André Maurois

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André Maurois
Description de cette image, également commentée ci-après

André Maurois vers 1945.

Nom de naissance Émile Salomon Wilhelm Herzog
Naissance
Elbeuf
Décès (à 82 ans)
Neuilly-sur-Seine
Activité principale
Distinctions
Auteur
Langue d’écriture Français
Genres

André Maurois, pseudonyme d’Émile Salomon Wilhelm Herzog, né le à Elbeuf et mort le à Neuilly-sur-Seine, est un romancier, biographe, conteur et essayiste français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Château d'Essendiéras, résidence de campagne de Maurois.

Issu d'une famille de drapiers juifs alsaciens, ainsi que de la famille Javal, il est le fils d'Ernest Herzog et Alice Lévy ; et le petit-fils de Salomon Herzog (1818-1876) et Émilie Fraenckel (1828-1891), originaires de Ringendorf. André Maurois a pour professeur au lycée de Rouen le philosophe Alain, à qui il sera redevable de son orientation esthétique. Il préfère en effet une carrière littéraire à la direction de l’usine familiale et s’illustre d’abord par des romans qui lui gagnent un public féminin : Climats, Les Roses de septembre. Il obtient un prix d'honneur au concours général et passe sa licence de lettres. Ayant fait son service militaire, il va pendant une dizaine d’années s'occuper de l'entreprise paternelle.

Il rencontre Jane-Wanda de Szymkiewicz, dite « Janine » (1892-1923) à Genève en 1909, fille d’un comte polonais. Le couple a deux garçons et une fille, Michelle[1], épouse du docteur Robert Naquet[2]. Michelle sera elle-même écrivain et publiera, entre autres, une trilogie basée sur une multitude de courriers familiaux (L’encre dans le sang, Les cendres brûlantes et Déchirez cette lettre) qui retrace l'histoire du couple Caillavet et de leur fille Simone (1894-1968).

Interprète militaire et officier de liaison auprès du BEF (Corps expéditionnaire britannique) en France et en Flandres pendant la Première Guerre mondiale, Maurois écrit en 1918 Les Silences du colonel Bramble qui connaîtra un vif succès, tant en France que dans les pays anglo-saxons. Il y traduisit sous le titre Tu seras un homme, mon fils le célèbre poème If de Rudyard Kipling. Cet ouvrage sera suivi des Discours du docteur O'Grady. Les événements de cette guerre lui fournissent son pseudonyme « Maurois », nom d'un village du nord de la France.

Après la guerre, il a fait partie de la rédaction du journal des Croix-de-feu, Le Flambeau[3] et participe aux Rencontres de Pontigny, de Paul Desjardins.

Maurois perd sa femme Janine le 26 février 1924 dans des circonstances particulièrement pénibles[4]. A l'automne, après la sortie de son livre, Dialogues sur le commandement, il est invité par le maréchal Pétain qui veut lui en parler. C'est à l'occasion de ce dîner qu'il fait la connaissance de Simone de Caillavet, qui deviendra sa seconde épouse. Cette jeune femme est la petite-fille de Léontine Lippmann, épouse d'Arman de Caillavet, égérie et maîtresse d'Anatole France, et la fille qu'ont eue Gaston Arman de Caillavet, auteur de pièces à succès, et Jeanne Pouquet[5]. Elle écrira également deux ouvrages, dont Fleurs latines que préfacera son époux. Le mariage a lieu en septembre 1926 à Essendiéras[6], avec pour témoins Gabriel Hanotaux, Robert de Flers, le vieux complice de Gaston de Caillavet, et Aimery Blacque-Belair, le lieutenant des Dialogues sur le commandement.

Maurois publie par la suite des biographies de Shelley, Byron, Victor Hugo, George Sand, Balzac, Disraeli, du général Lyautey et d'Alexander Fleming.

Revendiquant une « plume d'instituteur », il est également très apprécié dans le monde anglo-saxon pour ses Histoires d'Angleterre et des États-Unis. Il a en outre écrit une Histoire de France par laquelle il cherche à sensibiliser son lecteur au destin unique de cette nation.

Il écrit également pour la jeunesse, dont Le Pays des trente-six mille volontés, et Patapoufs et Filifers, ce dernier dénonçant l'absurdité de la constitution des groupes humains autour de simples critères physiques (ici, la minceur et l'obésité). L'illustrateur de ce dernier album, Jean Bruller, deviendra plus tard l'écrivain Vercors.

Tombe d'André Maurois au cimetière ancien de Neuilly-sur-Seine.

Maurois est également l'auteur de plusieurs ouvrages de science-fiction comme Le Chapitre suivant et Le Peseur d'âmes.

Il est membre du comité de direction de l'Association du foyer de l’abbaye de Royaumont.

Grâce aux relations de son épouse, le maréchal Pétain soutiendra sa candidature à l'Académie française ; il y est élu le 23 juin 1938, au fauteuil 26 qu'occupait René Doumic. Voici ce qu'il en dit dans ses Mémoires : « Une réception à l’Académie est une des belles cérémonies françaises. Tout concourt à sa grandeur : l’ancienneté de l’édifice, l’étrangeté de sa forme, l’exiguïté de la salle, la qualité du public, l’appareil militaire, le vocabulaire traditionnel et parfois la qualité de l’éloquence ». Il restera titulaire du fauteuil 26 près de trente ans.

Exilé aux États-Unis pendant la Seconde Guerre mondiale, il admire Winston Churchill et se méfie de Pétain[7]. Il y est conférencier et professeur de littérature, intéressant ses étudiants aux œuvres de Honoré de Balzac, Léon Tolstoï et Marcel Proust, notamment[8]. D'après Pierre Assouline, dans son ouvrage Gaston Gallimard, Maurois serait demeuré pendant la guerre actionnaire des éditions Grasset.

Il rentre en France en 1946, dans sa maison de Neuilly-sur-Seine ses livres ont disparu : « Ne trouvant pas l'homme, la Gestapo a pris la bibliothèque[9] », écrit-il.

Par un décret du président de la République du 27 juin 1947, il est autorisé à changer de patronyme de Herzog en André-Maurois. Son nom de plume devient ainsi son nom officiel[10]. Il est, sous ce nom, membre du comité de rédaction de l'Échauguette la revue du diplomate et écrivain Jean-Marc Montguerre.

Il meurt à Neuilly-sur-Seine le .

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • 1918 : Les Silences du colonel Bramble. Contient la traduction par André Maurois du célèbre poème de Rudyard Kipling If— (traduction parfois attribuée à tort à Paul Éluard)
  • 1919 : Ni ange ni bête fiction historique
  • 1922 : Bernard Quesnay, qui reparaît en 1926 dans une version révisée, sous le titre de : La Hausse et la Baisse
  • 1922 : Les Discours du docteur O'Grady. Reprend les personnages de Bramble
  • 1923 : Ariel ou la Vie de Shelley biographie.frontispice de Maxime Dethomas, aux éd. Grasset. (1re édition illustrée en couleurs en 1924, vignettes de Hermine David, aux Éditions Grasset. Un exemplaire de la 81e édition de 1923 porte un envoi à Simone de Caillavet : A Mme Simone de Caillavet qui aime les poètes et mérite de les aimer
  • 1924 : Dialogue sur le commandement, essai, écrit à partir d'un dialogue entre son ancien maître, Alain, et son récent ami Aimery Blacque-Belair, qu'ils ont refusé de cosigner car trop modifié par Maurois[11]
  • 1926 : La Hausse et la Baisse, roman
  • 1926 : Meïpe ou la Délivrance, conte et nouvelle
  • 1927 : La Vie de Disraeli, étude historique
  • 1927 : Études anglaises, essai
  • 1927 : Le Chapitre suivant, 1re version
  • 1928 : Climats
  • 1928 : Voyage au pays des Articoles, conte et nouvelle
  • 1928 : Le Pays des trente-six mille volontés, conte de fantasy
  • 1928 : Raymond Woog, essai
  • 1930 : Don Juan ou la vie de Byron, biographie
  • 1930 : La Voie royale, roman
  • 1930 : Relativisme, essai
  • 1931 : Lyautey, biographie
  • 1931 : Tourgueniev, biographie
  • 1931 : Le Peseur d'âmes évoque la théorie du poids de l'âme
  • 1932 : Le Côté de Chelsea, roman, Gallimard
  • 1932 : Mes songes que voici, Paris, Grasset
  • 1932 : Le cercle de famille, roman
  • 1933 : Chantiers américains
  • 1933 : Édouard VII et son temps, biographie
  • 1934 : L'Instinct du bonheur, roman
  • 1934 : Sentiments et coutumes, essai
  • 1935 : Voltaire, biographie.
  • 1935 : Premiers contes, contes, Rouen, H. Defontaine
  • 1937 : Histoire de l'Angleterre, Histoire
  • 1937 : La machine à lire les pensées, conte et nouvelle
  • 1938 : René ou la Vie de Châteaubriand, biographie et étude littéraire[12]
  • 1939 : Un art de vivre, essai
  • 1939 : L’Empire français, Librairie Hachette, illustrations par Auguste Leroux. Album pour enfants présentant l'Empire Colonial Français
  • 1939 : États-Unis 1939, Paris, 1939
  • 1939 : Discours prononcé dans la séance publique de sa réception à l'Académie Française le jeudi 22 juin 1939, Éd. Firmin Didot et Cie.
  • 1942 : "Mémoires - T.I Les années d'apprentissage - T.II Les années de travail", Éditions de la Maison Française, 1942.
  • 1943 : Toujours l'inattendu arrive
  • 1943 : Histoire des États-Unis, Histoire.
  • 1946 : Journal des États-Unis 1946, Paris, 1946
  • 1946 : Terre promise, roman
  • 1946 : Sept visages de l'amour, essai
  • 1947 : Nouveaux discours du Docteur O'Grady, cet ouvrage évoque, entre autres sujets, la guerre mondiale que se livrent entre elles deux espèces de fourmis, les Pheidoles et les Iridomyrmex. Ce livre, qui fait suite à la Deuxième Guerre mondiale, marque quel chemin intellectuel a été parcouru depuis la première. Les idées de Jean-Paul Sartre comme la nouvelle donne apportée par la bombe atomique y sont évoquées
  • 1947 : Histoire de France, Éditions Dominique Wapler, Histoire, 1947
  • 1947 : Des mondes impossibles, conte et nouvelle
  • 1948 : Rouen dévasté, essai, Éd. Nagel, 1948
  • 1949 : À la recherche de Marcel Proust, étude et biographie littéraire[13], Éditions Hachette
  • 1950 : Alain, étude et biographie littéraire
  • 1951 : Ce que je crois, essai, Éd. Grasset, 1951
  • 1952 : Lélia ou la Vie de George Sand, étude et biographie littéraire
  • 1952 : Destins exemplaires, essai
  • 1954 : Olympio ou la Vie de Victor Hugo, étude historique et biographie
  • 1954 : Femmes de Paris, Plon
  • 1956 : Lettres à l'inconnue
  • 1957 : Lecture, mon doux plaisir, essai
  • 1957 : Les Trois Dumas, biographie
  • 1957 : Robert et Elizabeth Browning, biographie
  • 1958 : L'Impromptu de Barentin, Festival de Barentin
  • 1959 : Histoire de la France (2 volumes), nouvelle édition mise à jour
  • 1959 : Portrait d'un ami qui s'appelait moi
  • 1960 : Le Monde de Marcel Proust, Éditions Hachette, étude historique et littéraire
  • 1962 : Les Deux Géants - Histoire des États-Unis et de l'U.R.S.S : De 1917 à nos jours, avec Aragon, Robert Laffont
  • 1965 : Prométhée ou la Vie de Balzac, étude historique et biographique
  • 1956 : Les Roses de septembre, roman
  • 1959 : La Vie de sir Alexander Fleming, biographie
  • 1960 : Pour piano seul, conte et nouvelle
  • 1961 : Adrienne ou la Vie de Mme de La Fayette, biographie
  • 1964 : La Conversation, essai
  • 1966 : Au commencement était l'action, essai
  • 1967 : Le Chapitre suivant, 2e version
  • Un art de vivre
  • Magiciens et logiciens
  • Lettre ouverte à un jeune homme sur la conduite de la vie
  • La Maison
  • Snobisme dans l'art
  • Aspect de la biographie

En collaboration[modifier | modifier le code]

  • 1932 : David Garnett, Jane-Simone Bussy, Jean Lébédeff, La femme changée en renard, Arthème Fayard
  • Le Mémorial de St Hélène, éd. La Pléiade
  • Mémoires posthumes de Bras Cubas

Films tirés de son œuvre[modifier | modifier le code]

Divers[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Interview de Michelle Maurois par Jacques Chancel Radioscopie, sur l'INA.fr
  2. lire en ligne la biographie de cet éminent neurophysiologiste, spécialiste de l'éthique de la fin de vie, mort en 2005, qui a légué à l'Institut de France les archives Maurois après avoir passé des années à les trier
  3. André Maurois, Bookine
  4. voir le livre de Dominique Bona, Il n'y a qu'un amour
  5. « Portrait de Simone de Caillavet épouse d'André Maurois »
  6. le château d'Essendiéras, propriété de Dordogne des Caillavet, deviendra un point d'ancrage pour Maurois
  7. André Maurois, Choses nues, Grasset, Paris, 2004, p. 139-151 (ISBN 2-246-67211-2)
  8. Journal des États-Unis 1946, éditions du Bateau ivre, 1946.
  9. Journal des États-Unis 1946, éditions du Bateau ivre, 1946, page 290.
  10. Mentions marginales de l'acte de naissance de son épouse, état civil de Paris, archives départementales en ligne
  11. voir les archives Maurois (Institut de France)
  12. « André Maurois biographie »
  13. « À la recherche de Marcel Proust »
  14. Info citée dans le générique du film
  15. « André Maurois et les États-Unis, Kornel Huvos, 1969; »