Edward Gibbon

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Edward Gibbon
Edward Gibbon by Henry Walton cleaned.jpg
Edward Gibbon (1773).
Fonction
Député au Parlement de Grande-Bretagne (d)
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Domicile
Formation
Magdalen College
Westminster School
Kingston Grammar School (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Père
Edward Gibbon (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Domaine
Religion
Parti politique
Membre de
Royal Society
14e Parlement de Grande-Bretagne (d)
15e Parlement du Royaume-Uni (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Influencé par
Œuvres principales

Edward Gibbon ( - ) est un historien et homme politique britannique. Il est surtout connu pour son ouvrage Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain.

Biographie[modifier | modifier le code]

Gibbon est né le à Putney, un village près de la Tamise proche de Londres et aujourd'hui un quartier du borough londonien de Wandsworth. Son grand-père fit la fortune de la famille dans la South Sea Company et la perdit après l'explosion de la bulle spéculative dont elle faisait l'objet. Gibbon était enfant unique et il se désignait lui-même comme un « enfant faiblard » dans ses mémoires. Sa mère mourut alors qu'il était âgé de 10 ans, après quoi il entra à la Kingston Grammar School et séjourna à la pension de sa « tante Kitty ». À l'âge de 14 ans, il fut envoyé par son père au Magdalen College (Oxford) où il s'inscrivit en tant que « gentleman commoner » (roturier de classe sociale élevée).

L'atmosphère de l'école ne s'accordait pas au caractère de Gibbon. Événement remarquable à l'époque, il se convertit au catholicisme romain le 8 juin 1753. Les controverses religieuses faisaient alors rage sur le campus d'Oxford et plus tard, son goût pour les sous-entendus ironiques lui fit dire qu'il était un « fanatique de la chicane religieuse ».

Peu après sa conversion, son père le retira d'Oxford et l'envoya chez M. Pavilliard, un pasteur calviniste et précepteur à Lausanne, où il resta cinq ans. Ce temps passé à Lausanne laissera une marque profonde sur le caractère et la vie de Gibbon. Il se reconvertit très vite au protestantisme, mais, plus important, il y gagna le goût de l'étude et de l'érudition. De plus, il y rencontra l'amour de sa vie en la personne de la fille d'un pasteur, Suzanne Curchod, qui deviendra plus tard la femme de Necker et la mère de Madame de Staël. Son père s'opposa à ce mariage et intima au jeune Gibbon de retourner immédiatement en Grande-Bretagne. Gibbon aurait écrit : « J'ai soupiré comme un amant, j'ai obéi comme un fils. »

Peu après son retour en Grande-Bretagne, Gibbon publia son premier livre en 1758, Essai sur l’étude de la littérature. Il passa les années de 1759 à 1763 dans la milice du Hampshire. Ensuite, il s'embarqua pour un tour de l'Europe qui incluait la visite de Rome. C'est là que Gibbon conçoit pour la première fois l'idée d'écrire sur l'histoire de l'Empire romain.

« C'était le , dans l'obscurité mystérieuse de la soirée, alors que j'étais assis à méditer sur le Capitole, tandis que des fidèles aux pieds nus chantaient leurs litanies dans le temple de Jupiter, que m'est venue la première conception de mon histoire. »

— Edward Gibbon, Memoirs of My Life

En 1772, son père mourut, et bien que les affaires ne fussent pas florissantes, il restait néanmoins au jeune Gibbon de quoi s'installer confortablement à Londres. Il commença à écrire son histoire en 1773, et le premier volume de l'Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain parut en 1776.

Gibbon souffrait d'une maladie que l'on a identifiée comme étant une hydrocèle. Cette maladie faisait que ses testicules se remplissaient de liquide dans des proportions qui lui causaient gêne et douleur dans les dernières années de sa vie[1].

Cette inflammation chronique lui causa beaucoup d'inconfort physique à une époque où la mode était aux haut-de-chausses serrés. Il y fait référence indirectement dans ses mémoires avec ce commentaire : « Je ne puis me souvenir que de quatorze jours vraiment heureux dans ma vie […] Je ne suis jamais si content que quand j'écris dans la solitude ». L'hygiène personnelle durant le XVIIIe siècle était au mieux facultative, et pour Gibbon elle était marginale. L'humiliation sociale que Gibbon endura du fait de son absence d'hygiène et de sa protubérance fut chroniquée. Dans un temps où la manière de monter à cheval donnait la valeur d'un homme, Gibbon était un genre à part. Un incident le vit faire une révérence à une dame ; alors appuyé sur un genou, elle lui intima : « Monsieur, relevez-vous, s'il vous plaît. », Gibbon répondit : « Madame, je ne le puis. » Alors que le mal empirait, Gibbon entreprit en vain diverses opérations pour soulager sa condition. Au début du mois de janvier, la troisième opération déclencha une péritonite incurable, dont il mourut.

Les sujets et écrits de Gibbon ont subi l'influence de Hieronymus Wolf[2] et de sa conversion de 1753 (même s'il est revenu à la Réforme par la suite) : il emploie anachroniquement le mot « catholique » pour désigner le christianisme nicéen (alors qu'il décrit des évènements antérieurs à la dislocation de l'église du premier millénaire par la séparation des Églises d'Orient et d'Occident), il écrit que le général musulman Oqba a « mis fin à ce qui avait été autrefois la province romaine de Maurétanie tingitane »[3] occultant ainsi le rôle de l'exarchat de Carthage dans l'histoire du Maghreb (alors que les Berbères autochtones y jouèrent un rôle essentiel), il décrit l'Empire byzantin comme un État dégénéré et purement « grec » (dans le sens péjoratif du mot) n'ayant rien légué à l'Occident, et il attribue exclusivement à la civilisation arabo-musulmane la transmission vers l'Occident des savoirs antiques[4]. Edward Gibbon, ses idées et son style ont influencé bon nombre d'autres écrivains, dont Winston Churchill, et il fut un modèle pour Isaac Asimov dans l'écriture de son Cycle de Fondation.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Essai sur l’étude de la littérature (1761).
  • Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain (volume I, 1776 ; volumes II et III, 1781 ; volumes IV, V et VI, 1788).
  • A Vindication of Some Passages in the Fifteenth and Sixteenth Chapters of the History of the Decline and Fall of the Roman Empire (1779).
  • Mémoire justificatif pour servir de réponse à l’exposé, &c de la cour de France (1779).
  • Memoirs of My Life (1796, posthume, au début de Miscellaneous Works of Edward Gibbon, Esq., publié deux ans après la mort de Gibbon par son ami John Holroyd, premier comte de Sheffield).

Annexes[modifier | modifier le code]

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Notes[modifier | modifier le code]

  1. Cf. E.H. Jellinek, « 'Varnish the business for the ladies': Edward Gibbon's decline and fall », J. Roy. Soc. Med., vol. 92,‎ , p. 374–79 (PMID 10615283, PMCID 1297297, lire en ligne [PDF]) ; depuis plus de deux siècles, la nature exacte de la maladie de Gibbon reste débattue : Patricia Craddock, dans la description très détaillée qu'elle donne de l'agonie de l'historien, relève que le diagnostic de Sir Gavin de Beer (1949) « garantit que Gibbon ne souffrait pas d'un véritable hydrocèle (...) mais beaucoup plus probablement d'une importante hernie compliquée d'une cirrhose du foie. » Il faut ajouter que malgré ses souffrances, Gibbon ne se départait pas de son sens de l'humour. Les deux auteurs citent ce mot d'esprit de l'historien : « Quelle est la différence entre un homme obèse et une circonscription des Cornouailles? aucune, ils ne voient jamais leurs membres. » Cf. Womersley, Oxford Dictionary of National Biography, p. 16; Craddock, Luminous Historian, 334–342; et Beer, "Malady."
  2. Hieronymus Wolf, Corpus Byzantinæ Historiæ, 24 tomes, 1557
  3. Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain, vol. 10, 1828, page 285
  4. Bernard Flusin, La civilisation byzantine, PUF 2006, ISBN 213055850X ; Évelyne Patlagean, Un Moyen Âge grec, Albin Michel 2007, ISBN 2-226-17110-X

Sources[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Francis Haskell, « Gibbon et l'histoire de l'art », in De l'art et du goût, jadis et naguère, Paris : Gallimard, 1989.

Liens externes[modifier | modifier le code]