Mémorial des guerres en Indochine

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43° 26′ 43″ N 6° 45′ 06″ E / 43.44528, 6.75167 (Mémorial des Guerres en Indochine)

En 1986, la ville de Fréjus se propose d'accueillir le Mémorial des guerres en Indochine sur le site de l'ancien camp militaire Galliéni, où avaient notamment séjourné des tirailleurs indochinois pendant la Grande Guerre (au sein du Centre de Transit des Troupes Indigènes Coloniales), et où figurait déjà un premier monument commémoratif des guerres d'Indochine élevé en 1983. Le mémorial est inauguré le 16 février 1993 par M. François Mitterrand, président de la République française.

Œuvre de l'architecte Bernard Desmoulin, le mémorial est implanté sur un terrain de 23 403 m2, s'inscrivant dans une circulation périphérique de 110 m de diamètre. Le cercle reprend le thème du périple et symbolise à la fois l'enceinte militaire héritière du cercle spirituel des tribus.

Les rangs d’alvéoles ont reçu les ossements des 17 188 militaires identifiés et rapatriés depuis le Vietnam entre les mois d'octobre 1986 et d'octobre 1987. S’y ajoutent 62 corps de militaires provenant de la nécropole de Luynes où ils avaient été inhumés antérieurement à 1975. Les corps reposant dans la nécropole de Fréjus sont ceux de militaires « Morts pour la France » décédés soit entre 1940 et 1945, soit, majoritairement, entre 1946 et 1954.

Par ailleurs, dans la crypte du mémorial, les restes mortels des 3 152 victimes inconnues reposent dans un ossuaire.

À titre exceptionnel – les cimetières nationaux étant légalement réservés aux seuls militaires « Morts pour la France » en temps de guerre – 3 515 civils, dont 25 non identifiés, ont également été inhumés sur le site, dans un columbarium édifié sous la partie nord-ouest de la circulation périphérique.

En outre, un mur du souvenir a été érigé sur lequel sont gravés les noms de près de 34 000 morts des guerres d'Indochine dont les corps ne reposent pas à Fréjus.

Le mémorial est contigu à une pagode bouddhiste.

Journée nationale d'hommage aux morts pour la France en Indochine[modifier | modifier le code]

Le 8 juin 2005, pour la première fois, partout en France, fut célébrée la journée nationale d'hommage aux morts pour la France en Indochine.

Au cours de la cérémonie officielle célébrée dans la Cour d'Honneur des Invalides, Madame Michèle Alliot-Marie, ministre de la Défense prononça le discours suivant :

« Il y a 51 ans, les armes se taisaient en Indochine.

Ce silence clôturait un siècle d'épopée française en Extrême-Orient.

Il mettait un terme douloureux à une guerre de huit ans commencée au lendemain de la cruelle occupation japonaise.

Loin de leurs foyers, sur des terrains inhospitaliers, face à un adversaire insaisissable, valeureux et sans cesse mieux armé, les combattants du corps expéditionnaire français ont lutté inlassablement, avec une foi, une ardeur, un courage et un dévouement qui forcent l'admiration et imposent le respect.

Leur sacrifice fut immense. Leur tribut fut celui de la souffrance, du sang, et de la mort.

De 1945 à 1954, près de 100 000 soldats de l'Union française sont tombés en Indochine. Plus de 76 000 ont été blessés.

40 000 ont été fait prisonniers. Parmi eux, 30 000 ne sont jamais revenus. L'éclat de leur bravoure, le panache de leur engagement ne rencontreront trop souvent, en métropole, que l'indifférence ou l'hostilité de leurs concitoyens.

Tous ces combattants ont lutté, ont souffert, sont morts, avec, sans doute, le sentiment amer de l'abandon, la blessure ultime de l'ingratitude.

Ne les oublions pas.

Parachutistes, légionnaires, coloniaux, tirailleurs, métropolitains, gendarmes, marins, aviateurs, médecins et infirmières : ils venaient de France, d'Europe, d'Afrique du Nord ou d'Afrique noire.

Leurs frères d'armes vietnamiens se battaient pour leur terre, pour leur liberté, par fidélité.

Ils étaient jeunes. Ils sont morts au détour d'une piste, dans la boue d'une rizière, dans un camp de prisonniers.

Aujourd'hui, pour la première fois, la Nation rend officiellement un hommage solennel à nos combattants d'Indochine.

La France n'oublie pas.

À cette occasion, nous nous recueillons devant la dépouille d'un de ces combattants.

Il est tombé là-bas, il y a plus de 50 ans, quelque part au bord de la Nam Youn, dans la plaine de Diên Biên Phu, ultime théâtre de ce drame dont la grandeur nous dépasse.

À travers lui, c'est à l'ensemble de ses camarades que nous rendons hommage.

Que les combats de nos soldats en Indochine puissent rester gravés à jamais dans la mémoire du peuple français.

Leurs actions héroïques étaient l'aboutissement d'une certaine conception du monde, dont les principes ont pour nom liberté, justice et démocratie.

Aujourd'hui, dans ces pays, après de longues années de nouvelles souffrances, la guerre appartient désormais à l'Histoire. De nouvelles pages de paix, de coopération et d'amitié ont été écrites et s'écriront encore.

Dans un monde incertain, où la paix n'est jamais acquise, que le souvenir des exploits de nos combattants, que la force des valeurs qu'ils ont illustrées, nous aident à rester debout, en hommes libres, vigilants et déterminés.

Honneur aux combattants d'Indochine ! ».

Mur du Souvenir[modifier | modifier le code]

Sur un mur de 64 mètres de longueur, 34 935 noms, classés par année de décès puis dans l'ordre alphabétique, sont inscrits sur 438 plaques disposées de part et d'autre d'une carte d'Indochine en bronze, ultime rappel de ces terres lointaines. Quelques-uns des noms de ces soldats figurent ci-dessous classés par régiments d'appartenance.


Régiment d'infanterie-chars de marine[modifier | modifier le code]

insigne régimentaire du régiment d'infanterie-chars de marine, ancien régiment d'infanterie coloniale du Maroc.

2e régiment de parachutistes d'infanterie de marine[modifier | modifier le code]

Insigne du 2° BCCP.jpg
  • caporal-chef Lefebvre Claude au 2eBataillon colonial de commandos parachutistes :
  • 1er classe Thédule Victor au 2eBataillon colonial de commandos parachutistes :

3e régiment de parachutistes d'infanterie de marine[modifier | modifier le code]

insigne du 3e BCCP
  • Caporal-chef Letreut Marcel du 3e bataillon de commandos coloniaux parachutistes (3e BCCP) :
    • né le 20 novembre 1927 à Caen
    • domicilié à Écouché
    • fait prisonnier dans la région de That Khe du Tonkin le 15 octobre 1950
    • décédé juin où juillet 1951
    • Deux citations à l'ordre de la brigade (2 avril 1949 et 2 mars 1950), de la Médaille coloniale avec agrafe « Extrême-Orient » de la Croix de guerre des TOE avec étoile bronze.
    • inscrit sur le mur du souvenir à Fréjus.
  • « Accroché le 30 novembre 1949 à La-Tien, a réagi immédiatement à la tête de son Stik. Le 3 janvier 1950, au cours d'un fort accrochage avec une compagnie de rebelle, a foncé à la tête de ses hommes, tuant et blessant de nombreux Việt Minh, récupérant des armes et des grenades ». Chacune de ses citations comporte l'attribution de la Croix de guerre T.O.E avec étoile de bronze.
  • Le 2e classe Autret Jean Louis, du 3e bataillon de commandos coloniaux parachutistes (3e BCCP) :
    • né le 25 juin 1929 à Plouguerneau
    • porté disparu le 15 octobre 1950 sur rapport circonstancié du chef d'escadron Decorse du 23 octobre 1950.
    • parachuté le 8 octobre 1950 dans la région de That Khe et a disparu avec son unité
    • décédé en captivité au camp n° 2 de Cao Bang le 9 août 1951. Ces renseignements ont été portés le 26 janvier 1952 sur un rectificatif à L’État Nominatif de Perte signé par le chef d'escadron Bertrand, commandant le centre administratif d'Extrême-Orient.
    • Inscrit sur le mur du souvenir à Fréjus et sur le monument aux morts de Plouguerneau.

6e régiment de parachutistes d'infanterie de marine[modifier | modifier le code]

insigne régimentaire du 6e R.P.I.Ma
  • Marsouin parachutiste Fouquerant Pierre, du 6e bataillon parachutistes coloniaux :
  • Caporal-Chef Eglemme Claude, du 6ème bataillon de parachutistes coloniaux :né le 5 mai 1932 à Laval-de-Cère,
    • mort pour la France en captivité en juillet 1954 après la défaite de Dien Bien Phu
    • inscrit sur le monument du souvenir de Fréjus
    • Médaille militaire à titre posthume
    • Croix de guerre des théâtres d'opérations extérieures, avec palme et étoiles
    • Médaille coloniale avec agrafe « Extrême-Orient »
    • Médaille des blessés
    • Médaille commémorative de la campagne d'Indochine

8e régiment de parachutistes d'infanterie de marine[modifier | modifier le code]

insigne régimentaire du 8e BPC

11e régiment d'infanterie coloniale[modifier | modifier le code]

insigne régimentaire du 8e BPC
  • Sous-lieutenant Cordier Jean-Pierre du 11e R.I.C :

1er régiment de chasseurs parachutistes[modifier | modifier le code]

insigne régimentaire du 1er régiment de chasseurs parachutistes

2e bataillon parachutiste de choc[modifier | modifier le code]

Insigne du 2e choc.jpg

9e régiment d'infanterie de marine[modifier | modifier le code]

9e R I Ma.jpg
  • caporal/chef Brisset Maurice du 9e R.I.C :

22e régiment d'infanterie coloniale[modifier | modifier le code]

Insigne du 22e RIC.jpg

2e bataillon étranger de parachutistes[modifier | modifier le code]

Insigne2REP.jpg
  • Le légionnaire de 1er classe Bidault Bernard du 2e B.E.P :

2e régiment étranger d'infanterie[modifier | modifier le code]

2rei.jpg

1er régiment étranger de cavalerie[modifier | modifier le code]

1rec.jpg

régiment d'artillerie coloniale du maroc[modifier | modifier le code]

Insigne du RACM.jpg

Canonnier d'un courage exemplaire.

13e demi-brigade de Légion étrangère[modifier | modifier le code]

Insigne régimentaire de la 13e Demi-brigade de Légion étrangère.jpg

3e régiment étranger d'infanterie[modifier | modifier le code]

3rei.jpg

49e régiment d'infanterie[modifier | modifier le code]

Insigne régimentaire du 49° Régiment d’Infanterie, 1e Bataillon de Marche Extrême.Orient.jpg
  • Soldat de 2e classe Hamel Henri de la 2e compagnie d'appui du 1er bataillon de marche du 49e R.I :
    • né le 17 février 1927 à Caen (Calvados)
    • domicilié à Alençon
    • décédé le 9 avril 1947 à Phu-Kinh dans le secteur de Hue (Annam)
    • inscrit sur le mur du souvenir de Fréjus
  • Sergent Ténette Jacques de la 5° Cie du 1° Bataillon de Marche du 49° RI
    • né le 24 novembre 1924 Arches (Vosges)
    • domicilié à Eauze (Gers)
    • décédé le 14 mars 1947 à Tourane (Annam)
    • inscrit sur le Mur du Souvenir de Fréjus.

7e régiment de tirailleurs algériens[modifier | modifier le code]

7e Régiment de Tirailleurs Algériens, type 3.jpg

Jeune appelé venu comme volontaire.

10e régiment mixte d'infanterie coloniale[modifier | modifier le code]

Insigne régimentaire du 10e Régiment mixte d'infanterie coloniale.jpg

Il lutte jusqu'à l'épuisement de ses munitions et se donne la mort plutôt que de tomber aux mains de l'ennemi.

Guerre de Corée 1950-1953[modifier | modifier le code]

Le Bataillon français de l'ONU le 25 août 1950 le gouvernement décide d'envoyer un bataillon en Corée. ce bataillon composé de volontaires est créé au camp d'Auvours dans la Sarthe. Il est confié au colonel Monclar (Général Magrin-Verneret dit Monclar). Le 6 novembre 1953 le bataillon est envoyé en Indochine.

Voici quelques noms de ses soldats morts ci-dessous.

Bataillon français de l'ONU[modifier | modifier le code]

Insigne du bataillon de Corée (156e RI).GIF

Chef de groupe plein d'audace réfléchie, grièvement blessé au cours d'une action, est décédé des suites de ses blessures.

Chef de pièce réputé pour son courage.

  • Sergent Jardin André du bataillon français de l'ONU :

Sources et bibliographies[modifier | modifier le code]

  • Service départemental de l'Orne, mémorial des Ornais morts en Indochine et en Corée.
  • Bureau central des archives administratives militaires (BCAAM) division des archives collectives.
  • Office national des anciens combattants et victime de guerre.
  • ONAC mémoire et solidarité (Hôtel des Invalides à Paris).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. 81eAnnée-Mai-Juin. n°3-Organe de la Fédération Nationale André-Maginot, page 03. Editorial (mai-juin 2010) le président fédéral Maurice Gambert.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]