Colin Powell

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Colin Powell
Portrait officiel de Colin L. Powell.
Portrait officiel de Colin L. Powell.
Fonctions
65e secrétaire d'État des États-Unis
Président George W. Bush
Gouvernement Administration Bush
Prédécesseur Madeleine Albright
Successeur Condoleeza Rice
12e chef d'État-Major des armées des États-Unis
Président George H. W. Bush
Bill Clinton
Prédécesseur William J. Crowe, Jr
Successeur David E. Jeremiah
16e conseiller à la sécurité nationale des États-Unis
19871989
Président Ronald Reagan
Prédécesseur Frank Carlucci
Successeur Brent Scowcroft
Biographie
Nom de naissance Colin Luther Powell
Date de naissance (78 ans)
Lieu de naissance Harlem, New York (États-Unis)
Nationalité Américaine
Parti politique Parti républicain
Profession Militaire (en retraite)

Signature

Colin Powell
Chefs d'État-Major des armées des États-Unis
Secrétaires d'État des États-Unis

Colin Luther Powell, né le à Harlem (New York), est un général et homme politique américain. Il a été chef d'État-Major des armées de 1989 à 1993 et secrétaire d'État de 2001 à 2005.

Jeunesse[modifier | modifier le code]

D'origine afro-caribéenne, il naît dans une famille d'immigrants jamaïcains et est élevé dans le quartier de South Bronx. Ses ancêtres sont africains, écossais et irlandais.

Carrière militaire[modifier | modifier le code]

Vétéran du Viêt Nam, il est parmi les premiers conseillers envoyés par Kennedy, et est blessé (à la suite d’une chute dans un piège à loup[1]). Après deux séjours au Viêt Nam, il est nommé officier de liaison auprès du secrétariat à la Défense, en poste à Washington.

Colin Powell est le premier afro-américain à occuper le poste de chef d’État-Major des armées, ce d’ à , sans être passé ni par West Point, ni par l’Académie navale d'Annapolis. En tant que chef d’État-Major des armées, il conduit les troupes américaines et alliées à la victoire face à Saddam Hussein lors de la première guerre du Golfe[2].

Une doctrine militaire porte son nom, la doctrine Powell, dans laquelle il définit les règles pour un engagement des États-Unis dans un conflit militaire.

Progression hiérarchique[modifier | modifier le code]

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Colin Powell en 2001.

De 1987 à 1989, il est le Conseiller à la sécurité nationale du président Ronald Reagan et à ce titre préside le Conseil de sécurité nationale en remplacement de Frank Carlucci. Il est le premier Afro-américain et le plus jeune officier à occuper de telles fonctions. De sensibilité plutôt démocrate, le général Powell reste fidèle au parti de Reagan (républicain), entraînant avec lui bon nombre de Noirs américains, séduits par le culte de l'effort personnel (« self-help ») et de la réussite individuelle, spécifiques des années Reagan. Grand admirateur aussi de Martin Luther King, il dit un jour que « le temps des droits civiques appartient désormais à l'histoire ancienne des États-Unis. » Il participe au renversement du dictateur panaméen Manuel Noriega en 1989.

Un temps pressenti comme candidat républicain à la présidence des États-Unis, il y renonce, tout comme il décline la proposition du candidat Bob Dole d'être son colistier pour la présidentielle de 1996.

George W. Bush, 43e président des États-Unis, le nomme secrétaire d'État — le 65e à occuper ce poste — le et le Sénat approuve ce choix à l'unanimité : il entre en fonction le .

Le , il est amené de manière très controversée à présenter devant le Conseil de sécurité des Nations unies, un épais dossier à charge contre le régime de Saddam Hussein contenant des preuves fabriquées (ou ayant été reconnues comme telles par la suite)[3], relatives à l'existence d'armes de destruction massive en Irak. Dans ce discours, qui apparaitra comme l'un des prologues de la guerre d'Irak, il affirme : « il ne fait aucun doute que Saddam Hussein possède des armes biologiques et la capacité de produire rapidement plus, beaucoup plus » ; puis il déclare : « [il n'y a] aucun doute dans mon esprit que Saddam travaille pour obtenir des composants clefs pour produire des armes nucléaires ». Le dossier cité par Colin Powell a été fourni par l'administration de Tony Blair, qui reconnaît dès le des « gaffes » dans le dossier. Le , les journaux anglais identifient les véritables auteurs du rapport — les services de communication de Downing Street — et la pauvreté des sources qu'ils ont utilisées : plagiat universitaire et sources suspectes[4].

Lors de la campagne électorale de , Powell informe le président George W. Bush de son souhait de ne pas conserver ses responsabilités au sein du futur Cabinet  : il présente ainsi sa démission le , dès lors que la réélection de George Bush est acquise. Il quitte son poste le et la conseillère à la sécurité nationale Condoleezza Rice lui succède.

En , il exprime son « amertume » à propos de sa présentation du dossier irakien devant l’ONU : interrogé sur ABC, il explique que cette présentation, en grande partie fausse, fait « tache » dans sa carrière[5]. En 2011, Colin Powell demande à la CIA et au Pentagone des explications sur les fausses informations qui lui avaient été communiquées en 2003[6].

Lors de la campagne électorale de 2008, quinze jours avant le vote, il décide finalement d'apporter son soutien au candidat démocrate Barack Obama. Il lui renouvelle son soutien lors de la campagne électorale de 2012[7].

Décorations[modifier | modifier le code]

Le général Colin Powell en 1989.
  • Defense Distinguished Service Medal (3 citations)
  • Purple Heart
  • Distinguished Service Medal, Army (1 citations)
  • Distinguished Service Medal, Air Force
  • Distinguished Service Medal, Navy
  • Distinguished Service Medal, Coast Guard
  • Defense Superior Service Medal
  • Legion of Merit (1 citation)
  • Soldier's Medal
  • Bronze Star Medal (avec "V")
  • Air Medal
  • Joint Service Commendation Medal
  • Army Commendation Medal (2 citations)
  • Congressional Gold Medal
  • Presidential Medal of Freedom
  • Presidential Citizens Medal
  • National Defense Service Medal
  • Vietnam Service Medal
  • Army Service Ribbon
  • Army Overseas Service Ribbon

Distinctions étrangères[modifier | modifier le code]

Autres[modifier | modifier le code]

Culture populaire[modifier | modifier le code]

Il est interprété par l'acteur Jeffrey Wright dans W. : L'Improbable Président d'Oliver Stone, film retraçant l'ascension du président George W. Bush.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Édouard Tétreau, 20 000 milliards de dollars, Grasset 2011, p. 172.
  2. Durant cette guerre, toutes les opérations et planifications étaient du ressort du Centcom, alors sous les ordres du général Schwarzkopf.
  3. Armes d’intoxication massive: Mensonges d'état, par Ignacio Ramonet, Le Monde Diplomatique, .
  4. Downing St admits blunder on Iraq dossier, Michael White, Ewen MacAskill et Richard Norton-Taylor, The Guardian, .
  5. [1].
  6. IRAK Colin Powell exige des réponses sur les fausses informations, Le Point.fr, .
  7. « Colin Powell votera Obama le 6 novembre », sur Libération,‎ (consulté le 25 octobre 2012).

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