Naruhito

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Naruhito

Description de cette image, également commentée ci-après

Le prince Naruhito au Brésil, en 2008.

Titre

Prince héritier du Japon

Depuis le
(&&&&&&&&&&&0923125 ans, 3 mois et 10 jours)

Prédécesseur Akihito
Biographie
Titulature Prince héritier du Japon
Dynastie Maison de Yamato
Nom de naissance Hiro-no-miya Naruhito
Naissance (54 ans)
Tokyo (Japon)
Père Akihito
Mère Michiko Shōda
Conjoint Masako Owada
Enfants Princesse Aiko de Toshi
Résidence Palais du Tōgū
Description de cette image, également commentée ci-après

Princes héritiers du Japon

Le prince Naruhito /na'ɺ̠ɯçito/ (皇太子徳仁親王, kōtaishi Naruhito Shinnō?), né à l'Hôpital de la Maison impériale, situé dans le jardin est du Kōkyo dans l'arrondissement de Chiyoda à Tōkyō, le , est le fils aîné et héritier de l'actuel empereur du Japon, Akihito, et de son épouse, l'impératrice Michiko.

Titré à sa naissance « Son Altesse impériale le prince impérial Naruhito de Hiro » (浩宮徳仁親王, Hiro-no-miya Naruhito shinnô?), il devint l'héritier du trône du Japon (皇太子, kōtaishi?, prince héritier) à la mort de son grand-père, l'empereur Hirohito, le .

Enfance et jeunesse[modifier | modifier le code]

Enfance[modifier | modifier le code]

Le prince Naruhito de Hiro, le

Comme tous les membres de la famille impériale, le jeune prince reçoit le septième jour après sa naissance, soit le , un prénom et un nom de complaisance. Son titre complet est alors Son Altesse impériale le prince impérial Naruhito de Hiro (浩宮徳仁親王, Hiro-no-miya Naruhito shinnō?). Le même jour, il reçoit également de sa mère un emblème personnel (お印, o-shirushi?) censé symboliser son caractère : le catalpa chinois (, Azusa?).

Son prénom, Naruhito (徳仁?), et son nom, Hiro-no-miya (浩宮?), sont issus, comme le veut la tradition dans la Maison impériale du Japon, d'un passage de l'un des Classiques chinois, à savoir de la 32e sentence de la Doctrine du Milieu de Confucius selon Zi Si, qui dit, en parlant de celui qui réussit à atteindre le degré ultime d'humanité en trouvant le lien entre terre et ciel : « 浩浩其天!茍不固聰明聖知達天者,其孰能知之 », ce qui, traduit du chinois, signifie : « Appelle-le ciel, tellement il est vaste ! Qui peut comprendre cela, si ce n'est celui qui est rapide en appréhension, clair dans son discernement, d'une intelligence largement hors de portée et d'une connaissance universelle, possédant toute la vertu céleste ? »[1],[2].

Les kanji (, hiro, ōki?, « grand, nombreux, vaste, abondant »)[3] et (toku, oshie, naru-?, « éthique, moralité, puissance, vertu »)[4] renvoyant ainsi à deux qualités reliant l'homme au ciel.

Il est, avec son frère et sa sœur, le premier enfant d'un empereur à avoir été élevé directement par son père et sa mère, la tradition jusqu'à présent voulant que les enfants de la famille impériale fussent séparés très tôt de leurs parents pour être éduqués par des chambellans du palais et par des précepteurs privés.

Études et travaux de chercheur en histoire[modifier | modifier le code]

Il est le premier héritier présomptif du Trône à avoir obtenu un diplôme universitaire, à savoir un Bachelor's degree en 1982 puis, en 1988, une Maîtrise en histoire de l'Université Gakushūin. Il a également étudié au Merton College de l'Université d'Oxford au Royaume-Uni de 1983 à 1985, deux années qu'il a retracé dans un livre intitulé テムズとともに : 英国の二年間 (Temuzu to tomoni : Eikoku no ninenkan?) et traduit en anglais en 2006 par The Thames And I: A Memoir Of Two Years At Oxford (ISBN 1-905246-06-4). Il rédige également, lorsqu'il est au Royaume-Uni, un article en anglais sur The Thames as Highway (La Tamise comme axe de communication), publié en avril 1989. Un Doctorat honoris causa en droit lui est décerné en décembre 1991 par l'Université d'Oxford.

Malgré ses obligations officielles, il a continué ses activités de recherche en histoire médiévale du Japon et de l'Angleterre, étant spécialisé notamment dans l'étude des transports fluviaux et de la mise en valeur par ces deux pays de leurs voies navigables à travers le passé. Il est en effet chercheur honoraire aux archives de l'Université Gakushūin depuis 1992, il a donné également plusieurs séries de cours et de conférences universitaires dans cet établissement en 2003 (conférences au Collège féminin sur la « Société et culture britannique : source de la culture nord-américaine »), 2005, 2006 et 2008.

Prince héritier[modifier | modifier le code]

Maison impériale du Japon
Japanese Imperial Seal.svg
Princes d’Akishino
Japanese Crest of Akisino no miya.svg
Princes de Hitachi
Japanese Crest of Hitachi no miya.svg
Princes de Mikasa
Japanese Crest of Mikasa no miya.svg
Princes de Katsura
Japanese Crest of Katura no miya Yosihito.svg
Princes de Takamado
Japanese Crest of Takamado no miya.svg

Fonctions officielles[modifier | modifier le code]

Le prince héritier et le président brésilien Lula da Silva, le

S'il devient, dans la pratique, l'héritier au trône du Japon après le décès de son grand-père et l'avènement de son père le , il n'est investi officiellement comme Prince héritier (皇太子, Kōtaishi?) que le , jour de son 31e anniversaire, lors de la cérémonie traditionnelle Rit'taishi-no-Rei (立太子の礼, littéralement « Cérémonie d'avènement du Premier fils »?).

Son statut lui donne un nombre important de responsabilités cérémonielles et symboliques, ainsi que représentatives comme l'atteste de nombreux voyages officiels dans des pays étrangers. Il a ainsi jusqu'à présent visité une vingtaine d'États, étant délégué notamment pour représenter la maison impériale et le Japon lors de cérémonies au sein des différentes familles régnantes dans le monde (comme un sacre ou un couronnement ou encore un mariage princier). Il est aussi président honoraire de l'Année d'échanges Japon-Brésil en 2008, chargé notamment d'assister aux commémorations du centenaire de l'immigration japonaise au Brésil le .

Sur le plan caritatif et humanitaire, il est vice-président d'honneur de la Croix-Rouge japonaise[5] depuis avril 1994. Chercheur en histoire des transports fluviaux, il s'est également personnellement impliqué dans le domaine de la lutte pour l'approvisionnement en eau et contre la sécheresse dans le monde, et a ainsi été président honoraire du Troisième Forum mondial de l'eau qui s'est tenu au JaponKyōto, Ōsaka et Shiga) du 16 au , où il fait notamment une intervention remarquée lors de la journée d'ouverture sur « les cours d'eau reliant Kyōto et sa région ». Lors de l'ouverture du forum suivant, le à Mexico, il est chargé à nouveau de faire un discours cette fois-ci consacré à « Edo et la navigation », et réalise la conférence d'ouverture du 1er Sommet Asie-Pacifique sur l'eau en décembre 2007 sur « les Humains et l'eau : du Japon à la région Asie-Pacifique ». Il est enfin nommé en janvier 2007 président honoraire du Bureau consultatif sur l'eau et la salubrité du Secrétaire général des Nations Unies.

Famille et problème de succession[modifier | modifier le code]

Naruhito aurait rencontré sa future épouse, la diplomate non issue de l'aristocratie Masako Owada, lors d'une réception organisée en 1986 à la résidence d'Akihito alors qu'il n'était encore que prince héritier[6].

Le mariage est finalement accepté par le Conseil de la maison impériale le , les fiançailles ont lieu le 12 avril suivant et le mariage le .

Ensemble, ils ont eu une fille le  : Son Altesse impériale la princesse impériale Aiko de Toshi (敬宮愛子内親王, Toshi-no-miya Aiko naishinnō?). Il réside, avec son épouse et sa fille, dans la résidence officielle du prince héritier, le Palais du Tōgū, situé dans le complexe palatial du domaine d'Akasaka dans l'arrondissement spécial de Minato à Tōkyō, où il est né et a grandi.

La loi de succession au trône écartant actuellement les femmes, une révision était envisagée par le gouvernement pour permettre à sa fille unique de devenir un jour impératrice régnante[7]. Néanmoins, depuis l'annonce en février 2006 de la grossesse de l'épouse du prince Akishino, frère de Naruhito (déjà parents de deux filles), cette révision a été abandonnée puisque la princesse Kiko a donné naissance à un garçon, le Prince Hisahito, le .

Toutefois, l'abandon de ce projet ne peut être que provisoire selon plusieurs spécialistes du droit constitutionnel et de la maison impériale, dont le juriste Kōichi Yokota, car « il n'y a aucune garantie de continuité pour la famille impériale tant que des règles souples de succession n'auront pas été adoptées ». Les concubines ayant disparu et l'ancien clan impérial ayant été réduit à une branche, la pérennité du Trône du chrysanthème ne repose aujourd'hui que sur quelques couples, et ce nombre devrait se réduire pour la génération suivante puisqu'actuellement, l'empereur ne compte qu'un seul petit-fils, aucun neveu ou nièce, tandis que la seule branche cadette de la famille impériale, celle des Mikasa, n'a engendré également que des filles. Ainsi la famille impériale devrait, si les choses restent en l'état, se limiter à terme aux seuls descendants du jeune prince Hisahito, et à sa capacité à avoir à son tour un fils[8].

Le système patrilinéaire ne pouvait parfaitement fonctionner que grâce à la polygamie, qui a disparu de fait avec l'empereur Taishō (1879-1926) et de droit avec la constitution de 1947, qui stipule que l'héritier doit être « légitime ». Par ailleurs, la réforme de 1947 a limité la transmission du trône aux descendants de Taishō, radiant de la famille impériale, donc des successeurs possibles, de nombreuses branches collatérales. La monarchie nippone subit en outre la pression d'une majorité de Japonais désireux de modernité et favorables à l'avènement un jour de la princesse Aiko comme Impératrice régnante[9].

Le couple princier a dû faire face également aux dépressions chroniques subies par la princesse Masako en raison des fortes pressions médiatiques et protocolaires exercées sur cette dernière, Naruhito sortant à plusieurs reprises de sa réserve pour défendre son épouse. Il s'en prend ainsi directement à l'Agence impériale, qui gère l'agenda des membres de la famille régnante, en mai 2004 lorsque celle-ci décide de ne pas autoriser la princesse, qui est alors très faible, à l'accompagner lors d'un déplacement officiel aux Pays-Bas, déclarant alors : « La princesse Masako, après avoir abandonné son travail de diplomate pour entrer dans la maison impériale, a été grandement affectée d'apprendre qu'elle n'était pas autorisée à voyager à l'étranger pour un long moment [...] Il y a eu des évènements qui ont été à l'encontre de la carrière et de la personnalité de la princesse Masako »[10]. Plus tard, le , il demande de considérer le cas de son épouse avec compassion : « Je voudrais que (le public) comprenne que Masako continue à faire les plus grands efforts avec l'aide de ses proches [...] S'il vous plaît, continuez à la considérer avec gentillesse et sur le long terme »[11].

Loisirs[modifier | modifier le code]

Le prince héritier du Japon pratique, en dehors de ses activités officielles et de recherche, de nombreuses activités sportives en amateur, notamment le tennis, l'alpinisme et le jogging.

Comme ses parents, c'est un grand amateur de musique et joue depuis l'enfance du violon, la famille impériale ayant formé à plusieurs reprises un petit orchestre familial, le prince héritier puis empereur Akihito jouant du violoncelle, la princesse puis impératrice Michiko du piano, et le prince puis prince héritier Naruhito du violon[12].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]