Orchestre philharmonique de Berlin

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Berliner Philharmoniker
Orchestre philharmonique de Berlin
Entrée de la philharmonie de Berlin, principale salle de concert de l'orchestre.
Entrée de la philharmonie de Berlin, principale salle de concert de l'orchestre.

Pays de résidence Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Ville de résidence Berlin
Années d'activité Depuis 1882
Type de formation Orchestre symphonique
Direction Simon Rattle
Création 1882
Transfuges de l'orchestre de Benjamin Bilse
Structure de rattachement Philharmonie de Berlin
Effectif 122 musiciens
Site internet www.berliner-philharmoniker.de
Répertoire

L'Orchestre philharmonique de Berlin (en allemand : Berliner Philharmoniker) est un orchestre symphonique allemand créé en 1882. Il compte, avec l'Orchestre philharmonique de Vienne, parmi les orchestres les plus réputés au monde.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'orchestre est fondé en 1882 par Joachim Andersen, Ludwig von Brenner[1] et cinquante-deux autres musiciens transfuges de l'orchestre dirigé par Benjamin Bilse. Les premières années sont difficiles et l'orchestre manque plusieurs fois de disparaître. En 1887, Hermann Wolff en devient l'agent et engage le chef d'orchestre Hans von Bülow, qui est considéré par la plupart des musicologues comme le premier chef d’orchestre de métier. Hans von Bülow fut un ami de Liszt, Brahms et Wagner et dirigea la première mondiale de nombreuses œuvres majeures de la seconde moitié du XIXe siècle souvent en présence des compositeurs. Brahms lui dit que ses interprétations correspondaient exactement à ce qu'il avait composé. Dès lors, l'orchestre devient rapidement célèbre. Il est dirigé au cours des années suivantes par nombre de chefs invités prestigieux, parmi lesquels Hans Richter, Felix Weingartner, Richard Strauss, Gustav Mahler, Johannes Brahms et Edvard Grieg.

En 1895, sur le conseil de Liszt, Arthur Nikisch en devient le chef permanent et domina la vie musicale en Allemagne pendant une longue période faisant de l'orchestre le plus prestigieux au monde. Wilhelm Furtwängler lui succède en 1922. La conjonction entre l'Orchestre philharmonique de Berlin et Wilhelm Furtwängler est très souvent considérée comme le sommet de l'histoire de l'orchestre et même de toute l'histoire de la direction orchestrale. Klaus Geitel raconte dans son histoire de l'Orchestre Philharmonique de Berlin :

« L'autorité musicale de Furtwängler, la conscience qu'il avait de son propre charisme, son art expressif parvenu à un niveau extrêmement élevé firent de l'Orchestre philharmonique de Berlin le vicaire terrestre de la musique symphonique occidentale. L'idéalisme allemand y trouva, ainsi, son compte puisqu'il cultivait continuellement une telle préoccupation de grandeur. Les membres du Philharmonique de Berlin semblaient faire plus que de la musique ; ils donnaient l'impression de jouer pour exprimer une conception du monde, la Weltanschauung des philosophes[2]

Pendant cette période, l'orchestre réalisa de nombreux enregistrements parmi les plus importants du XXe siècle souvent considérés par la critique comme des sommets encore inégalés[3] comme le Concerto pour violon no 2 avec Yehudi Menuhin (en 1953) de Bartók, les 5e Symphonie (1943), 7e Symphonie (1943), 9e Symphonie (1942) de Beethoven, la 4e Symphonie et le Concerto pour piano nº 2 de Brahms avec Edwin Fischer de Brahms (les deux en 1942), la 9e Symphonie de Bruckner (en 1944), la 9e Symphonie de Schubert (en 1942), la 4e Symphonie de Schumann (en 1953), les Metamorphosen de Strauss (en 1947), la 6e Symphonie ("Pathétique") de Tchaïkovsky (en 1938), etc. La portée symbolique de ces enregistrements était telle que les soviétiques s'en emparèrent en 1945 comme "réparation de guerre" avec des originaux de la Grèce antique, des œuvres de la Renaissance italienne, des tableaux impressionnistes français. Ces enregistrements ne seront rendus officiellement par l'Union soviétique qu'à la fin des années 1980. Depuis cette époque, la position de directeur musical de cet orchestre exerça une forte fascination sur le monde de la direction musicale. Cette fascination ne diminua pas avec Karajan à cause de son immense poids médiatique et du fait qu'il inonda littéralement le monde de ses enregistrements avec l'orchestre philharmonique de Berlin.

L'orchestre continue de se produire durant la Seconde Guerre mondiale, et après la fin des hostilités, est dirigé durant trois mois par Leo Borchard. À la suite de sa disparition brutale en août 1945, Sergiu Celibidache le remplace. Furtwängler revient diriger l'ensemble en 1947, en codirection avec Celibidache jusqu'en 1952, puis comme premier chef, jusqu'à son décès en 1954. Son successeur est le charismatique Herbert von Karajan, nommé chef à vie[4] en 1955, et qui restera à la tête de l'orchestre durant trente-quatre ans. Durant cette période, l'orchestre effectue de nombreux enregistrements et tournées et acquiert une renommée médiatique considérable. En 1963, il s'installe à la Philharmonie de Berlin, conçue pour lui par l'architecte Hans Scharoun. Le grand auditorium est considéré comme un modèle de perfection acoustique. Karajan quitte son poste quelques mois seulement avant sa mort en 1989. Claudio Abbado prend ensuite la direction de l'orchestre, et ouvre plus largement les programmes, qui privilégiaient jusqu’alors les œuvres classiques et romantiques, à la création contemporaine.

Depuis 2002, Simon Rattle, un chef d'orchestre britannique, est à la tête de l'ensemble. Sous sa direction, l'orchestre n'est plus dépendant d'une quelconque tutelle gouvernementale mais d'une fondation.

C'est par un vote que les musiciens du Philharmonique de Berlin choisissent leur chef d'orchestre à l'exception notable de Herbert von Karajan nommé à vie en 1955.

Direction musicale[modifier | modifier le code]

Divers[modifier | modifier le code]

Un documentaire, Trip to Asia - Die Suche nach dem Einklang, a été tourné par le réalisateur Thomas Grube sur la vie de l'orchestre au cours d'une tournée en Asie[5].

Depuis Octobre 2008, l'orchestre propose via un portail internet payant, le Digital Concert Hall par le biais duquel on peut assister, écoutant et visionnant, aux des concerts live de l'orchestre et également participant aux des concerts d'archives, depuis été 2014 aussi aux certains de Herbert von Karajan[6].

Écoute[modifier | modifier le code]

Dietrich Fischer-Dieskau
Berliner Philharmoniker (dir. Rudolf Kempe)
(1955)
Kindertotenlieder (Gustav Mahler)
I. Nun will die Sonn' so hell aufgehn
II. Nun seh' ich wohl, warum so dunkle Flammen
III. Wenn dein Mütterlein
IV. Oft denk' ich, sie sind nur ausgegangen
V. In diesem Wetter, in diesem Braus

Ressources[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (de) Misha Aster , »Das Reichsorchester«: Die Berliner Philharmoniker und der Nationalsozialismus, préface de Wolf Lepenies, Siedler-Verlag, Munich, 2007, 400 p. (ISBN 978-3-88680-876-2) [présentation en ligne]
  • (fr) Mischa Aster, Sous la baguette du Reich, Le Philharmonique de Berlin et le national-socialisme, traduit de l'allemand par Philippe Giraudon, Éditions Héloise d'Ormesson, 2009, (ISBN 978-2-35087-122-6) , www.editions-heloisedormesson.com
  • (de) Annemarie Kleinert, Berliner Philharmoniker: Von Karajan bis Rattle, Jaron-Verlag, Berlin, 2005 (ISBN 3897731312) [lire en ligne]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Fonder l'Orchestre philharmonique de Berlin... et tomber dans l'oubli », Jean-Luc Caron, ResMusica, 5 mai 2013 (lire en ligne)
  2. [Cité dans "L'Orchestre des rites et des dieux" série mutations Numéro 99 AUTREMENT page 60.]
  3. [Voir les articles dans Diapason, le Monde de la musique ou le "Guide de la Musique classique, Diapason" (Éditions Robert Laffont) sur ces enregistrements qui sont très explicites.]
  4. Karajan nommé chef à vie
  5. Fiche du film Trip to Asia'' sur IMDB
  6. Article sur le site de Qobuz