1re armée (France 1944-1945)

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1re armée
Insigne Rhin et Danube
Insigne Rhin et Danube

Pays Drapeau de la France France
Branche Armée de terre
Type Armée
Rôle infanterie division blindée
Ancienne dénomination Armée B
Surnom Rhin et Danube
Guerres Seconde Guerre mondiale
Commandant historique général de Lattre de Tassigny

La 1re armée française est le nom donné aux unités militaires placées sous les ordres du général de Lattre de Tassigny et assignées à la libération du territoire français.
Elle est d'abord connue sous le nom de 2e armée (26 décembre 1943) puis d'armée B à partir du 23 janvier 1944.
C'est la composante principale de l'Armée française de la Libération.

Formation de la 1re armée[modifier | modifier le code]

Création[modifier | modifier le code]

Avant de porter son nom définitif, la 1re armée est constituée en Afrique du Nord par la fusion, le 31 juillet 1943 :

La 2e DB du général Leclerc, fruit d'un amalgame entre un tiers de FFL et deux tiers de soldats de l'Armée d'Afrique, acheminée en Angleterre en avril 1944 et débarquée en Normandie en août, restera la plupart du temps en dehors de la chaîne de commandement de la Première Armée française, débarquée en Provence. De même la 1re DFL, quoique combattant avec l'Armée d'Afrique depuis l'Italie, gardera ses spécificités et sera écartée de la campagne d'Allemagne. De ce fait les fidélités respectives envers les généraux Leclerc et de Lattre (puis envers leurs veuves) formeront des lignes culturelles structurantes de l'armée française dans la seconde moitié du XXe siècle.[réf. nécessaire]

Provence août 1944[modifier | modifier le code]

Avancée des forces américaines et françaises après le débarquement dans le Sud de la France, août-septembre 1944.
La trouée de Belfort percée, et la formation de la poche de Colmar, novembre-décembre 1944.
La bataille de la poche de Colmar, 20 juin - 9 février 1945.

En août 1944, la 1re armée, encore appelée Armée B, débarque en Provence (Opération Dragoon). Environ 260 000 hommes, dont 5 000 auxiliaires féminins, débarqueront dans les mois qui suivent ce débarquement. Cette armée est composée pour 82 % de soldats provenant d'unités de l'Armée d'Afrique (50 % de Maghrébins et de 32 % de Pieds-Noirs qui ont eu un taux de mobilisation de 18 %), de 10 % d'Africains noirs et de 8 % de Français de métropole. Dans les divisions, le pourcentage de soldats maghrébins variaient entre 27 % à la 1re DB et 56 % à la 2e DIM. Par type d'arme, ce pourcentage était d'environ 70 % dans les régiments de tirailleurs, 40 % dans le Génie et 30 % dans l'artillerie[1]. En septembre 1944, l'Armée B devient officiellement la 1re armée.

L’amalgame[modifier | modifier le code]

La 1re armée sera ensuite renforcée par la fusion avec les Forces françaises de l'intérieur (FFI) décidée officiellement par décret du 23 septembre 1944[2].

Les FFI sont 75 000 à la fin du mois de novembre 1944 et au total 114 000 FFI (dont 20 000 pour le front des Alpes) viendront s'ajouter aux effectifs de la 1re armée[3],[4],[5].

Les FFI intégrés lors de l'amalgame à la 1re armée permettent de remplacer les contingents de l’Afrique noire de la 9e DIC (9 200 Africains) et de la 1re DMI (6 000 Africains) durant l'automne 1944 lors d'une opération de « blanchiment »[6],[7]. Concernant le « rajeunissement des divisions nord-africaines », durement éprouvées depuis la campagne d'Italie au sein du CEF, ce fut seulement au mois de février 1945 que l'amalgame 1re armée-FFI commença à se réaliser en remplaçant un régiment de tirailleurs dans chacune des trois principales divisions nord-africaines. Ainsi le 8e RTM de la 2e DIM, le 7e RTA de la 3e DIA et le 1er RTA de la 4e DMM furent remplacés par des régiments de FFI entre mars et avril 1945[8].

De Lattre écrira plus tard : « L'âme commune de l'armée Rhin et Danube est née de l'amalgame intime et fraternel des 250 000 soldats venus de l'Empire et des 137 000 FFI. »

En Allemagne[modifier | modifier le code]

Rhin et Danube : 31 mars - 19 avril 1945
Rhin et Danube : 20 avril - 7 mai 1945

En Allemagne, l'armée effective comptera jusqu'à 260 000 hommes. Les 18 000 hommes de la 1re DFL seront ensuite affectés en Italie, portant à peu près à 50 000 le nombre de soldats français dans les Alpes et en Italie du nord.

De facto, la 1re armée comprend alors l'ensemble des forces armées françaises engagées en Allemagne sous commandement français, tandis que la 2e DB reste sous commandement américain, des commandos, les 3e et 4e régiments SAS sont sous commandement britannique, et que le régiment de chasse Normandie-Niémen est placé sous commandement soviétique.

Certaines de ses unités, dont la 1re DFL (18 000 hommes) et la 27e division alpine, seront envoyées dans les Alpes et en Italie du nord en 1945.

Toutefois, malgré les disparités entre unités, c'est une excellente formation, qui accomplira des exploits en Provence et surtout dans les Vosges, en Alsace et en Bade-Wurtemberg, faisant plus de 250 000 prisonniers (remis ensuite aux autorités militaires américaines puis rendus à la France) et neutralisant un nombre important d'ennemis.

Chronologie des opérations[modifier | modifier le code]

Effectifs de la 1re armée août 1944-mai 1945[modifier | modifier le code]

Période Effectif[11] Jours
Provence (15 au 28 août 1944) 50 000 14
Poursuite (septembre 1944) 77 000 27
Vosges (octobre-novembre 1944) 123 000 49
Belfort-Mulhouse (novembre 1944) 237 000 15
Stabilisation (novembre-janvier 1945) 248 000 52
Colmar (janvier-février 1945) 265 000 20
Garde au Rhin (février-mars 1945) 262 000 33
Ligne Siegfried (mars 1945) 250 000 15
Allemagne (avril-mai 1945) 252 000 40

Pertes[modifier | modifier le code]

Les pertes de la 1re armée depuis le débarquement de Provence en août 1944 jusqu'à mai 1945 sont estimées par le maréchal de Lattre de Tassigny à 13 874 tués et 42 256 blessés soit un taux de tués de 5,33 % par rapport aux effectifs moyens (260 000) de la 1re armée. Les unités les plus éprouvées étant les régiments de tirailleurs[12],[13]. À titre de comparaison, le taux de tués, sur la durée de la guerre, pour les armées britanniques s'élève à 5,2 % et celui des armées américaines à 2,5 % [14].

Les chiffres détaillés du Service historique de la défense font état eux de 9 237 tués (dont 3 620 Maghrébins) et 34 714 blessés (dont 18 531 Maghrébins) auxquels s'ajoutent les pertes de la 2e DB s'élevant à 1 224 tués (dont 96 Maghrébins) et 5 257 blessés (dont 584 Maghrébins). Ce qui donne au total 50 432 tués et blessés (dont 22 831 Maghrébins)[15].

Composition de la 1re armée[modifier | modifier le code]

À l'automne 1944, elle compte environ 250 000 combattants (composée pour moitié d'éléments indigènes, maghrébins, africains et pour moitié d'européens d'Afrique du Nord)[16],[17] auxquels viendront s'ajouter progressivement 114 000 FFI.

La 1re armée comprend deux corps d'armée :

  • Éléments non endivisionnés :
    • 4 Groupements de Tabors Marocains (GTM) du général Guillaume ;
      • 1er GTM, colonel Leblanc ;
      • 2e GTM, colonel de Latour ;
      • 3e GTM, colonel Massiet-Dubiest ;
      • 4e GTM (reconstitué en décembre 1944), colonel Parlange ;
    • Bataillon de Choc, lieutenant colonel Gambiez ;
    • Groupe de commandos d'Afrique (GCA), lieutenant colonel Bouvet ;
    • Groupe de commandos de France ;
    • 16 groupes d'artillerie ;
    • 6 régiments de tank destroyers ;
    • 2 régiments blindés de reconnaissance ;
    • 4 régiments du génie et 3 régiments de pionniers ;
    • 12 groupes d'artillerie antiaérienne ;
    • compagnies de transmissions, transports, intendance, matériel, essence, santé…
  • Autres divisions constituées tardivement, essentiellement à partir de FFI, très peu ou pas engagées dans les combats et qui ont servi essentiellement pour la sécurité, la garnison et un rôle d'occupation aux derniers jours de la guerre :

Uniformes et armement[modifier | modifier le code]

Blason de la 1re armée française, Rhin et Danube

Les uniformes sont assez hétéroclites : battle dress britanniques ou américaines modifiés (insignes et drapeaux français ainsi que certains éléments de l'uniforme) avec des chéchias, des casques Adrian 1926, des casques US de 1917 ou des casque US M1, des fusils Lee-Enfield, MAS 36 voire M1 Garand, des PM Thompson, Sten ou MAS 38

Grandes unités ayant fait partie de la 1re armée[modifier | modifier le code]

Corps d’armée[modifier | modifier le code]

Divisions blindées[modifier | modifier le code]

Divisions d’infanterie[modifier | modifier le code]

Constitution d’une division blindée[modifier | modifier le code]

Il s'agit d'une composition théorique type. Chaque DB pouvant être décomposée en 3 groupements tactiques, les CC (Combat command).

  • 3 régiments de chars moyens
  • 1 régiment de reconnaissance
  • 1 régiment d'infanterie portée à 3 bataillons
  • 1 régiment de tank destroyers (TD)
  • 1 artillerie divisionnaire (3 groupes de 105 automoteurs)
  • 1 groupe d'artillerie antiaérienne
  • 1 bataillon du génie
  • Des services
Constitution d’un Combat command

Subdivision d'une division blindée, il comporte 4 000 à 4 500 hommes et 1 000 à 1 200 véhicules.

  • 1 régiment de chars moyens
  • 1 escadron de reconnaissance
  • 1 bataillon d'infanterie portée
  • 1 escadron de tank destroyers (TD)
  • 1 groupe d'artillerie automoteur de 105
  • Éléments de service, train, génie, transmissions, FTA…

Constitution d’une division d’infanterie[modifier | modifier le code]

Il s'agit d'une composition théorique type. Chaque DI pouvant être décomposée en 3 groupements tactiques, les RCT (Regimental Combat Team).

  • 3 régiments d'infanterie
  • 1 régiment de reconnaissance blindé
  • 1 régiment de tank destroyers (TD)
  • 1 artillerie divisionnaire :
    • 3 groupes de 105,
    • 1 groupe de 155.
    • Groupe de 155 HM1 Howitzer 2 Régiment d'Artillerie Coloniale d'Afrique Occidentale
  • 1 bataillon du génie
  • 1 groupe d'artillerie antiaérienne
  • Des services
Constitution d'un Regimental Combat Team
  • 1 régiment d'infanterie à 3 bataillons
  • 1 groupe d'artillerie
  • Éléments de reconnaissance, génie, service…

Principales batailles[modifier | modifier le code]

Provence[modifier | modifier le code]

Débarquement en Provence[modifier | modifier le code]

Le débarquement dans le sud de la France, nom de code Anvil puis Dragoon, a débuté le 15 août 1944. Confié au général Patch de la 7e armée américaine, il comporte trois phases principales.

  • J-1 à J : opérations préliminaires
    Le groupement de commandos d'Afrique et le groupe naval d'assaut, associés aux forces spéciales américaines sont chargés de neutraliser les batteries côtières (Cap Nègre, plage du Canadel et pointe de l'Esquillon).
    Dans un même temps une division aéroportée Rugby Force est parachutée aux alentours du Muy afin de bloquer la nationale 98.
  • Jour J : débarquement
    La Kodak Force, 3e, 45e et 36e DIUS appuyées par le CC1 de la 1re DB, , débarquent sur les plages de Saint-Tropez, Sainte-Maxime, Saint-Raphaël et Cavalaire.
  • Jour J+1 et suivants : débarquement de la 1rearmée française
    • 1eréchelon : 37 000 hommes et : 5 860 véhicules - 1re DFL, 3e DIA, CC2/1re DB, 2e RSAR, 7e RCA, 8e RCA, 2 groupes d'artillerie, Transmissions, Train.
    • 2eéchelon : 28 000 hommes et 3 500 véhicules - 9e DIC, les 3 GTM, le bataillon de choc, le RCCC, artillerie, FTA, pionniers.

Toulon[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Bataille de Toulon (1944).

Compte tenu de la réussite du débarquement allié, de Lattre décide de hâter la libération de Toulon et n’attend pas le débarquement de son second échelon. La mission est confiée à la 3e DIA (au nord) et à la 1re DFL (au sud) avec pour appui le 2e CC de la 1re DB et le 2e RSAR. Le centre du dispositif est donné à la 9e DIC.
Pour cette opération on peut distinguer trois phases distinctes :

  • investissement du secteur : à partir du 19 août, le 3e RSAR, le 2e RSAR puis le 7e RCA partent de Puget et contournent Toulon par le nord pour se placer à l’ouest (Bandol) et au nord-ouest de la ville (Quatre Chemins). Le 3e RTA quant à lui progresse en direction du nord de la ville et est rejoint le 21 par le bataillon de choc et le détachement de chars (3e RSAR). De son côté, la 1re DFL a progressé sur l’est de Toulon mais est accrochée en plusieurs points (Les Pousselons, Mont Redon, Golf Hotel). Pour le 6e RTS de la 9e DIC avec les chars du 2e RCA les accrochages ont lieu sur Solliès. Toujours à l’est, les commandos d’Afrique prennent le fort de Coudon ;
  • démantèlement : la 9e DIC et la 1re DFL progressent à l’est de Toulon mais sont accrochées sévèrement (Massif du Touar, La Garde, Le Pradet et La Valette). Au nord, le bataillon de choc et le 3e RTA aidés de FFI investissent la ville et le fort de la Croix du Faron. L’accrochage le plus sérieux étant celui de la Poudrière. Néanmoins, les forces françaises parviennent à investir la ville et à couper les liaisons vers l’ouest ;
  • la réduction définitive : le nettoyage de la ville est confié à la 9e DIC (4e, 6e et 13e RTS). La reddition de la ville a lieu le 26 août 1944.

Le bilan côté français est de 2 700 tués ou blessés dont 100 officiers.

Marseille[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Bataille de Marseille.

La prise de Marseille est anticipée du fait de la rapidité du déroulement des opérations sur Toulon. Ces deux batailles sont d’ailleurs très similaires dans leur déroulement en trois phases (investissement, resserrement et assaut final).
L’opération débute le matin du 20 août 1944 par la prise du carrefour du Camp par le 2e cuirassiers (CC1 de la 1re DB) qui ouvre ainsi la route au 7e RTA et aux trois GTM. Après de durs combats les 21 et 22 août, le 2e cuirassiers et le 3e bataillon porté de zouaves, renforcés par le 2e GTM, s’emparent d'Aubagne.
Le 22 août, la ville de Peypin est investie par les CC1 (partiel), CC2 et le 1er GTM.
Ce même jour, outrepassant les ordres, le colonel Chappuis avec le 1er bataillon du 7e RTA et un escadron du 2e cuirassiers s’introduisent dans Marseille. Les 2e et 3e bataillons du 7e RTA sont quant à eux sérieusement accrochés respectivement au nord et au nord-est de la ville.
Malgré le soulèvement FFI et la pénétration du 7e RTA et du 2e cuirassiers jusqu’au centre de la ville, les Allemands résistent et leurs défenses restent intactes notamment en périphérie.
Après une tentative infructueuse de règlement à l’amiable le 23 août, les combats reprennent dès le 24. De Lattre engage alors le 3e RTA en provenance de Toulon.
Les affrontements des jours suivants sont violents et meurtriers notamment pour la prise de la colline de Notre-Dame-de-La-Garde (25 et 26 août – FFI, 82e bataillon du génie, 2e cuirassiers, II/3e RTA et I/7e RTA) et de la gare Saint-Charle (III/7e RTA). Mais c’est au nord, au carrefour de la Gavotte, que les défenses sont les plus sérieuses avec l’ouvrage en béton de la « Feste » Fouresta (1er GTM et II/7e RTA).
Au sud, malgré quelques accrochages (6e tabor à Saint-Loup), la progression est plus aisée pour les 2e et 3e GTM. Ce dernier, après un dernier combat au Fort Napoléon du cap Croisette, contrôle le 28 août l’ensemble du littoral sud. Le 2e GTM quant à lui remonte sur le centre-ville et vient renforcer les tirailleurs algériens.
Le 27 août la plus grande partie de la ville est libérée, l’ennemi ne tient plus que les installations portuaires et quelques points au nord de la ville. Il se rend finalement le 28 août au 1er GTM qui vient d’être renforcé par des éléments blindés du CC1 de la 1re DB.

Draguignan[modifier | modifier le code]

La préfecture du Var fut libérée le 16 août 1944.

Aix-en-Provence[modifier | modifier le code]

La ville d'Aix a été libérée le 22 août 1944 par les forces, réunies le 19 août 1944, de la Résistance provençale, de la 3e division américaine et de la 1re armée française libre commandée par le général de Lattre de Tassigny[18].

Bilan[modifier | modifier le code]

En deux semaines la Provence aura été libérée. Grenoble est prise le 22 août (soit 83 jours avant la date prévue), Toulon le 23 août, Montélimar le 28 août et Marseille le 29 août. Les forces alliées, remontant la vallée du Rhône, rejoindront le 12 septembre, à Montbard, au cœur de la Bourgogne celles du front de l'ouest.

Du 15 au 29 août (prise de Marseille), les pertes de cette Armée B s'élèvent à 933 tués, 19 disparus et 3 732 blessés, les jours les plus terribles étant les 23 et 24 août. Environ 35 000 Allemands et soldats de l'Axe (Italiens, Hongrois, etc.) ont été capturés.

Mulhouse[modifier | modifier le code]

Le 20 novembre 1944, le 2e bataillon du 6e régiment de tirailleurs marocains, agissant en renforcement de la 1re DB, arrive aux portes de Mulhouse. Les premiers coups de feu sont entendus vers 16 heures. Ils sont rejoints dans la soirée par les blindés du général Caldairou, arrivant de Pfetterhouse et de Kembs. À 20 heures, le groupement Gardy a pris pied sur le canal situé à l’ouest de la gare, mais la nuit interrompt la progression. Les troupes allemandes en profitent pour fortifier leurs positions dans les casernes de la ville.

Le 21 novembre, à partir de 8 heures, les tirailleurs, partis du Rebberg, prennent la gare à 8 heures. Leur objectif est d’atteindre la caserne Coehorn en passant par la “Hermann Goering Platz“ (place de la République), la “Wildemannstraße“ (rue du Sauvage), qu’ils atteignent à 10 heures, et l’avenue de Colmar.

L’avance des troupes est retardée par les Mulhousiens, de plus en plus nombreux à descendre dans les rues. À midi, la caserne est en vue, mais ce n’est que vers 20 h 30, après plusieurs tentatives et avec l’aide des blindés que le bâtiment central sera pris. Et la caserne ne sera totalement nettoyée que le lendemain à midi. Les Allemands se regroupent dans la caserne Lefèbvre.

Le 23 novembre, c’est la 7e compagnie de tirailleurs marocains, appuyés par des chars, qui est chargée de s’en emparer. Une section a réussi à parvenir dans un bâtiment proche, mais les Allemands contre-attaquent et, pour les dégager, le lieutenant Jean Carrelet de Loisy pénètre avec son char “Austerlitz“ dans la cour de la caserne. Un tir de panzerfaust touche le dessus de la tourelle du char, le lieutenant est tué sur le coup. Mais grâce à cette intervention, les tirailleurs peuvent se dégager.

La prise de la caserne Lefèbvre marquera la fin des combats dans Mulhouse, mais les Allemands tiendront Lutterbach et Bourtzwiller jusqu’à début février 1945.

Hommages[modifier | modifier le code]

« Aux Soldats de la Première Armée Française qui, devant l’Histoire, ont payé le Prix de la Liberté.

La France pourrait-elle oublier cette Armée venue d’Afrique qui réunissait les Français libres de la 1re DFL, les pieds noirs, les goumiers et les tirailleurs marocains, algériens, tunisiens, sénégalais, les soldats des territoires d’Outre-mer, les évadés de France par l’Espagne, les anciens de l’Armée d’Armistice et des Chantiers de Jeunesse.

La France pourrait-elle oublier ces 250 000 hommes auxquels, par la volonté du Général Jean de Lattre de Tassigny, vinrent s’amalgamer 150 000 volontaires des Forces Françaises de l’Intérieur.

La France pourrait-elle oublier que cette armée a libéré le tiers de son territoire et que, sans elle, son chef n’aurait pas été à Berlin le 8 mai 1945 pour signer l’acte de capitulation de l’Allemagne.

Pourrions-nous accepter que nos cimetières où se mêlent par milliers, les croix chrétiennes, les étoiles juives et les croissants de l’Islam, soient ensevelis sous l’oubli et l’ingratitude.

Le Souvenir ! C’est non pas seulement un pieux hommage rendu aux morts, mais un ferment toujours à l’œuvre dans les actions des vivants. »

— Discours de Charles de Gaulle du 23 avril 1968, Plaque commémorative de la 1re armée - Esplanade des Villes-Compagnons-de-la-Libération (quai Henri IV, Paris)[19]

Abréviations[modifier | modifier le code]

  • CC : Combat command
  • DB : division blindée
  • GCA : groupe de commandos d'Afrique
  • GTM : groupement de tabors marocains
  • DFL : division française libre
  • DI : division d'infanterie
  • DIA : division d'infanterie algérienne
  • DIC : division d'infanterie coloniale
  • DIM : division d'infanterie marocaine
  • DMI : division de marche d'infanterie
  • DMM : division marocaine de montagne
  • FTA : forces terrestres antiaériennes
  • RCA : régiment de chasseurs d'Afrique
  • RCCC : régiment colonial de chasseurs de chars
  • RCT : Regimental Combat Team
  • RICM : régiment d'infanterie coloniale du Maroc
  • RSAR : régiment de spahis algériens de reconnaissance
  • RSM : régiment de spahis marocains
  • RTA : régiment de tirailleurs algériens
  • RTM : régiment de tirailleurs marocains
  • RTS : régiment de tirailleurs sénégalais
  • RTT : régiment de tirailleurs tunisiens

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jacques Frémeaux, « Les contingents impériaux au cœur de la guerre », dans Histoire, économie et société, Éditions C.D.U. et S.E.D.E.S., 2004, vol. 23, no 1-4, p. 223.
  2. Fondation Charles-de-Gaulle, revue Espoir, no 134-137, Plon, 2003, p. 62.
  3. François Broche, L'Épopée de la France libre, 1940-1946, Pygmalion, 2000, p. 475.
  4. 137 000 si l'on tient compte des départs.
  5. « Finalement, 57 000 FFI ont rejoint la 1re armée en unités constituées, dont 20 000 au titre du secteur français du front des Alpes, placés pour emploi à la 1re armée. 30 000 engagés volontaires en majorité d’origine FFI l’ont rejointe individuellement. L’administration centrale lui a envoyé 27 000 hommes à partir des centres d’instruction des FFI des régions militaires », Maurice Vaïsse, La naissance de la nouvelle Armée française.
  6. Gilles Aubagnac, « Le retrait des troupes noires de la 1re armée », Revue Historique des Armées, no 2, 1993, p. 34-46.
  7. « de novembre 1944 à mars 1945, le nombre d’autochtones rapatriés en AOF (Afrique occidentale française) […] s’élève à 9 678, soit 3 261 ex- prisonniers et 6 334 rapatriés de France », Gilles Aubagnac, op. cit.
  8. Paul Gaujac, L'Armée de la victoire, Charles-Lavauzelle, 1986.
  9. Monument de la Jonction à Nod-sur-Seine.
  10. André Kaspi (dir.) (en collaboration avec Anne Grynberg, Catherine Nicault, Ralph Schor et Annette Wieviorka), La Libération de la France : juin 1944–janvier 1946, Paris, Succès du Livre Éditions, coll. « Document »,‎ 2008 (1re éd. Librairie académique Perrin, 1995), 563 p. (ISBN 978-2738223685), p. 156 [texte intégral].Document utilisé pour la rédaction de l’article
  11. Paul Gaujac, Le Débarquement de Provence, Histoire et Collections, 2004, p. 180.
  12. maréchal De Lattre de Tassigny, Histoire de la 1re Armée française, Rhin et Danube (1949), Presses de la Cité, 1971, p. 603.
  13. Alphonse Juin, « Les Mémoires du maréchal Juin », Le Figaro, 1949, p. 365.
  14. Jean-François Muracciole, Les Français libres, l'autre Résistance, Tallandier, 2009, p. 284.
  15. Paul-Marie de La Gorce, L'Empire écartelé, 1936-1946, Denoël, 1988, p. 496-497.
  16. « Au total, à l'automne de 1944, la France finira par disposer d'une armée effective de 250 000 hommes composée pour moitié d'éléments indigènes, maghrébins, africains et pour moitié d'Européens d'Afrique du Nord », Philippe Masson, L'Homme en guerre, 1901-2001 : de la Marne à Sarajevo, Éditions du Rocher, 1997, p. 23.
  17. L’effectif global de l’ensemble de l'armée de terre à l'automne 1944, FFI non compris, est d'environ 560 000 hommes : Les conscrits appelés et rappelés forment 72 % du total des Français recrutés et 54 % des Maghrébins. Jean-François Muracciole, Histoire de la France libre, Presses universitaires de France, 1996, p. 67 ; Benjamin Stora, « L'Armée d'Afrique : les oubliés de la libération », TDC, no 692, 15 mars 1995, Paris, CNDP, 1995.
  18. Libération d'Aix, potelet Histoire de la cité d'Aix-en-Provence, place de Verdun, Aix-en-Provence.
  19. Olivier Rochereau, Mémoire des Français libres : du souvenir des hommes à la mémoire d'un pays, Nouveau Monde éditions, 2006, p. 154.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]