Royal Air Force Bomber Command

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Le Royal Air Force Bomber Command était l'organisation qui commandait les forces de bombardement de la Royal Air Force. Elle fut créée le 14 juillet 1936 à partir de la section de bombardement de l'Air Defence of Great Britain et fut absorbée par le Royal Air Force Strike Command en 1968. Sa devise était Strike Hard Strike Sure.

La Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Formation de Avro Lancasters.

Le Bomber Command s'est illustré pendant la Seconde Guerre mondiale sous les ordres de l'Air Chief Marshal Sir Arthur Travers Harris, dit « Bomber Harris », en détruisant une part importante du complexe militaro-industriel allemand. Il est également connu pour des opérations de bombardement stratégique de villes, notamment sur Hambourg et Dresde et de destructions de cibles telles le cuirassé Tirpitz. À cette époque, la majorité du personnel sous les ordres du Bomber Command n'était pas de la Royal Air Force ; beaucoup venaient du Commonwealth et de l'Europe occupée. Pour forcer la défense du Reich, elle mit en œuvre à partir de 1942 la tactique de saturation, la bomber stream et met en œuvre, avec entre autres le Groupe 100 RAF, des unités de guerre électronique.

Le fer de lance des vols de bombardiers était composé de quadrimoteurs Halifax et Lancasters[1].

En septembre 1944, il comptait 1 871 bombardiers dont 1 480 opérationnels (contre 5 606 bombardiers américains dont 4 117 opérationnels)[2].

Les équipages de bombardiers de ce commandement eurent de très lourdes pertes. Sur les 89 119 hommes d'équipage, 48 876 furent tués dont 450 parmi les 10 510 faits prisonniers (le plus haut taux de pertes de tous les corps d'armée alliés : seul celui des sous-mariniers allemands lui est supérieur) . Au total, seuls 27 % des effectifs survécurent à un tour de 30 opérations.

12 726 avions furent détruits dont 928 à l'entraînement.

Guerre froide[modifier | modifier le code]

Un B-29A Washington du Bomber Command en 1952
Bombardier Handley Page Victor avec la livrée blanche d'attaque nucléaire en 1961.
Avro Vulcan
Vickers Valiant

Lors de l'après-guerre, le Bomber Command contrôlait les bombardiers nucléaires du Royaume-Uni. Outre les classiques bombardiers survivants de la Seconde Guerre mondiale, elle eut en location dans le cadre du programme d'assistance de défense mutuelle, de 1950 à 1955, 87 Boeing B-29 Superfortress sous la désignation de Boeing Washington.

Le 23 mai 1963, la V-force ou Bomber Command Main Force, surnom de la force de bombardement donné car le nom des trois types de bombardiers alors en service commençait par cette lettre, était affectée officiellement au Commandant suprême des forces alliées en Europe pour la mise en œuvre de la désignation de cible, la planification et la coordination des missions nucléaires, ce qui était l’équivalent du SIOP de l’OTAN.

Les V bomber car leur nom commençait par un « V », étaient le Vickers Valiant (premier vol en 1951, entré en service en 1955, retiré en 1965), le Handley Page Victor (premier vol en 1952, en service en 1958, retiré en 1984) et le Avro Vulcan (premier vol en 1952, en service en 1956). La V-Bomber force a atteint son apogée en juin 1964, elle était alors composée de 50 Valiants, de 39 Victor et de 70 Vulcan en service.

Plusieurs bombardiers sont déployés dans les années 1960 sur la base aérienne de Butterworth en Malaisie dans le cadre de l'opération Mastodon pour dissuader la Konfrontasi avec l'Indonésie de prendre de l'ampleur.

Avec l'entrée en service des SNLE de la Royal Navy, leur rôle de dissuasion nucléaire a baissé et ce commandement fut absorbé en 1968 par le nouveau RAF Strike Command.

Missiles Thor[modifier | modifier le code]

Missile Thor de la Royal Air Force sur sa table de lancement.

En 1956, les États-Unis ont approché le Royaume-Uni pour étudier la possibilité de baser sur le sol britannique des IRBM en raison des inquiétudes croissantes sur les missiles balistiques de l'armée rouge. Soucieux de rétablir une relation qui avait souffert après la crise du canal de Suez, Harold Macmillan et Dwight David Eisenhower se rencontrent dans les Bermudes et les graines sont semées pour que la RAF devienne l'unique opérateur de 20 escadrons de 3 missiles Thor chacun armé d'ogives W49 qui commencent à être déployés à partir d'août 1958. Cependant, une fois leurs propres bases établies dans les États-Unis contigus, le gouvernement américain considère ces IRBM obsolètes avec la mise en service des missiles Polaris embarqués par des sous-marin nucléaire lanceur d'engins de l'US Navy basés à Holy Loch en Écosse à partir de 1961 et il décide de geler la force de Thor en 1962, soit 5 ans plus tôt que prévu. La crise des missiles de Cuba changea la situation et 59 des 60 missiles ont été mis en préparation opérationnelle durant la crise, mais en dépit de la reconnaissance de leur efficacité en cette occasion, les escadrons ont été dissous entre mars et septembre 1963[3], et les plans britanniques pour un programme de suivi ont également été mis au rebut[4].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. vidéo Bombardements sur l'Allemagne, 1942 sur le site de France 2.
  2. (en) Army Air Forces in World War II, The German Frontier, Chapter 17: Check at the Rhine
  3. Ravi Rikhye, « RAF Thor Missile Units: Note », sur Orbat,‎ 21 juin 2006 (consulté le 10 octobre 2011)
  4. (en) John Boyes, Project Emily : Thor IRBM and the RAF, The History Press Ltd,‎ 2008, 192 p. (ISBN 978-0752446110)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]