Copyright

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Symbole ©.

Le copyright, souvent indiqué par le symbole ©, est, dans les pays de common law (droit commun), l’ensemble des prérogatives exclusives dont dispose une personne physique ou morale sur une œuvre de l’esprit originale. Il désigne donc un ensemble de lois en application, notamment, dans les pays du Commonwealth des Nations et aux États-Unis ; et qui diffère du droit d'auteur appliqué dans les pays de droit civil (tels que la France ou la Belgique).

Bien que les deux corpus de lois tendent à se rejoindre sur la forme grâce à l'harmonisation internationale opérée par la convention de Berne[1], ils diffèrent notablement sur le fond[2]. Le copyright relève plus d’une logique économique et accorde un droit moral restreint, là où le droit d'auteur assure un droit moral fort en s'appuyant sur le lien entre l'auteur et son œuvre.

Champ du copyright[modifier | modifier le code]

  • Comme le droit d'auteur, le copyright ne protège pas les simples idées. Son champ est généralement plus large que celui du droit d'auteur, car le copyright protège davantage l'investissement que le caractère créatif. Une seconde différence réside dans l'exigence de fixation matérielle des œuvres, sur un dessin, une partition musicale, une vidéo, un fichier informatique, ou tout autre support. Par exemple, les discours et les chorégraphies ne sont pas protégés par le copyright tant qu’ils n’ont pas été transcrits ou enregistrés sur un support. Sous réserve de cette fixation, la protection du copyright s'applique automatiquement aux œuvres publiées comme non publiées. Un enregistrement volontaire des œuvres auprès d’une administration peut être nécessaire pour apporter la preuve de ses droits devant les tribunaux.
  • Le titulaire du copyright peut être l'auteur, le producteur ou l'éditeur de l'œuvre. Si l’œuvre a été créée par un employé dans le cadre de ses fonctions, c’est l'employeur qui est seul titulaire du copyright. L’auteur n’a donc pas droit à une rémunération spécifique, en plus de son salaire. Il en est de même pour les œuvres de commande (works made for hire), qui appartiennent au commanditaire et non à l'auteur.

Droits accordés par le copyright[modifier | modifier le code]

Le droit moral de l'auteur est reconnu par tous les pays de common law qui ont adhéré à la Convention de Berne[1] tels le Canada ou le Royaume-Uni. Malgré leur adhésion à cette convention, les États-Unis n'appliquent le droit moral qu'au niveau national mais pour certains types d'œuvres seulement. Le droit moral comporte :

Le droit moral est :

  • limité dans le temps.
  • transmissible aux héritiers à la mort de l'auteur
  • susceptible d’aliénation : l’auteur peut y renoncer.

Les droits patrimoniaux confèrent le droit exclusif d'exercer et d'autoriser des tiers à exercer les actes suivants :

  • la reproduction de l'œuvre,
  • la création d’œuvres dérivées de l'œuvre originale,
  • la distribution de copies de l'œuvre au public (vente, location, prêt, cession), sous quelque forme que ce soit,
  • la représentation publique de l'œuvre, avec quelque procédé que ce soit.

Exceptions au copyright[modifier | modifier le code]

Le concept de fair use aux États-Unis et celui de fair dealing dans les autres pays de common law constituent des exceptions plus larges que celles qui sont appliquées dans les pays de droit civil. Alors que les exceptions au droit d'auteur sont limitativement énumérées dans la loi, et sont d'interprétation stricte, le fair use donne aux tribunaux le pouvoir d'apprécier au cas par cas si l'usage d'une œuvre est loyal. Cette appréciation se fait en fonction du caractère commercial ou désintéressé de l'usage, de la nature de l'œuvre, de l'ampleur de la reproduction effectuée, et de ses conséquences sur la valeur de l'œuvre[3],[4].

Pays appliquant le copyright[modifier | modifier le code]

  •      Pays de common law
  •      Pays appliquant en partie la common law

Au niveau international le Droit de l'Auteur est reconnu par les 166 pays[5] signataires de la convention de Berne[1].

  • En vertu de la Convention de Berne, la durée typique de la protection du droit d'auteur est de 50 ans pour la date de publication[6]. Il s'agit d'un défaut - les lois nationales sont généralement supérieures à cette durée.
  • Au Canada[7], la protection accordée par le droit d'auteur dure 50 ans après le décès de l'auteur pour la plupart des œuvres. Le concept d'utilisation équitable limite le champ du copyright dans certaines hypothèses afin de garantir l'équilibre entre protection des œuvres et droit du public à l'information.
Article détaillé : Copyright au Canada.
  • Aux États-Unis une œuvre, même inachevée, est créée lorsqu'elle est fixée matériellement sur un support[8]. Depuis l'adhésion des États-Unis à la Convention de Berne[1] en 1989, l'enregistrement des œuvres étrangères auprès du Bureau du Copyright n'est plus nécessaire pour bénéficier d'une protection juridique, mais il reste possible pour faciliter la preuve de ses droits. Le titulaire du copyright a le droit exclusif de reproduire ou de communiquer les œuvres, et d'autoriser la création d'œuvres dérivées. Un droit moral, comprenant le droit de paternité et le droit au respect de l'intégrité des créations est accordé aux seuls artistes des arts visuels. La durée du copyright dépend de la nature de l'œuvre et de sa date de publication. Désormais, toute œuvre créée bénéficie d'une protection de 70 ans post mortem si le titulaire est une personne physique. En vertu du Sonny Bono Copyright Term Extension Act, les entreprises bénéficient d'une protection de 95 ans à compter de la publication, ou de 120 ans à compter de la création si cette durée est plus longue[9].
Article détaillé : Copyright aux Etats-Unis.

Au sein de l'Union européenne, la majorité des vingt-sept États-Membres applique le droit d'auteur. Seuls Chypre, l'Irlande, Malte et le Royaume-Uni font application du copyright.

  • Au Royaume-Uni, la propriété intellectuelle est réglementée par la loi sur le copyright, les dessins industriels et les brevets de 1988 (Copyright , Designs and Patents Act)[10].
Article détaillé : Copyright au Royaume-Uni.

Critiques du copyright[modifier | modifier le code]

Au XIXe siècle, Proudhon a dénoncé l’assimilation artificielle de la propriété intellectuelle à la propriété sur les biens corporels, ainsi que les conséquences néfastes de l’appropriation des œuvres sur la libre circulation des connaissances[11]. Au XXe siècle, Richard Stallman et les défenseurs de la culture libre ont repris ces thèses[12].

Certains théoriciens, comme David K. Levine, présentent le droit d'auteur comme un concept obsolète[13], notamment dans le cadre de la société de l’information. D'autres, sans remettre en cause le principe du droit d'auteur, dénoncent ses excès[14], notamment l’extension continue de la durée de protection des œuvres et l’utilisation de DRM. Rares sont cependant ceux qui sont prêts à le remettre radicalement en cause comme Joost Smiers (en)[15].

Dans la continuité de ces critiques, certains proposent de recourir aux licences Creative Commons comme principe alternatif au copyright[16].

Dans les pays en développement, les peuples autochtones perçoivent le droit d'auteur comme un concept essentiellement occidental qui n'est pas en mesure d'assurer une protection efficace de leurs savoirs traditionnels. De plus, le droit d'auteur est utilisé par certaines personnes pour s'approprier illégitimement des savoirs ancestraux, tels que les asanas de l’Inde[17].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d www.wipo.int La Convention de Berne (WIPO) [consulté le 12 juin 2013].
  2. Françoise Benhamou et Joëlle Farchy, Droit d'auteur et copyright, La Découverte, 128 p. (ISBN 978-2-7071-5726-3)
  3. (en) Dispositions sur le fair use dans la loi sur le copyright aux États-Unis
  4. (en) Eric Faden, A fair(y) use tale
  5. Liste Officielle des pays signataires (et non signataires) de la Convention de Berne
  6. Droit d'auteur durée
  7. Office de la propriété intellectuelle du Canada
  8. (en) Titre 17 du Code des États-Unis
  9. (en) Durée du copyright aux États-Unis (site de l'université de Cornell)
  10. (en) Copyright, Designs and Patents Act 1988, chap. 48 (Royaume-Uni)
  11. Pierre-Joseph Proudhon, Les Majorats littéraires, 1862
  12. (en) Richard Stallman, Did You Say “Intellectual Property”? It's a Seductive Mirage, site GNU (lien)
  13. (en) Michele Boldrin et David Levine, Against Intellectual Monopoly, Cambridge University Press,‎ juillet 2008, 309 p. (lire en ligne)
  14. Florent Latrive, Du bon usage de la piraterie : culture libre, sciences ouvertes, Exils Éditeur, 2007(ISBN 978-2-912969-59-0)(texte)
  15. Joost Smiers et Marieke van Schijndel (trad. Framalang), Un monde sans copyright… et sans monopole, Framasoft, coll. « Framabook » (no 10),‎ 2011, 100 p. (ISBN 978-2-9539187-0-0, présentation en ligne)
  16. Guillaume de Lacoste Lareymondie, Le droit d'auteur est-il une notion périmée ?, NonFiction.fr, 23 avril 2010
  17. Tentative de protéger l’histoire du yoga, Le Télégramme, 21 août 2009 (texte)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]