Serge Sarkissian

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Serge Sarkissian
Սերժ Սարգսյան
Illustration.
Serge Sarkissian en 2016.
Fonctions
Premier ministre d'Arménie

(6 jours)
Élection
Président Armen Sarkissian
Gouvernement Serge Sarkissian III
Coalition HHK-FRA
Prédécesseur Karen Karapetian
Successeur Karen Karapetian (intérim)
Nikol Pachinian
Président de la République

(10 ans)
Élection 19 février 2008
Réélection 18 février 2013
Premier ministre Tigran Sarkissian
Hovik Abrahamian
Karen Karapetian
Prédécesseur Robert Kotcharian
Successeur Armen Sarkissian
Premier ministre

(1 an et 5 jours)
Président Robert Kotcharian
Gouvernement Serge Sarkissian I et II
Prédécesseur Andranik Margarian
Successeur Tigran Sarkissian
Ministre de la Défense

(6 ans, 10 mois et 15 jours)
Premier ministre Andranik Margarian
Prédécesseur Vagharshak Harutiunyan
Successeur Mikael Harutyunyan

(1 an, 8 mois et 26 jours)
Premier ministre Hrant Bagratian
Prédécesseur Vazgen Manoukian
Successeur Vazgen Sargsian
Biographie
Nom de naissance Serge Azati Sarkissian
Date de naissance (64 ans)
Lieu de naissance Stepanakert (URSS)
Nationalité arménienne
Parti politique HHK
Diplômé de Université d'État d'Erevan
Religion Église apostolique arménienne

Signature de Serge SarkissianՍերժ Սարգսյան

Serge Sarkissian
Premiers ministres d'Arménie
Présidents de la république d'Arménie

Serge Sarkissian[a] (en arménien : Սերժ Սարգսյան) est un homme d'État arménien, né le à Stepanakert[1], alors en RSS d'Azerbaïdjan, Premier ministre d'Arménie de 2007 à 2008, puis président de la République de 2008 à 2018 et à nouveau brièvement Premier ministre en 2018.

Ministre de la Défense de 1993 à 1995 sous le gouvernement de Hrant Bagratian, puis de 2000 à 2007 sous celui d'Andranik Margarian, il devient Premier ministre le , à la mort de celui-ci.

Il remporte ensuite l'élection présidentielle de 2008 ainsi que celle de 2013 avec l'appui du Parti républicain d'Arménie qu'il dirige depuis .

Redevenu Premier ministre en 2018 à l'issue de son mandat présidentiel et après avoir fait adopter une réforme constitutionnelle qui transforme le régime présidentiel en régime parlementaire, il démissionne six jours plus tard à la suite de la révolution arménienne de 2018, organisée contre la corruption et l'incarcération d'opposants politiques.

Biographie[modifier | modifier le code]

Serge Sarkissian est né le à Stepanakert dans le Haut-Karabagh (à l'époque oblast autonome du Haut-Karabagh au sein de la RSS d'Azerbaïdjan). Il entre en 1971 à l'université d'État d'Erevan, sert dans les forces armées soviétiques de 1972 à 1974 puis obtient son diplôme de philologie en 1979[1].

Sarkissian commence sa carrière professionnelle en 1975 à l'usine d'éléments électriques où il travaille jusqu'en 1979. Il commence alors sa carrière politique en entrant au comité de l'association jeunesse du Parti communiste de la ville de Stepanakert. Il gravit les échelons jusqu'à devenir premier secrétaire du comité régional du Haut-Karabagh.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

En 1990, Sarkissian devient député au Conseil suprême d'Arménie, puis après l'indépendance du pays en 1991, exerce, sous la présidence de Levon Ter-Petrossian, la fonction de ministre de la Défense de 1993 à 1995. Après avoir pris la tête du Département de la Sécurité d'État en 1995, il sera ministre de l'Intérieur et ministre de la Sécurité nationale jusqu'en 1999[1].

Robert Kotcharian, élu président de la République le , nomme Sarkissian au poste de chef d'État-major en 1999, puis de ministre de la Défense en 2000[1].

Premier ministre[modifier | modifier le code]

Après la mort d'Andranik Margarian le [2], à six semaines de l'élection législative du 12 mai, Sarkissian est choisi le 4 avril suivant pour le remplacer au poste de Premier ministre. Après les élections législatives, il est confirmé à ce poste le jusqu'au 19 février, date à laquelle il remporte l'élection présidentielle[1].

Serge Sarkissian est membre du Parti républicain depuis 2006. Il prend la présidence de son Conseil en juillet de la même année puis est élu à la présidence du parti en novembre 2007[1].

Président de la République[modifier | modifier le code]

Sarkissian a remporté l'élection présidentielle du dès le premier tour avec 52,82 % des voix selon les résultats définitifs de la Commission électorale centrale[3], mais l'opposition, emmenée par Levon Ter-Petrossian (président de 1991 à 1998), crie au scandale et à la fraude massive[4]. Selon les observateurs envoyés par l'OSCE, ces élections auraient pourtant grandement satisfait aux standards internationaux[5].

Le , peu après la révolution arménienne de 2018, Robert Kotcharian est accusé de « rupture de l'ordre constitutionnel », accusation pour laquelle il risque 15 ans de prison, pour des soupçons de fraudes électorales lors de l'élection présidentielle arménienne de 2008 en faveur de Serge Sarkissian[6]. Il est arrêté le lendemain 27 juillet[7].

Candidat lors de l'élection présidentielle du 18 février 2013, Sarkissian la remporte dès le premier tour avec 58,64 % des votes[8].

À nouveau Premier ministre sur quelques jours[modifier | modifier le code]

Après avoir quitté la présidence le au terme de son deuxième mandat de cinq ans, Serge Sarkissian est élu Premier ministre le suivant par le Parlement avec 77 voix contre 17, sur proposition de son successeur au poste de président, Armen Sarkissian[9]. Il avait pourtant précédemment promis de ne pas briguer ce poste[10]. Il forme son gouvernement le . En réaction, des manifestations sont organisées à partir du [11] par le chef de l'opposition, Nikol Pachinian, qui est finalement arrêté[12].

Il présente sa démission le 23 avril 2018, face à la révolution arménienne de 2018 qui secouent depuis onze jours le pays[13]. Nikol Pashinian est libéré dans la foulée ainsi que deux autres députés arrêtés la veille. Lors de l'annonce de sa démission, Sarkissian déclare que « Nikol Pachinian avait raison. Et moi, je me suis trompé. Le mouvement de la rue ne voulait pas que je sois Premier ministre. Je satisfais votre demande et je souhaite paix et harmonie à notre pays »[14]. Il ajoute qu'il n'a pas voulu utiliser la force pour disperser les manifestants[15]. Le premier vice-Premier ministre Karen Karapetian redevient Premier ministre par intérim[16].

Alors que le Parti républicain d'Arménie avait renoncé à présenter un candidat, Pachinian est le seul candidat en lice pour lui succéder[17]. Le , l'Assemblée nationale rejette sa candidature par 45 voix pour et 55 contre[18]. Le jour même, Edouard Charmazanov, porte-parole du Parti républicain et vice-président du Parlement, avait déclaré qu'« après la rencontre insatisfaisante d'hier, je suis convaincu que monsieur Pachinian ne peut pas être Premier ministre »[19].

Finalement le , des membres du Parti républicain suggèrent que lors de la nouvelle session d'investiture programmée le , le parti pourrait voter en faveur de Nikol Pachinian[20]. Le , Nikol Pachinian est élu Premier ministre d'Arménie par 59 voix favorables, soit six de plus que la majorité minimum requise[21]. Le président du groupe parlementaire du Parti républicain Vagram Bagdassarian affirme avoir fait primer « la stabilité du pays »[22].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Rita Sarkissian.

Serge Sarkissian se marie en 1983 avec Rita, professeur de musique à Stepanakert, et le couple donne naissance à deux filles, Anouch et Satenik. Sarkissian est aujourd'hui également grand-père d'une petite-fille, Mariam, et deux petits-fils, Ara et Serge[1].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Son prénom est le prénom en français Serge. Son nom de famille est basé sur le prénom Sargis Սարգիս qui signifie également Serge. Son nom signifie donc « Serge, fils de Serge ».

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f et g (en) « Biography », sur president.am, The official site of the President of the Republic of Armenia (consulté le 3 juin 2010).
  2. (en) Ruben Meloyan et Emil Danielyan, « Armenian Prime Minister Dies Of Heart Attack » sur Radio Free Europe / Radio Liberty, 25 mars 2007, [lire en ligne (page consultée le 19 décembre 2008)].
  3. (hy+en) Site de la Commission électorale centrale
  4. (en) Armenia PM wins presidency poll, sur BBC News, 20 février 2008
  5. (en) Communiqué de presse de l'OSCE du 20 février 2008
  6. « Arménie: un ancien président accusé de fraude électorale », sur Le Figaro (consulté le 28 juillet 2018)
  7. « Arménie : l'ex-président Kocharyan arrêté pour fraude électorale présumée », sur Europe 1 (consulté le 28 juillet 2018)
  8. (en) « Decision 2013: Serzh Sargsyan wins in Armenia’s presidential election », sur ArmeniaNow.com, (consulté le 19 février 2013).
  9. (en) « Ex-president Serzh Sargsyan appointed Armenian PM as opposition declares ‘velvet revolution’ », sur oc-media.org,
  10. « En Arménie, les manifestants célèbrent la démission du Premier ministre », sur lemonde.fr, (consulté le 23 avril 2018).
  11. « Manifestations en Arménie : l'ex-président qui veut être Premier ministre », sur euronews (consulté le 23 avril 2018).
  12. « Arménie : le chef de la contestation et des centaines de manifestants interpellés », sur lemonde.fr, (consulté le 22 avril 2018).
  13. « Arménie : le Premier ministre Serge Sarkissian démissionne (agence de presse officielle) - RFI », sur rfi.fr (consulté le 23 avril 2018).
  14. Samia Medawar, « En Arménie, les défis ne font que commencer », sur lorientlejour.com, L'Orient-Le Jour (consulté le 24 avril 2018).
  15. « L'Arménie en quête d'un nouveau gouvernement après la démission de Serge Sarkissian », sur france24.com, =France 24 (consulté le 25 avril 2018).
  16. « La démission du Premier ministre ne met pas fin à la crise politique en Arménie », sur lemonde.fr (consulté le 24 avril 2018).
  17. « Pachinian, seul candidat au poste de Premier ministre en Arménie - Boursorama » (consulté le 30 avril 2018)
  18. « Arménie : l'opposant Pachinian échoue à être élu Premier ministre par le Parlement », sur www.cnews.fr (consulté le 1er mai 2018)
  19. « Arménie : 20.000 personnes dans les rues pour exiger l'élection de l'opposant Pachinian », sur L'Obs (consulté le 1er mai 2018)
  20. « Arménie: Nikol Pachinian suspend sa campagne de désobéissance civile - Europe - RFI », sur fri.fr (consulté le 2 mai 2018).
  21. « En Arménie, l’opposant Nikol Pachinian élu Premier ministre », sur lemonde.fr (consulté le 8 mai 2018).
  22. « Arménie: l'opposant Pachinian élu Premier ministre », sur actu.orange.fr (consulté le 8 mai 2018).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]