Hôpital psychiatrique

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L'hôpital psychiatrique de Traverse City (Michigan), aux États-Unis.
L'hôpital psychiatrique Narrenturm de Vienne (Autriche), construit en 1784.

Un hôpital psychiatrique (également appelé asile ou clinique psychiatrique) est un hôpital spécialisé dans le traitement de sévères troubles mentaux. Les hôpitaux psychiatriques varient grandement selon leur taille et grade. Certains hôpitaux se consacrent aux consultations à court-terme ou aux thérapies de patients à un risque moindre. D'autres sont spécialisés dans les soins temporaires ou permanents de résidents qui, à cause de leurs troubles mentaux, requièrent une assistance et un traitement quotidiens, ou un environnement spécialisé et contrôlé. Des patients peuvent être admis de force lorsqu'ils représentent un danger pour eux-mêmes ou pour leur entourage.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le premier hôpital psychiatrique est fondé à Bagdad en l'an 705, et les asiles psychiatriques ont été bâtis à Fès au début du VIIIe siècle, au Caire en l'an 800 ainsi qu'à Damas et Alep en l'an 1270. Les patients étaient bénévolement traités à l'aide de bains, médicaments, musiques et autres activités thérapeutiques[1].

Les hôpitaux psychiatriques modernes ont évolué depuis, et ont finalement remplacé les asiles psychiatriques en Europe. Le développement de l'hôpital psychiatrique moderne implique également l'évolution de la psychiatrie institutionnelle. L'institutionnalisation en guise de solution pour les « fous » était fréquente durant le dix-neuvième siècle[2]. En France, Jean-Étienne Esquirol est à l'origine de la loi qui rendit la création des hôpitaux psychiatriques obligatoire dans chaque département en 1838.

Les premiers traitements administrés dans les premiers asiles psychiatriques impliquaient souvent des restrictions ou confinements brutaux[3],[4]. Suite à de nombreuses vagues successives de réformes, et aux changements de méthodes dans les traitements, les hôpitaux psychiatriques adaptent désormais leur traitement dans le but d'aider les patients à être indépendant grâce aux médicaments et aux psychothérapies[5].

Fonctionnement[modifier | modifier le code]

Jusqu'à maintenant, les hôpitaux psychiatriques français interdisaient les relations sexuelles entre patients hospitalisés. Le 6 novembre 2012, la Cour administrative d'Appel de Bordeaux, en s'appuyant sur la Convention Européenne des Droits de l'Homme (CEDH), a condamné l’hôpital psychiatrique de Cadillac pour cette interdiction. Les relations sexuelles étant de nature privée, les patients ont le droit au respect de leur vie privée. Cela a donné lieu a une évolution jurisprudentielle: les règlements intérieurs des hôpitaux ne peuvent plus interdire des relations sexuelles entre les patients, sauf si cela n'est pas admis par les bonnes mœurs[6].

Critiques[modifier | modifier le code]

Le psychiatre américain Thomas Szasz insiste sur le fait que les hôpitaux psychiatriques sont considérées comme des prisons, non comme des hôpitaux, et que les psychiatres eux sont perçu comme juges et des gardes, non comme des cliniciens[7]. L'historien français Michel Foucault est grandement connu pour sa critique compréhensive de l'usage et de l'abus du système hospitalier psychiatrique dans sa thèse intitulée Histoire de la folie à l'âge classique[8],[9]. Erving Goffman, lui, crédite le terme d'« Institution totale » concernant les hôpitaux psychiatriques et lieux connexes qui isole une personne de la vie extérieure[10],[11]. Goffman place les hôpitaux psychiatriques dans la même catégorie que les camps de concentration, les prisons, les organisations militaires et les orphelinats[12].

Représentations artistiques[modifier | modifier le code]

Dans la série American Horror Stories (saison 2 : Asylum (asile, nom donné aux « cliniques pour déficients mentaux »)) la saison se passe dans un hôpital psychiatrique situé dans un ancien manoir aux mains d'une « bonne sœur » tyrannique et manipulatrice, en 1964, appuyant fortement le côté « carcéral » du milieu hospitalier psychiatrique. Les soins sont à base d'électrochocs (interdits depuis des années) et de diagnostics faits par un docteur fétichiste et meurtrier.

Lisa Mandel, décrit dans une bande-dessinée, HP : L'Asile d'aliénés[13], le quotidien difficile d'un hôpital psychiatrique dans les années 1970.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Syed Ibrahim B., Islamic Medicine: 1000 years ahead of its times, vol. 2002,‎ , 2–9 p. (lire en ligne)
  2. (en) Porter, Roy (2006). Madmen: A Social History of Madhouses, Mad-Doctors & Lunatics. Tempus: p. 14.
  3. (en) Life Magazine
  4. (en) Life Magazine
  5. (en) Surgeongeneral.gov
  6. « RELATION SEXUELLE », sur CRPA
  7. (en) Szasz, Thomas, « The myth of mental illness: 50 years later », The Psychiatrist, vol. 35,‎ , p. 179–182 (DOI 10.1192/pb.bp.110.031310, lire en ligne).
  8. Deleuze and Guattari (1972) Anti-Oedipus p. 102
  9. Michel Foucault [1961] Histoire de la folie à l'âge classique, Routledge 2006, pp.490-1, 507-8, 510-1.
  10. (en) Davidson, Larry, The Roots of the Recovery Movement in Psychiatry: Lessons Learned, John Wiley and Sons,‎ , 150 p. (ISBN 88-464-5358-1, lire en ligne).
  11. (en) Wallace, Samuel, Total Institutions, Transaction Publishers,‎ , 9 p. (ISBN 88-464-5358-1, lire en ligne).
  12. (en) [PDF] Weinstein R., « Goffman's Asylums and the Social Situation of Mental Patients », Orthomolecular psychiatry, vol. 11, no N 4,‎ , p. 267–274 (lire en ligne).
  13. Lisa Mandel, HP : L'Asile d'aliénés, l'Association, coll. Espôlette, 2009, (ISBN 978-2-84414-316-7)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]