Patrimoine culturel immatériel

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Logotype du patrimoine culturel immatériel.

Le patrimoine culturel immatériel (PCI) est une catégorie de patrimoine issue de la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel adoptée par l'UNESCO en 2003.

Genèse[modifier | modifier le code]

La notion de patrimoine culturel immatériel est apparue au début des années 1990, après les recommandations de 1989 sur la protection des cultures traditionnelles, et en contrepoint du patrimoine mondial tourné essentiellement vers les aspects matériels de la culture. L'expression "Patrimoine culturel immatériel" est officialisée en 1993 lors de la conférence internationale sur les nouvelles perspectives du programme du patrimoine immatériel de l'UNESCO[1].

En 1997 s’est tenue à Marrakech, à l’initiative d’intellectuels marocains et de l’UNESCO, une réunion au cours de laquelle a été défini le concept de « patrimoine oral de l’humanité », et décidé d’établir une distinction pour la préservation et la mise en valeur des « chefs-d’œuvre » de ce patrimoine.

Cette distinction appelée « Proclamation des chefs-d’œuvre du patrimoine oral et immatériel de l’humanité »[2] a été octroyée pour la première fois en 2001 après étude approfondie, à une première liste de patrimoines sur candidatures proposées par les États. Une nouvelle liste est établie tous les deux ans par un jury international.

Les chefs-d’œuvre proposés doivent être une expression culturelle vivante ou menacée. Ils doivent aussi faire l’objet de programmes de préservation et de promotion, le fait d’être inscrit sur la liste de l’UNESCO n’étant pas une garantie absolue de protection.

En 2003 la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel a été adoptée par l’UNESCO[3]. Elle est entrée en vigueur au mois d’avril 2006, et la première Assemblée générale[4] s’est tenue au mois de juin 2006. Les directives opérationnelles de cette convention sont données par le Comité intergouvernemental[5].

Avec l’entrée en vigueur de la Convention, le programme de la proclamation a pris fin. À l’image du patrimoine mondial, ont été créées des listes : une liste représentative et une liste de sauvegarde urgente, où ont été inscrits les chefs-d’œuvre précédemment proclamés, et où de nouveaux éléments sont inscrits annuellement depuis 2008[6]. En 2015, 163 États avaient déposé leurs instruments de ratification, d’acceptation, d’approbation ou d’adhésion pour la Convention[7].

Définition[modifier | modifier le code]

En 2001, l’UNESCO a effectué une enquête[8] auprès d’États, d’organisations internationales et d’ONG afin de définir ce terme, et une Convention[9] a été adoptée pour sa protection.

Selon la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel adopté le le patrimoine culturel immatériel (PCI) – ou patrimoine vivant – est la source principale de notre diversité culturelle et sa continuation une garantie pour une créativité continue et est défini ainsi :

« On entend par patrimoine culturel immatériel les pratiques, représentations, expressions, connaissances et savoir-faire – ainsi que les instruments, objets, artefacts et espaces culturels qui leur sont associés – que les communautés, les groupes et, le cas échéant, les individus reconnaissent comme faisant partie de leur patrimoine culturel. Ce patrimoine culturel immatériel, transmis de génération en génération, est recréé en permanence par les communautés et groupes en fonction de leur milieu, de leur interaction avec la nature et de leur histoire, et leur procure un sentiment d’identité et de continuité, contribuant ainsi à promouvoir le respect de la diversité culturelle et la créativité humaine. Aux fins de la présente Convention, seul sera pris en considération le patrimoine culturel immatériel conforme aux instruments internationaux existants relatifs aux droits de l’homme, ainsi qu’à l’exigence du respect mutuel entre communautés, groupes et individus, et d’un développement durable. »

— Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel

La Convention définit également des domaines dans lesquels le patrimoine immatériel peut se manifester[10] :

La sauvegarde du patrimoine culturel immatériel s'effectue à deux échelles différentes : une sauvegarde à échelle nationale[11], notamment avec la mise en place d'un inventaire du PCI dans chaque État partie, et une sauvegarde à échelle internationale qui s'organise en deux listes de sauvegarde et un registre[12] :

Sauvegarde internationale[modifier | modifier le code]

Modalités d’inscription sur les listes[modifier | modifier le code]

Selon Cécile Duvelle, responsable de la division du patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO : « La Liste représentative ne vise pas à récompenser les meilleures expressions culturelles du monde. La seule chose que l’on prend en compte, c’est l’importance subjective qu’a telle ou telle pratique pour la communauté qui la maintient en vie »[13]. Les modalités d’inscription sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel diffèrent donc de celles de la Liste du patrimoine mondial inscrivant des biens « qui ont une valeur universelle exceptionnelle »[14].

Les dossiers d’inscription complexes doivent être réalisés par les pays concernés. Ainsi certains pays motivés par les inscriptions comme la Chine ou la Croatie peuvent paraitre surreprésentés alors qu’aucun pays africain n’a présenté de dossier en 2010[15]. Cécile Duvelle regrette également l’« instrumentalisation politique à des fins nationalistes » après l’inscription de pratiques culturelles dans certains pays[13].

En 2013, le Comité a inscrit quatre éléments sur la Liste du patrimoine culturel immatériel nécessitant une sauvegarde urgente, un outil qui permet aux États parties à la Convention de mobiliser la coopération et l’assistance nécessaires pour assurer la transmission de ce patrimoine avec la participation des communautés concernées. La Liste de sauvegarde urgente compte ainsi désormais 35 éléments inscrits.

Le Comité a par ailleurs inscrit 25 éléments sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel, qui vise à assurer une plus grande visibilité du patrimoine immatériel et à faire connaître des traditions et des savoir-faire portés par les communautés sans pour autant leur reconnaître de critère d’excellence ou d’exclusivité. Au cours de cette réunion, quatre des 158 États parties à la Convention (Éthiopie, ex République yougoslave de Macédoine, Niger et Ukraine) ont vu des éléments inscrits sur cette Liste pour la première fois. La Liste représentative compte désormais 281 éléments inscrits au total.

Critères pour l’inscription sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité[modifier | modifier le code]

Critères pour l’inscription sur la Liste du patrimoine culturel immatériel nécessitant une sauvegarde urgente[modifier | modifier le code]

Critères pour la sélection des programmes, projets et activités reflétant le mieux les principes et objectifs de la Convention[modifier | modifier le code]

Listes du patrimoine culturel immatériel[modifier | modifier le code]

Les listes du patrimoine culturel immatériel ont été établies en 2008, lorsque la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel a pris effet[3]

Avant cela, un projet connu sous le nom de "patrimoine culturel immatériel de l'humanité" a déjà été actif, par proclamation[16], et avait pour but la reconnaissance de pratiques vivantes, immatérielles, tels que des traditions, des coutumes, des espaces culturels et les acteurs locaux qui soutiennent ces formes d'expressions culturelles. Lancé en 2001 et organisé jusqu'en 2005, 90 pratiques ont été proclamées chefs-d'œuvre du patrimoine immatériel de l'humanité de 2001 à 2006 dans le monde entier[17]. Ces 90 chefs-d'œuvre, déjà proclamés avant la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, ont été incorporés à la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité dès 2008[18].

Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité[modifier | modifier le code]

Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité par continents[modifier | modifier le code]

Liste du patrimoine immatériel nécessitant une sauvegarde urgente[modifier | modifier le code]

Registre des meilleures pratiques de sauvegarde[modifier | modifier le code]

Sauvegarde nationale[modifier | modifier le code]

Les États parties[modifier | modifier le code]

L'inventaire[modifier | modifier le code]

Autres mesures de sauvegardes[modifier | modifier le code]

Les Communautés[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Chiara Bortolotto, Le patrimoine culturel immatériel. Enjeux d’une nouvelle catégorie, Éditions de la Maison des sciences de l’homme, 2015, 252 p. (ISBN 9782735118182)
  • Rinatu Coti, Joachim Oelsner et Liliane Perrin-Bensahel, Droit et patrimoine culturel immatériel, L'Harmattan, 2013, 220 p. (ISBN 9782336321578)
  • Juliette El-Abiad, Le patrimoine culturel immatériel, L'Harmattan, 2014, 160 p. (ISBN 9782343028460)
  • Li Wang, La Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel. Son application en droits français et chinois, Éditions L'Harmattan, 2013, 520 p. (ISBN 9782296532984)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Christian Hottin, Le patrimoine culturel immatériel : premières expériences en France, Arles, Actes Sud,‎ , 365 p. (ISBN 978-2-7427-8977-1), p. 12
  2. Proclamation des chefs-d’œuvre du patrimoine oral et immatériel de l’humanité
  3. a et b Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel
  4. Assemblée générale
  5. Comité intergouvernemental
  6. Listes sur le site de l’UNESCO
  7. liste des États parties de la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, consulté le 22 avril 2014
  8. Réunion de 2001 - définition de l’UNESCO.
  9. Site officiel de l’UNESCO.
  10. « Texte de la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel - Art.2.2 », sur www.unesco.org (consulté le 8 octobre 2015)
  11. « Texte de la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel - Art.11-15 », sur Unesco (consulté le 8 octobre 2015)
  12. « Listes du patrimoine culturel immatériel et registre des meilleures pratiques de sauvegarde », sur Unesco (consulté le 8 octobre 2015)
  13. a et b La gastronomie française, ça intéresse qui ?, Lluís Uría, Courrier international d’après La Vanguardia, 25 novembre 2010
  14. Convention concernant la protection du patrimoine mondial, culturel et naturel, 1972, Article 1
  15. Le patrimoine immatériel, un inventaire à la Prévert, Florence Evin, Le Monde, 17 novembre 2010
  16. « Unesco issues first ever proclamation of masterpieces of the oral and intangible heritage », sur Unesco (consulté le 22 octobre 2015)
  17. UnescoPresse, « La Samba de Roda et le Ramlila figurent désormais parmi les Chefs-d’œuvre du patrimoine oral et immatériel de l’humanité », sur portail Unesco (consulté le 22 octobre 2015)
  18. « Critères et calendrier d’inscription sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité », sur Unesco (consulté le 22 octobre 2015)