Frank-Walter Steinmeier

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Frank-Walter Steinmeier
Frank-Walter Steinmeier, en 2013.
Frank-Walter Steinmeier, en 2013.
Fonctions
Ministre fédéral
des Affaires étrangères d'Allemagne
En fonction depuis le
Chancelier Angela Merkel
Gouvernement Merkel III
Prédécesseur Guido Westerwelle
Président du groupe SPD au Bundestag
Législature 17e et 18e
Prédécesseur Joachim Poß
Successeur Thomas Oppermann
Législature 17e
Prédécesseur Peter Struck
Successeur Joachim Poß
Vice-chancelier d'Allemagne
Chancelier Angela Merkel
Gouvernement Merkel I
Prédécesseur Franz Müntefering
Successeur Guido Westerwelle
Ministre fédéral
des Affaires étrangères d'Allemagne
Chancelier Angela Merkel
Gouvernement Merkel I
Prédécesseur Joschka Fischer
Successeur Guido Westerwelle
Directeur de la chancellerie fédérale
Chancelier Gerhard Schröder
Prédécesseur Bodo Hombach
Successeur Thomas de Maizière
Biographie
Date de naissance (58 ans)
Lieu de naissance Detmold (RFA)
Parti politique SPD
Diplômé de Université de Gießen
Profession Fonctionnaire

Signature

Frank-Walter Steinmeier
Vice-chanceliers d'Allemagne
Ministres fédéraux des Affaires étrangères d'Allemagne
Directeurs de la Chancellerie fédérale d'Allemagne

Frank-Walter Steinmeier, né le à Detmold, est un homme politique allemand membre du Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD).

Il entre à la chancellerie régionale de Basse-Saxe en 1991, et devient assez rapidement un proche collaborateur du ministre-président de l'époque, Gerhard Schröder. Lorsque celui-ci est désigné chancelier fédéral en 1998, il le suit à Berlin en tant que délégué du gouvernement fédéral aux services de renseignements.

En 1999, il prend la succession de Bodo Hombach à la tête de la chancellerie fédérale, une fonction qu'il occupera jusqu'au départ de Schröder, en 2005. Durant ces six années, il participe à la conception et à la mise en œuvre de politiques libérales contestées, plus connues sous le nom d'Agenda 2010, gagnant une réputation de travailleur pragmatique.

À la suite de la formation d'une grande coalition entre la CDU/CSU et le SPD sous la direction d'Angela Merkel, il est nommé ministre fédéral des Affaires étrangères en 2005, et récupère en 2007 les fonctions de vice-chancelier, se profilant comme le nouvel interlocuteur privilégié de Merkel. Désigné en 2008 candidat à la chancellerie pour les élections fédérales de 2009, il est sévèrement battu par la chancelière, tandis que le SPD obtient le pire score de son histoire. Il est ensuite porté à la présidence du groupe parlementaire social-démocrate, devenant ainsi chef de l'opposition à la nouvelle coalition noire-jaune.

Reconduit après les élections fédérales de 2013, il est choisi deux mois plus tard pour redevenir chef de la diplomatie, à nouveau dans le cadre d'une grande coalition.

Éléments personnels[modifier | modifier le code]

Formation et carrière[modifier | modifier le code]

Il passe son Abitur en 1974 à Blomberg, puis accomplit pendant deux ans son service militaire. En 1976, il entre à l'université de Gießen pour y suivre des études supérieures de droit, auquel il ajoute les sciences politiques quatre ans plus tard. Il obtient son premier examen juridique d'État en 1982, puis décroche le second en 1986.

Il commence aussitôt à travailler comme associé de recherche au département de droit public de la faculté de droit, avant de se voir décerner un doctorat en 1991. Il est alors recruté comme conseiller pour le droit et la politique des médias de la chancellerie régionale de Basse-Saxe. Désigné chef du cabinet de Gerhard Schröder, à l'époque ministre-président du Land, en 1993, il est nommé l'année suivante directeur du département d'orientation politique, de coordination et de planification gouvernementale pour deux ans.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Il est le fils d'un menuisier et d'une ouvrière, et a grandi à Schieder-Schwalenberg, en Rhénanie-du-Nord-Westphalie. En 1995, il a épousé la juge administrative Elke Büdenbender, rencontrée au cours de ses études de droit. Le couple a une fille et vit à Berlin-Zehlendorf.

Il est par ailleurs de religion protestante.

Parcours politique[modifier | modifier le code]

Au sein du SPD[modifier | modifier le code]

Il adhère au Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD) en 1975, et reste, pendant plus de vingt ans, un simple militant.

Il est élu vice-président fédéral, sous la présidence de Kurt Beck, lors du congrès organisé à Hambourg en , en recueillant 85,5 % des voix des délégués. À ce titre, il est chargé de l'intérim de la présidence lorsque Beck y renonce, en .

À la suite de la défaite aux élections de 2009, il ne s'est pas présenté à sa propre succession.

Activité institutionnelle[modifier | modifier le code]

Il est nommé directeur de la chancellerie de Basse-Saxe, avec rang de secrétaire d'État, en 1996, puis accompagne deux ans plus tard Gerhard Schröder à la chancellerie fédérale, où il occupe le poste de délégué du gouvernement fédéral pour les services de renseignement.

Directeur de la chancellerie (1999 - 2005)[modifier | modifier le code]

Le , à la suite de la démission de Bodo Hombach, Frank-Walter Steinmeier est nommé directeur de la chancellerie fédérale avec rang de secrétaire d'État, et non de ministre fédéral avec attributions spéciales comme son prédécesseur.

Durant les six années de son mandat, il devient un proche confident politique du chancelier Schröder. Gestionnaire et pragmatique, il participe à l'élaboration et à la mise en œuvre de la réforme des retraites et du système de santé en , ainsi que de l'Agenda 2010, un ensemble de réformes du marché du travail et de la sécurité sociale destinées à réduire les déficits publics et accroître la compétitivité économique du pays. Dans cette optique, il siège au comité de pilotage pour la mise en œuvre de la réforme Hartz IV, qui assouplit les indemnités chômage.

En sa qualité de délégué pour le renseignement puis directeur de la chancellerie, il se spécialise en politique étrangère et géopolitique. Il participe ainsi à la réunion de crise suivant les attentats du 11 septembre aux côtés du chancelier et des ministres fédéraux des Affaires étrangères, de l'Intérieur et de la Défense. Il préside également les réunions des secrétaires d'État et les réunions des secrétaires d'État chargés des questions européennes ; son arbitrage s'y est révélé plusieurs fois décisif.

Ministre fédéral des Affaires étrangères (2005 - 2009)[modifier | modifier le code]

Article connexe : Cabinet Merkel I.

À la suite des élections fédérales anticipées du 18 septembre 2005, la CDU/CSU et le SPD, incapables de constituer une coalition avec leur allié traditionnel, décident de former une grande coalition sous la direction d'Angela Merkel, présidente de la CDU et candidate chrétienne-démocrate à la chancellerie. Elle présente son gouvernement fédéral de coalition le 22 novembre suivant et dans lequel Frank-Walter Steinemeier occupe le poste de ministre fédéral des Affaires étrangères. Il est le premier social-démocrate nommé à ce poste depuis 1982 et l'intérim d'Helmut Schmidt, et le premier nommé de façon permanente depuis Willy Brandt, en 1966. Cette nomination est vue comme une surprise, puisque cet inconnu du grand public est alors considéré comme proche de Gerhard Schröder, mais suscite des réactions positives, y compris du vétéran Hans-Dietrich Genscher, titulaire du poste de 1974 à 1992. À la différence de nombre de ses prédécesseurs, il n'est pas nommé vice-chancelier.

Président du Conseil de l'Union européenne durant le premier semestre de 2007, il est l'un des architecte du traité de Lisbonne. En termes de politique étrangère, il considère que les principaux alliés de l'Allemagne sont la France et les États-Unis, et il insiste beaucoup sur le rôle de l'OTAN.

Le , il récupère les fonctions de vice-chancelier du fait de la démission de Franz Müntefering, ce qui fait de lui l'interlocuteur principal de Merkel au sein du cabinet.

À partir de 2009[modifier | modifier le code]

Candidat à la chancellerie[modifier | modifier le code]

En campagne à Kiel, en .

Il est proposé le comme candidat SPD à la chancellerie par la présidence fédérale du parti. Ce choix est très largement ratifié lors du congrès extraordinaire du 18 octobre puisqu'il est soutenu par 95 % des délégués.

Lors de campagne, placé sous le slogan « Notre pays peut faire plus », il promet, grâce à un programme baptisé « plan pour l'Allemagne », d'atteindre le plein emploi en 2020 en créant quatre millions d'emplois, dont deux millions dans l'industrie, un million dans la santé, cinq cent mille dans l'innovation et cinq cent mille dans d'autres secteurs tels les services. Il veut en outre encourager le développement des énergies renouvelables ou de la voiture électrique et promouvoir un plan pour les petites et moyennes entreprises en associant le gouvernement fédéral, l'industrie, les syndicats et les PME.

Il affiche également comme objectif que la moitié des jeunes obtiennent leur Abitur, et annonce son intention de faire adopter une loi sur l'égalité des sexes, afin que les femmes soient mieux représentées dans les conseils d'administration et aussi bien rémunérées que les hommes.

Dans l'opposition[modifier | modifier le code]

Steinmeier et Atifete Jahjaga lors de la Wehrkunde, en 2012.

Le jour du scrutin, alors qu'il est élu dans la circonscription 61, située dans le Land de Brandebourg, avec 32,8 % des voix, le SPD s'effondre à 23 % des suffrages au niveau fédéral, soit son plus mauvais score depuis 1949.

Angela Merkel renonce alors à gouverner avec les sociaux-démocrates au profit des libéraux du FDP, et Frank-Walter Steinemier est porté à la présidence du groupe parlementaire du SPD au Bundestag le 29 septembre avec le soutien de 126 députés sur 146, soit 86 % des voix. Il est alors le chef de l'opposition fédérale aux côtés de Sigmar Gabriel, élu président du parti au mois de novembre.

Il annonce le son retrait temporaire de la vie politique afin de pouvoir donner un rein à son épouse, gravement malade[1]. Il demande alors à Joachim Poß, vice-président du groupe depuis 1999, de le remplacer provisoirement, et à Thomas Oppermann de rester secrétaire général parlementaire[2]. Il fait cependant son retour le 25 octobre.

Aux côtés de Gabriel et l'ancien ministre fédéral des Finances, Peer Steinbrück, il fait partie des trois candidats possibles à la chancellerie des sociaux-démocrates pour le scrutin de . Finalement, le , lui et le président du parti se désistent au profit de Steinbrück, qui mène alors la campagne du SPD contre Angela Merkel.

De nouveau au pouvoir[modifier | modifier le code]

Frank-Walter Steinmeier en , lors d'un meeting à Bremerhaven.

À l'occasion des élections fédérales du 22 septembre 2013, au cours desquelles le SPD stagne à 25 % tandis que la CDU/CSU rate de peu la majorité absolue avec 41,5 % et que le Parti libéral-démocrate est exclu du Bundestag, il est réélu dans sa circonscription avec 33,1 % des suffrages, soit 0,3 points de plus que le candidat de la CDU. À l'ouverture de la législature, le 18 octobre, il est reconduit à la présidence du groupe parlementaire.

Sociaux-démocrates et chrétiens-démocrates, qui avaient entamé des négociations de grande coalition, aboutissent à un accord à la fin du mois de novembre. Le 13 décembre, il est choisi comme futur ministre fédéral des Affaires étrangères du cabinet Merkel III, qui doit être formé quatre jours plus tard. Il est alors remplacé à la présidence du groupe, le 16 décembre, par le secrétaire général des députés sociaux-démocrates, Thomas Oppermann.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]