Salomé Zourabichvili

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Salomé Zourabichvili
სალომე ზურაბიშვილი
Salomé Zourabichvili en 2013.
Salomé Zourabichvili en 2013.
Fonctions
Ministre géorgienne des Affaires étrangères
Président Mikheil Saakachvili
Premier ministre Zourab Jvania
Zourab Noghaïdeli
Prédécesseur Tedo Djaparidze
Successeur Guéla Béjouachvili
Biographie
Date de naissance (64 ans)
Lieu de naissance Paris (France)
Nationalité Française, géorgienne
Conjoint Janri Kashia
Diplômé de Institut d'études politiques de Paris, Université Columbia
Profession Diplomate

Salomé Zourabichvili (en géorgien : სალომე ზურაბიშვილი), née le à Paris, est une femme politique et diplomate franco-géorgienne.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et études[modifier | modifier le code]

Issue d'une famille d'émigrés géorgiens arrivée en France dans les années 1920, elle est la fille de Levan Zourabichvili[1], qui fut président de l'Association géorgienne en France. Elle est la cousine germaine d'Hélène Carrère d'Encausse[2], née Hélène Zourabichvili.

Elle est inscrite à l'Institut d'études politiques de Paris, et commence un programme de master à l'université Columbia à New York au cours de l'année universitaire 1972-1973.

Salomé Zourabichvili est veuve de Janri Kashia (1939-2012), journaliste et écrivain géorgien, et opposant de l'ère soviétique, réfugié politique en France en 1982. Elle a deux enfants d'un précédent mariage.

Outre le français et le géorgien, Salomé Zourabichvili parle couramment l'anglais et l'italien et a étudié l'allemand et le russe.

Carrière diplomatique[modifier | modifier le code]

Dans la diplomatie française[modifier | modifier le code]

En 1974, elle abandonne ses études pour rejoindre le ministère français des Affaires étrangères, entamant une carrière diplomatique qui la mène notamment à Rome, aux Nations unies, à Bruxelles, à Washington. C'est en 1986 qu'elle se rend pour la première fois en Géorgie lors d'un bref congé, alors qu'elle travaille à l'ambassade de France à Washington.

Aux Nations Unies[modifier | modifier le code]

En 2010, elle devient coordinatrice du groupe d'experts qui assiste le comité des sanctions contre l'Iran du Conseil de sécurité des Nations unies[3].

Politique géorgienne[modifier | modifier le code]

Ministre géorgienne[modifier | modifier le code]

Le , le président de la Géorgie, Mikheil Saakachvili, la choisit pour être ministre des Affaires étrangères du gouvernement de Zourab Jvania. Elle devient la première femme nommée à ce poste en Géorgie. Elle reçoit alors la nationalité géorgienne le 20 mars, le Parlement vote une loi ad hoc lui permettant de conserver sa nationalité française. C'est également la première fois que la Géorgie accorde la double nationalité à un étranger.

La situation de Salomé Zourabichvili est un cas assez particulier tant sur le plan de sa situation administrative que sur les plans politique et stratégique, compte tenu des fonctions qu'elle a occupées dans l'administration française avant de devenir ministre du gouvernement d'un autre État. Selon le président de la Géorgie, cette nomination s'est faite avec l'accord du président français Jacques Chirac et du ministre des Affaires étrangères français Dominique de Villepin et s'inscrit dans le cadre de la politique de coopération existant entre les deux États.

Outre son implication dans les relations avec les États-Unis[4] et l'Union européenne[5], elle s'implique dans les relations avec la Russie: elle négocie durant plusieurs mois avec Serguei Lavrov le retrait des troupes russes -et de leur armement lourd- des bases d'Akhalkalaki et de Batoumi situées sur le territoire géorgien (et restées en l'état depuis l'époque soviétique) : l'accord est signé le à Moscou et l'objectif de date affiché, le , sera respecté[6].

Face aux critiques du Parlement géorgien et de certains ambassadeurs géorgiens en poste à l’étranger, elle est démise de ses fonctions le 20 octobre 2005 par le Premier ministre Zourab Noghaïdeli. Les critiques font mention de « manque de communication », « manque de coordination[7] ». Cette démission est diversement interprétée. Pour les médias français, il s’agit de mettre au pas la politique étrangère géorgienne et de faire des concessions à la Russie. Ailleurs, on parle de l'incapacité de Zourabichvili, élevée et ayant vécu à l’étranger, de s’adapter aux réalités géorgiennes.

En réaction au limogeage de Zourabichvili, et à sa demande, de 5 à 10 000 personnes auraient manifesté à Tbilissi pour lui apporter leur soutien. Elle place son limogeage comme la victoire d’un « système néocommuniste[8] » et du « dernier bastion néobolchevique » en Géorgie. Zourabichvili met aussi en avant sa lutte contre la corruption pour justifier la « cabale » contre elle. Zourabichvili a dénoncé à mots couverts la Russie comme étant derrière sa mise à pied.

Dans la presse française, on oppose la « Parisienne d'origine géorgienne, brillante et distinguée » à la « provinciale » Tbilissi. Zourabichvili y est montrée comme le chevalier blanc venue de France pour lutter contre la corruption des Caucasiens.[réf. nécessaire]

Le remplaçant de Zourabichvili est Guéla Béjouachvili, présenté par certaines sources comme « proche de Moscou » (Le Monde) et par d’autres comme « pro-occidental » (Le Figaro).

Opposition[modifier | modifier le code]

Peu après, elle annonce son intention de s’engager en politique et de rester en Géorgie[9].

Elle fonde le parti politique la Voie de la Géorgie (sakartvelos gza), enregistré le [10].

Cette formation participe aux élections municipales du 5 octobre suivant, notamment à Tbilissi où elle obtient 3 % des suffrages[11].

En octobre 2007, le parti entre dans la coalition de l'opposition et, en 2008, participe à l'élection présidentielle du 5 janvier où Salomé Zourabichvili figure dans le ticket du candidat de l'opposition Levan Gachechiladzé comme candidate au poste de Premier ministre[12]. Ce tandem obtient plus de 25 % des voix dans des élections hautement contestées[13].

Le , la Voie de la Géorgie participe au sein de la coalition de l'opposition[14] aux élections législatives qui sont largement remportées par le parti au pouvoir, mais Salomé Zourabichvili ne peut présenter sa candidature en raison de la loi géorgienne qui établit une durée minimale de résidence de dix ans.

Dans son livre La tragédie géorgienne, elle décrit le régime du président Saakachvili comme une « parodie de démocratie », et rappelle que cet homme est issu de l'ancien régime (étudiant à école du KGB, dauphin de Chevardnadze) et juge qu'il utilise des techniques staliniennes[2].

En novembre 2010, elle abandonne la direction de la Voie de la Géorgie à Kakha Seturidze[15].

Députée indépendante, proche du Rêve géorgien[modifier | modifier le code]

Le , lors des élections législatives, elle obtient 44,42% des suffrages exprimés dans la circonscription n°1 de Tbilissi (Mtatsminda) comme candidate indépendante soutenue par le Rêve géorgien, devant le candidat du Mouvement national uni qui recueille 26,92% des suffrages : un 2e tour est nécessaire[16]. Le , elle est élue avec 67,58% des suffrages exprimés[17].

Enseignements[modifier | modifier le code]

En septembre 2006, elle devient professeur associée à l'Institut d'études politiques de Paris et enseigne en master de relations internationales (politique de voisinage de l'UE, les « nouvelles démocraties » entre l'UE et la Russie)[18].

Elle a donne une série de cours publics sur la diplomatie et les relations internationales de la Géorgie à l'Université d'État Ilia Tchavtchavadzé de Tbilissi au printemps 2007.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • La Géorgie, ouvrage collectif, collection « Que sais-je ? »
  • Une femme pour deux pays, Grasset, Paris 2006, (ISBN 2-246-69561-9)
  • « Fermer Yalta » dans Cahiers de Chaillot, n° 102, Paris, mai 2007 (Institut de Sécurités de l'UE)
  • L'Europe, quelles frontières mars 2007, Penser l'Europe, publication de Cultures France
  • Les cicatrices des nations, Bourin Éditeur, juin 2008, (ISBN 978-2-84941-075-2)
  • La tragédie géorgienne 2003-2008 : de la Révolution des roses à la guerre, Grasset, Paris 2009, (ISBN 978-2246753919)

Documentaires filmés à son sujet[modifier | modifier le code]

  • Envoyé spécial (mai 2004)
  • Perpetuum mobile (Géorgie 2006)
  • La Malle (Géorgie 2007), présenté en compétition au festival de Cannes (section documentaire).

Décorations[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Colisee : « Lévan Zourabichvili (1906-1975), ancien président de l'Association géorgienne en France », 11 janvier 2012
  2. a et b Valeurs actuelles, « Révélations sur Saakachvili », par Pierre Lorrain (journaliste), le 02-07-2009, [lire en ligne]
  3. IRIS : « Les embargos sur les armes : mise en œuvre, défis et perspectives », 16 décembre 2013
  4. (en) Civil Georgia: « U.S. Secretary of State Meets With Georgian Foreign Minister », 2 juin 2004
  5. (en) Civil Georgia : « EU-Georgian Cooperation Council Meets in Brussels », 14 septembre 2004
  6. (en) Civil Georgia: « Russo-Georgian Joint Declaration - Details », 30 mai 2016
  7. « Géorgie: la ministre des A.E. limogée pour incompétence », Xinhua, 20 octobre 2005.
  8. « L’éviction de Salomé Zourabichvili inquiète », RFI, 20 octobre 2005.
  9. (en) Civil Georgia : « Ex-Foreign Minister Launches Public Movement »,1er novembre 2005
  10. (en) Civil Georgia : « New Opposition Party Holds Inaugural Assembly », 12 mars 2016
  11. (en) Civil Georgia : « CEC Announces Tbilisi Election Results », 6 octobre 2006
  12. (en) Civil Georgia : « We Failed to Protect Votes’ – Opposition Leader », 17 janvier 2008
  13. (en) Civil Georgia: « Opposition Alleges ‘Fraud’ in Vote Summary Process », 8 janvier 2008
  14. (en) Civil Georgia : « Nine-Party Opposition Bloc », 8 avril 2008
  15. (en) Civil Georgia : « Six Opposition Parties Set Up Coalition », 8 juillet 2011
  16. (en) Civil Georgia : « Majoritarian MP Elections Preliminary Results », 11 octobre 2016
  17. (en) Civil Georgia : « Preliminary Runoff Results Give Big Lead to GDDG », 31 octobre 2016
  18. CERI « La démocratisation en Géorgie à l’épreuve des élections », 2007