George Gissing

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George Gissing
Description de l'image George Gissing.jpg.
Nom de naissance George Gissing
Naissance
Wakefield, Yorkshire, Angleterre
Décès
Ispoure, Saint-Jean-Pied-de-Port, France, Caveau au cimetière de Saint-Jean de Luz
Activité principale
Écrivain
Auteur
Langue d’écriture Anglais
Genres

George Gissing [ˈɡɪsɪŋ] est un écrivain anglais né le et mort le , auteur de vingt-trois romans publiés de 1880 à 1903, d'une centaine de nouvelles, des récits de voyage et des ouvrages critiques. Considéré comme naturaliste dans sa jeunesse, il a fait évoluer son art vers un réalisme qui le situe parmi les meilleurs auteurs de ce genre dans la dernière phase de l'Époque victorienne.

Sa vie malheureuse et souffrante, ses deux mariages désastreux, son manque de succès en ont fait une figure tragique de la seconde moitié du XIXe siècle[1]. Il est surtout connu pour son roman New Grub Street (La Vie de bohême) (1891) et l'une de ses dernières publications, carnets fictifs semi-autobiographiques, Les Feuilles privées de Henry Ryecroft (The Private Papers of Henry Ryecroft) (1903), que baigne une poésie automnale de discrète nostalgie.

Il passe pour un écrivain sérieux qui doit être lu avec sérieux, surtout pour le tableau qu'il présente des problèmes sociaux de son temps. Sincère, croyant au pouvoir de l'éducation, fervent pacifiste, soucieux d'autrui, sa confiance en l'homme en fait un humaniste en un âge de plus en plus matérialiste.

Totalement inconnu en France— son œuvre y restant en grande partie inédite —, George Gissing a eu les honneurs du CAPES et de l'Agrégation d'anglais en 1961 et 1979 avec New Grub Street (en).

Biographie[modifier | modifier le code]

« C'est une histoire à la fois mémorable et pénible à lire » écrit Coustillas, tant la douleur, la souffrance, la solitude et le chaos mental dominent chacune de ses phases[2].

Enfance et adolescence, débuts de carrière et premier mariage[modifier | modifier le code]

George Gissing est né à Wakefield, dans le West Riding du Yorkshire.

Wakefield[modifier | modifier le code]

Envers sa ville, Gissing a éprouvé des sentiments mixtes, à la fois d'affection et de dégoût. Son enfance s'est passée sous l'autorité d'un père, Thomas Gissing, affectueux et sage, à la tête d'une famille de cinq enfants, trois garçon et deux filles. Pharmacien de profession, localement connu comme politicien libéral, auteur de livrets sur la botanique et contributeur au journal local, le Free Press, comme poète aussi— notamment inspiré par les grands romantiques anglais —. En revanche, la mère de Gissing semble avoir exercé sur lui une influence plutôt négative, revêche, stricte, rigoureuse, sans doute , écrit Coustillas, effrayée par la précocité de son fils. Quant à la ville, elle lui a surtout laissé le souvenir des volutes de fumées noires crachées par les cheminées d'usine, de son eau polluée, de sa population jugée étroite d'esprit et terre-à-terre[3].

Le jeune Gissing s'est très vite intéressé aux livres et aux arts de l'Antiquité à la période moderne, accessoirement à la géographie, la botanique et la géologie. Il éprouve une vive admiration pour Johnson, dont il apprécie le franc-parler, pour Hogarth, le dénonciateur des vices sociaux du XVIIIe siècle, pour Gibbon qui le fascine par son monument Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain et aussi par son hostilité au Christianisme, Dickens, lu en famille au gré des parutions en feuilleton, et Thackeray, admirés l'un et l'autre pour leur verve et leur humour. De tempérament solitaire, il ne partage guère les jeux des enfants de son âge, leur préférant l'étude et les longues promenades dans la campagne avoisinante. À douze ans, il est déjà passionné d'écriture, composant de longs poèmes et des pièces de théâtre[3].

Pensionnat[modifier | modifier le code]

En 1870 survient le premier des nombreux désastres qui vont jalonner sa vie. Thomas Gissing, son père, meurt après une brève maladie, à quarante-et-un an. Sa mère se retrouve soudain dans une situation très difficile : les trois frères, grâce à l'aide de quelques amis, sont envoyés dans un pensionnat quaker à Alderley Edge dans le Cheshire, institution nommée Lindow Grove et dirigée par James Wood, talentueux, enthousiaste, travailleur, mais aussi quelque peu charlatan, type d'homme que Gissing ne cessera de parodier dans tous ses romans. Comme dans son école de Wakefield, le jeune garçon, malgré sa timidité naturelle, y obtient d'excellents résultats. Conscient de ses devoirs en tant de père de substitution, il se voue à l'étude et aspire à devenir un jour— ce que son père souhaitait ardemment — une « personne de distinction ». En 1872, il est classé premier à l'examen national Oxford et obtient une bourse universitaire de trois ans pour Owens College, la future université de Université Victoria de Manchester[N 1],[4],[5].

Owens College[modifier | modifier le code]

À Owens College, où il étudie de 1872 à 1876, Gissing devient vite l'un des meilleurs étudiants de sciences humaines, gagnant de nombreux prix, en particulier de poésie anglaise (poème sur la ville de Ravenne) et d'études shakespeariennes. Le plus bel avenir lui est prédit ; en principe après sa licence (bachelor of Arts, B.A.), il devrait aller à Cambridge, Oxford ou Londres pour une maîtrise (ou master) (Master of Arts, M.A.)[N 2],[5], mais ce que Coustillas appelle « sa quête d'absolu, son idélalisme, sa piètre connaissance des dures réalités de l'existence »[5],[CCom 1] l'amène à se conduire de façon inconsidérée[6].

Alors qu'il a environ dix-huit ans, au cours de l'hiver 1875-1876, Gissing a rencontré une jeune fille de dix-sept ans, Marianne Helen Harrison (Nell)[7], qui se livre à la prostitution[N 3],[8]. Orpheline, résidant dans un taudis, il a compatis à sa détresse et, séduit par sa beauté, s'est épris d'elle et jeté corps et âme dans un combat pour la ramener à la respectabilité[6]. Il lui donne de l'argent, lui a acheté une machine à coudre, mais elle préfère l'atmosphère des pubs à la vie routinière d'une couturière. Lui, blâme la société pour la « déchéance » de son amie, se persuade que cette société lui doit réparation. Son exaltation se trouve à son comble alors que ses fonds sont épuisés et, pour continuer à aider la jeune femme, il commence à commettre de petits larcins dans les vestiaires du collège où il est pris la main dans le sac le [6] : les autorités ont engagé les services d'un détective et se trouvent fort embarrassées lorsqu'il s'avère que le coupable est leur meilleur étudiant. Une souscription est lancée pour lui offrir un nouveau départ à sa sortie de prison où il passe un mois, et Gissing est exclu de l'établissement[9]. Sa mère et quelques amis de Manchester, considérant qu'il a perdu toute chance de faire sa vie en Angleterre, le dépêchent en Amérique ; Nell, pour sa part, est envoyée à Londres où elle reçoit, mais en vain, quelque bribes d'éducation[6].

(à suivre)

Œuvres[modifier | modifier le code]

Liste des œuvres[modifier | modifier le code]

  • Workers in the Dawn (1880)
  • The Unclassed (1884)
  • Isabel Clarendon (1885)
  • Demos (1886)
  • Thyrza (1887)
  • A Life's Morning (1888)
  • The Nether World (1889)
  • The Emancipated (1890)
  • New Grub Street (en) (1891)
  • Denzil Quarrier (1892)
  • Born In Exile (1892)
  • The Odd Women (1893)
  • In the Year of Jubilee (1894)
  • Eve's Ransom (1895)
  • The Paying Guest (1895)
  • Sleeping Fires (1895)
  • The Whirlpool (1897)
  • The Town Traveller (1898)
  • Charles Dickens: A Critical Study (1898)
  • The Crown Of Life (1899)
  • By the Ionian Sea (1901)
  • Our Friend the Charlatan (1901)
  • The Private Papers of Henry Ryecroft (1903)
  • Will Warburton (1905)
  • Veranilda (1903, unfinished)
  • Stories and Sketches (posthume, 1938) avec une préface d'Alfred C. Gissing.

Traductions[modifier | modifier le code]

  • La Chance de sa vie et autres nouvelles, traduction de Pierre Coustillas, 2014
  • Sur les rives de la mer Ionienne : notes de voyage en Italie du Sud, trad. et présentation par Hélène et Pierre Coustillas, 1997
  • Femmes en trop, traduction de Pierre Caustillas et Suzanne Calbris
  • La Nouvelle bohème, traduit de l'anglais par Suzanne Calbris et Pierre Coustillas, 1978
  • Les Carnets de Henry Ryecroft, trad. et notes par Pierre Coustillas, 1966
  • Thyrza, traduit de l'anglais par Eve Paul-Marguerite, 1933
  • Né en exil, traduit de l'anglais par Marie Canavaggia, 1932.
  • La Rançon d'Ève, traduit de l'anglais, par G. Art, 1898
  • Demos, roman traduit de l'anglais par Hephell, 1890
  • La Rue des Meurt-de-faim, traduction de Gabrille Fleury, éditions de la Revue blanche, 1902.
  • George Gissing (trad. Suzanne Calbris et Pierre Coustillas), La Nouvelle Bohême, Lille, Université de Lille III, , XIII + 455 p.

George Gissing dans la culture[modifier | modifier le code]

  • (en) John Keahey, A Sweet and Glorious Land: Revisiting the Ionian Sea, Londres, St. Martin's Press,, , voyage en Italie sur les pas de George Gissing dans By the Ionian Sea.
  • Gissing est l'un des personnages du roman de (en) Peter Ackroyd, Dan Leno and the Limehouse Golem, Minerva, (ISBN 0749396598 et 978-0749396596).

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

(à suivre)

Liens externes[modifier | modifier le code]

Citations du texte original[modifier | modifier le code]

Citations originales des commentateurs[modifier | modifier le code]

  1. « his quest for the absolute, his idealism, his poor knowledge of the harshest realities of existence ».

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Owens College a été fondé en 1851 par John Owens, riche dissident. L'établissement est ensuite devenu l'Université Victoria de Manchester, avant d'être fusionné en 2004, avec l'Institut de sciences et technologies, dans l'université de Manchester.
  2. Le baccalauréat dans le système universitaire anglo-saxon (en anglais baccalaureate ou bachelor’s degree, bachelor ou encore simplement degree) est un grade sanctionnant les trois ou quatre premières années universitaires, clôturant le premier cycle des études supérieures (cycle undergraduate en anglais, cycle prégraduat).
  3. Aucune preuve avérée n'existe pour confirmer que Nell se livrait vraiment à le prostitution.

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Pierre Coustillas, The Heroic Life of George Gissing, Part I: 1857–1888, Londres, Pickering & Chatto Publishers, (ISBN 978 1 84893 171 8).
  2. George Coustillas 1979, p. II, 1.
  3. a et b Pierre Coustillas 1979, p. I, 3.
  4. « History of the Victoria University of Manchester », sur University of Manchester.
  5. a, b et c Pierre Coustillas 1979, p. I, 4.
  6. a, b, c et d Pierre Coustillas 1984, p. 199.
  7. « Les femmes de Gissing (portraits) » (consulté le 2 février 2017).
  8. Pierre Coustillas, « Gissing, George Robert (1857–1903) », Oxford Dictionary of National Biography, Oxford, Oxford University Press, 2004.
  9. « Vie de George Gissing » (consulté le 2 février 2017).