Frères Goncourt

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Edmond et Jules de Goncourt, par Paul Gavarni.

Les frères Goncourt, Edmond de Goncourt et Jules de Goncourt, sont deux écrivains français du XIXe siècle classés dans l'école naturaliste. Ils ont écrit en collaboration des romans comme Germinie Lacerteux en 1865, roman qui s'inspire de la double vie de leur servante, ou La Lorette et L'Art du XVIIIe siècle (1859-1875). Ils détestent la philanthropie et la « bien-pensance », aiment Saint-Simon, le Père Duchesne, les mémorialistes (Chateaubriand).

Biographie[modifier | modifier le code]

Edmond naît en 1822 à Nancy et Jules en 1830 à Paris ; ils perdent assez jeune leur père et leur sœur (emportée par le choléra) et se retrouvent profondément liés l'un à l'autre[1]. Tous deux effectuent de brillantes études et Edmond entame une carrière de comptable qu'il exècre[1]. En 1848, ils perdent leur mère qu'ils idolâtrent et en sont effondrés ; par ailleurs, cet évènement renforce encore le lien entre les deux frères[1]. Edmond dira à ce sujet : « Ma mère, sur votre lit de mort, vous avez mis la main de votre enfant chéri et préféré dans la mienne, en me recommandant cet enfant avec un regard qu’on n’oublie pas[1]. » Il veillera sur son petit frère de façon quasiment paternelle jusqu'à sa mort[1].

L'année de la mort de leur mère, Edmond quitte son poste et les deux frères ainsi réunis décident de se consacrer à la littérature tout en brocantant[1]. Ils s'essayent à tout : ils sont collectionneurs et deviennent à la fois artistes, antiquaires, historiens et romanciers[1]. On dira même d'eux qu'ils s'intéressent plus aux objets qu'aux Hommes, et ce seul intérêt suffira à réveiller leur sens de la discorde, puisqu'ils apprécient plus les bijoux révolutionnaires décorés de bleu, blanc et rouge[1]. Dans l'écriture, ils n'hésitent pas à enchaîner les néologismes pour mieux refléter le réel : ils sont « anecdotiers », amateurs de « jolités »[2], et leur complicité les pousse même à s'auto-désigner par le nom de « Juledmond »[3]. En 1851, au cœur de grands troubles politiques, ils essayent de publier leur premier ouvrage rédigé à quatre mains, En 18..., mais sans succès[1]. Ils n'hésitent pas à pousser le partage de leurs deux existences jusqu'à partager la même maîtresse[2].

Oisifs dans les apparences, ils prennent pourtant largement part au foisonnement culturel parisien et leur œuvre la plus importante, le Journal, est issue de l'observation poussée de leur contemporains : ils y décrivent Balzac, Mallarmé et d'autres de la pire façon, ce qui leur vaut leur grande réputation de langues de vipère[1]. Une des rares personnes pour laquelle ils seront élogieux est Théophile Gautier[1]. Ce journal peu décrié fera regretter à Proust qu'Edmond ne s'en soit pas assez emparé après la mort de son frère tant il y voit un fort potentiel[1]. Ils continueront de mener une vie semi-matérielle imprégnée de bonne entente et ponctuée de petits succès littéraires jusqu'à la mort prématurée de Jules, à 39 ans, en 1870[1]. De l'aveu d'Edmond, Jules était le véritable écrivain, mais après cette perte, Edmond a publié plusieurs romans et le Journal des Goncourt[3]. Il a créé par testament l'Académie Goncourt.

Leur Journal a inspiré Marcel Proust qui les pastichera en 1927 dans Le temps retrouvé[4]. Proust recevra d'ailleurs le Prix Goncourt pour À l'ombre des jeunes filles en fleurs en 1919.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Paul Duplessis de Pouzilhac, Les Goncourt et la médecine, thèse de doctorat de la Faculté de médecine de Montpellier, soutenue le 26 mai 1910, Montpellier: imprimerie Gustave Firmin, Montane & Siccadi, 1910 [1]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l et m Clémentine Baron, « Qui étaient les frères Goncourt ? », sur magazine-litteraire.com,‎ (consulté le 4 novembre 2015).
  2. a et b « Les frères Goncourt, une Académie, un Journal, une marque... », sur franceinter.fr,‎ (consulté le 4 novembre 2015).
  3. a et b Marie Dabadie, « Les frères Goncourt », sur academie-goncourt.fr (consulté le 4 novembre 2015).
  4. http://style.modedemploi.free.fr/course40.html