Christian Bourgois éditeur

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Repères historiques
Création 1966
Dates clés 1992 : Christian Bourgois éditeur quitte le groupe des Presses de la Cité et redevient indépendant
Fondateur(s) Christian Bourgois
Fiche d’identité
Forme juridique Société par actions simplifiée
Statut Éditeur indépendant
Siège social Paris
Drapeau de la France France
Direction Dominique Bourgois
Collection(s) Bibliothèque asiatique, Choix / essais, Les derniers mots, Détroits, Épistémé, Fictives, Bibliothèque lettre internationale, Musique, Musique / passé / présent, Le répertoire de Saint-Jérôme, Scénarios, Série B, Policier
Titre(s) phare(s) Le Seigneur des anneaux
Les Versets sataniques
Langue(s) de
publication
français
Diffuseur(s) Volumen
Site officiel www.christianbourgois-editeur.fr

Christian Bourgois éditeur est une maison d’édition française, fondée en 1966 par Christian Bourgois, sous l’égide des Presses de la Cité et qui obtient son indépendance en 1992.

Elle compte 760 titres à son catalogue et 50 titres sortent en moyenne chaque année. Leur distribution en est assurée par Volumen. Son chiffre d’affaires en 2009 est de 1 976 000 €, ce qui la classe au cent seizième rang du classement des deux cent éditeurs français[1].

Historique[modifier | modifier le code]

Pour comprendre les éditions Bourgois, il faut d’abord s’intéresser à celui qui les a créées. Christian Bourgois (1933-2007) fait de brillantes études à l’Institut d’études politiques de Paris, d’où il sort deuxième (pour l’anecdote, classé juste devant Jacques Chirac)[réf. nécessaire] et entre à l’ENA. Il en démissionne bien vite, en 1959, pour travailler comme adjoint de René Julliard, au sein de la maison d’édition éponyme. À la mort de celui-ci en 1962, Bourgois hérite du poste de directeur, il prend la tête des éditions Julliard. À la suite de nombreux problèmes financiers, elles sont rapidement rachetées par les Presses de la Cité. Après des débuts de cohabitation conflictuelle, Christian Bourgois s’impose chez Julliard et dirige aussi les éditions 10/18, Plon et les éditions Perrin. En 1966, toujours sous l’égide des Presses de la Cité, et sur le conseil de celles-ci, il fonde sa propre maison d’édition, Christian Bourgois éditeur. Elle obtient son indépendance en 1992.

Christian Bourgois imagine sa maison d’édition dans la mouvance de La Nouvelle Revue française : une aventure commune et de découverte de la littérature. Les premiers livres publiés sont ceux de ses amis, de ses collaborateurs. Parmi ceux-là : Dominique de Roux, Michel Bernard, Jean-Claude Brisville et Carlène Polite.

Une importance de la littérature étrangère[modifier | modifier le code]

Bourgois était un grand lecteur, un homme très cultivé et il publiait uniquement ce qui lui plaisait. Sa grande qualité fut de savoir bien s’entourer : de bons lecteurs mais surtout d’excellents traducteurs. Il ne parle qu’une seule langue : le français, pourtant il est celui qui fait découvrir aux Français « les littératures autres », comme il aime appeler le domaine de la littérature étrangère.

Les auteurs, au centre de la maison d’édition[modifier | modifier le code]

Une importance est donnée au nom de l’auteur sur les couvertures, elle est représentative de la place que Christian Bourgois attribuait aux écrivains avec lesquels il travaillait. L’éditeur est reconnu pour cette humanité et il dit, à propos du rapport entre éditeurs et auteurs : « nous leur devons fidélité, attention et gratitude pour le cadeau qu’ils nous font à chaque fois qu’ils nous confient un nouveau manuscrit[2]. » Il ajoute que l’« une de [ses] plus grandes satisfactions […] est de constater dans [son] catalogue la présence régulière et répétée d’un auteur[3]. »

Catalogue[modifier | modifier le code]

Son « catalogue construit et merveilleux »[4][réf. insuffisante] est cité pour sa curiosité et son éclectisme et pour sa richesse dans le panorama de l’édition internationale. Bourgois est le plus grand éditeur français de littérature espagnole[réf. nécessaire] et a un fonds important de littérature américaine. Il contribue à faire découvrir des auteurs de nombreux autres pays.

En 1972, il édite Le Seigneur des anneaux de J. R. R. Tolkien qui lui vaut une grande renommée[5] et en 1988, il établit son engagement littéraire avec la publication des Versets sataniques de Salman Rushdie pour laquelle il reçoit de nombreuses menaces et doit être placé sous protection policière.

Bourgois a le souci de préserver une pluralité des tendances et ne favorise pas une littérature plutôt qu’une autre, il veut juste éditer « des livres que les gens n’ont pas envie de lire » à savoir des lectures qui sortent de l’ordinaire, qui sont exigeantes. L’éditeur cherche à s’inscrire dans la durée et accorde beaucoup d’importance à la cohérence de son catalogue. Il a un goût marqué pour la découverte et les « livres différents, pas évidents ». Christian Bourgois ira jusqu’à dire : « Ma vie, c’est mon catalogue. »

Son catalogue ne présente pas uniquement de la littérature étrangère, il propose aussi de la littérature française, des essais, des documents, du théâtre et une spécialité musique.

Collections[modifier | modifier le code]

Le catalogue des éditions Bourgois est classé par grandes thématiques : littérature étrangère, littérature française, essais et théâtre. Les deux premières constituent des collections en elles-mêmes, parfois subdivisées en sous-collections (Fictives par exemple). La littérature étrangère a, sans surprise, le fonds le plus important.

Les deux principales collections d’essais Détroits et Choix/Essais traitent, pour la première de philosophie et pour la deuxième de sujets divers, tel que l’art, l’histoire, la technologie.

Deux collections abordent la musique : Musique et Musique/passé/présent.

Une attention toute particulière est à porter à la collection Titres. Cette collection de poche a été lancée en 2007 et compte actuellement 145 titres. Son objectif est de « donner à lire des textes épuisés et dont [Christian Bourgois] a envie de rappeler l’existence ». L’éditeur aime spécialement le format de poche, ce qui s’explique par son long passé aux éditions 10/18. Il veut imposer l’idée qu’un livre de poche « peut être aussi un livre de facture élégante. »

Les ouvrages sont tous très reconnaissables à la couverture — qui a à peine changé depuis 1966 et qui résulte d’un parti pris très ferme de l’éditeur.

Actualités[modifier | modifier le code]

En 2005, le centre Georges-Pompidou à Paris a organisé une exposition pour célébrer les quarante ans de la maison Bourgois, haussant ainsi le statut de la production de ces éditions à celui « d’œuvre ». Dominique Bourgois est aujourd’hui à la tête de la maison d’édition, à la suite du décès de son mari, Christian, en 2007. Des hommages innombrables saluent ce « passeur » des lettres qui œuvrait pour les « cinglés de la littérature » comme il le proférait lui-même.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Catalogue des éditeurs et diffuseurs », Livres Hebdo, no 830,‎ 27 août 2010.
  2. « Entretien : Christian Bourgois », Livres Hebdo, no 618,‎ 21 octobre 2005.
  3. « Entretien : Christian Bourgois », Livres Hebdo, no 688,‎ 4 mai 2007.
  4. Antoine Gallimard.
  5. Voir l'entretien réalisé par Vincent Ferré et publié dans Tolkien, Trente ans après, en 2004 : « Entretien avec Christian Bourgois, l'éditeur français de Tolkien » (document PDF en ligne sur le site modernitesmedievales : http://www.modernitesmedievales.org/articles/Christian%20Bourgois%20sur%20Tolkien%20-%20entretien%20V%20Ferr%E9.pdf))

Liens externes[modifier | modifier le code]