Édition à compte d'auteur

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L'édition à compte d'auteur consiste pour un auteur à faire éditer ses ouvrages par un éditeur qui assure seulement la partie technique de l'édition et de la diffusion, en dehors du choix éditorial proprement dit. C'est donc l'auteur qui paie les frais d'impression et de publicité de son livre. Il reste cependant propriétaire des droits d'auteur et contrôle le nombre de livres édités. L'édition à compte d'auteur n'est pas toujours réalisée par des maisons d'édition mais par des « prestataires de services » qui n'assument aucun « risque éditorial »[1]. Des éditeurs traditionnels peuvent pratiquer un genre d’édition « à compte d’auteur » : c’est souvent le cas d’ouvrages commandés par une municipalité, un conseil général, un conseil régional, voire par une entreprise, pour promouvoir ville, département, région ou divers aspects économiques ou touristiques, et financés soit totalement, soit partiellement, par ces collectivités.

Historique[modifier | modifier le code]

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Historiquement, une forme de « compte d'auteur » a précédé le compte d'éditeur : du XVIe siècle jusqu'au milieu du XIXe siècle, les libraires qui « éditaient » des ouvrages ne le faisaient que contre paiement de l'impression de la part des auteurs ou, souvent, d'un mécène. Certains auteurs ont connu le succès avec ce système de compte d'auteur, notamment Béranger (30 000 exemplaires de ses œuvres) et Marcel Proust[2] (Du côté de chez Swann fut originellement publié par Bernard Grasset mais sur financement de l'auteur). D'autres dont le succès n'a été que tardif ou posthume ont également publié de cette façon : Arthur Rimbaud, Paul Verlaine, Tristan Corbière, etc.

Modèle d'affaires[modifier | modifier le code]

Ce mode de publication est considéré comme une prestation commerciale plutôt qu'une entreprise éditoriale puisque l’auteur paie pour que l’entreprise prenne en charge la publication de son ouvrage. Ainsi, les maisons d’édition à compte d’auteur n’exercent pas « la fonction éditoriale première »[3], soit la sélection des textes.

Le reproche le plus fréquent à l'encontre de l'édition à compte d'auteur est d'être choisie par des auteurs ayant été refusés ou n'ayant pas voulu passer par un éditeur professionnel qui prend en charge les frais de publication et de publicité. La mauvaise presse de cette pratique est mise de l’avant par son appellation anglaise : « Vanity press », qui soutient que la démarche serait motivée d’abord et avant tout par la vanité de l’auteur.

De plus, le désavantage de ce type d'édition réside souvent dans la confidentialité des livres ainsi édités[réf. souhaitée].

Obligations contractuelles[modifier | modifier le code]

L’écrivain qui choisit ce type de publication est lié à la maison d’édition ou à l’entreprise qui l’éditera par un contrat de services. L'éditeur apporte son savoir-faire en matière de réalisation du livre et son assistance en matière de diffusion. En revanche, l'auteur reste propriétaire des ouvrages et, surtout, des droits de l'œuvre publiée. Le contrat doit être parfaitement transparent, et il convient d'éviter des formules « à demi » comme on en trouve chez certains éditeurs[4]. En effet, ce type de contrat voit l’association de l’auteur et de l’éditeur qui acceptent de partager les bénéfices ou les pertes encourus, ce qui représente un risque accru de conflit entre les associés[5].

Autres modes d'édition[modifier | modifier le code]

Le mode traditionnel d'édition, aussi appelé publication à compte d'éditeur, suppose la publication d’un ouvrage, sélectionné par un comité de lecture, aux frais de l’éditeur.

Un auteur peut aussi choisir de s'auto-éditer; il prend alors en charge lui-même l’édition de son ouvrage, sans intermédiaire. De nombreux auteurs confirmés, ayant été publiés à compte d'éditeur, choisissent l'auto-édition, que ce soit pour garder une entière liberté quant aux choix éditoriaux, pour exploiter un marché spécifique, ou pour utiliser des méthodes commerciales inhabituelles. Il existe aujourd'hui de nombreuses plateformes en ligne permettant aux auteurs de publier leur livre en auto-édition comme TheBookEdition.com[6] ou Lulu.com[7] par exemple. Les techniques modernes d'impression (notamment l’impression à la demande) permettent à un nombre croissant d'auteurs de publier eux-mêmes leurs ouvrages.

Une autre voie existe, bien qu’elle soit encore peu empruntée. L’édition participative, aussi appelée édition à compte de lecteurs, s’inspire du principe du financement participatif. Ce mode d’édition résulte en la publication d’un ouvrage financé par les futurs lecteurs qui, en échange de leur contribution, reçoivent des contreparties (exemplaire dédicacé, rencontre avec l’auteur, royautés, etc.)[8].

Confusion entre édition à compte d'auteur et auto-édition[modifier | modifier le code]

Il est facile de confondre l’édition à compte d’auteur avec l’auto-édition depuis l’apparition de nombreuses plateformes numériques facturant des services d’accompagnement à l’auteur qui souhaite s’auto-publier. L’offre de services de ces plateformes couvrent parfois l’entièreté du processus de publication (développement et révision du manuscrit, correction, mise en page, design graphique, impression, distribution, diffusion), rendant ainsi difficile de distinguer au premier abord une maison d’édition qui publie à compte d’auteur d’un prestataire de services qui accompagne l’auteur auto-édité dans toutes les étapes de sa démarche. Le 8 octobre 2012, dans Les Échos, Arnaud Nourry, PDG de Hachette Livre, illustrait cette confusion en déclarant : « L'auto-édition a toujours existé : ça s'appelle l'édition à compte d'auteur[9]. » Une affirmation immédiatement contestée par plusieurs auteurs [10].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Que signifie être édité à compte d’auteur ?, documentation CNL.
  2. Luc Fraisse, « Proust et son éditeur : un dialogue épistolaire », Cahiers de l'AIEF,‎ , p. 251-269 (lire en ligne)
  3. Patrick Poirier et Pascal Genêt, « La fonction éditoriale et ses défis », dans Michaël E. Sinatra et Marcello Vitali-Rosati (dir.), Pratiques de l’édition numérique, Montréal, Les Presses de l’Université de Montréal, 2014, p. 19.
  4. « Les sirènes de l’édition à compte d’auteur », enquête menée en 2011 par 60 Millions de consommateurs et dont les sources sont publiées en ligne sous la forme d'un comparatif.
  5. « Le Contrat d'Édition », sur sgdl.org (consulté le 12 juillet 2019)
  6. « Auto-édition de livres en ligne - TheBookEdition », sur www.thebookedition.com (consulté le 23 mars 2018)
  7. (en-US) « Online Self Publishing Book & eBook Company - Lulu », sur www.lulu.com (consulté le 23 mars 2018)
  8. « Le crowdfunding ou l’édition participative », sur lettresnumeriques.be, (consulté le 12 juillet 2019)
  9. http://www.auto-edition.com/comptedauteur.html
  10. L'auto-édition ce n'est pas du compte d'auteur, cher monsieur Arnaud Nourry, PDG Hachette Livre.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]