Sociobiologie

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Figures comparées d'homme et de cochon, 1820[note 1].

La sociobiologie est, en sciences du vivant, l'étude des bases biologiques présumées des comportements sociaux répertoriés dans le règne animal. En sa qualité de synthèse, elle fait appel à un vaste rassemblement des savoirs sur l'évolution des espèces. De la sélection naturelle à la coévolution gène-culture, en passant par l'eusocialité, l'effet Westermarck, l'altruisme réciproque, la consilience, entre autres, la sociobiologie interpelle tant les sciences de la vie que les sciences exactes, humaines et sociales.

Née aux États-Unis, dans les années 1970, la sociobiologie a pour mauvaise fortune de raviver des guerres d'idées d'une extrême intensité. Les hostilités à la fois les plus vivaces et les plus universelles portent sur la théologie, l'eugénisme, le nazisme, le racisme, l'élitisme et le sexisme.

Après la seconde guerre mondiale, suivie de la participation des États-Unis à la guerre du Viêt Nam, les tensions sociales se traduisent par des rafales de contestations populaires. En 1969, le groupe Science for the People suivi en 1975 du Sociobiology Study Group (en) puis du ralliement Sociobiology Study Group of Science for the People (en) se forment. Ce dernier est revendiqué par des experts, académiciens et étudiants rattachés de près et de loin à l'Université Harvard où enseigne le professeur Edward Osborne Wilson, chef de file de la sociobiologie. Des théoriciens aujourd'hui réputés, tels que des Gould, Lewontin et Sahlins, ont tôt fait de se liguer contre son schéma explicatif dont ils dénoncent les effets pervers tant socio-politiques que scientifiques.

Au XXIe siècle, après bientôt cinquante ans d'existence, il arrive encore que la sociobiologie et son fondateur subissent des affrontements cuisants. Certaines disciplines, dont l'écologie comportementale par exemple, tendent à s'en dissocier pour cause de réputation contaminée. Certains épistémologues et historiens des sciences humaines et sociales, ainsi que des anthropologues, biologistes et généticiens, continuent de fustiger la sociobiologie en raison de différends dans l'approche et la méthodologie.

Il existe sans conteste différentes lectures de la sociobiologie. Cet éventail de points de vue appelle une analyse plurielle de sa valeur scientifique. En ce début de XXIe siècle, la sociobiologie loge à l'enseigne des sciences de la vie. Elle tend à s'intégrer aux sciences humaines et sociales. La sociobiologie en tant que science sollicite et accepte par avance toute critique susceptible d'enrichir la matière par un éclairage d'appoint.

Origine du concept[modifier | modifier le code]

En France et aux États-Unis, le néologisme « sociobiologie », en anglais « sociobiology », voit d'abord le jour sous diverses formes et graphies vers la fin du XIXe siècle.

En France, à partir des années 1890, apparaissent les termes « sociologie biologique », « bio-sociologie », « socio-biologie » et « biosociologie »[2]. L'expression voisine « socio-biologie » est utilisée dans le titre de trois études du médecin Georges Auguste Morache, en 1902, 1904 et 1906[3],[4],[5]. Ces notions font l'objet de querelles récurrentes : « Le procès de la Sociologie biologique est encore pendant. Tous les ans, à son sujet, le Congrès International de l'Institut de Sociologie ramène les mêmes réquisitoires et les mêmes plaidoyers »[6].

Aux États-Unis, le mot « sociobiologie » dans sa graphie des XXe et XXIe siècles surgit ici et là, par intermittence. Environ une dizaine d'auteurs scientifiques y font appel depuis les années 1940, bien que sans définition ni correspondance sémantique établies[7],[note 2],[9],[10].

En 1971, le biologiste myrmécologue Edward Osborne Wilson, professeur à l'Université Harvard du Massachusetts aux États-Unis, s'approprie le mot « sociobiologie ». À ce moment-là, il le transforme en concept pour désigner et développer une nouvelle science qui porte, depuis, le nom de sociobiologie[11],[2].

Mise en perspective[modifier | modifier le code]

La sociobiologie wilsonnienne mûrit aux États-Unis au sortir de la Seconde Guerre mondiale (1939-1945). Après une période d'incubation, elle voit le jour dans les années 1970-1980 dans un climat de rébellion populaire causé par la participation active des États-Unis à la Guerre du Viêt Nam (1952-1980)[12]. L'après guerre 39-45 connaît également, explique Jorland, « une explosion de l'intérêt pour les sciences »[13],[14]. D'où une fragmentation grandissante des connaissances[15]. En sciences de la vie, le fourmillement des idées et les résultats de recherches fusent[pas clair] tantôt de sciences attestées, comme la biologie et la génétique, et tantôt en voie de l’être, comme la paléogénétique et la biogéographie insulaire[16].

À l'instar de la physique, de la chimie et des mathématiques, les répercussions de cet engouement rejoignent toutes les branches de la biologie, notamment la biologie moléculaire et la génétique des populations[17]. Les sciences humaines et sociales font l'objet de ce que Mattei Dogan (en) appelle un « double processus de dispersion de leurs travaux », résultant d'un « découpage disciplinaire qui fait que certaines disciplines s’occupent prioritairement de dimensions spécifiques du monde social [...] et un découpage sous-disciplinaire qui prend la forme d’une hyper-spécialisation »[16],[18]. Parallèlement à cette fragmentation, ajoute Dogan, « les spécialités se recombinent, créant de nouveaux domaines hybrides »[16]. Depuis les années 1950, zoologie, éthologie, sociologie, anthropologie, écologie comportementale, génétique des populations, mathématiques, physique, chimie et philosophie des sciences composent le paysage scientifique de la sociobiologie en devenir. Mais une dégradation de la cohérence d’ensemble pourrait freiner l'avancement des sciences et en favoriser les dérives[19]. La nécessité de regrouper les expertises pour en faire la synthèse semble s'imposer à l'esprit scientifique est ainsi, selon l'expression de Wilson, « dans l'air du temps »[19].

Qu'est-ce que la sociobiologie ?[modifier | modifier le code]

La sociobiologie suscite depuis sa naissance en 1971 une multitude d'interrogations, dénigrements, critiques scientifiques campées, tant positives que négatives. Qu'est-ce au juste que la sociobiologie, théorie, science, discipline scientifique, pseudo-science ? Instrument de contrôle social ? Les réactions abondent à l'envi. La plupart des critiques scientifique rappellent que la sociobiologie n'est ni une science exacte, ni un courant de pensée révolutionnaire ni un nouveau paradigme ; comme le dit James D. Cadien, la sociobiologie « ne constitue pas une révolution », plutôt, « ses principes de base remontent [...] à la naissance de la biologie et du transformisme avec Lamarck et à l'élaboration du principe de sélection naturelle avec Darwin et Wallace »[20]; dans le même ordre d'idée, le sociobiologiste français Pierre Jaisson ajoute que la sociobiologie « n’est pas une idéologie » et « n’est pas non plus une théorie »[21].

Sur un autre plan, le généticien Horowitz souligne que la « science s'est développée à une rapidité telle » depuis les années 1900 que « les histoires des sciences sont souvent rédigées du vivant des chercheurs » et « certains de ce nombre sont encore actifs »[17]. Or, à ce propos justement, le chef de file de la sociobiologie, Edward Osborne Wilson continue à réviser et à modifier les fondements et les éléments théoriques de la sociobiologie[22].

Problématique[modifier | modifier le code]

Selon le sociobiologiste Yves Christen, « la sociobiologie étudie comment des comportements peuvent assurer aux individus qui les possèdent de meilleures chances de succès évolutif »[23]. Laurent Dobuzinskis note à ce sujet que « l’hypothèse centrale de la sociobiologie consiste en ceci que les comportements animaux (et humains) ont une origine génétique et donc qu’ils résultent des effets de la sélection naturelle »[24].

Cadre théorique[modifier | modifier le code]

La naissance de la sociobiologie se situe dans le prolongement de précurseurs et de théoriciens scientifiques, plus précisément de Lamarck à Hamilton, en passant par Darwin, Wallace, Spencer, Mendel, de Vries, R.A. Fisher, J.B.S Haldane, Sewall Wright, Theodosius Dobzhansky, Julian Huxley, Ernst Mayr, Bernhard Rensch, George Gaylord Simpson, George Ledyard Stebbins. Le cadre théorique de la sociobiologie des années 2000 peut se définir, pour l'essentiel, tel que présenté par l'Association américaine[25] à ses membres concernant son intégration de la sociobiologie à son corpus scientifique :

«  La théorie moderne de l'évolution, également connue sous le nom de synthèse moderne de l'évolution, constitue le socle de toutes les sciences de la vie. Elle tire sa force de plusieurs disciplines, incluant l'archéologie, l'anthropologie, la biologie, l'écologie, la génétique, la paléontologie et la primatologie [...] incluant la neurobiologie, la psychologie évolutionniste, la sociobiologie, la dynamique des systèmes, la théorisation de modèles, la sociologie historique et la sociologie de l'évolution[25]...  »

Par ailleurs, John Alcock, biologiste américain spécialisé en écologie comportementale, décrit et même explique le comportement du mâle Hemipepsis ustulata, ou tarentule commune, dans son chapitre dédié à la définition de la sociobiologie pour finalement établir une distinction théorique entre ces deux secteurs scientifiques qui s'emboîtent : « " L'écologie comportementale " est l'étude du lien évolutif entre le comportement d'un animal et son environnement; la sociobiologie peut être considérée comme le volet de l'écologie comportementale qui explore les effets de l'environnement sur l'évolution du comportement. »[26]

L'altruisme en question[modifier | modifier le code]

La contradiction entre l'existence même de l'altruisme et celle de la sélection naturelle, soulevée dès 1858 par Darwin et Wallace, est également thématisée par la sociobiologie, notamment Edward O. Wilson, qui cherche à comprendre « comment l'altruisme, lequel par définition diminue la capacité individuelle d'adaptation, peut-il possiblement évoluer par sélection naturelle »[27],[note 3],[note 4].

Théorie de Hamilton[modifier | modifier le code]

Sélection de parentèle[modifier | modifier le code]

Le concept de sélection de parentèle de Hamilton est développé par Wilson dans son ouvrage Sociobiology: The New Synthesis. La première confirmation expérimentale est réalisée et publiée en 1976 dans la revue Science par les biologistes américains Robert Trivers et Hope Hare.

Naissance de la sociobiologie[modifier | modifier le code]

Wilson commence à exposer les bases de la sociobiologie en 1971 dans son ouvrage, pour ainsi dire fondateur, The Insect Societies[29]. L'auteur y révèle vouloir créer, sous le nom de « sociobiologie », une nouvelle discipline scientifique[30]. Sachant que ce mot est déjà connu dans l'univers académique, il rapporte l'avoir choisi dans le but d'éviter la confusion et, par là, faciliter l'acceptation par ses pairs de sa nouvelle démarche[31]. C'est donc sans équivoque qu'il attribue le titre de « The Prospects for a unified Sociobiology » au dernier chapitre de ce volume. Il y expose une première description de la sociobiologie, de ses enjeux et de sa fécondité attendue[32]. Puis, en 1975, il en officialise l'envol par la publication de son nouvel ouvrage au titre annonciateur Sociobiology : The New Synthesis.

Définition[modifier | modifier le code]

En 1975, Wilson confère d'office à la sociobiologie le statut de Nouvelle synthèse[33]. D'entrée de jeu, il en présente une définition sommaire : « La sociobiologie est l'étude systématique des bases biologiques de tous les comportements sociaux[34]. » En 1978, dans son nouvel ouvrage « On human Nature », Wilson estime indispensable d'apporter quelques précisions fondamentales au sujet de la sociobiologie. Il souligne qu'elle « est une branche importante de la biologie comportementale, laquelle devrait être reliée à la biologie des populations[35]. »

Il précise aussi, en tant que concepteur, que la sociobiologie est « une extension de la théorie de l'évolution et de la biologie des populations appliquée aux organisations sociales. »[note 5]

Ces premiers jalons de la sociobiologie envisagée comme discipline scientifique se raffinent et s'enrichissent en permanence. Pour ces motifs, en 2007, Wilson et Wilson (en), pionniers de la première heure, estiment le temps venu d'en réviser les fondements scientifiques. Ils publient alors l'article « Rethinking the scientific basis of sociobiology »[36]. Sur le plan de balises mieux cernées, en 2009, le médecin spécialiste Michael C. McGoodwinon présente une définition enrichie de la sociobiologie :

« La sociobiologie est l'étude scientifique, ou systématique, des bases de toutes les formes de comportements sociaux , dans tous les types d'organismes incluant l'homme, laquelle incorpore les connaissances provenant de l'éthologie, de l'écologie et de la génétique, afin d'en tirer des principes généraux en regard des propriétés biologiques de sociétés entières[37].  »

Il serait prématuré de prendre pour acquises les balises et les définitions formulées depuis les années 1970 par son fondateur, ses adhérents et par la relève. La rapidité des découvertes scientifiques appelle un ajustement constant des hypothèses et des concepts mis à l'épreuve en sciences, a fortiori en sociobiologie, étant donné son déploiement transversal[38].

Troupeau d'hippopotames en baignade
Attroupement d'hippopotames, exemple de comportement social[39]

Modèles empiriques[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Organisation sociale et Eusocialité.

Eusocialité[modifier | modifier le code]

Structure et organisation sociale[modifier | modifier le code]

Méthode[modifier | modifier le code]

Démarche hypothético-déductive[modifier | modifier le code]

Théorisation[modifier | modifier le code]

Objectifs heuristiques[modifier | modifier le code]

Réception de la sociobiologie[modifier | modifier le code]

Le livre de Wilson, Sociobiology : The New Synthesis, a provoqué des réactions variées, telles que, par exemple : « beaucoup d'applaudissements, certaines dénonciations politiques amères, quelques manifestations, un fatras de pop-sociobiologie dans les médias, des critiques techniques, des réponses à ces critiques et avec le temps beaucoup d'autres livres »[40].

Dans l'ensemble, estime A. L. Caplan, « la parution de l'ouvrage volumineux de E.O. Wilson [...] a déclenché des trépidations interdisciplinaires dont les vibrations se répercutent encore dans des parties de l'univers académique aussi exotiques que la philosophie. Cependant, en dépit de toute l'attention portée à la sociobiologie, dans le monde universitaire et au delà, par des admirateurs aussi bien que des détracteurs, certaines questions de base relatives à son sujet demeurent notoirement obscures[,] par exemple [...] sa propre description »[41].

Échos géolocalisés[modifier | modifier le code]

Aux États-Unis, la parution en 1975 de Sociobiology : A New Synthesis, provoque réactions et remous immédiats. À côté des critiques élogieuses, une série d'attaques foudroyantes entraînent un remue-ménage resté historique, rapporte Wade dans son article « Troubled birth for a new discipline ». Il signale que « le livre a été sévèrement critiqué au motif de la dissimulation présumée d'un message politiquement réactionnaire. Ces théories ont été tenues pour être analogues à celles de l'eugénisme nazi », ces polémiques étant l'expression d'un « débat scientifique — que d'aucuns estiment d'importance historique — sur la question de savoir dans quelle mesure le comportement humain est biologiquement déterminé »[42].

Wilson contextualise : « En 1975, la guerre du Vietnam prenait fin. En même temps, la Nouvelle Gauche dans l'académie était devenue quasi dominante et très violente à plusieurs égards, notamment durant les années 1960. Ce mouvement a impliqué une minorité d'étudiants et de professeurs. Néanmoins, ils étaient si bruyants et à ce point démonstratifs qu'ils tendaient à dominer le climat d'apprentissage dans l'académie. C'était une tendance très fâcheuse. Les principaux antagonistes — Stephen Jay Gould et Richard Lewontin par exemple, et plusieurs autres organisateurs du mouvement contre la sociobiologie — avaient pour but de l'étouffer dans l’œuf. Donc, ils vociféraient de façon extrêmement soutenue[43],[note 6] »

En France, le livre « La sociobiologie », traduction de « Sociobiology : The New Synthetis » (et présentant un titre amputé de son intitulé officiel), arrive en français en 1989, soit quatorze ans plus tard [44]. L'absence de la sociobiologie du paysage scientifique français a entraîné un vrai déficit culturel. Nous restons aujourd'hui l'un des rares pays où l'on forme des générations de biologistes dans l'ignorance des résultats apportés par cette discipline. Alors qu'on ne cesse d'en parler dans les congrès internationaux, nos chercheurs constatent qu'ils manquent totalement d'informations[45].

Jamais une science n'a fait l'objet d'autant de polémiques, d'anathèmes et de procès d'intention. Depuis son apparition, dans les années 1970, la sociobiologie a été totalement marginalisée par les milieux universitaires français[45].

Ce décalage dans le temps et dans la présentation modifie considérablement la nature des réactions auprès de la population en général. Cependant, malgré les propriétés différentes du paysage intellectuel de l'époque, les scientifiques francophones européens étaient parfaitement au fait de l'apparition de la sociobiologie aux États-Unis dans les ouvrages de 1971 et 1975.

À la différence, l'ouvrage de Wilson On Human Nature, une explication de la sociobiologie, publiée en 1978, est disponible en français dès l'année suivante sous le titre L'Humaine Nature. En 1985, le rapprochement entre la pensée d'Alfred Espinas pour la sociologie avec celle de Wilson en matière de sociobiologie fait déjà l'objet de discussions intellectuelles en Europe[46].

En Allemagne, selon Sebastian Linke, la couverture médiatique de la sociobiologie est « déterminée par un contexte culturel spécifique, tant à l'intérieur qu'en dehors du domaine universitaire. Contrairement à la couverture médiatique dans d'autres pays, la sociobiologie a fait l'objet d'une présentation plus intense à l'occasion de la publicité faite aux bio-sciences modernes vers l'an 2000. À cette époque, la sociobiologie a été citée comme référence dans un débat sur l'influence de la génétique sur le comportement humain (le débat sur l'inné et l'acquis) qui n'avait pas eu lieu précédemment dans ce pays, à l'inverse de la situation existant dans le monde anglophone »[47].

Peinture. Profils au fil du temps.
Points de vue dans le temps et dans l'espace[48]

Échos scientifiques politisés[modifier | modifier le code]

Avant la publication en 1975 de l'ouvrage de Wlson, un groupe nommé Science for the People se forme en 1969 et reste très actif durant les années 1970-1990. Ce rassemblement dénonce les relations entre la science, la responsabilité sociale, et la politique par une rhétorique politico-scientifique : « [...] la science est inévitablement politique [...] le contexte du capitalisme d'entreprise américaine contemporaine [...] contribue grandement à l'exploitation et à l'oppression de la plupart des gens à la fois dans ce pays et à l'étranger. Nous réclamerons une réorientation du travail scientifique et nous suggérerons des moyens grâce auxquels les travailleurs scientifiques poourront diriger leurs recherches vers la réalisation de changements sociaux significatifs »[49].

« Nous ne nions pas l'existence de composantes génétiques dans le comportement humain. Par contre, nous nous attendons à découvrir les universaux biologiques davantage dans les comportements généralisés tels que manger, excréter, dormir, plutôt qu'au niveau des habitudes hautement spécifiques et variables tels que la guerre, l'exploitation sexuelle des femmes et le recours à l'argent comme moyen d'échange. Wilson rejoint les rangs du long défilé de déterministes biologiques dont les travaux ont servi de pilier aux institutions de leur société en les exonérant de leur responsabilité en matière de problèmes sociaux. De ce que nous avons vu de l'impact social et politique de ces théories dans le passé, nous croyons fermement devoir nous élever contre eux. Nous devons prendre la « Sociobiologie » au sérieux, non pas parce que nous pensons qu'elle fournit une base scientifique pour l'examen du comportement humain, mais parce qu'elle montre les signes d'une nouvelle vague des théories du déterminisme biologique »[50].

Évolution de la sociobiologie[modifier | modifier le code]

En 2006[51], à la remarque « l'emprise de vos idées sur la sociobiologie surprendrait vos adversaires des années 1970 » , Wilson commente : « l'opposition est devenue pour ainsi dire silencieuse ... La plupart des contestations provenait des sciences sociales où la question était viscérale et quasiment universelle [note 7]. »

Période 1970-1999[modifier | modifier le code]

En 1980, Richard C. Lewontin, biologiste, généticien et épistémologue, caractérise la sociobiologie comme « une forme de déterminisme biologique selon lequel l'organisation sociale humaine résulte d'une contrainte des gènes sélectionnés durant l'évolution. En particulier, elle considère la domination du mâle, la hiérarchisation sociale, l'activité économique de l'entrepreneur, la territorialité ou l'agression comme des conséquences de la génétique humaine »[52]. Il estime en outre « démontré » que la théorie de la sociobiologie est « méticuleusement construite de manière à la rendre impossible à vérifier expérimentalement, qu'elle commet nombre d'erreurs fondamentales dans sa tentative de décrire la « nature humaine », qu'il n'existe aucune preuve de l'héritabilité des traits sociaux, et que les arguments évolutionnistes ne sont que des fictions fantaisistes sur l'adaptation »[52].

Période 2000-2015[modifier | modifier le code]

La sociologue et historienne réputée, Pr Ullica Segerstråle, analyse de près l'évolution de la sociobiologie depuis son apparition durant les années 1970. En 2000, elle signale que le groupe Sociobiology Study Group of Science for the People est encore actif étant donné que ce mouvement de gauche agit avant tout au niveau politique. Aujourd'hui, cependant, la violence n'est plus au rendez-vous[note 8]. Or, aux yeux de Segerstale, ce constat de paix relative nuit à la compréhension du branle-bas explosif provoqué par la sociobiologie dans les années 1970 : « Le conflit soulevé par la sociobiologie est à considérer comme une bataille interminable sur la question de savoir ce qu'est une « bonne science » quant à la responsabilité sociale des scientifiques. Elle fait appel aux grands thèmes tels que l'unité de la connaissance, la nature de l'homme, le libre arbitre et le déterminisme. Wilson est tombé de plain pied dans ce nid de guêpe, là où nichent des revendications, réclamations, contre-réclamations, des préoccupations morales, des croyances métaphysiques, convictions politiques, hommes de paille, faux-fuyants, potins et ragots, ragots, ragots »[note 9],[54].

Sociobiologie et sciences[modifier | modifier le code]

Le désordre théorique de la sociobiologie, constaté par Wilson et Wilson en 2007, inclut une désarticulation entre ses différents cadres de recherches[55].

Anthropologie[modifier | modifier le code]

Dans son ouvrage Le regard éloigné, publié en 1983, Claude Lévi-Strauss développe les tenants et les aboutissants de sa position d'ethno-anthropologue en matière de biologie, de génétique des populations et de sociobiologie[56]. Selon lui, l'entrée en scène des sciences biologiques dans le discours sur l'humain est un bienfait. Tant et si bien que les débats sur l'inné et l'acquis ainsi que sur le racisme « perdent leur caractère de dogme »[57]. Mais, « reconnaître que les généticiens y font passer un grand souffle d'air frais me valait le reproche d'introduire le loup dans la bergerie »[58]. S'il semble favorable à la génétique, surtout des populations, Lévi-Strauss est, par contraste, plutôt défavorable, en 1983, aux prétentions de la sociobiologie des années 1970-1982 [59].

Biologie de l'évolution[modifier | modifier le code]

Écologie comportementale[modifier | modifier le code]

Dans une optique évolutive, l'écologie comportementale est à l’interface de l’écologie et des sciences du comportement. Ses contours sont vastes, et ont tendance à s’élargir, car la démarche sous-jacente, qui consiste à penser en termes de coûts, bénéfices et adaptation s’applique à tous les organismes et à toutes les questions. Des interfaces naturelles existent en aval avec les neurosciences et la physiologie d’une part, et en amont avec l’écologie des communautés et avec l’écologie écosystémique d’autre part. Les domaines de la biologie des populations (écologie et génétique) ou des relations durables sont englobés dans cette définition de l’écologie comportementale évolutive, tout comme une partie de la biologie de la conservation et des invasions. Par conséquent les mécanismes de l’origine et du maintien de la biodiversité sont pris en compte. L’écologie comportementale et les interactions durables et leurs implications écologiques sont représentées, tout comme le modèle d’étude des insectes sociaux.

Éthologie[modifier | modifier le code]

Génétique[modifier | modifier le code]

Philosophie des sciences[modifier | modifier le code]

En 1984, Caplan explique à quel point la parution de l'ouvrage volumineux de E.O. Wilson , « Sociobiology : The New Synthesis » a déclenché « des trépidations interdisciplinaires dont les vibrations se répercutent encore dans des parties de l'univers académique aussi exotiques que la philosophie [...] Cependant, en dépit du fait que tant d'attention ait été dirigée sur la sociobiologie, de l'intérieur comme de l'extérieur de l'université par admirateurs et détracteurs, des problèmes de base rattachés au sujet demeurent remarquablement obscurs... Par exemple, la plus fondamentale des questions que l'on puisse poser porte sur sa propre description [...]. [...] rien approchant vaguement un consensus n'a émergé chez les philosophes ni chez les autres méthodologistes en ce qui concerne le statut conceptuel qui devrait revenir à la sociobiologie. Dans leur empressement à prononcer le sujet mort-né ou à célébrer son arrivée à titre de nouveau commencement en sciences sociales, théorie politique et psychologie morale, très peu a été dit en termes de méthodologie, au sujet de sa structure conceptuelle et de son statut théorique »[60].

Critique sur l'essence de la sociobiologie

« Toute l'ingéniosité exercée à démontrer que tous les êtres humains sont essentiellement les mêmes pourrait être mieux utilisée à expliquer pourquoi nous devons tous être essentiellement les mêmes pour être éligibles aux droits de l'homme. Pourquoi devons nous être essentiellement les mêmes pour avoir des droits ? Pourquoi les gens qui sont fondamentalement différents ne peuvent-ils avoir les mêmes droits ? Jusqu'à ce qu'on réponde à cette question, je reste suspect des allégations continuelles sur l'existence et l'importance de la nature humaine »[61].

Sociobiologie et société[modifier | modifier le code]

Biologisme et scientisme[modifier | modifier le code]

Depuis les années 1960, l'éthologie, la génétique et les sciences neuronales ont connu des retentissements remarquables. En France, par exemple, Konrad Lorenz et Boris Cyrulnik pour l'éthologie, Jacques Monod et François Jacob en génétique, Henri Laborit puis Jean-Pierre Changeux pour les sciences du cerveau. « Reconnus par leurs pairs, ces savants ne se sont pas contentés de rendre leurs travaux accessibles au public. Ils en ont fait le socle d'une vision de l'homme où les données biologiques sont convoquées comme facteur principal du comportement humain au niveau individuel comme à l'échelon social »[62].

Sociobiologie vulgaire ou « pop sociobiology »[modifier | modifier le code]

Dans les médias et sur le Web[modifier | modifier le code]

Datée de 2014, la définition suivante est aisément accessible sur un site d'éducation populaire. « La sociobiologie est un champ d'étude scientifique basé sur l'hypothèse selon laquelle le comportement social est le résultat de l'évolution. Le comportement social est étudié et expliqué dans ce contexte. La sociobiologie analyse les comportements sociaux tels que les scénarios de reproduction, les luttes territoriales, la chasse en meute, et les sociétés d'insectes sociaux. La théorie stipule que la pression de sélection a conduit le règne animal à développer des manières avantageuses d'interagir avec l'environnement naturel et causé une évolution génétique de comportements sociaux avantageux »[63].

Encyclopédies de langue française[modifier | modifier le code]

Par contre, dans l'Encyclopédie Universalis de 2015, Jacques Ruffié se montre plus critique : « Comment expliquer qu'une théorie qui repose sur des données anciennes et périmées ait pu avoir un certain succès, au moins dans nos pays ? La raison est d'ordre psychologique. Le monde s'enfonce dans une crise grave qui est en train d'ébranler la hiérarchie imposée aux nations par l'histoire des derniers siècles. Dans nos pays occidentaux, certains y voient, à tort, une menace et croient trouver dans la sociobiologie le maintien des privilèges aujourd'hui périmés. » Notre avenir se trouve ailleurs, poursuit-il, « dans la recherche de la complémentarité et de la coopération rendues possibles par l'extraordinaire polymorphisme génétique et culturel du groupe humain »[64].

La relève[modifier | modifier le code]

Dans la conclusion de son article de 2015[65], David Sloan Wilson (en) informe Edward Osborne Wilson et Richard Dawkins que les querelles sourcilleuses sur la valeur ou non des hypothèses sur les processus de sélection de parentèle et de sélection de groupe sont obsolètes.

« Dans cet article, écrit D.S. Wilson, j’ai présenté Richard Dawkins et E.O. Wilson comme deux experts parmi tant d'autres qui ont étudié la sélection de parentèle et la sélection de groupe s’échelonnant sur une période de plusieurs décennies. J'ai également affirmé qu'il y a une zone de consensus du plus grand nombre. Et que Dawkins et Wilson font tous deux l’erreur de ne pas reconnaitre que les prises de bec sur la sélection de parentèle contre la sélection de groupe sont terminées[note 10]. »

Bien que les ouvrages Sociobiologie : une nouvelle synthèse de Edward O. Wilson et le Le gène égoïste de Richard Dawkins aient bâti un important échafaudage, Segerstråle explique en 2014 que « le paradigme de recherche moderne est basé sur un processus collectif et d'influences récipiroques et de leadership réparti[66].

À la lumière des écrits scientifiques sur les comportements sociaux et des ramifications naissantes de la sociobiologie, quelques problématiques ressortent de la mêlée. En cette deuxième décennie du XXIe siècle, les retentissements du réchauffement climatique sur les comportements sociaux, l'émergence de banques génétiques populaires, les critiques émises en philosophie des sciences et de la morale, l'objectif de consilience, somme toute au cœur des préoccupations récurrentes en sciences sociales et humaines, et enfin l'évaluation des chemins de la connaissance ressortent comme problématiques de fine pointe.

Travaux primés[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Illustration par Charles Lebrun d'une considération physiognomoniste de Giambattista della Porta rapportée par Gaspard Lavater[1].
  2. John Paul Scott (en), zoologue et généticien, et Charles F. Hockett (en), linguiste évolutionniste[8].
  3. Le mot « altruisme » n'est pas utilisé dans le même sens par tous. La population en général sait spontanément ce que ce mot veut dire et l'utilise dans le langage courant. À la différence, les spécialistes en biologie et en sociobiologie associent l'altruisme à son impact sur le potentiel de reproduction génétique d'un individu en le combinent à des calculs mathématiques savants. Ainsi, l'expression capacité d'adaptation est évaluée au nombre de descendants viables créés par un individu.
  4. En 1998, dans Consilience, Wilson rappelle que « dans les années 1970 [...] l'altruisme constituait le problème central de la sociobiologie à la fois chez les animaux et les humains »[28].
  5. Wilson, On Human Nature (en), édition 2012, pages xix-xx, Preface 1978 : « Les retombées de la publication de Sociobiology m'ont conduit à étendre mes lectures sur le comportement humain ; j'ai aussi participé à plusieurs séminaires et échangé des écrits avec des scientifiques des sciences sociales. Je suis devenu plus que jamais persuadé que le temps était enfin arrivé de combler le fossé entre les deux cultures, dont la sociobiologie en général est simplement l'extension de la biologie des populations et de la théorie de l'évolution appliquée aux organisations sociales, est l'outil approprié pour cet effort. On human Nature consiste à explorer cette thèse. »
    « The aftermath of the publication of Sociobiology led me to read more widely on human behavior and drew me to many seminars and written exchanges with social scientists. I became more persuaded than ever that the time has at last arrived to close the fatuous gap tween the two cultures, and that general sociobiology which is simply the extension of population biology and evolutionary theory to social organization, is the appropriate instrument for the effort. On Human Nature is an exploration of that thesis. »
  6. « 1975 was the last year of the Vietnam War. It was also the twilight of the New Left in the academy, which had become almost dominant and very violent in several respects in the '60s. It involved a minority of students and professors, but nonetheless, they were so vocal and demonstrative that they tended to rule the learning climate in the academy. It was a very unfortunate trend. The main antagonists -- Stephen Jay Gould and Richard Lewontin for example, and several others who organized the movement against it -- their idea was to strangle it in the crib. So their language was extremely strong »
  7. « R.Coniff - Your adversaries from the 1970s would be appalled by how much your ideas about sociobiology have taken hold. - EO Wilson : The opposition has mostly fallen silent … Most of the opposition came from the social sciences, where it was visceral and almost universal »
  8. Pour aller plus loin : Science for the People 1975 et Science for the People 1976.
  9. « The conflict over sociobiology is best interpreted as a drawn-out battle about the nature of good science and the social responsibility of the scientist, while it touches on such grand themes as the unity of knowledge, the nature of man, and free will and determinism. The author has stepped right into the hornets nest of claims and counterclaims, moral concerns, metaphysical beliefs, political convictions, strawmen, red herrings, and gossip, gossip, gossip »[53]
  10. In this article, I have described Richard Dawkins and E.O. Wilson as two among many who have been studying kin selection and group selection over a period of decades. I also have claimed that there is a zone of consensus of the many and that both Dawkins and Wilson are outliers who fail to recognize that the days of pitting kin selection against group selection are over[65].

Références[modifier | modifier le code]

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  2. a et b Guillaume 1985, p. 139
  3. Morache 1902
  4. Morache 1904
  5. Morache 1906
  6. Richard (1900), Bouglé (1900) et Célestin Bouglès (1900)[réf. insuffisante]
  7. (en) G. Mannoury, « Sociobiology », Synthese, vol. 5, no 11/12,‎ (JSTOR 20113923)
  8. (en) Edward Osborne Wilson, « Introduction : What is Sociobiology ? », dans Gregory Michael Steven, Anita Silvers, Diane Sutch (1978), Sociobiology and Human Nature : An interdisciplinary critique and defense,‎ (lire en ligne), « 1 », p. 1-12
  9. Altmann 1962, p. 330-435
  10. Buettner-Janusch 1962, p. 183
  11. Wilson 1971, p. 400-403.
  12. « Les États-Unis de Truman à Carter », cours de premier cycle 2013-2014 à l'Université Laval du Québec
  13. Jorland 1998, p. 91-92
  14. Kay 1993, p. 929-930
  15. Jorland 2002, p. 731-735
  16. a, b et c Dogan 1994, p. 37-53
  17. a et b Horowitz 1994, Book review of Kay, 1993, p. 929-930
    « Science has advanced so rapidly in our century that histories of science are often written while participants in the events described are still living, some still active »
  18. Lahire 2012, paragraphe 6 et 7
  19. a et b Wilson 2001, p. 3
  20. (en) James. D. Cadien, « Book Review. The Sociobiology Debate. Readings on Ethical and Scientific Issues. Edited by A.L. Caplan. New York. Harper and Row. 1978. 514p. », The American Journal of Human Genetics, Edited by A.L. Caplan. New York. Harper and Row. 1978. 514p., vol. 31, no 6,‎ , p. 758 (lire en ligne [PDF])
    « In many ways sociobiology is not a revolution, that its basic claims have roots far back in biology and evolutionary thought, and that this is merely the time which some scientists feel is right to dredge them to the surface again ».
  21. Harrois-Monin et Gilbert 1993.
  22. Wilson et Wilson 2007
  23. Yves Christen, « L'heure de la sociobiologie », Canadian Journal of Political Science / Revue canadienne de science politique, Paris, vol. 14, no 1,‎ , p. 44 (ISSN 0008-4239, e-ISSN 17449324[à vérifier : ISSN invalide]) Consulté le 2015-01-30
  24. Dobuzinskis 1981, p. 171
  25. a et b Evolution and Sociology. Volume 3, No 2, Fall 2006 ... fall06.pdf « Internet » (... fall06.pdf Archive... fall06.pdf Wikiwix... fall06.pdf Archive.is... fall06.pdf GoogleQue faire ?)
    « Modern Evolutionary theory — also known as the modern synthesis - is the foundation block for all the life sciences. lt draws its strength from many disciplines including archaeology, anthropology, biology, ecology, genetics, paleontology, and primatology [...] including neurobiology, evolutionary psychology, sociobiology, stage-model theorizing, world systems dynamics, human ecology, historical sociology, and evolutionary sociology. »
  26. *(en) John Alcock, The Triumph of Sociobiology, États-Unis, Oxford University Press,‎ , 1e éd. (ISBN 0-19-514383-3, présentation en ligne), p. 9
    « "Behavioral ecology " is the study of the evolutionary relationship between an animal's behavior and its environment; sociobiology can be viewed as that component of behavioral ecology that explores the effects of the social environment on behavioral evolution. »
  27. Wilson 1975, p. 3
    « how can altruism which by definition reduces personal fitness, possibly evolve by natural selection ? Expliqué par Wilson « In the process of natural selection, any device that can insert a higher proportion of certain genes into subsequent generations will come to caracterize the species [...] As more complex social behavior by the organism is added to the gene's techniques for replicating themselves, altruism becomes increasingly prevalent and eventually appears in exaggerated forms. This brings us to the central theoretical problem of sociobiology. »
  28. Wilson 1998, Chapitre 10, p. 170
    « In the 1970's, as I stressed in my early syntheses, altruism was the central problem of Sociobiology in both animals and humans. »
  29. Wilson 1971.
  30. Wilson 1971, Chapitre 22, p. 400-403.
  31. Wilson 1978, p. 2.
  32. Wilson 1971, Chapitre 22.
  33. Titre de la version d'origine en anglais : Sociobiology: The New SynthesisWilson 1975
  34. Wilson 1975, p. 4
    « Sociobiology is the systematic study of the biological basis of all social behavior. »
  35. Wilson 1978, p. x
    « This important branch of behavioral biology should be joined with population biology. »
  36. Wilson et Wilson 2007, p. 327-348
  37. Analyse - Summary by Michael McGoodwin, 1978, reviewed 1991, minor revisions 2009 (en) Michael McGoodwin, « Edward O. Wilson : On Human Nature », mcgoodwin.net,‎ 1978, 1991, 2009
    « Sociobiology is defined as the scientific or systematic study of the biological basis of all forms of social behavior, in all kinds of organisms including man, and incorporating knowledge from ethology, ecology, and genetics, in order to derive general principles concerning the biological properties of entire societies. »
  38. Moczek, A.P. (2009) : Endless forms most strange: a review of The Superorganism: the Beauty, Elegance, and Strangeness of Insect Societies (Bert Hölldobler and Edward O. Wilson) : Evolution & Development 11(6): 754-756
  39. Wikipedia commons. Troupeau d'hippopotames. Hippopotamus amphibius, Luangwa völgy, Zambie, 2002.
  40. Turney, J. (2013). "Ullica Segerstråle - Defenders of the Truth. Overview."
    « The book evoked a startling range of responses : many plaudits; some bitter political denunciations and a few demonstrations; a welter of pop-sociobiology in the media; technical critiques; replies to the critics; and in time many more books. »
  41. Caplan 1984, p. 143
  42. (en) Wade, « Troubled birth for new discipline », Science Magazine, vol. 191, no 4232,‎ , p. 1151 (DOI 10.1126/science.11643305, présentation en ligne)
  43. Wilson 2001, p. 5.
  44. Wilson 1989.
  45. a et b Harrois-Monin et Gilbert 1993
  46. Guillaume 1985, p. 139.
  47. (en) Sebastian Linke, « Contexts constrain science in the public : How the sociobiology debate was (not) presented in the German press », Public Understanding of Science, Sage Journals, vol. 21, no 6,‎ , p. 753 (DOI 10.1177/0963662510394250, présentation en ligne)
    « The German media coverage of SB was constrained by a specific cultural context, both inside and outside academia. Contrary to the international academic discourse and media coverage elsewhere, SB was presented most intensely with the publicity of the modern bio -sciences around the turn of the millennium. In this period, SB was cited as a reference for a debate about genetic influences on human behaviour (the nature-nurture debate), which had not previously happened in this country, as compared to in the Anglophone world »
  48. Rappel inspiré de la toile Allégorie du temps sur le sujet de la Prudence. Titien, vers 1550-1565. Huile [1]
  49. (en) Bill Zimmerman, Len Radinsky, Mel Rothenberg et Bart Meyers, « Towards A Science For The People », sur Cursos, investigaciones y materiales de divulgación crítica, Coordinacion naturaleza ciencia y sociedad,‎
    « We will argue below that science is inevitably political, and in the context of contemporary American corporate capitalism, that it contributes greatly to the exploitation and oppression of most of the people both in this country and abroad. We will call for a re-orientation of scientific work and will suggest ways in which scientific workers can re-direct their research to further meaningful social change »
  50. *(en) Stephen Jay Gould, Richard D. Lewontin, Barabara Beckwith, Jon Beckwith, Steven Chorever, David Culver, Margaret Duncan, Ruth Hubbard, Hiroshi Inouye, Anthony Leeds, Chuch Madansky, Larry Miller, Reed Pieritz, Herb Shreir et Elizabeth Allen, « Against “ Sociobiology ” : In Response to Mindless Societies Mindless Societies, 7 août 1975, », The New York Review of Books, New-York,‎ (lire en ligne)
    We are not denying that there are genetic components to human behavior. But we suspect that human biological universals are to be discovered more in the generalities of eating, excreting and sleeping than in such specific and highly variable habits as warfare, sexual exploitation of women and the use of money as a medium of exchange. Wilson joins the long parade of biological determinists whose work has served to buttress the institutions of their society by exonerating them from responsibility for social problems.From what we have seen of the social and political impact of such theories in the past, we feel strongly that we should speak out against them. We must take “Sociobiology” seriously, then, not because we feel that it provides a scientific basis for its discussion of human behavior, but because it appears to signal a new wave of biological determinist theories.
  51. (en) Richard Coniff (Intervieweur) et Edward Osborne Wilson (Interviewé), « Discover Interview : E.O. Wilson. Biology's chief provocateur explores the evolutionary origins of cooperation, warfare, and the tribal mind », Discover Magazine. Science for the curious,‎ (lire en ligne)
  52. a et b Lewontin 1980, p. 347-363
    « A form of biological determinism which argues that human social organization is constrained by genes that have been selected in evolution. In particular, it regards male dominance, hierarchical society, entrepreneurial economic activity, territoriality, and aggression as a consequences of human genes. »
    « It is shown that sociobiological theory is carefully constructed to make it impossible to test, that it makes a number of fundamental errors in attempting to describe "human nature," that there is no evidence for inheritance of human social traits, and that the evolutionary arguments used are merely fanciful, adaptive stories. »
  53. Segerstråle 2001, Quatrième de couverture.
  54. Turner 2013, Chapitre 6.
  55. Wilson et Wilson 2007, p. 327
    « Current sociobiology is in theoretical disarray, with a diversity of frameworks that are poorly related to each other. »
  56. Lévi-Strauss 1983, Préface p.14-15 et Chapitre II « L'ethnologue devant la condition humaine », p. 49-62.
  57. Lévi-Strauss 1983, Préface p.14-15 et Chapitre II « L'ethnologue devant la condition humaine », p. 14.
  58. Lévi-Strauss 1983, Préface p.14-15 et Chapitre II « L'ethnologue devant la condition humaine », p. 15.
  59. Lévi-Strauss 1983, Bibliographie chapitre II, p. 62 Wilson en 1975 et en 1978.
  60. Cadien 1979, p. 758
    « In many ways sociobiology is not a revolution, that its basic claims have roots far back in biology and evolutionary thought, and that this is merely the time which some scientists feel is right to dredge them to the surface again [...]Nor has anything even vaguely resembling a consensus emerged among philosophers and other methodologists as to the conceptual status that ought to be accorded to sociobiology. In their eagerness to either pronounce the subject stillbolrn or to hais its arrival as a new beginning for social science, political theory and moral psychology, very little has been said, from a methodological point of view, about sociobiology's conceptual structure and theorical status »
  61. On Human Nature. David L. Hull. 1986, pages11-12 de Proceedings of the Biennial Meeting of the Philosophy of Science Association, Vol. 1986, Volume Two: Symposia and Invited Papers (1986), 3-13
    « All the ingenuity which has been exercised trying to show that all human beings are essentially the same might be better used trying to explain why we must ail be essentially the same in order to have such things as human rights. Why must we all be essentially the same in order to have rights? Why cannot people who are essentially different nevertheless have the same rights? Until this question is answered, I remain suspicious of continued claims about the existence and importance of human nature. »
  62. Sébastien Lemerle (Interviewé) et Éric Aeschimann (Interviewer), « Entretien. La biologie est-elle un humanisme ? », Le Nouvel Observateur, France,‎
  63. About - Sociobiology
    « Sociobiology is a field of scientific study which is based on the assumption that social behavior has resulted from evolution and attempts to explain and examine social behavior within that context. Sociobiology investigates social behaviors, such as mating patterns, territorial fights, pack hunting, and the hive society of social insects. It argues that just as selection pressure led to animals evolving useful ways of interacting with the natural environment, it led to the genetic evolution of advantageous social behavior. »
  64. Jacques RUFFIÉ, « SOCIOBIOLOGIE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 24 juillet 2015. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/sociobiologie/
  65. a et b DSWilson 2015
  66. Segerstråle 2015, p. 899

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]