Raoul Magrin-Vernerey

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Raoul Magrin-Vernerey
Surnom Ralph Monclar
Naissance 7 février 1892
Budapest (Hongrie)
Décès 3 juin 1964 (à 72 ans)
Val-de-Grâce, 5e arrondissement de Paris (France)
Origine Drapeau de la Hongrie Hongrie
Arme Infanterie - Légion étrangère
Grade Général
Années de service 19121964
Conflits Première Guerre mondiale
Levant - Maroc - Algérie - Tonkin
Seconde Guerre mondiale
Guerre de Corée
Commandement 13e DBLE
1re brigade française libre
Bataillon français de l'ONU
Faits d'armes Narvik - Keren - Massaouah
Distinctions Grand-croix de la Légion d'honneur
Compagnon de la Libération
Médaille militaire
Croix de Guerre 1914-1918
Croix de guerre 1939-1945
Croix de guerre des Théâtres d'opérations extérieurs
Hommages Le quartier de la 13e DBLE à Djibouti porte son nom
Autres fonctions gouverneur de l’hôtel des Invalides

Raoul Charles Magrin-Vernerey, plus connu sous le pseudonyme de Ralph Monclar (7 février 1892 à Budapest (Hongrie) - 3 juin 1964 au Val-de-Grâce) est un officier français, qui s’est illustré durant les deux conflits mondiaux, et particulièrement dans les rangs des Forces françaises libres. Il est l'un des premiers officiers supérieurs à répondre à l'Appel du 18 Juin.

Biographie[modifier | modifier le code]

Après des études au lycée Victor-Hugo de Besançon et au petit séminaire d'Ornans, il a quinze ans et demi lorsqu'il se présente pour s'engager dans la Légion étrangère. En raison de son jeune âge il n'est pas admis et reprend ses études.

Entré à Saint-Cyr en 1912, il en sort en 1914 avec la promotion de Montmirail, et le grade de sous-lieutenant. Le 5 août de cette même année, il rejoint le 60e régiment d'infanterie (60e RI) et termine la guerre avec le grade de capitaine. Il est alors chevalier de la Légion d'honneur, titulaire de 11 citations, blessé sept fois et réformé avec une invalidité de 90 % : cuisse fracturée par balle, bras droit brisé par l'explosion d'une grenade, deux blessures à la tête imposant deux trépanations, les yeux brûlés par des gaz.

Après l'armistice du 11 novembre 1918, mis à la disposition du commandant en chef des armées alliées en Orient, il rejoint l’état-major comme chef du 1er bureau au début de 1919. Il est alors administré par le 1er régiment de tirailleurs marocains (RTM). Le 25 septembre, il est désigné pour effectuer un stage au centre d’aviation du 415e RI de San Stéfano où il est formé comme observateur avion. À l’issue, il rejoint les services administratifs du Levant à Beyrouth, en qualité d’adjoint à l’administrateur. Il est nommé conseiller administratif de Caza de Sayoun, le 1er mars 1920, puis inspecteur des milices du territoire des Alaouites, le 19 octobre. À ce poste, il mérite une citation à l’ordre de l’armée. Le 11 mai 1921, il est désigné pour encadrer la légion syrienne. Il est affecté à la 4e compagnie du 1er escadron, escadron dont il prend le commandement le 1er juillet. Il cumule cette fonction avec celle d’adjoint au chef de corps.

Le 1er mars 1924, il obtient enfin de rejoindre cette Légion dont il rêve depuis sa jeunesse. Après un bref séjour au 1er REI, il est affecté au 3e REI et prend part à la campagne du Maroc jusqu'en 1927. Il rejoint alors le Proche-Orient où il est promu au grade de chef de bataillon en 1928.

Le 14 octobre 1930, il est désigné pour prendre le commandement du 16e bataillon de chasseurs à pied.

Il est une nouvelle fois affecté à la Légion en 1931 et ne quittera cette arme chère à son cœur qu'en octobre 1941. Affecté au 2e REI, il séjourne au Maroc puis rejoint le 5e REI au Tonkin.

Rentrant d'Extrême-Orient, il prend en janvier 1938 le commandement du bataillon d'instruction de Saïda, il est promu au grade de lieutenant-colonel le 25 juin de la même année, avant de repartir au Maroc avec le 4e REI. Jusqu'au 23 février 1940, date à laquelle il rejoint le 3e REI qui forme un groupement de bataillons de marche de type montagne. Il est désigné comme chef de corps des deux bataillons de Légion qui forme la 13e demi-brigade légère de montagne de Légion étrangère. Regroupée d’abord au Larzac puis à Sathonay, son unité se prépare à une campagne dont la destination n’est pas fixée. Ce sera le début de l'épopée de la 13e DBLE.

Le 13 mai, à Bjervik en Norvège, la 13e DBLE livre son premier combat, conquiert quatre objectifs, force l'ennemi à fuir en abandonnant de nombreux prisonniers, des armes automatiques, des équipements impossibles à dénombrer et jusqu'à dix avions bimoteurs.

Du 28 mai au 2 juin, le lieutenant-colonel Magrin-Vernerey et ses légionnaires gagnent, à Narvik, ce que l'on a appelé « la seule victoire française de 1939-1940 ». Victoire qui leur vaut d'être cités à l'ordre des Forces françaises libres, avec attribution de la croix de guerre avec palme de vermeil[1], pour avoir libéré 60 prisonniers alliés, fait 400 Allemands prisonniers, capturé 10 canons et un très important matériel.

À peine revenu en France, avec 500 de ses hommes, il rejoint les Forces françaises libres en Angleterre le 21 juin 1940 et adopte alors le nom de Monclar (du nom du village de Monclar-de-Quercy, dans le Tarn-et-Garonne). Il est promu au grade de colonel.

Participant aux opérations menées contre les forces de l'Axe en Afrique, c'est lui qui, à la tête de la brigade française libre d'Orient en Érythrée, prend Massouah, fait prisonniers 9 officiers généraux, 440 officiers et 14 000 soldats des forces italiennes.

En juin 1941 il refuse de combattre en Syrie contre d'autres Français, en particulier les légionnaires du 6e REI. Il est remplacé à la tête de la 13e DBLE par le lieutenant-colonel prince Amilakvari

Nommé en 1re section des officier généraux, il exerce divers commandements au Levant, participe à la pacification de la Syrie du nord et termine son séjour comme commandant supérieur des troupes du Levant.

Devenu adjoint au commandant supérieur des troupes d'Algérie à partir de 1946, il est, en 1948, « chargé de mission permanente d'inspection des unités de Légion ». Pendant près de 2 ans, il effectue d'incessants voyages partout où stationnent et combattent des unités de Légion en Algérie, au Maroc, à Madagascar, en Indochine.

En 1950, général de corps d'armée, à la veille de sa retraite, il se porte volontaire pour commander le bataillon français de l'ONU en cours de formation et échange ses étoiles contre les galons panachés de lieutenant-colonel.

Atteint par la limite d'âge, il rentre en France en 1951. En 1962, succédant au général Kientz, il devient gouverneur des Invalides.

Il meurt le 3 juin 1964 à ce poste d’honneur. Il est inhumé dans le caveau des gouverneurs, dans l'église Saint-Louis.

Il a été le président fondateur de l'association nationale des anciens des forces françaises de l'ONU et du régiment de Corée[2].

Hommages[modifier | modifier le code]

Décorations[modifier | modifier le code]

Intitulés des décorations françaises[modifier | modifier le code]

Intitulés des décorations étrangères[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Site de la promotion de Saint-Cyr "Général Monclar"
  2. (ANAFFC ONU et RC, voir le site de l'association à l'adresse suivante [1])

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Jean-Marie Thiébaud, La Présence française en Corée de la fin du XVIIIe siècle à nos jours, L'Harmattan, 2005, p. 215-216.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Edme des Vollerons, Le Général Monclar, un condottière du XXe siècle , Paris, Economica, Hautes études militaires, ISC, 2000. 180 p.

Liens externes[modifier | modifier le code]