Traditions à la Légion étrangère

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Au sein de la Légion étrangère, les traditions sont nombreuses et variées. Leur but est de cimenter et de créer un esprit de corps au sein de groupes d'hommes venus d'horizons différents, à la recherches de valeurs parfois très éclectiques.

Le nombre et l'origine de ces traditions sont variables. Elles ont été apportées par les hommes qui ont forgé cette troupe, avec leurs cultures, leurs habitudes ; elles ont sans cesse évolué, au fil des temps et des recrutements, sans jamais se figer dans un absolutisme rigoureux.

Même si ces traditions sont, depuis 2006, codifiées au sein du "Recueil des traditions de la Légion étrangère", celui-ci est régulièrement revu et mis à jour afin de s'adapter à l'Institution.

Devises[modifier | modifier le code]

Devise de la Légion[modifier | modifier le code]

Legio Patria Nostra
La Légion est notre Patrie

L'origine de cette devise est aujourd'hui mal connue. On ne sait pas exactement quand, ni comment elle est née et a été adoptée. Néanmoins, l'appartenance à cette Patrie, à cette nouvelle famille, n'oblige pas à la répudiation de la première. La Légion étrangère respecte la patrie d’origine du légionnaire et il est parfaitement libre de conserver sa nationalité. À tel point que la Légion demande son accord à tout légionnaire qui pourrait être envoyé sur un théâtre d’opération sur lequel son pays d’origine serait également engagé.

La devise de la Légion étrangère est "HONNEUR ET FIDELITÉ" comme "HONNEUR ET PATRIE" est la devise de l'armée "régulière" (les autres armes de l'armée française). "LEGIO PATRIA NOSTRA" est la devise du 3e R.E.I. Il semble que cette dernière devienne, à l'usage, la devise de la Légion.

Devise des régiments[modifier | modifier le code]

  • 2e REP : More Majorum ("à la manière des Anciens").
  • 3e REI : Legio Patria Nostra ("la Légion est notre Patrie")
  • 13e DBLE : More Majorum ("à la manière des Anciens")
  • 2e REI : Être prêt.
  • DLEM : Pericula ludus ("au danger mon plaisir").
  • 1er REC : Nec pluribus impar ("à nul autre pareil").
  • 1er REG : Ad unum ("jusqu'au dernier").
  • 2e REG : Rien n'empêche.

Les couleurs de tradition[modifier | modifier le code]

Le vert et le rouge : couleurs héritées des Suisses de la 2e Légion (1855) qui tinrent à garder leur marque distinctive.

Les drapeaux[modifier | modifier le code]

Les drapeaux des régiments de la Légion étrangère portent l'inscription "Honneur et Fidélité" contrairement aux autres drapeaux de l'armée française qui portent l'inscription "Honneur et Patrie".

Traditions vestimentaires[modifier | modifier le code]

Le képi blanc[modifier | modifier le code]

Le couvre-képi kaki, parfois complété par un couvre-nuque, était porté par les troupes qui participèrent à la conquête de l'Algérie et du Maroc. Il était destiné à les protéger du soleil. Mais entre l'action du soleil et les lavages répétés, il eut vite tendance à devenir blanc, marquant ainsi la fierté des plus anciens.

Ensuite, par habitude, puis par tradition, la Légion porte le képi blanc en tenue d'été et le képi règlementaire en tenue d'hiver. Le 14 juillet 1939, la Légion défile sur les Champs-Élysées en tenue d'été… et képi blanc. Le port en est ensuite généralisé dans les unités à tel point qu'en 1959, l'intendance livre les premiers képis blancs "règlementaires".

À noter que les sous-officiers, les caporaux-chefs et brigadiers-chefs ayant plus de quinze années de service à la Légion, comme les officiers, portent le képi noir.

Le béret vert[modifier | modifier le code]

Le képi blanc est remplacé au cours d'opérations sur le terrain par le béret vert. Il fut introduit au 1er BEP, futur 1er REP, en 1948.

Il est, à partir de 1959, le couvre-chef règlementaire de service courant de toute la Légion, le képi blanc n'étant plus porté qu'en tenue de sortie ou de cérémonie.

Les épaulettes vertes[modifier | modifier le code]

Les épaulettes de tradition "vert et rouge" font partie de la tenue à la Légion étrangère depuis 1868. Elles sont désormais portées par les sous-officiers subalternes (jusqu'au grade de sergent-chef) et les militaires du rang.

La seule distinction est que pour les caporaux-chefs et les sous-officiers (ainsi que pour tous les personnels de la Musique de la Légion étrangère et des pionniers), ces épaulettes présentent une bance dorée entre la galette verte et les franges rouges.

La ceinture bleue[modifier | modifier le code]

La ceinture de laine pour les troupes d'Afrique était, à l'origine et jusqu'en 1862, un accessoire vestimentaire de couleur variable, destiné à préserver des affections intestinales, en évitant les refroidissements.

Longue de 4,20 m et large de 40 cm, elle nécessite l'aide d'un camarade pour être mise correctement. Si, à l'origine, elle était distribuée dans les corps de l'armée d'Afrique sans distinction de couleur, elle est désormais toujours bleue dans la Légion.

La cravate verte[modifier | modifier le code]

Elle est réglementaire depuis 1946, par suite de l'utilisation des stocks des anciens "chantiers de jeunesse".

Les chaussettes vertes[modifier | modifier le code]

Couleur réglementaire des chaussettes portées avec les chaussures basses, par opposition aux chaussettes de couleur noire des autres armes de l'armée Française.

Le pas Légion[modifier | modifier le code]

Le pas Légion est cadencé à 88 par minute (120 pas/minute pour le régime général et 140 pas/minutes pour les chasseurs alpins & chasseurs à pied). Cette cadence est héritée du rythme de déplacement des armées de l'Ancien Régime et de l'Empire, dont le régiment Hohenlohe, duquel la Légion étrangère a conservé nombre de traditions.

Défilé du 14 juillet à Paris[modifier | modifier le code]

Au cours du défilé du 14 juillet (jour de la fête nationale française) sur les Champs-Elysées, la Légion est toujours la dernière troupe à pied à défiler. En effet, si ce n'était pas le cas, avec son pas plus lent, elle serait rattrapée par les autres corps d'armée.

Elle défile avec sa propre musique.

Enfin, elle est la seule à faire défiler en tête des sous-officiers, en faisant précéder ses troupes à pieds par les pionniers à la tête desquels se trouvent trois sous-officiers.

Le code d'honneur[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Code d'honneur du Légionnaire.

Dans les années 1980, le commandement de la Légion étrangère décide de faire rédiger un guide regroupant les valeurs fédératrices de la Légion.

Il est remis dans sa langue à tout engagé volontaire qu'il devra apprendre par cœur, en français, au cours de la durée de la période d'instruction.

Insigne des pionniers

Les pionniers[modifier | modifier le code]

Unité de tradition, les pionniers sont les sapeurs qui défilent en tête des unités de Légion étrangère. Ils portent, comme signes distinctifs, la barbe, les lacets blancs, le tablier de cuir et la hache sur l'épaule.

Les pionniers lors du défilé de Camerone au 1er Régiment étranger à Aubagne passant devant le Monument aux Morts de la Légion.

La musique[modifier | modifier le code]

La musique de la Légion étrangère, stationnée à Aubagne, au 1er régiment étranger est une formation musicale composée exclusivement de Légionnaires. Elle est l'un des symboles de l'Institution, parcourant le monde pour concerts et autres tattoos (festivals de musique militaire).

Marche et chansons[modifier | modifier le code]

Les chants, à la Légion étrangère, font partie d'une longue tradition. Tradition verbale s'il en est qui a évolué au gré des recrutements et arrivées d'étranger en son sein. La rédaction de carnets de chants remonte néanmoins au milieu du XXe siècle puisque le premier fut écrit compilé par un aumônier militaire, le père Vesvrotte en 1951 au Tonkin[1]. Ce recueil évoluera au fil de ses trois version, jusqu'en 1953.

Les évolutions aidant (notamment les enregistrements et les disques), les chants se popularisent. En Algérie, les unités prennent l'habitude de défiler en chantant et la Légion en profite pour multiplier les versions de son carnet de chants. De nombreuses éditions verront ainsi le jour : 1959 (sous la direction du général Jean Hallo), 1973, 1982, 1993, 1998, 2009[1].

Le chant est tellement ancré dans les traditions de la Légion qu'il a fait l'objet d'une note interne du capitaine Selosse en 1970 à destination de ses cadres instructeurs : À la différence du chant de popote où la gaieté, la fronde, et l'humour se répondent, du chant de bivouac aux accents parfois nostalgiques, toujours sentimentaux, le chant "de marche" a pour quadruple but de soutenir les énergies, d'affirmer la cadence, de fondre quarante timbres en un seul chant - éveillant en chacun le sens profond de la collectivité - et de donner à la superbe d'une troupe en mouvement un prolongement sonore qui la valorise.[2]

La Légion est aussi la première unité à institutionnaliser le chant régimentaire. Le premier créé sera celui du 1er régiment étranger de cavalerie, La Colonne[1].

Institutions internes[modifier | modifier le code]

L'Institution des invalides de la Légion étrangère[modifier | modifier le code]

Cet établissement fut initialement créé afin d’accueillir les nombreux blessés d’Indochine. Acquis en 1953 grâce à l’appui du général Koënig le domaine, baptisé "Capitaine-Danjou" et implanté à Puyloubier, fut inauguré le 2 mai 1954. Il a pour vocation d’héberger et de réinsérer les anciens légionnaires et les invalides. La réinsertion professionnelle des anciens légionnaires blessés en service, ou qui rencontrent des difficultés pour se réinsérer dans la vie civile, est réalisée par le biais d’activités occupationnelles dans différents ateliers d’artisanat (céramique, sérigraphie, reliure…) ou de travaux d’agriculture (élevage, vigne…). Dans le cadre de la solidarité qui unit les légionnaires au travers des générations, tous les jeunes engagés volontaires passent à l'IILE une journée au moins pour y aider leurs anciens. De même les régiments de métropole, en fonction des contraintes opérationnelles, envoient une section au moment des vendanges afin d'aider à la récolte du raisin qui va servir à produire le vin de Puyloubier.

La revue "Képi blanc"[modifier | modifier le code]

La Légion étrangère possède une revue officielle créée en 1947 et toujours éditée de nos jours : Képi blanc

Le premier bulletin associatif de la Légion étrangère fut "La Légion étrangère", revue historique et d'actualité de la Légion étrangère, créé en 1912. Suspendu au cours de la 1re Guerre Mondiale, il renaît en 1931, à la création de l'USALE (Union des Sociétés d'Anciens de la Légion Etrangère). En 1945, la revue change de nom et devient "Vert et Rouge" qui sera publié jusqu'en 1959.

Le 30 avril 1947, sous la plume du capitaine Gheysens, premier rédacteur en chef, paraît ce qui sera le journal de tous les régiments étrangers. Le mensuel, "Képi blanc, la vie de la Légion" se veut le reflet de la Légion actuelle et présente tant les activités des régiments (entraînement, opérations) que la vie des anciens ou l'histoire de l'Institution. Il permet à tous, anciens et plus jeunes de rester en contact, entre eux et avec l'Institution. Il est vendu sur abonnement et le montant de cet abonnement est versé au foyer d'entraide de la Légion étrangère pour assurer le fonctionnement de l'Institution des Invalides de la Légion Etrangère.

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c in Képi blanc no 751 - février 2013
  2. Note no 1712/RE/GILE/DLEB/SEC du 08 septembre 1970

Bibliographique[modifier | modifier le code]

  • Recueil des traditions de la Légion étrangère

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]