Rêve géorgien
| Rêve géorgien (ka) ქართული ოცნება | |
Logotype officiel. | |
| Présentation | |
|---|---|
| Président | Irakli Kobakhidze |
| Fondation | |
| Siège | Tbilissi |
| Fondateur et président d'honneur | Bidzina Ivanichvili |
| Secrétaire général | Kakhaber Kaladze |
| Positionnement | Centre gauche[1],[2] ou attrape-tout[3],[4], proche de l'extrême droite[5],[6]. |
| Idéologie | Populisme[7] Libéralisme économique[8],[9] Souverainisme Antiaméricanisme Conservatisme[10] Russophilie[11] |
| Affiliation européenne | Aucune (observateur du Parti socialiste européen jusqu'en 2023[6]) |
| Affiliation internationale | Alliance progressiste (jusqu'en 2023[12]) |
| Couleurs | Bleu et ambre |
| Site web | gd.ge |
| Représentation | |
| Parlement | |
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Rêve géorgien - Géorgie démocratique (KO) (en géorgien : ქართული ოცნება, kartuli otsneba, surnommé Kotsebi) est un parti politique géorgien lancé en décembre 2011 et officiellement fondé le . Il dirige la Géorgie de manière continue depuis octobre 2012.
Rêve géorgien est un parti attrape-tout. Se présentant initialement comme de centre gauche, favorable à une économie libérale et à un rapprochement avec l'Occident, l'OTAN et l'Union européenne, il prend progressivement un tournant populiste et conservateur pro-russe. Ses positions politiques sont dès lors parfois comparées à celles des partis d'extrême droite occidentaux.
Rêve géorgien est accusé d'une prise de contrôle systématique des institutions du pays et d'un recul démocratique, au profit de son dirigeant et fondateur le milliardaire Bidzina Ivanichvili, ainsi que de saboter le processus d'intégration européenne, à la demande de la Russie. En 2024, le parti fait voter une loi très controversée sur les « agents de l'étranger » calquée sur la législation russe et qui limite drastiquement la liberté des médias ; d'autres mesures restreignant notamment la liberté de réunion ou la liberté d'expression suivent en 2025.
Durant son histoire électorale, le parti remporte successivement les élections législatives de 2012, de 2016 et de 2020. Lors des élections législatives de 2024, il s'impose mais le scrutin est marqué par d'importantes irrégularités, mis en doute par les observateurs internationaux et contestés par l'opposition. Des manifestations éclatent et se prolongent en 2025.
Histoire
[modifier | modifier le code]Le fondateur du parti, l'homme d'affaires Bidzina Ivanichvili, annonce le le lancement de son parti politique[13]. Il crée en février 2012 une coalition politique[14] qui comprend :
- le parti Rêve géorgien ;
- Notre Géorgie - Démocrates libres ;
- L'industrie sauvera la Géorgie ;
- le Parti conservateur de Géorgie ;
- le Forum national ;
- le Parti républicain.
Depuis 2012, tous les Premiers ministres s'étant succédé proviennent de ses rangs ; il s'agit successivement de Bidzina Ivanichvili (2012-2013) — en cohabitation avec le président Mikheil Saakachvili —, puis Irakli Garibachvili (2013-2015), Guiorgui Kvirikachvili (2015-2018), Mamouka Bakhtadze (2018-2019), Guiorgui Gakharia (2019-2021), Irakli Garibachvili (2021-2024) et Irakli Kobakhidze (depuis 2024). Ils sont dotés de l'essentiel du pouvoir exécutif à la suite d'un amendement constitutionnel[15].
Le plus grand parti rival est le Mouvement national uni de l'ancien président Mikheil Saakachvili, bien que les deux formations partagent initialement certaines orientations idéologiques. Dans ce contexte, les débats politiques se concentrent principalement sur les rapports avec la Russie, les deux partis s'accusant mutuellement de « faire le jeu de Moscou ». Les questions sociales sont le plus souvent absentes des discours et des débats politiques[16].
Le , Notre Géorgie - Démocrates libres se sépare de la coalition et rejoint l'opposition. Le , le Forum national, L'industrie sauvera la Géorgie, le Parti conservateur et le Parti républicain se présentent, à leur tour, séparément aux élections législatives.
Le , le chef du parti démissionne, laissant son poste au secrétaire exécutif du parti Irakli Kobakhidze.
Le , Irakli Kobakhidze est élu président du parti Rêve géorgien[17].
Représentation parlementaire
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Le , lors des élections législatives, la coalition Rêve géorgien obtient 54,97 % des voix au scrutin proportionnel plurinominal (44 sièges sur 77) et 41 sièges sur 73 au scrutin uninominal à deux tours, ce qui lui donne la majorité au Parlement[18], [19],[20].
Le , pour les élections législatives, Rêve géorgien se présente seul et obtient 48,67 % des suffrages exprimés au scrutin proportionnel plurinominal, ce qui lui assure 44 sièges et 23 supplémentaires au scrutin uninominal dès le 1er tour, totalisant déjà 67 sièges sur 150[21]. Au second tour, le , le parti remporte 48 des 50 sièges restant en ballottage. Ce résultat d'ensemble confère au Rêve géorgien une confortable majorité au Parlement avec 115 élus pour 150 sièges.
Rêve géorgien remporte les élections législatives de 2020 avec 48 % des voix selon les résultats officiels. Les partis de l’opposition ne reconnaissent pas les résultats du scrutin, dénonçant des fraudes massives. Les observateurs électoraux de l'OSCE et de l’OTAN ont déclaré que les élections s’étaient déroulées « dans un environnement compétitif », décrivant toutefois le scrutin comme « loin d’être irréprochable » et soulignant des « allégations généralisées de pressions sur les électeurs (…) et des lignes floues entre le parti au pouvoir et l’État »[22].
Présidence de la République
[modifier | modifier le code]Le , lors de l'élection présidentielle, le candidat de la coalition Rêve géorgien, Guiorgui Margvelachvili, obtient 62 % des suffrages exprimés. Il est élu à un poste dont les fonctions sont désormais plus représentatives qu'exécutives[23],[24].
Le , lors de l'élection présidentielle, la candidate soutenue par le Rêve géorgien, Salomé Zourabichvili, est élue en obtenant 59,52 % des suffrages exprimés[25].
Le , lors de l'élection présidentielle, le candidat de Pouvoir au peuple soutenu par le Rêve géorgien, Mikheïl Kavelachvili, est élu de manière indirecte, notamment par les membres du Parlement. Sa légitimité en tant que président est contestée.
Idéologie
[modifier | modifier le code]Rêve géorgien est un parti attrape-tout se réclamant initialement du centre gauche en s'affiliant à l'Alliance progressiste[26]. Il est au départ décrit comme favorable à une économie libérale et à un rapprochement avec l'Occident, l'OTAN et l'Union européenne[16], mais prend progressivement un tournant populiste et conservateur pro-russe, en particulier à partir des années 2020. Selon de nombreux observateurs, l'évolution autoritaire et pro-russe de la politique du parti se ferait sous l'influence directe du Kremlin[11],[27],[7],[28].
Ses positions politiques sont parfois comparées à celles des partis d'extrême droite occidentaux[5],[6].
L'idéologie du parti évolue également vers des positions illibérales et antidémocratiques à partir des années 2020. En 2024, le parti fait voter une loi très controversée sur les « agents de l'étranger » calquée sur la législation russe et qui limite drastiquement la liberté des médias[29] ; d'autres mesures restreignant notamment la liberté de réunion ou la liberté d'expression suivent en 2025. Une « dérive totalitaire » est même évoquée[30].
Rêve géorgien est hostile aux questions de diversité. La rhétorique anti-LGBTQ+ du parti s'intensifie depuis 2021, lorsque le Premier ministre de l'époque, Irakli Garibachvili, qualifie une tentative de marche des fiertés à Tbilissi de « propagandiste », après que celle-ci ait été violemment perturbée par le groupe pro-russe Mouvement conservateur (en)[31]. En 2024, le parti approuve un ensemble législatif homophobe interdisant la « propagande LGBT », le mariage homosexuel et les traitements médicaux de transition de genre[31],[32]. En 2025, Chalva Papouachvili annonce l'examen prochain d'une proposition législative visant à interdire les marches LGBT et les objets aux couleurs associées au mouvement LGBT[31],[32].
Résultats électoraux
[modifier | modifier le code]Élections législatives
[modifier | modifier le code]| Élection | Votes | % | Sièges | Rang | Gouvernement |
|---|---|---|---|---|---|
| 2012 | 1 184 612 | 55,0 | 1er | Ivanichvili (2012-2013), Garibachvili I (2013-2015), Kvirikachvili I (2015-2016) | |
| 2016 | 856 638 | 48,7 | 1er | Kvirikachvili II (2016-2018), Bakhtadze I (2018) et II (2018-2019), Gakharia I (2019-2020) | |
| 2020 | 926 959 | 48,1 | 1er | Gakharia II (2020-2021), Garibachvili II (2021-2024), Kobakhidze (depuis 2024) | |
| 2024 | 1 120 140 | 53,94 | 1er |
Références
[modifier | modifier le code]- ↑ « Georgia | Center for Strategic and International Studies »
- ↑ « Georgian Dream Declares Victory in Parliamentary Elections »
- ↑ Ondrej Ditrych, « The Georgian succession », European Union Institute for Security Studies, , p. 4 (lire en ligne [archive du ]).
- ↑ Bidzina ebanidze et Kornely Kakachia, « The First 100 Days of the Georgian Dream Government: A Reality Check », sur ResearchGate,
- « Géorgie : pourquoi les élections législatives sont considérées comme « existentielles » », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
- (en-US) Shota Kincha, « Georgian PM rails against ‘liberal’ West at far-right Budapest conference », sur OC Media, (consulté le )
- Estelle Levresse, « Des élections législatives « cruciales » en Géorgie », sur Mediapart, (consulté le ).
- ↑ Marc Nexon, « Mikheïl Saakachvili, le supplice d’un anti-Poutine », Le Point, (consulté le ).
- ↑ (en) « Georgia’s EU dreams live or die with Mikheil Saakashvili », sur POLITICO, (consulté le )
- ↑ « Législatives en Géorgie : les deux camps revendiquent la victoire à la fermeture du vote ; des résultats préliminaires diffusés dimanche soir », Le Monde, (lire en ligne, consulté le )
- « Bidzina Ivanichvili, la « marionnette de Poutine » qui a fait basculer la Géorgie », Le Monde, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ « Parties & Organisations | Progressive Alliance », sur web.archive.org, (consulté le )
- ↑ (en) Civil Georgia : « Ivanishvili Launches Public Movement », 11 décembre 2011.
- ↑ « Civil.Ge | Ivanishvili Launches Coalition », sur old.civil.ge (consulté le )
- ↑ (en) Civil Georgia : « Constitutional Amendment Passed with Final Reading », 25 mars 2013.
- Pierre Daum, « La dénonciation des « traîtres », une passion nationale », sur Le Monde diplomatique, .
- ↑ (en) « Irakli Kobakhidze elected Chairman of the Georgian Dream | Rustavi2 », sur rustavi2.ge (consulté le )
- ↑ Fondation Robert Schuman : « Le pouvoir du président Mikhaïl Saakachvili vacille à l'approche des élections législatives du 1er octobre en Géorgie » par Corinne Deloy, 1er octobre 2012.
- ↑ (en) Parliament of Georgia : « Parliamentary Majority », 9 mars 2016.
- ↑ Le Monde : « Le Rêve géorgien, un parti construit à coups de millions de dollars » par Piotr Smolar, 2 octobre 2012.
- ↑ (en) Civil Georgia : « Preliminary Results: GDDG in Big Lead Over UNM, Alliance of Patriots Enters Parliament », 10 octobre 2016.
- ↑ « La Géorgie au bord de la crise politique après les élections législatives », Le Monde.fr, (lire en ligne).
- ↑ (en) Civil Georgia : « GD Leaders Address Jubilant Supporters », 27 octobre 2013
- ↑ « Géorgie : le protégé du Premier ministre remporte la présidentielle saluée par l'OSCE », sur La Dépêche du Midi, .
- ↑ (ka) Résultats des élections présidentielles 2018 (Commission centrale des élections).
- ↑ (en) Progressive Alliance: « Participants », 20 octobre 2016.
- ↑ « Loi sur l'influence étrangère : la Géorgie, déstabilisée entre son rêve européen et la tentation russe », sur L’Écho (consulté le ).
- ↑ « En Géorgie, le mouvement de contestation à l’épreuve de la répression », L'Humanité, (consulté le )
- ↑ « Géorgie : la « loi russe » devrait être approuvée cette semaine », (consulté le ).
- ↑ « La Géorgie, une dérive totalitaire sous influence russe », sur euradio.fr (consulté le )
- (en) Mikheil Gvadzabia, « Georgian Dream pledges to discuss ban on LGBT marches and ‘related colourful items’ »
, sur OC Media, (consulté le )
- (ka) « პაპუაშვილი: არის საკანონმდებლო წინადადება ლგბტ მარშების და შესაბამისი ფერადი ნივთების აკრძალვის შესახებ »
, sur On.ge, (consulté le )