Edwin Fischer

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Edwin Fischer

Naissance
Bâle, Drapeau de la Suisse Suisse
Décès (à 73 ans)
Zurich, Drapeau de la Suisse Suisse
Activité principale Pianiste
Maîtres Martin Krause

Edwin Fischer est un célèbre pianiste suisse, né le 6 octobre 1886 à Bâle et décédé le 24 janvier 1960 à Zurich.

Il est considéré comme un des pianistes les plus remarquables du XXe siècle, en particulier dans le répertoire de compositeurs allemands, tels que Johann Sebastian Bach, Wolfgang Amadeus Mozart, Ludwig van Beethoven, et autrichiens, tels que Franz Schubert. Il est aussi considéré comme un des meilleurs professeurs de piano des temps modernes[1].

Fischer naquit à Bâle et y commença ses études musicales, il les poursuivit à Berlin au Conservatoire Stern sous la direction de Martin Krause (1853-1918), lui-même élève de Liszt (1811-1886), lui-même élève de Carl Czerny (1791-1857). Il devint connu d'abord comme pianiste après la Première Guerre mondiale. En 1926 il devint chef du Musikverein de Lübeck et plus tard il dirigea à Munich. En 1932 il forma son propre orchestre de chambre et il fut l'un des premiers à s'intéresser à présenter la musique baroque dans une vision historique. Quoique ses exécutions n'aient pas été vraiment à caractère historique en comparaison de ce qui se fait maintenant, il dirigea les concertos du clavier comme le souhaitaient Bach et Wolfgang Amadeus Mozart, ce qui n'était pas habituel en ce temps-là. Ses interprétations, même de Bach, étaient romantiques, donc toujours prenantes.

En 1932 il retourna encore à Berlin, succédant à Artur Schnabel comme professeur à la Hochschule für Musik. En 1942 il retourna en Suisse, interrompant provisoirement sa carrière pendant la Seconde Guerre mondiale. Après la guerre, il recommença à jouer en public, tout en donnant des masterclasses à Lucerne, qui furent suivies par de nombreux pianistes qui devinrent célèbres comme Alfred Brendel et Daniel Barenboim. Harry Datyner (1923-1992) est un de ses élèves, tout comme Paul Badura-Skoda (né en 1927), et Reine Gianoli.

En plus de récitals en soliste, de l'exécution de concertos, et de la direction d'œuvres orchestrales, Fischer a aussi joué de la musique de chambre. En particulier le trio qu'il forma avec le violoncelliste Enrico Mainardi et le violoniste Georg Kulenkampff (qui fut remplacé par Wolfgang Schneiderhan après sa mort) fut très apprécié.

Il joua avec le chef d'orchestre Wilhelm Furtwängler le Concerto pour piano nº 2 de Brahms, en 1942 avec l'Orchestre Philharmonique de Berlin[2],[3], et le Concerto pour piano nº 5 de Beethoven (le "concerto empereur"), en 1951 avec l'Orchestre Philharmonia[4],[5]. Ces deux enregistrements sont considérés comme des références majeures.

Fischer publia de nombreux livres sur l'enseignement et un livre sur les sonates pour piano de Beethoven. Il réalisa aussi de nombreux enregistrements, en particulier le premier enregistrement intégral du Clavier bien tempéré de Bach pour EMI dans les années 1930.

L'intégrale du Clavier bien tempéré, enregistrée entre 1933 et 1936, fit date dans la discographie de Bach, en tant que premier enregistrement complet. L'enregistrement de Fischer est admiré en partie parce qu'il n'utilise pas les ressources de l'instrument moderne pour embellir artificiellement la partition. Son enregistrement des 48 préludes et fugues de Bach demeure le modèle auquel tous les pianistes se mesurent.

Son buste a été exécuté par le statuaire Philippe Besnard (exposé au Salon d'Automne à Paris en 1940).

Références[modifier | modifier le code]

  1. Article de Patrick Szersnovicz sur Edwin Fischer dans Le Monde de la musique, janvier 2005, p. 91.
  2. « Un disque puissant, audacieux qui présente l'intérêt absolu de la conjonction de deux des plus grands artistes du XXe siècle, et nous livre un Brahms lumineux, d'une puissance poétique et expressive hallucinante ». Dictionnaire des disques Diapason : Guide critique de la musique classique enregistrée, Robert Laffont,‎ 1981 (ISBN 2-221-50233-7), p. 191.
  3. « L'accord entre Fischer et Furtwängler tient ici du miracle. Chef et soliste exaltent le caractère sombre et fantastique de l'œuvre. » Patrick Szersnovicz, Le Monde de la musique,‎ Décembre 2004, p. 67.
  4. « La conjonction Fischer-Furtwängler a tout simplement produit un des plus grands disques de l'histoire [...] Une souveraine et parfois surhumaine tension dramatique lient pour toujours l'espace furtwänglerien et l'expressivité poétique d'Edwin Fischer pour la plus grande gloire de Beethoven ». Dictionnaire des disques Diapason : Guide critique de la musique classique enregistrée, Robert Laffont,‎ 1981 (ISBN 2-221-50233-7), p. 110.
  5. « Version à juste titre légendaire, d'une poésie et d'une émotion qui défient l'analyse ». Patrick Szersnovicz, Le Monde de la musique,‎ Décembre 2004, p. 67.

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