Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Croix-Rouge japonaise)
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Croix-Rouge.
Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge
Les emblèmes de la croix rouge et du croissant rouge, les symboles desquels le nom du mouvement est issu.
Les emblèmes de la croix rouge et du croissant rouge, les symboles desquels le nom du mouvement est issu.

Devise : « Le pouvoir de l’humanité »

Siège Genève, Drapeau de la Suisse Suisse
Coordonnées 46° 13′ 40″ N 6° 08′ 14″ E / 46.227778, 6.13722246° 13′ 40″ N 6° 08′ 14″ E / 46.227778, 6.137222  
Membres Comité international de la Croix-Rouge
Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge
186 Sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge
Effectifs 300 000
Site web www.redcross.int

Géolocalisation sur la carte : Suisse

(Voir situation sur carte : Suisse)
Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge

Le Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge est le plus important regroupement d'organisations humanitaires au monde. Bien souvent, on désigne le mouvement en disant simplement la Croix-Rouge.

Historique[modifier | modifier le code]

Le Mouvement de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge date du XIXe siècle. Déjà en 1793 le baron Dominique Larrey, précurseur en matière de secours aux blessés sur les champs de bataille, pratique les soins sur le terrain le plus tôt possible, grâce à des ambulances chirurgicales mobiles. Membre de l'Académie de médecine, il a l'idée de mettre en place après 1815 un système d'« ambulances volantes » détaché du commandement et dans lesquelles il embarquerait indifféremment amis et ennemis, afin de les soigner sans faire de distinction ni de nationalité, ni de grade. Ce système n'obtient pas le succès escompté mais constitue les prémices de la Croix-Rouge[1].

C'est suite à la bataille de Solférino en 1859, qu'Henry Dunant, homme d'affaires protestant évangélique genevois, met en place une organisation de secours, neutre et permanente pour les soldats blessés, avec l'aide de quatre autres cofondateurs : Gustave Moynier, Théodore Maunoir, Louis Appia et Guillaume-Henri Dufour.

La Croix-Rouge présentée dans le Larousse de 1912).

Cette organisation deviendra plus tard le Comité International de la Croix-Rouge, qui aujourd'hui et depuis plus d'un siècle, s’efforce de prévenir la souffrance par la promotion et le renforcement du droit et des principes humanitaires universels.

Composition[modifier | modifier le code]

Le Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge se compose de trois institutions internationales[2] :

Ces composantes sont strictement indépendantes les unes des autres.

Les organes du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge sont[2] :

  • la Conférence internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge
  • le Conseil des Délégués
  • la Commission Permanente

Le Mouvement, à travers ses sociétés nationales, est composé de 97 millions de membres et volontaires et emploie 300 000 personnes[3].

Mission[modifier | modifier le code]

La mission du Mouvement est de prévenir et d'alléger en toutes circonstances les souffrances des hommes et des femmes; de protéger la vie et la santé et de faire respecter la personne humaine, en particulier en temps de conflit armé et dans d'autres situations d'urgence ; d'œuvrer à la prévention des maladies et au développement de la santé et du bien-être social ; d'encourager l'aide volontaire et la disponibilité des membres du Mouvement, ainsi qu'un sentiment universel de solidarité envers tous ceux qui ont besoin de sa protection et de son assistance.

Le Mouvement, dans la poursuite de sa mission, est guidé par ses Principes fondamentaux: Humanité, Impartialité, Neutralité, Indépendance, Volontariat, Unicité, Universalité

Principes fondamentaux[modifier | modifier le code]

Les Principes fondamentaux de la Croix-Rouge sont le fruit d'un siècle d'expérience ; proclamés à Vienne en 1965, ils donnent leur cohésion aux Sociétés nationales de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, au Comité international de la Croix-Rouge et à la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, et garantissent la pérennité du Mouvement et de son action humanitaire.

La XXe Conférence internationale de la Croix-Rouge proclame les principes fondamentaux suivants, sur lesquels repose l’action de la Croix-Rouge :

Humanité 
Née du souci de porter secours sans discrimination aux blessés des champs de bataille, la Croix-Rouge, sous son aspect international et national, s’efforce de prévenir et d’alléger en toutes circonstances les souffrances des hommes. Elle tend à protéger la vie et la santé, ainsi qu’à faire respecter la personne humaine. Elle favorise la compréhension mutuelle, l’amitié, la coopération et une paix durable entre tous les peuples.
Impartialité 
Elle ne fait aucune distinction de nationalité, de race, de religion, de condition sociale ou d’appartenance politique. Elle s’applique seulement à secourir les individus à la mesure de leur souffrance et à subvenir par priorité aux détresses les plus urgentes.
Neutralité 
Afin de garder la confiance de tous, elle s’abstient de prendre part aux hostilités et, en tout temps, aux controverses d’ordre politique, racial, religieux ou philosophique.
Indépendance 
La Croix-Rouge est indépendante. Auxiliaires des pouvoirs publics dans leurs activités humanitaires et soumises aux lois qui régissent leurs pays respectifs, les Sociétés nationales doivent pourtant conserver une autonomie qui leur permette d’agir toujours selon les principes de la Croix-Rouge.
Volontariat 
La Croix-Rouge est une institution de secours volontaire et désintéressée.
Unité 
Il ne peut y avoir qu’une seule Société de la Croix-Rouge dans un même pays. Elle doit être ouverte à tous et étendre son action humanitaire au territoire entier.
Universalité 
La Croix-Rouge est une institution universelle, au sein de laquelle toutes les Sociétés ont des droits égaux et le devoir de s’entraider[4].

Ces principes sont valables pour tous les dérivés de la fondation de la Croix-Rouge, qui agissent tous dans le même but.

Emblèmes[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Emblèmes de la Croix-Rouge.
Le cristal rouge, emblème officiel depuis 2005

Quatre emblèmes sont actuellement reconnus : la croix rouge, le croissant rouge, le lion-et-soleil rouge (qui n'est aujourd'hui plus utilisé) et dernièrement le cristal rouge.

D'autres symboles ont été proposés par d'autres pays mais refusés dans un souci de ne pas multiplier les drapeaux. Ces pays durent choisir entre la croix ou le croissant. Malgré plusieurs refus, Israël continua à utiliser l'étoile de David rouge. Membre depuis juillet 2006 de la FISCR, Israël adopta finalement un symbole plus neutre : une étoile de David dans un cristal rouge. Ainsi, le cristal rouge est choisi en 2005 comme symbole plus neutre sans référence religieuse.

Le choix d'un emblème pour désigner clairement les services médicaux en temps de guerre est une nécessité vitale pour que leur protection puisse être assurée. Ce n'est pas seulement l'emblème qui protège les services médicaux, mais leur fonction. Il est donc totalement interdit de s'en prendre à des installations médicales, même si elles arborent un emblème différent de la croix rouge, du croissant rouge ou du cristal rouge.

Contestation des modes d'action de la Croix-Rouge[modifier | modifier le code]

Lors de la guerre du Biafra (région sécessionniste du Nigeria), l'action de la Croix-Rouge est paralysée : le Nigeria, qui refuse de qualifier la situation de guerre, s'oppose à l'intervention de la Croix-Rouge. En effet, celle-ci est associée aux conventions de Genève qui concernent les guerres entre États. Les autorités nigérianes qui luttent contre la sécession du Biafra peuvent croire qu'en autorisant l'accès de la Croix-Rouge aux zones de combat, elles reconnaîtront de facto au conflit le caractère de guerre inter-étatique.

Par ailleurs, l'absolue confidentialité de la Croix-Rouge, que celle-ci s'applique à défendre en tout temps afin de préserver son accès aux victimes sans être accusée de prendre parti pour l'un des belligérants, est très critiquée à la fin des années 1960. Ainsi, certains bénévoles s'offusquent de ne pas pouvoir dénoncer les exactions commises par les belligérants sur les populations civiles.

C'est alors que quelques médecins français, au nombre desquels Bernard Kouchner, prennent conscience des limites de l'action humanitaire sous la bannière de la Croix-Rouge et décident de fonder Médecins sans frontières. Ils inaugurent un mode d'action humanitaire gérée par de petites missions privées qui seront, espèrent-ils, plus proches des besoins des populations et loin des structures pesantes de l'action humanitaire traditionnelle. Sortant de l'absolue confidentialité de la Croix-Rouge, ils considèrent qu'ils seront mieux à même de dénoncer les exactions commises par les belligérants, étatiques et non étatiques.

C'est ainsi qu'est née une nouvelle génération d'organisations humanitaires, créées par des hommes qui ont fait leur apprentissage au sein de la Croix-Rouge mais ont décidé d'en rejeter certaines pratiques, dans l'espoir d'une plus grande efficacité. Depuis, la Croix-Rouge a elle aussi adapté ses méthodes et, sans renoncer à la neutralité qui demande de considérer les besoins humanitaires de chaque victime sans considération pour le camp auquel elle appartient, le CICR publie désormais, en ultime recours, des communiqués de presse tout à fait explicites.

Critique[modifier | modifier le code]

La chaîne de télévision australienne ABC et le groupe pour les droits des indigènes « Friends of Peoples Close to Nature » a publié un documentaire appelé « Blood on the Cross » (Du sang sur la Croix) qui allègue la participation de la Croix Rouge et de l’Armée Britannique dans la conduite d’un massacre dans le sud de Papouasie Occidentale, lié à la prise d’otages du WWF en mai 1996. La Croix Rouge a affirmé que le personnel de son organisation qui a été accusé n’était pas présent et que l’hélicoptère blanc utilisé dans cette opération militaire n’était pas un hélicoptère de la Croix Rouge mais un hélicoptère peint par un de plusieurs groupes militaires opérant dans la région à l’époque, y compris évidemment l’Armée Britannique, même si aucune preuve tangible n’a été trouvée.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Paul Binet, L'acte chirurgical, Odile Jacob,‎ 1990, p. 31
  2. a et b (fr) « Le Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge », Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (consulté le 25 octobre 2007)
  3. (fr) « Les Sociétés nationales », Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (consulté le 25 octobre 2007)
  4. http://www.croix-rouge-ge.ch

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]