Wilhelm Kempff

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Wilhelm Kempff

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Wilhelm Kempff en 1965.

Naissance
Jüterbog, Brandebourg
Drapeau de la Prusse Royaume de Prusse
Drapeau de l'Empire allemand Empire allemand
Décès (à 95 ans)
Positano
Drapeau de l'Italie Italie
Activité principale Pianiste
Style Musique romantique
Activités annexes Compositeur, professeur
Années d'activité 1917-1981
Collaborations Pierre Fournier
Yehudi Menuhin
Maîtres Robert Kahn
Karl Heinrich Barth (en)

Wilhelm Kempff, né à Jüterbog (Brandebourg) le et mort à Positano en Italie le , est un pianiste et compositeur allemand[1].

Wilhelm Kempff étudie à Berlin et à Potsdam. Il fait de nombreuses tournées en Europe continentale et dans une grande partie du reste du monde, mais ne fait sa première apparition à Londres qu'en 1951, et ne joue pas à New York avant 1964. Il donne son dernier concert public à Paris en 1981 et meurt dix ans plus tard à l'âge de 95 ans[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Wilhelm Kempff est né à Jüterbog en 1895. Il grandit près de Potsdam, où son père est directeur musical royal et organiste à l'Église Saint-Nicolas. Son grand-père était également organiste ; son frère Georg dirigera la musique religieuse à l'Université Friedrich-Alexander d'Erlangen-Nuremberg.

Après que son père lui a donné des leçons de musique, Wilhelm Kempff étudie à la Berlin Hochschule für Musik, alors qu'il a 9 ans. Il apprend la composition avec Robert Kahn et le piano avec Karl Heinrich Barth (en)[1] (qui a également eu Arthur Rubinstein comme élève). En 1914, Wilhelm Kempff retourne à Potsdam étudier au Viktoria gymnasium, puis retourne à Berlin finir son apprentissage[1].

Carrière[modifier | modifier le code]

En 1917, à l'âge de 22 ans, il donne son premier récital important, jouant la Sonate « Hammerklavier » de Beethoven et les Variations sur un thème de Paganini de Brahms[1].

Il joue dans toute l'Europe et dans le reste du monde : ainsi, entre 1936 et 1979 il se produit 10 fois au Japon. Il joue pour la première fois à Londres en 1951 et à New York en 1964.

Il donne son dernier concert à Paris en 1981, puis prend sa retraite, atteint par la maladie de Parkinson[1]. Il meurt à Positano en Italie le , à l'âge de 95 ans, cinq ans après sa femme, qu'il a épousée en 1926, avec qui il eut 5 enfants[1].

Le pianiste[modifier | modifier le code]

Considéré comme l'un des plus grands pianistes du XXe siècle[réf. nécessaire], Kempff s'est illustré dans le répertoire classique et romantique allemand avec Schumann, Brahms, Schubert, Mozart, Bach, Liszt et Beethoven (on peut comparer les enregistrements d'une même sonate à différents moments de sa vie). Il a enregistré sur une période de soixante ans et fut l'un des premiers à enregistrer l'intégralité des sonates de Franz Schubert, contribuant ainsi largement à les faire connaître du grand public. Il fit aussi deux enregistrements de référence de l'intégralité des sonates de Beethoven, l'un en mono (entre 1951 et 1956), et l'autre en stéréo (1964-1965). Une première intégrale, non terminée, a également été enregistrée entre 1926 et 1945.

Kempff a aussi joué de la musique de chambre avec Yehudi Menuhin pour l'enregistrement des sonates pour violon et piano de Beethoven et Pierre Fournier entre autres.

Technique et style[modifier | modifier le code]

Le pianiste Alfred Brendel dit de Wilhelm Kempff qu'il « jouait selon son inspiration... Cela variait selon la direction de la brise, comme avec une harpe éolienne. Vous pouviez ramener chez vous quelque chose que vous n'aviez jamais entendu auparavant[2]. »

Une anecdote qui illustre son interprétation : en séjour en Finlande chez son ami Jean Sibelius, celui-ci lui demande de jouer la sonate Hammerklavier de Beethoven. Une fois qu'il eut fini de jouer, Sibelius lui dit : « Vous n'avez pas joué comme un pianiste, mais comme un être humain »[réf. nécessaire].

Le professeur[modifier | modifier le code]

De 1924 à 1929, Wilhelm Kempff dirige le Musikhochschule Stuttgart (Université de musique de Stuttgart), à la suite de Max Pauer. En 1931, il est cofondateur des cours d'été au Marmorpalais (en) de Potsdam.

En 1957, il fonde la « Fondazione Orfeo » (aujourd'hui « Kempff Kulturstiftung ») à Positano en Italie et donne son premier cours annuel d'interprétation de Beethoven en sa villa, construite dans ce but. Il continue jusqu'en 1982. Après sa mort, en 1991, Gerhard Oppitz (en) prend la relève de 1992 à 1994 jusqu'à ce que John O'Conor (en) lui succède. Oppitz et O'Conor ont assisté à de nombreuses « masterclass » et étaient proches de Kempff.

Parmi ses élèves, on peut citer Jörg Demus, Mitsuko Uchida ou encore Idil Biret.

Le compositeur[modifier | modifier le code]

Une activité moins connue de Kempff était la composition. Il composa pratiquement dans tous les genres. Sa seconde symphonie fut jouée pour la première fois en 1929 par l'Orchestre du Gewandhaus de Leipzig dirigé par Wilhelm Furtwängler. Il a aussi préparé de nombreuses transcriptions de Bach, dont la Sicilienne de la Sonate pour flûte en mi majeur, qui a été enregistrée par les pianistes Dinu Lipatti et Idil Biret.

Discographie[modifier | modifier le code]

Projet d'une discographie par Frank Forman

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f et g (en) « Wilhelm Kempff Is Dead at 95 », The New York Times,‎ (lire en ligne)
  2. Alfred Brendel (trad. Olivier Mannoni), Le voile de l'ordre : entretiens avec Martin Meyer, Paris, Christian Bourgois,‎ 2002, 335 p. (ISBN 2267016427, OCLC 52793782, notice BnF no FRBNF38902193)
    Traduction de Ausgerechnet ich : Gespräche mit Martin Meyer