Bataille de Tannenberg (1914)

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Bataille de Tannenberg
Prisonniers russes après la bataille de Tannenberg.
Prisonniers russes après la bataille de Tannenberg.
Informations générales
Date Du 26 au 30 août 1914
Lieu Proximité de Tannenberg en Prusse-Orientale
(de nos jours Stębark en Pologne)
Issue Victoire allemande décisive
Belligérants
Drapeau de l’Empire russe Empire russe Empire allemand Empire allemand
Commandants
Alexandre Samsonov
Pavel Rennenkampf
Paul von Hindenburg
Erich Ludendorff
Forces en présence
416 000 hommes 166 000 hommes
Pertes
78 000 tués et blessés
93 000 prisonniers
500 canons capturés
5 000 tués
7 000 blessés
Front de l'Est, Première Guerre mondiale
Batailles
Front d'Europe de l’Est

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Coordonnées 53° 29′ 45″ N 20° 08′ 04″ E / 53.495833333333, 20.134444444444 ()53° 29′ 45″ Nord 20° 08′ 04″ Est / 53.495833333333, 20.134444444444 ()  

Géolocalisation sur la carte : Pologne

(Voir situation sur carte : Pologne)
 Différences entre dessin et blasonnement : Bataille de Tannenberg (1914).

La bataille de Tannenberg (aujourd'hui Stębark en Pologne) a lieu du 26 au entre la VIIIe armée allemande et les 1re et 2e armées russes.

La première bataille de Tannenberg en 1410 vit la victoire complète des Polonais et des Lituaniens contre les chevaliers Teutoniques. Ces deux batailles, à cinq siècles d'intervalle, confirment l'importance stratégique de cette localité (Grunwald pour l'historiographie polonaise).

Description[modifier | modifier le code]

Les armées impériales russes envahissent la Prusse-Orientale avec Königsberg pour objectif. Le sort des armes est initialement favorable aux Russes. La première contre-attaque de l'armée impériale allemande est repoussée le 20 août à Gumbinnen. Après cette défaite, le commandant allemand du secteur Maximilian von Prittwitz ordonne la retraite sur la Vistule, concédant ainsi la totalité de la Prusse-Orientale aux Russes. Pour une telle action de fuite devant l'ennemi, il sera démis du commandement et passera en cour martiale. Le , Paul von Hindenburg prend le commandement de la 8e armée et reprend l'offensive.

Ayant appris que les deux armées russes sont séparées et que les deux généraux se détestent, les Allemands laissent une mince ligne de troupes face à la première armée de Pavel Rennenkampf puis ils coupent les lignes de ravitaillement et de retraite derrière la seconde armée, sous les ordres de Alexandre Samsonov, qu'ils laissent avancer vers le Nord.

Plan de bataille[modifier | modifier le code]

Russes[modifier | modifier le code]

La stratégie des Russes consiste à prendre en tenailles la 8e armée de Hindenburg. À l'Est, Rennenkampf avance lentement vers l’Ouest et Samsonov referme le piège en remontant vers le nord à partir du « saillant polonais » (situé au sud de la Prusse-Orientale).

Après l’importante victoire de Rennenkampf à Gumbinnen, les Allemands sont en déroute sur toute la ligne. Cependant, les troupes de Rennenkampf sont incapables de poursuivre les fuyards. En effet, la campagne en Prusse-Orientale a été montée si rapidement que d’importants problèmes de logistique n'ont pas été réglés  : les rations et les munitions peinent à parvenir au front. Les moyens de communications sont très médiocres, et facilitent grandement la tâche des décrypteurs allemands pour percer les codes. Żyliński, commandant du front prussien, ne veut pas enlever à Samsonov la possibilité de refermer les tenailles. Il freine Rennenkampf pour ne pas hâter la fuite allemande et demande à la 2e Armée de foncer vers le Nord.

Pour Samsonov, il est impératif de faire le lien avec Rennenkampf sur le flanc droit. Ce faisant il disperse tellement ses forces, qu’il a de la peine à communiquer. Poussant toujours vers le Nord, il ne fait que s'enfoncer davantage dans le piège allemand.

À aucun moment, Rennenkampf ne tourne au Sud pour venir en aide à Samsonov. Il incline plutôt son avance sur Königsberg. Bientôt, la 2e Armée croule sous le poids des Allemands, toujours plus nombreux, qui l’encerclent. Les renforts russes tentent bien de lui venir en aide en attaquant la formation allemande autour de Samsonov, mais sans succès, ils se replient donc vers la frontière polonaise, laissant Samsonov à son triste sort. Ce dernier opte alors pour le suicide plutôt que la capture. Le , la 2e Armée est bel et bien entièrement annihilée. 92 000 soldats russes sont fait prisonniers.

Allemands[modifier | modifier le code]

À l’arrivée de Hindenburg au quartier général de la 8e Armée, le 23 août, il n’y a pas réellement de stratégie. La retraite vers la Vistule est toutefois stoppée devant Rennenkampf. Le général allemand est bien conscient qu’il lui est impossible d’affronter simultanément les forces de Samsonov et de Rennenkampf, c’est pourquoi il met en pratique le principe de Schlieffen : il désengage le plus de troupes possible en face de Rennenkampf et les dirige vers le Sud grâce à un excellent réseau de chemin de fer. Ainsi, il disposera de plus de forces pour affronter Samsonov. Celui-ci défait, il pourra alors se retourner contre Rennenkampf.

Ce dernier, trompé par ce qu'il croit être une retraite de l’ennemi sur Königsberg, tourne au Nord pour poursuivre cette armée fantôme. Les Allemands en profitent pour envoyer trois corps d’armée au Sud contre la 2e Armée russe. Laissant seulement quelques troupes pour garder les arrières de la 1re Armée russe, ils referment ainsi les tenailles.

Un premier message intercepté par les Allemands leur confirme que Rennenkampf monte vers Königsberg et est trop loin pour aider Samsonov. Un second message montre que ce dernier croit encore que les Allemands sont en retraite vers la Vistule et qu’il est en train de poursuivre l’arrière-garde allemande. Hindenburg n’a alors qu’à fermer le piège autour de la 2e Armée.

L’avance incessante de Samsonov est telle qu’il s’enfonce lui-même dans les tenailles et facilite le travail des Allemands. Une fois l’encerclement terminé, il ne reste plus qu’à exterminer le reste de la 2e Armée. Le 29 août, avant même que la bataille ne soit terminée, Ludendorff prépare déjà l’assaut au Nord contre Rennenkampf qui n’a toujours pas bougé.

Forces en présence[modifier | modifier le code]

Soldats russes en route pour le front.
Paul von Rennenkampf (deuxième à gauche) et officiers russes en Insterburg (Prusse-Orientale), en 1914.

Chacune des armées russes compte 400 000 hommes tandis que les Allemands n'en ont que 200 000 au début de la bataille, renforcés il est vrai, ensuite par les deux corps venant de l'Ouest.

Ordre de bataille[modifier | modifier le code]

Russe[modifier | modifier le code]
Première Armée (Rennenkampf)[modifier | modifier le code]
  • Corps III, IV et XX
  • 5 brigades de fusiliers
  • 5 divisions de cavalerie
  • 1 brigade indépendante de cavalerie
Seconde Armée (Samsonov)[modifier | modifier le code]
Article principal : Seconde armée (Empire de Russie).
  • Corps I, II, VI XIII, XV, XXIII et Garde
  • 1 brigade de fusiliers
  • 3 divisions de cavalerie (4,6,15)

Les Russes doivent traverser la Pologne, souvent hostile à leur égard. Ils doivent laisser des unités pour garder les voies de communication. C'est pourquoi les corps d'armée sont bien en deçà de leurs effectifs normaux. On estime qu'il en manque 18 %, rien que pour l'infanterie.

Allemands[modifier | modifier le code]
Hindenburg et Ludendorff sur une toile de 1928.
Huitième Armée (Hindenburg)[modifier | modifier le code]
  • Corps I, XVII, XX
  • 1er corps de réserve
  • Garnisons des forteresses (notamment Koenigsberg)
  • 1 division de cavalerie

Les ratios d'infériorités face aux Russes:

Bilan[modifier | modifier le code]

La victoire de 1914, permet aux Allemands de combattre en position de force l'armée russe de Rennenkampf et de la vaincre une semaine plus tard aux lacs Mazures (lors de la Première bataille des lacs de Mazurie). L'offensive russe est brisée et le front se maintient jusqu'en 1917.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Alexandre Soljenitsyne, La Roue rouge. Août quatorze, Fayard.
  • Brissaud, André, « Schlieffen (A. von) », Encyclopædia Universalis version 7, 2001, CD-Rom.
  • Churchill, Winston S, The Unknown War, The Eastern Front, Toronto, The Macmillan Company of Canada Ltd.
  • Golovine, Nicolai N., The Russian Campaign of 1914, Londres, Hugh Rees Ltd, 1933.
  • Hindenburg, Gert von, Hindenburg 1847-1934, Soldier and Statesman, Londres, Hutchinson & Co, 1935.
  • Ironside, Edmund, Tannenberg, the First Thirty Days in East Prussia, Londres, William Blackwood and Sons Ltd., 1933.
  • Ludendorff, Erich, My War Memories 1914-1918, Londres, Hutchinson & Co.
  • Neame, Philip, German strategy in the Great War, Londres, Edward Arnold & Co, 1923.
  • Pierre Rigoux, Tannenberg 1914 : sacrifice russe pour la France ?, Paris, Economica, coll. « Campagnes et stratégies » (no 82),‎ 2010, 136 p. (ISBN 978-2-7178-5831-0).
  • Rutherford, Ward, The Russian Army in World War I, Londres, Gordon Cremonesi, 1975.

Voir aussi[modifier | modifier le code]