Mary Quant

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Mary Quant en 1966.

Mary Quant OBE, FCSD est une couturière britannique née le 11 février 1934 à Blackheath. Elle fait partie des créateurs ayant donné naissance à la minijupe.

Biographie[modifier | modifier le code]

Études et débuts dans la mode[modifier | modifier le code]

Née à Blackheath dans le Sud-est de Londres de parents enseignants gallois (Jack et Mary Quant, issus d'une famille de mineurs), Mary Quant étudie à la Blackheath High School (en) puis l’illustration à l’université de Goldsmith (en) (où elle rencontre son futur mari Alexander Plunkett-Greene), les écoles d'art étant désormais ouvertes à la classe ouvrière depuis la récente gratuité de l'enseignement supérieur, ce qui est à l'origine du Swinging London[1]. Elle décroche par la suite un poste chez un couturier. En octobre 1955, elle s’est associée à son mari[2], et leur comptable Archie McNair, pour ouvrir une boutique de vêtements sur Kings Road à Londres, le « Bazaar », entièrement aménagé par le designer Terence Conran[3]. Pas uniquement une boutique, c'est également un lieu de rencontres artistiques, mélange de musique, design et art[4].

À la suite des bonnes ventes obtenues pour un modèle innovant de pyjamas, et se trouvant insatisfaite de la variété de vêtements qui lui étaient présentés, Mary Quant décide de créer sa propre ligne de vêtements. Travaillant au départ uniquement seule, elle emploie par la suite une poignée de confectionneurs ; en 1966, elle travaillait avec dix-huit fabricants différents, mis en concurrence.

Création de la mini-jupe et ascension[modifier | modifier le code]

Ses jupes devenaient de plus en plus courtes depuis 1958 — un développement qu’elle considère pratique et libérateur, permettant aux femmes de courir après un bus. La minijupe, qui l’a rendue célèbre, est devenue la référence de la mode des années 1960. La minijupe était également développée par André Courrèges, sans qu'on sache réellement qui a eu l’idée le premier[5],[6]. Mary Quant a nommé la minijupe d’après son modèle de voiture préféré, la Mini[réf. nécessaire].

En 1961, Mary Quant ouvre un second Bazaar à Knightsbridge et, dès le milieu des années 1960, elle exporte le London Look vers les États-Unis[7],[8], tout d'abord chez J. C. Penney[9]. Pour répondre à la demande, elle s’engage dans la production de masse, mettant en place le groupe Ginger. Sa popularité est à son apogée dans les années 1960, époque durant laquelle elle produit la courte « micro-minijupe », le maquillage « boîte de peinture », et les imperméables en plastique. Elle est alors un symbole de la mode de la capitale anglaise. À la fin des années 1960, elle lance le short (« hot pants »), qui est sa dernière création de mode. Durant les années 1970 et 1980, elle s’intéresse aux accessoires de maison et au maquillage.

La « Mini Quant »[modifier | modifier le code]

En 1988, Mary Quant dessine l’intérieur de la nouvelle Mini (1000) Designer (originellement appelée la Mini Quant, mais on changea son nom car les diagrammes de popularité étaient contre le fait d’avoir le nom de Quant sur une voiture). Elle avait des sièges rayés en noir et blanc avec un tableau de bord rouge. Les ceintures de sécurité étaient rouges, et les sièges conducteur et passager étaient signés en haut à gauche. Le volant portait également la signature de Mary Quant. Les phares, les garde-boue, les poignées de portes et les pare-chocs étaient gris mat, en lieu et place des classiques finitions noires ou chromées. Deux mille véhicules furent disponibles à la vente en Grande-Bretagne dès le 15 juin 1988 ; un certain nombre de mini supplémentaires furent fabriquées pour les marchés étrangers. L’édition spéciale de la Mini fut présentée en deux couleurs, en noir et en blanc laiteux.

Démission et legs[modifier | modifier le code]

En 2000, elle a démissionné de son poste de directrice de Mary Quant Ltd., sa compagnie de cosmétiques, après un rachat par un groupe japonais. Il existe plus de 200 boutiques aux couleurs de Mary Quant au Japon, où la mode Quant garde une certaine popularité.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Mary Quant a un fils, prénommé Orlando.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Hommage[modifier | modifier le code]

Laurent Voulzy lui a consacré une chanson.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Patrick Liegibel, « Révolution dans les sixties : la minijupe », émission Au fil de l'histoire sur France Inter, 29 août 2012
  2. Chronique de la France, éditions Chronique, page 1182, (ISBN 2-03-503228-8).
  3. (en) « Magical memory tour of London », sur The Daily Telegraph,‎ 15 juillet 2007
  4. Cally Blackman (trad. Hélène Tordo), 100 ans de mode [« 100 years of fashion »], Paris, La Martinière,‎ avril 2013, 399 p. (ISBN 978-2-7324-5710-9, résumé), p. 213
  5. Cally Blackman (trad. Hélène Tordo), 100 ans de mode [« 100 years of fashion »], Paris, La Martinière,‎ avril 2013, 399 p. (ISBN 978-2-7324-5710-9, résumé), p. 217
    « […] la minijupe. Vêtement emblématique s'il en est, elle continue d'alimenter les polémiques. Qui l'a inventée ? Dès le début de sa carrière, Mary Quant remonte les ourlets de plus en plus haut, et André Courrèges présente dans sa collection de 1965 un modèle très court. Quoi qu'il en soit, la mini s'impose […] »
  6. Cally Blackman (trad. Hélène Tordo), 100 ans de mode [« 100 years of fashion »], Paris, La Martinière,‎ avril 2013, 399 p. (ISBN 978-2-7324-5710-9, résumé), p. 232
    « Comme Pierre Cardin et Mary Quant, et pratiquement au même moment, il [André Courrèges] raccourcit la jupe. »
  7. Cally Blackman (trad. Hélène Tordo), 100 ans de mode [« 100 years of fashion »], Paris, La Martinière,‎ avril 2013, 399 p. (ISBN 978-2-7324-5710-9, résumé), « 1960-… », p. 216
    « En 1965, elle [Mary Quant] part à l'assaut des États-Unis pour promouvoir le London Look […] Dans la première moitié des années 1960, c'est une « invasion britannique » qui déferle sur les États-Unis, et Mary Quant en représente une facette, de même que le photographe David Bailey et ses séries de photos en plein cœur de Manhattan avec Jean Shrimpton […] »
  8. Cally Blackman (trad. Hélène Tordo), 100 ans de mode [« 100 years of fashion »], Paris, La Martinière,‎ avril 2013, 399 p. (ISBN 978-2-7324-5710-9, résumé), « 1960-… », p. 225
    « En 1965, sa tournée promotionnelle aux États-Unis fait sensation : les mannequins défilent pieds nus en dansant sur le podium. la « petite Anglaise » confirme sa position de reine internationale du London look. »
  9. (en) Design Museum et Paula Reed, Fifty fashon looks that changed the 1960s, Londres, Conran Octopus,‎ 2012, 114 p. (ISBN 978 1 84091 604 1, résumé), « Mary Quant - 1967 », p. 74

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]