Pessimisme

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Optimiste et Pessimiste,
Tableau de Vladimir Makovski (1893)

Le pessimisme (du mot latin pessimus superlatif de malus signifiant « mauvais ») désigne un état d'esprit dans lequel un individu perçoit négativement la vie. Il s'agit d'une attitude mentale qui consiste à penser qu'un résultat indésirable et négatif peut être anticipé pour toute situation donnée. Les personnes pessimistes ont donc tendance à se concentrer sur les aspects négatifs de la vie en général.

Définition[modifier | modifier le code]

Dans la question « Le verre est-il à moitié vide ou à moitié plein ? », l'approche pessimiste serait de choisir à moitié vide, alors que l'approche optimiste serait à moitié plein

Selon le dictionnaire Larousse, le terme pessimisme est défini comme une doctrine « qui soutient soit que tout est mal, soit que la somme des maux l'emporte sur celle des biens », mais ce site indique également que le pessimiste est une personne qui a tendance à considérer ou entrevoir une suite fâcheuse à tout événement, toute situation et qui en attend donc le pire[1].

Le CNTRL, présente deux définitions pour ce mot. Tout d'abord, une définition d'ordre général en tant que « disposition d'esprit qui consiste à ne voir que le mauvais côté des choses [...] », puis ensuite d'une définition plus philosophique, en indiquant qu'il s'agit d'une « doctrine selon laquelle dans le monde le mal l'emporte sur le bien, la souffrance sur le plaisir. »[2].

Étymologie[modifier | modifier le code]

Selon le site du CNTRL et le Littré, ce mot a été créé comme contraire du mot optimisme. Il est basé sur le terme latin « pessimus », superlatif du mot malus signifiant « mauvais ».

Psychologie[modifier | modifier le code]

L'étude du pessimisme possède une connexion avec la dépression. Les psychologues lient les attitudes pessimistes à la souffrance émotionnelle ou même biologique. Aaron Beck explique que la dépression est consécutive à des perceptions négatives parfois surréalistes du monde. Beck tente d'engager une conversation avec ses patients concernant leurs pensées négatives.

Idées noires et pessimisme[modifier | modifier le code]

Si le sentiment de tristesse est souvent un des principaux signes dominant de personne dépressive, il s'agit dès lors d'une mêlée d’anxiété et d’angoisse qui entraîne souvent un pessimisme exacerbé. Le dépressif ne cessant de ressasser les raisons de son malheur, celle-ci étant souvent décrites ou dénommées sous l'appellation métaphorique d'« idées noires »[3].

Philosophie[modifier | modifier le code]

En philosophie, le terme a une portée plus profonde que dans le langage courant, notamment depuis qu'il a été théorisé par Schopenhauer. Selon Christophe Bouriau : « Par pessimisme radical, il faut entendre non pas une simple disposition à voir les choses en noir ou sous leur mauvais côté, mais une vision négative du monde ontologiquement fondée, interprétant le mal (la souffrance et l'injustice) comme la suite nécessaire de l'essence et de la racine du monde (le vouloir) [4] ». De manière paradoxale, le pessimisme théorique peut parfaitement s'allier avec un optimisme pratique qui nous enjoint à profiter du moment présent et à être de bonne humeur comme schopenhauer l'a fait dans son recueil Parerga et Paralipomena.[5]

Philosophes pessimistes notables[modifier | modifier le code]

Arthur Schopenhauer

Dans son essai, La Barbarie à visage humain, Bernard-Henri Lévy réhabilite le pessimisme, entendu au sens de vigilance face au schéma totalitaire que l'optimisme inscrirait dans la pensée.

Mihai Eminescu

D'autre part, Friedrich Nietzsche a souvent été taxé à tort de pessimisme, bien qu'il se défendît lui-même de cette appellation. Sa conception du Surhomme et de la Volonté de puissance représentaient deux des fondements d'une doctrine optimiste — à proprement parler : rien à voir avec l'optimisme d'un Leibniz ! Friedrich Nietzsche dresse un constat pessimiste de l'état actuel de l'Humanité en général ; mais, en dépassant ce pessimisme de départ par des solutions « optimistes », on ne peut guère le comparer à la philosophie proprement théorique de Arthur Schopenhauer, par exemple.

La célèbre phrase « la vie est un bien perdu pour celui qui ne l’a pas vécu comme il aurait voulu » de l'écrivain roumain Mihai Eminescu (1850-1889) est l'exemple même d'un ressenti pessimiste sur une vie entière et fait jouer les notions de vie, de bien, de perte et volonté qui caractérisent souvent une vision pessimiste du monde ou de la société[7].

Le pessimisme dans les arts[modifier | modifier le code]

Dans la littérature[modifier | modifier le code]

Guy de Maupassant

Paul Bourget a analysé dans ses Essais de psychologie contemporaine le pessimisme latent dans la génération de romanciers et de poètes européens de cette fin de XIXe siècle. À travers des études littéraires sur le style et la conception du monde de certains grands auteurs tels Flaubert ou Tourguéniev, il pense la décadence du style en France et l'idée de perte de repères en Occident.

Léon Gistucci a analysé le pessimisme dans l'œuvre de Guy de Maupassant[8].

En 1895, Antoine Albalat analyse le pessimisme de Pierre Loti dans un chapitre de son livre Le mal d'écrire et le roman contemporain[9]. Charles Fuster avait fait de même dans ses Essais critiques en 1886[10].

  • Album d'un pessimiste est une œuvre littéraire de l'écrivain romantique et un poète en prose français Alphonse Rabbe, publié à titre posthume à Paris, par la librairie de Dumont en 1835.

Dans la bande dessinée[modifier | modifier le code]

André Franquin

André Franquin, le dessinateur belge et créateur du personnage de Gaston Lagaffe est un homme qui a souvent exprimé une pensée pessimiste. Il est l'auteur d'une une série de bande dessinée dénommée « Idées noires » et publiées en deux tomes.
Au-delà d'une vision très sombre de la société, c'est aussi un bel exemple d'humour noir[11].

Dans la peinture[modifier | modifier le code]

Un tableau du peintre de genre réaliste, portraitiste et collectionneur russe Vladimir Makovski est l'auteur d'un tableau dénommé « Optimiste et Pessimiste » (collection du musée russe à Saint-Petersbourg).

Au cinéma[modifier | modifier le code]

  • 1970 Dernier domicile connu est un film franco-italien réalisé par José Giovanni, adapté du roman éponyme de Joseph Harrington paru en 1965. Le film, très pessimiste sur la réalité de la vie d'un policier, se termine par l'évocation de la célèbre citation du du poète roumain Mihai Eminescu, cité dans le chapitre précédent[12].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Annexe[modifier | modifier le code]

« Il faut allier le pessimisme de l'intelligence à l'optimisme de la volonté » — citation d'Antonio Gramsci (1891-1937), qui se serait inspiré de celle de Romain Rolland : « Pessimisme de l'intelligence, mais optimisme de la volonté. »

Liens externes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]