Konstantin Ieseevitch Andronikov

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Konstantin Ieseevitch Andronikov
Titre Prince
Autres fonctions Écrivain, diplomate, traducteur
Biographie
Dynastie Famille Andronikov
Nom de naissance Константин Есеевич Андроников
Naissance
Saint-Pétersbourg
Décès
Paris
Père Iesseï Ivanovitch Andronikov

AndronikashviliCOA.JPG

Prince Konstantin Ieseevitch Andronikov (en alphabet cyrillique : Князь Константин Есеевич Андроников), né le à Saint-Pétersbourg et décédé le à Paris. Naturalisé français, le prince fut un diplomate, un écrivain religieux, et l'interprète des Présidents de la République Charles de Gaulle, Georges Pompidou et Valéry Giscard d'Estaing[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

La princesse Salomeïa Nikolaïevna Andronikova, tante du prince Konstantin Ieseevitch Andronikov 1910.

Le prince Konstantin Andronikov naquit le 16 juillet 1916 à Saint-Pétersbourg, il était le descendant d'une longue lignée de princes de Kakhétie, les Andronikachvili, eux-mêmes descendants d'Andronic Ier Comnène.www.rulex.ru Au cours de la Guerre civile russe, alors âgé de quatre ans, le petit prince quitta son pays natal dans les bras de sa mère (1920)[1]. L'enfant et sa mère s'installèrent en France. Quant au père du jeune Konstantin, le prince Ieseï Nikolaïevitch Andronikov (1893-1937), il fut arrêté par les Bolcheviks et exécuté au cours de la Grande Purge de 1937. La tante de Konstantin Andronikov, la princesse Salomeïa Nikolaïevna Andronikova fut au début du XXe siècle une personnalité mondaine. Lors de l'« Âge d'Argent » de la poésie russe, elle fut une égérie pour de nombreux poètes modernistes et artistes russes[2].

"Après des études secondaires au Seaford College en Grande-Bretagne puis à l’École Gerson et au Lycée Janson-de-Sailly à Paris, enfin des études universitaires à la Sorbonne, les connaissances linguistiques de Constantin Andronikof l’amènent à faire des traductions littéraires d’auteurs russes, essentiellement religieux." [3]

En 1938, le prince Andronikov sortit diplômé de la faculté de philologie de l'Université de Paris, en 1945, il obtint son diplôme de l'Institut de théologie orthodoxe Saint-Serge de Paris. Le , il devint sous-diacre. Il fut admis comme membre dans l'association la Fraternité de Saint-Alexandre Nevski. (Cette association créée en se composa de croyants orthodoxes, elle se donna pour mission de protéger des mains des Bolcheviks les reliques de saint Alexandre Nevski abritées dans le monastère Saint-Alexandre-Nevski)[4] En 1943, il reçut le sacrement sacerdotal de diacre[5].

En 1946, Constantin Andronikof épouse Natalie de Couriss, Russe comme lui. Trois enfants naissent de leur union, Emmanuel, Anne et Marc.

La carrière de Constantin Andronikof en tant qu’interprète de russe et d’anglais au service du gouvernement français commence au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, notamment lors des conférences de la paix à Paris, au Palais rose, en 1946. Il obtient alors un poste d’interprète contractuel au Ministère des Affaires étrangères. À cette époque, il a encore le statut de réfugié russe. Le ministre des Affaires étrangères de l’époque, Georges Bidault, lui fait obtenir la nationalité française en 1947, à la veille d’une conférence à Moscou. Cette même année, Andronikof devient titulaire du poste d’Interprète officiel du Ministère des Affaires étrangères. À ce titre, il interprète le russe et l’anglais pour les officiels français à toutes les rencontres diplomatiques et conférences internationales de 1945 à 1958.

De 1948 à 1952, il est « prêté » à l’Organisation européenne de Coopération économique [OECE], ancêtre de l’OCDE, où, en tant que chef du service de l’interprétation, il met le pied à l’étrier à de nombreux collègues, à qui il a appris le métier. Ils se souviennent que son apparente froideur, parfois très intimidante, cachait un homme très chaleureux, capable d’éclater d’un rire tonitruant.

En novembre 1953, avec deux collègues, André Kaminker, chef interprète du Conseil de l’Europe et Hans Jacob, chef interprète de l’UNESCO, Constantin Andronikof fonde l’Association Internationale des Interprètes de conférence. Il en est le président de 1956 à 1963, ensuite Président d’honneur. Les dispositions régissant la profession d’interprète de conférence, arrêtées pendant la présidence de Constantin Andronikof, constituent encore soixante ans plus tard le fondement de l’AIIC.

Avec la nouvelle constitution française de 1958, Constantin Andronikof obtient le titre d’Interprète officiel du Président de la République et du Gouvernement. Il sera présent à toutes les conférences politiques entre la France et des pays anglophones et russophones jusqu’en 1976, date à laquelle il quitte volontairement son poste d’interprète officiel au Ministère des Affaires étrangères. Il choisit alors de poursuivre sa carrière en free-lance, à l’ONU, l’UNESCO, l’ONUDI et l’OCDE, parmi d’autres organisations internationales. Il arrête définitivement l’interprétation de conférence en 1991.

Dès le début des années cinquante, Andronikof enseigne l’interprétation de conférence, d’abord à HEC, puis à l’École supérieure d’interprètes et de traducteurs [ESIT] de 1961 à 1975[6].

En 1965, le prince créa Orthodoxie une émission diffusée sur les antennes de l'ORTF de 1965 à 1993, en outre, il siégea en qualité de membre du conseil d'administration de cet établissement de radio-diffusion.

En 1971, le prince fit son retour à l'Institut de théologie orthodoxe Saint-Serge en qualité de professeur-agrégé en liturgie orthodoxe, il cessa d'enseigner dans cet établissement en 1980. Le , le prince obtint son doctorat en théologie. De 1980 à 1991, le prince occupa le poste d'enseignant au Département de la liturgie à l'Institut de théologie orthodoxe Saint-Serge. De 1984 à 1985, il occupa le poste de professeur en liturgie orthodoxe à l'Institut théologique de Saint-Vladimir de New York. De retour à Paris, il occupa les postes de doyen et professeur au Département de méthodologie à l'Institut de théologie orthodoxe Saint-Serge. En 1993, il devint doyen honoraire. De 1966 à 1994, Konstantin Andronikov siégea en qualité de membre du Conseil diocésain de l'archidiocèse européen occidental russe du Patriarcat de Constantinople. En 1984, il fut admis à siéger à l'Académie internationale des sciences religieuses.

Décès et inhumation[modifier | modifier le code]

Le prince Konstantin Ieseevitch Andronikov décéda le à Paris[7]. Il fut inhumé dans le cimetière de la commune de Sainte-Geneviève-des-Bois dans le carré russe[8].

Traductions littéraires du prince Konstantin Ieseevitch Andronikov[modifier | modifier le code]

Le prince Andronikov acquit la notoriété en tant que traducteur français le plus prolifique de la pensée religieuse russe, il publia des ouvrages de théologie du Père Sergueï Nikolaïevitch Boulgakov, du père Pavel Alexandrovitch Florenski, du père Vassili Vassilievitch Zenskovski (1881-1962) et du philosophe russe Nikolaï Alexandrovitch Berdaïev[1].

œuvres littéraires[modifier | modifier le code]

  • Des mystères sacramentels (1998)[9].
  • Gnoséologie et méthodologie. (1990)[10].
  • Le Sens de la liturgie. La relation entre Dieu et l'homme ().
  • Le Sens des fêtes. Le cycle fixe. (Tome I - 1970).
  • Parole orthodoxe. Conversion - Au cœur de la foi - Communion ecclésiale - Prière et liturgie - Pâques, écrit en collaboration ().
  • Les Religions et la guerre. Judaïsme, christianisme, islam. écrit en collaboration. Juin 1991.

Distinction[modifier | modifier le code]

À noter[modifier | modifier le code]

En mémoire de son père, son fils, le prince Marc Konstantinovitch Andronikov publia un ouvrage titré L'Oreille du Logos - En mémoire de Konstantin Andronikov. Paru aux Éditions l'Âge d'Homme. (ISBN 2-8251-1293-3) aiic.net

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c rus-fr.ru
  2. www.ourbaku.com
  3. AIIC, Naissance d'une profession, AIIC, , 200 p., p. 95
  4. www.anbratstvo.ru
  5. zarubezjhe.narod.ru
  6. AIIC, Naissance d'une profession, AIIC Association Internationales des Interprètes de Conférences, , 200 p., p. 95-96
  7. zarubezhje.narod.ru
  8. colisee.org
  9. www.editionducerf.fr
  10. www.persee.fr

Liens externes[modifier | modifier le code]