Walter Gieseking

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Walter Gieseking (né le 5 novembre 1895 à Lyon et mort le 26 octobre 1956 à Londres) est un pianiste et compositeur franco-allemand.

Biographie[modifier | modifier le code]

En suivant son père médecin, Gieseking vit toute son enfance dans le Sud de la France, puis en Italie. Durant ce temps, il étudie le piano en autodidacte. En 1911, il déménage pour l’Allemagne, patrie de son père, et suit des cours au Conservatoire de Hanovre avec Karl Leimer, qu’il va vénérer toute sa vie[réf. nécessaire].

En 1912, Gieseking fait ses débuts dans cette même ville, et donne en 1915 l’intégrale des sonates de Beethoven. Cependant, au milieu de la Grande Guerre, Gieseking est appelé dans les rangs de l’armée allemande. Il arrive à fuir les combats en jouant dans l’orchestre du régiment[réf. nécessaire]. Après la guerre, il reprend sa carrière, et défend âprement les compositeurs français tels que Debussy et Ravel, qu’il joue beaucoup en concert. Il se fait aussi plus largement l’avocat de la musique de son temps, incarnée par Schönberg, Busoni, Hindemith, Szymanowski, mais aussi Pfitzner, dont il crée le Concerto pour piano en 1923.

Les années 1920 sont l’occasion de tournées dans le monde entier : 1923 voit les débuts du jeune homme en Grande-Bretagne, suivis par une série de concerts aux États-Unis en 1926, puis à Paris en 1928. Les critiques sont très bonnes[réf. nécessaire].

Dans les années 1930, le pianiste continue ses tournées autour du monde, notamment en Europe et en Amérique. Mais 1939 marque l’éclatement de la Seconde Guerre mondiale. Alors que Gieseking se trouve en Amérique, il décide de rentrer en Allemagne, et d’y jouer malgré la dictature. Il lui arrive même de donner des concerts dans la France occupée. Cette attitude lui vaut de nombreuses critiques à l'issue du conflit. Il est accusé d’avoir collaboré avec les nazis, et l’opinion publique le critique. En 1949, il est même contraint d’annuler un concert aux États-Unis à cause de manifestations de protestation devant le Carnegie Hall. Et même si un tribunal des Forces Alliées le disculpe, il n’est pas le bienvenu en Amérique jusqu’à son retour en 1953. Malgré un sévère accident de bus en 1955, dans lequel sa femme trouve la mort, il repart en tournée en Amérique. De retour à Londres, où il enregistre la Sonate n° 15 de Beethoven, il décède avant d’enregistrer le quatrième mouvement.

Le répertoire de Gieseking[modifier | modifier le code]

Le répertoire de Gieseking est vaste, et comprend des œuvres de Bach, Mozart et Beethoven aussi bien que des morceaux de Ravel, Debussy, ou Hindemith. Il a enregistré une intégrale des œuvres pour piano de Mozart, et projetait peu avant sa mort d’enregistrer l’intégrale des sonates de Beethoven. Le pianiste est reconnu pour ses intégrales au disque des œuvres pour piano de Debussy et de Ravel. Son sens de la nuance, de la couleur, et sa science de l’utilisation de la pédale lui permettent d’approcher cette musique avec grand succès. Gieseking joue aussi les pièces des compositeurs de son temps, qui, pour certaines, lui sont dédiées tel Francis Poulenc qui lui dédie l' Humoresque et Hans Pfitzner son Concerto pour piano.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Alain Paris (direction), Dictionnaire des interprètes éditions Robert Laffont collection Bouquins.