Ashraf Ghani

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Ashraf Ghani
Illustration.
Ashraf Ghani en 2018.
Fonctions
Président de la République islamique d'Afghanistan
En fonction depuis le
(5 ans, 11 mois et 22 jours)
Élection 14 juin 2014
Réélection 28 septembre 2019
Vice-président Abdul Rachid Dostom
Sarwar Danish
Amrullah Saleh
Chef de l'exécutif Abdullah Abdullah
Prédécesseur Hamid Karzai
Ministre des Finances

(2 ans, 6 mois et 12 jours)
Président Hamid Karzai
Prédécesseur Hedayat Amine Arsala
Successeur Anwar ul-Haq Ahady (en)
Biographie
Nom de naissance Mohammad Ashraf Ghani Ahmadzai
Date de naissance (71 ans)
Lieu de naissance Afghanistan
Nationalité afghane
Parti politique indépendant
Conjoint Rula Ghani
Diplômé de université de Kaboul
université américaine de Beyrouth
université Columbia
Profession économiste
anthropologue
homme politique
Résidence palais présidentiel de Kaboul

Ashraf Ghani
Présidents de la République islamique d'Afghanistan

Ashraf Ghani ou Ashraf Ghani Ahmadzai (Ahmadzai désignant le clan auquel il appartient), né le , est un économiste, anthropologue et homme d'État afghan, ancien haut fonctionnaire international, président de la république islamique d'Afghanistan depuis le .

Biographie[modifier | modifier le code]

Originaire de la province du Lôgar, il est né dans un clan pachtoune d'Ahmadzai[1] au sein de ce qui était alors le royaume d'Afghanistan.

Après avoir étudié à Kaboul[1], il quitte l'Afghanistan en 1973 pour étudier au Liban à l'université américaine de Beyrouth. À son retour en Afghanistan il enseigne l'anthropologie de 1974 à 1977 à l'université de Kaboul[1]. En 1977 il part étudier aux États-Unis à l'université Columbia. Le coup d'État communiste de 1978, qui remplaça la république d'Afghanistan par la république démocratique d'Afghanistan l’empêcha de retourner en Afghanistan. En 1983 il obtint le titre de docteur en anthropologie après sa thèse à l'université Columbia et devient professeur à l'université Berkeley et à l'université Johns-Hopkins[2].

En 1991, il rejoint la Banque mondiale comme anthropologue, où il est chargé d'étudier « les conséquences sociales de l'aide économique »[2].

Après les attentats du 11 septembre 2001 et la chute des talibans, il participe à la reconstruction de l'État afghan, notamment comme conseiller spécial du diplomate algérien Lakhdar Brahimi, alors représentant du secrétaire général de l'ONU dans le pays. Il joue un rôle dans les négociations des accords de Bonn de . Il est ensuite conseiller d'Hamid Karzai, avant de rejoindre, en , le gouvernement intérimaire afghan dirigé par ce dernier ; il exerce les fonctions de ministre des Finances de à . Il devient ensuite président de l'université de Kaboul pendant une année. Candidat à l'élection présidentielle de 2009, il termine à la quatrième place avec 2,94 % des voix[2].

De nouveau candidat à l'élection de 2014, il se place en deuxième position au premier tour, le , avec 31,6 % des voix, loin derrière Abdullah Abdullah (45 %). Le suivant, les premiers résultats du second tour qui s'est déroulé le sont annoncés par la Commission électorale indépendante et donnent Ghani vainqueur avec 56,4 % des voix[3]. Contrairement au scrutin de 2009, Ashraf Ghani s'est « ré-afghanisé » pour cette élection, notamment en rajoutant à son nom son patronyme tribal « Ahmadzai », en se laissant pousser la barbe, en portant des vêtements traditionnels afghans et en s'alliant avec des personnalités locales, notamment Abdul Rachid Dostom, un « seigneur de la guerre » d'origine ouzbèke controversé qui devient par ailleurs son vice-président[2],[4]. Une crise politique s'ensuit, Abdullah Abdullah refusant de reconnaître sa défaite. Un accord intervient finalement entre les deux hommes et Abdullah Abdullah devient chef du gouvernement (« chef de l'exécutif »). En , il publie un décret présidentiel faisant de Farkhunda Zahra Naderi sa conseillère principale.

Sous son mandat, le pays connait une croissance économique de 3 %, tandis que le taux de chômage reste aux alentours de 9 %. L'inflation connait une baisse sensible, passant de plus de 10 % en 2014 à 0 en 2018, tout comme la dette et le déficit public. Toutefois, l'Afghanistan reste toujours l'un des pays les plus pauvres du globe, et connait toujours un IDH très faible (0,498 en 2017, le pays se classant 168e sur 189 pays) [5],[6].

Le , la Cour suprême proroge son mandat, dont le terme est prévu le , jusqu'à la prochaine élection présidentielle, repoussée au [7]. Pendant la campagne, un attentat aux abords d'un de ses meetings fait 24 morts et 31 blessés[8]. Le , la commission électorale afghane annonce qu'Ashraf Ghani est vainqueur de l'élection avec 50,64 % des voix[9]. Abdullah Abdullah, une nouvelle fois candidat contre lui, dénonce des fraudes, refuse de reconnaître les résultats et constitue un gouvernement parallèle[10]. Ashraf Ghani et Abdullah Abdullah prêtent serment le 9 mars, chacun dans une aile du palais présidentiel[11].

Le 17 mai 2020, un accord de partage du pouvoir est signé entre le gouvernement officiel de Ghani et le gouvernement parallèle d'Abdullah, dans le but de mettre fin à la crise politique qui dure depuis mars et ainsi améliorer les négociations et la lutte contre les Talibans (relancée par les attentats du 12 mai 2020 en Afghanistan) et la pandémie de covid-19[12]. L'accord prévoit d'accorder la moitié des postes du gouvernement aux membres de l'ancien gouvernement parallèle, dont la fonction de Haut-Négociateur du Conseil pour la réconciliation nationale à Abdullah, en raison de son expérience en tant que diplomate, et la tête des Forces armées afghanes au général Dostum qui l'avait rejoint[13].

Vie familiale[modifier | modifier le code]

Alors qu'il se trouve au Liban pour ses études, en 1973, il rencontre sa future épouse, Rula Saade, une chrétienne libanaise[2]. Ils ont deux enfants : Mariam Ghani (en) et Tariq.

Son frère, Hashmat Ghani Ahmadzai, est le chef de clan des Ahmadzai et le grand chef du Conseil des Kuchis.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c (en) « Ashraf Ghani | president of Afghanistan », Encyclopedia Britannica,‎ 00-00-00 (lire en ligne, consulté le 6 août 2017)
  2. a b c d et e Adrien Jaulmes, « Le nouveau président afghan face au défi taliban », Le Figaro, samedi 27 / dimanche 28 septembre 2014, page 11.
  3. « Ashraf Ghani probable vainqueur en Afghanistan », 7sur7.be 7 juillet 2014
  4. Emmanuel Derville, « Le nouveau président afghan tend la main aux talibans », Le Figaro, mardi 30 septembre 2014, page 10.
  5. « Afghanistan - Indice de développement humain (IDH) | Statistiques », sur perspective.usherbrooke.ca
  6. « Classement des États du monde par indice de développement humain (IDH) », sur Atlasocio.com
  7. Rulers
  8. Le Figaro avec AFP et Reuters, « Afghanistan : un double attentat fait au moins 48 morts », Le Figaro,‎ (lire en ligne, consulté le 17 septembre 2020).
  9. « Afghanistan : le président sortant, Ashraf Ghani, sort vainqueur du scrutin de septembre », sur france24.com, (consulté le 18 février 2020)
  10. « Afghanistan : Abdullah Abdullah se proclame président et annonce un gouvernement parallèle », sur france24.com, (consulté le 18 février 2020)
  11. « Crise institutionnelle en Afghanistan: Ashraf Ghani et Abdullah Abdullah se déclarent présidents », sur Le Point, lepoint.fr, (consulté le 9 mars 2020).
  12. « En Afghanistan, le président et son rival signent un accord de partage du pouvoir après un mois de crise politique », sur lemonde.fr, Le Monde, (consulté le 18 mai 2020)
  13. « En Afghanistan, un mince espoir de paix au milieu de la barbarie », sur francetvinfo.fr, (consulté le 18 mai 2020)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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