Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain

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Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain
Auteur Edward Gibbon
Pays Royaume-Uni
Genre essai historique
Version originale
Langue Anglais
Titre The History of the Decline and Fall of the Roman Empire
Éditeur Strahan & Cadell
Date de parution 17761788
Version française
Traducteur François Guizot
Éditeur Maradan
Date de parution 1812
Type de média 8 vol.

L’Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain est un ouvrage rédigé par l'historien britannique Edward Gibbon et originellement publié en anglais de 1776 à 1788 sous le titre de Decline and Fall of the Roman Empire. L'ouvrage a été traduit en français une première fois en 1795, repris en français plus moderne en 1812 ; d'autres éditions ont suivi jusque dans les années 2000.

Résumé[modifier | modifier le code]

Dans cet ouvrage encyclopédique, Edward Gibbon retrace l'histoire de la Rome antique entre 180 et 1453 et s'attache à déterminer les causes de sa décadence. De plus, il propose une histoire de l'Europe et de l'Église catholique pour la période s'étendant de 98 à 1590.

Dans le chapitre L de son ouvrage, il rédige une biographie de Mahomet sur une centaine de pages[Gibbon 1].

Publications[modifier | modifier le code]

Cet ouvrage s'étend sur 7 volumes dans son édition originale commencée en 1776[1] et sur 13 dans une édition de 1819 traduite en français[2]. De 1777 à 1785, le futur roi de France Louis XVI (ou son secrétaire[3]) traduit en français ancien les tomes I à IV sous le nom de plume « Leclerc de Sept-Chênes » ; le reste du travail est accompli par Demeunier et Boulard, puis Cantwell et Marigné (18 volumes in-8)[4] ; l'ouvrage est publié en 1785[5]. Il a ensuite été traduit en français plus moderne en 1812[6]. Pour cette édition, la révision de la traduction est confiée à « Mlle de Meulan », alors que François Guizot ajoute des notes « d’après les recherches de l’érudition moderne »[7]. Une édition en français, revue par « Madame Guizot », sort en 1828[8]. Une autre édition en français sort en 1837 sous la supervison de J.-A.-C. Buchon[9]. Une version révisée est également publiée dans les années 2000[10].

Structure[modifier | modifier le code]

La traduction en français de la version François Guizot publiée en 1819 comprend 13 tomes répartis en 71 chapitres[Gibbon 2]. Le tome premier comprend cinq sections : (1) Préface de l’Éditeur, (2) Lettre à l’Éditeur, (3) Notice sur la vie et le caractère de Gibbon, (4) Préface de l’Auteur et (5) Avertissement de l’Auteur, qui sont suivies des 7 premiers chapitres de l'ouvrage[11]. Le tome VII comprend trois sections : Observations générales sur la chute de l'empire romain dans l'Occident, Avertissement et Post-scriptum[Gibbon 3] qui ne sont pas des chapitres stricto sensu de l'ouvrage. Les autres tomes ne comprennent que des chapitres. Le dernier tome comprend en outre une Table générale des matières[Gibbon 4].

Vol. Épigraphes des chapitres Parution
1
Paris, 1819
         
2
Paris, 1819
         
3
Paris, 1819
         
4
Paris, 1819
         
5
Paris, 1819
         
6
Paris, 1819
         
7
Paris, 1819
         
8
Paris, 1819
         
9
Paris, 1819
         
10
Paris, 1819

Critiques[modifier | modifier le code]

L'ouvrage de Gibbon est le second à analyser la notion de « chute de l'Empire romain », après Montesquieu dans Considérations sur les causes de la grandeur des Romains et de leur décadence ; cette expression a depuis été reprise dans de nombreux livres historiques et suggère parfois l'idée d'une faillite brutale du monde romain.

Selon Henri-Irénée Marrou dans Décadence romaine ou Antiquité Tardive ?, la fin de l'Empire romain aurait été une époque de renouvellement dans les domaines spirituels, politiques et artistiques, notamment avec la naissance du premier art byzantin et de l'art préroman. Pour Pierre Grimal, la « civilisation romaine n’est pas morte, mais elle donne naissance à autre chose qu’elle-même, appelé à assurer sa survie »[12]. Néanmoins, la ville de Rome perd en étendue et en habitants, les ressources de l'Empire cessant de converger vers elle.

Paul Veyne[13] remet aussi en cause les idées de Gibbon concernant la conversion de l'Empire romain au christianisme.

La plupart des commentateurs et historiens religieux qui ont critiqué l'ouvrage l'accusent d'être injuste envers l'Église, mais aussi les saints et les savants de l'Église. En particulier, le quinzième chapitre, qui documente les raisons de la rapide expansion du christianisme dans l'Empire romain, a été fortement critiqué et plusieurs pays ont interdit la diffusion du livre (l'Irlande, par exemple, a levé l'interdiction au début des années 1970).

En dépit de ces objections, considéré comme une critique argumentée et judicieuse de la faillibilité de la condition humaine, l'ouvrage continue à inspirer les historiens et les étudiants en littérature anglaise.

Le style de Gibbon est grave, solennel quelque peu emphatique parfois. Gibbon semble avoir eu une haute idée du devoir du dirigeant ou du simple citoyen envers l'État. Son style ressemble à celui de certains auteurs antiques.

En septembre 2017, The Guardian classe la version en anglais de l’Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain comme le 83e meilleur ouvrage de non-fiction de tous les temps[14].

Dans la culture[modifier | modifier le code]

  • Winston Churchill nota : « J'ouvris Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain de Gibbon et je fus dominé à la fois par l'histoire et le style. J'ai dévoré Gibbon. Je l'ai parcouru triomphalement de bout en bout ». Il s'attacha plus tard à imiter le style de Gibbon dans ses écrits.
  • Isaac Asimov, écrivain de science-fiction, s'inspira de cet ouvrage pour rédiger la trilogie initiale de Fondation.
  • L'historien Hugh Trevor-Roper considéra Gibbon comme un modèle et s'en inspira largement pour ce qui est du style et de l'ironie[15].
  • Le musicien Iggy Pop est l'auteur d'un article dans Classics Ireland, dans lequel il livre ses réflexions quant à l'applicabilité des thèses de Gibbon sur le monde moderne[16].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  • Edward Gibbon et François Guizot (éditeur et réviseur), Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain, t. 1 à 13, Paris, Lefèvre,
Divers
  1. (en) Edward Gibbon, The History of the Decline and Fall of the Roman Empire, Londres, W. Strahan et T. Cadell, (lire en ligne)
  2. Voyez la liste des tomes dans Edward Gibbon (trad. François Guizot), Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain, Paris, Lefèvre, (lire en ligne)
  3. « GIBBON (Édouard) », dans Marie-Nicolas Bouillet et Alexis Chassang, Dictionnaire universel d’histoire et de géographie Bouillet Chassang, Paris, Librairie Hachette, (lire en ligne), p. 857
  4. Gustave Lanson, « Histoire et Mémoires », dans Manuel bibliographique de la littérature française moderne, t. 3, Paris, Librairie Hachette, (lire en ligne)
  5. Édouard Gibbon (trad. Cantwell), Histoire de la décadence et de la chute de l'empire romain, t. 17, Paris, Maradan, (lire en ligne)
  6. Édouard Gibbon (trad. F. Guizot), Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire Romain, Paris, Maradan, (lire en ligne)
  7. François Guizot, « Le Christianisme et le Spiritualisme », dans Revue des Deux Mondes, t. 83, 1869, Bureau de la Revue des deux mondes, (lire en ligne), p. 29
  8. Édouard Gibbon et J.-A.-C. Buchon (éditeur et réviseur), Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire Romain, vol. 1, A. Desrez, (lire en ligne), p. XVII
  9. Édouard Gibbon et J.-A.-C. Buchon (éditeur et réviseur), Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire Romain, A. Desrez, (lire en ligne)
  10. Contributeurs, Livre:Gibbon - Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain, traduction Guizot, tome 1.djvu, Wikisource en français, (lire en ligne)
  11. La Civilisation romaine, Flammarion, 1981
  12. Paul Veyne, Quand notre monde est devenu chrétien (312-394), Albin-Michel, 2007
  13. (en) Robert McCrum, « The 100 best nonfiction books: No 83 – The History of the Decline and Fall of the Roman Empire by Edward Gibbon (1776-1788) », the Guardian,‎ (lire en ligne)
  14. Adam Sisman, Hugh Trevor-Roper, 2010, passim.
  15. Classics Ireland, vol. 2, 1995.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Éditions[modifier | modifier le code]

Études[modifier | modifier le code]

Pierre Ducrey (dir.) (préf. Dominique Rivier), Gibbon et Rome à la lumière de l'historiographie moderne, Genève, Librairie Droz,

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]