapin d'un chapeau est Louis Comte, un comique de cour français, en 1814. Ce numéro resta à la mode pendant tout le XIXe siècle. Le chapeau melon en feutre est fréquemment utilisé comme instrument de manipulation en jonglerie. Le cône traditionnel de feutre blanc est, chez le clown, un symbole de pouvoir, planté fièrement sur le crâne, légèrement de côté, certains y ajoutent même des plumes comme les clowns espagnols. Parfois aussi ce cône fait penser au chapeau d'Arlequin, avec des larges bords. Le chapeau de l'auguste est souvent mou, de forme plate, écrasé malencontreusement ou déformé par un coup de batte bien placé. Il est de toute façon malmené.

Couvre-chef professionnel : les chapeaux dans le travail[13][modifier | modifier le code]

Dans les sociétés occidentales, les chapeaux de travail servent à indiquer rang et profession. 

L’uniforme vêtement d’autorité[14][modifier | modifier le code]

Au XIXe les agents de l’administration se voient dotés de vêtement spécifique[15]. Ces vêtements étaient assortis de chapeau :  bicorne noir pour l’administration centrale en usage jusqu’au milieu du XX siècle, le képi pour la préfectorale et la coloniale. Les grands services de l’État se voient attribuer un képi (services pénitentiaires, police) ou la casquette qui s’est plus largement imposée depuis les années 1980. Le vêtement ecclésiastique assorti d’un bonnet carré à partir du XVIIe siècle, laisse place au béret quand la soutane est remplacée à la ville par le costume ordinaire. La laïcisation de l’assistance publique entraîne la réglementation des costumes du personnel, dont le port du bonnet, remplacé par le voile en 1917 et tombé depuis en désuétude.

Le couvre-chef de protection[modifier | modifier le code]

Les premiers casques de protection civils ont été créés en cuir ou en cuivre (sapeurs-pompiers français) pour les forces de police et les pompiers. Ils ont été étendus aux activités sportives (cheval, cyclisme, moto). Ils sont désormais fabriqués en fibre de verre, polystyrène expansé.

Les coiffures de Sainte-Catherine[modifier | modifier le code]

Yvonne de Sike, responsable du département Europe du Musée de l’Homme à Paris commente ainsi cette coutume[16]. « Catherine, fille de notables d’Alexandrie au début du Ive siècle et convertie au christianisme refusait toute proposition de mariage […]. Jadis, dans les ateliers de couture, le jour de la Sainte-Catherine, on coiffait de chapeaux farfelus les jeunes filles ayant atteint l’âge fatidique. Cette pratique donnait lieu à des réjouissances et à des bals populaires. C’était évidemment une façon indirecte de faire rentrer rituellement dans le « circuit » des épouses potentielles, celles qui, autrement, risquaient d’en être exclues ».

Vocabulaire[modifier | modifier le code]

Vocabulaire associé[modifier | modifier le code]

  • Bourdalou : ruban ou cordon entourant la base de la calotte d'un chapeau.
  • Pleureuses : plumes d'autruche ornant les chapeaux de dames vers 1900.

Expressions[modifier | modifier le code]

  • Chapeau ! : Félicitations !
  • Coup de chapeau, chapeau bas, tirer son chapeau : salut, rendre hommage à quelqu'un.
  • En baver des ronds de chapeau  : action effectuée avec une grande difficulté.
  • Porter le chapeau : endosser la culpabilité.
  • Sortir du chapeau : faire apparaître comme par magie.
  • Travailler du chapeau : délirer, être fou.
  • S'occuper du chapeau de la gamine  : se mêler des affaires des autres.
  • Faire un coup du chapeau : marquer trois buts dans un même match de football.
  • Avaler son chapeau : être contraint d'accepter une situation contre sa volonté.
  • Retraite-chapeau régime dérogatoire de retraite de présidents ou directeurs généraux financée intégralement par l'entreprise.

Personnages portant souvent des chapeaux[modifier | modifier le code]

Chapeau féminin de 1911

Personnalités[modifier | modifier le code]

Personnages de fiction[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dictionnaire de l'Académie française, première édition, 1694, article "chapeau".
  2. a et b L'Univers, ou Histoire et description de tous les peuples, de leurs religions, mœurs, coutumes, etc. Dictionnaire encyclopédique de l'Histoire de France, tome IV, par M. Ph. Le Bas, Membre de l'Institut, page 498 (article Chapeau)
  3. René de Lespinasse, Les Métiers et Corporations de la ville de Paris, XIV-XVIII, Paris : Impr. nationale, 1898. Tome 3, métier "chapelier".
  4. Encyclopédie de Diderot et d'Alembert, article "Chapeau"; L'Art du chapelier de l'abbé Nollet, 1798 [an VII] à Paris : chez Calixte Volland (première édition 1765).
  5. « Le Journal de Rouen », sur Arch. Dép. de Seine-Maritime,‎ 13 juillet 1815 (consulté le 20 septembre 2014)
  6. a et b Lucien Terras, L'histoire du chapeau, Paris, J. Damase,‎ 1987 (ISBN 2-904-63216-6)
  7. a, b et c Éliane Bolomier, Cent ans de chapeaux, 1870-1970 : catalogue, Chazelles-sur-Lyon (16 route de Saint-Galmier, 42140, Musée du chapeau,‎ 1993 (ISBN 2-950-72500-7)
  8. a et b Colin McDowell (trad. Sophie Froissard), Le chapeau et la mode : fascination, charme, rang et style : des origines à nos jours, Paris, Celiv (ISBN 978-2-865-35208-1)
  9. Anne Bony, Les années 1940 d’Anne Bony, Paris : Éditions du regard, 1985. (ISBN 2-903370-20-6)
  10. Dominique Veillon. La mode sous l’occupation : débrouillardise et coquetterie dans la France en guerre (1939-1945). Paris : Payot, 1990
  11. Ouvrage rédigé en 1260, par Étienne Boileau, prévôt de Paris
  12. d’Étienne de la Fontaine, argentier du roi Jean
  13. Colin McDowell (trad. Sophie Froissard), Le chapeau et la mode : fascination, charme, rang et style : des origines à nos jours, Paris, CELIV,‎ 1992 (ISBN 978-2-865-35208-1)
  14. Olivier Renaudeau (Ce livre a été réalisé à l'occasion de la troisième exposition du Centre national du costume de scène et de la scénographie à Moulins, en partenariat avec le Musée de l'Armée à Paris), J'aime les militaires, Paris, Somogy,‎ 2007 (ISBN 978-2-757-20074-2)
  15. Uniformes civils français : cérémonial et circonstances 1750-1980. Paris : Musée de la mode et du costume, 1983. 100 p.
  16. Florence Müller et Lydia Kamitsis, Les chapeaux : une histoire de tête, Paris, Syros-Alternatives,‎ 1993 (ISBN 2-867-38872-4)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Bernard Allaire, Pelleteries, manchons et chapeaux de castor: les pelleteries nord-américaines à Paris 1500-1635, Québec, Septentrion & Paris, PUPS, 1999, 304 pages.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]