Panzerfaust

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Panzerfaust 60
Image illustrative de l'article Panzerfaust
Soldat allemand utilisant un Panzerfaust sur le Front de l'Est (Ukraine, Décembre 1943)
Présentation
Pays Drapeau : Troisième Reich Reich allemand
Type Lance-roquette antichar à usage unique
Munitions Roquette de 6.25 kg de calibre 149 mm
Fabricant Hugo Schneider AG (HASAG)
Période d'utilisation 1942
Durée de service 1943 - 1945
Production 6 millions d'exemplaires toutes versions confondues
Poids et dimensions
Masse (chargé) 8.5 kg
Longueur(s) 1 045 mm
Caractéristiques techniques
Portée pratique 60 m (pour 200 mm de blindage)
Vitesse initiale 45 m/s
Capacité 1 coup
Viseur Mire métallique
Variantes Panzerfaust 30, 60, 100, 150, 250

Le Panzerfaust est le nom d'une série de petits lance-grenades antichars sans recul à un coup, produit à partir de 1942 par la société allemande HASAG (Hugo Schneider AG (en)) de Leipzig afin de doter les soldats d'un moyen antichar individuel. « Panzerfaust » signifie en allemand « poing à blindé ». La trajectoire de la roquette est stabilisée lors du vol par des petites ailettes en bois.

Développement[modifier | modifier le code]

Premiers modèles[modifier | modifier le code]

Comparaison avec un Faustpatrone 30 (en haut) et un Panzerfaust 60 (en bas)

Le premier modèle, le Panzerfaust 30 (appelée originellement Faustpatrone 30) pouvait lancer un projectile à charge creuse percutée dont la portée utile ne dépassait guère 30 mètres. Lors de la mise au point de versions disposant d'une portée plus grande, le mot « klein » (« petit ») fut ajouté dans sa dénomination, pour le distinguer des nouvelles versions.

Avec un projectile de plus gros calibre, cette nouvelle version lui succéda rapidement pour augmenter son pouvoir de perforation. Sa production massive commença en octobre 1943 après la bataille de Koursk. Il contribua à contrebalancer le manque de Panzers dans les rangs allemands.

Deux autres versions furent créées à partir de 1944, les Panzerfaust 60 et 100, capables respectivement d'atteindre un char à 60 et 100 mètres. En réalité, il fallait se placer à 40 mètres ou moins pour être sûr d'atteindre sa cible.

Ses successeurs[modifier | modifier le code]

Le Heereswaffenamt lança le développement des modèles 150 et 250, pouvant être rechargés, mais qui n'entrèrent pas en service avant la fin de la guerre. Seule une dizaine de Panzerfaust 150 fut produite mais jamais utilisée au combat. La forme de l'ogive est mieux profilée ce qui garantit une vitesse plus importante et donc une chance de pénétration du blindage accrue. En outre, pour un pouvoir de destruction équivalent au Panzerfaust 100, il consomme moins de matière explosive. Le tube est renforcé, ce qui le rend capable d'être utilisé dix fois avant d'être finalement jeté.

Le Panzerfaust 250, n'ayant pas dépassé le stade de la planche à dessin, devait intégrer une poignée munie d'une gâchette. Son design inspira fortement le RPG-2 soviétique d'après guerre. Le nom de ce lance-roquettes jetable a marqué les esprits, la Bundeswehr actuelle utilise un lance-roquettes dénommé Panzerfaust 3.

Spécifications[modifier | modifier le code]

Désignation Poids Poids
Propergol
Ø de la tête Vitesse du projectile
Vmax
Portée
Effective
Performance
Pénétration
Faustpatrone 30 2,7–3,2 kg 70 g 100 mm 28 m/s 30 m 140 mm
Panzerfaust 30 6,9 kg 95–100 g 149 mm 30 m/s 30 m 200 mm
Panzerfaust 60 8,5 kg 120–134 g 149 mm 45 m/s 60 m 200 mm
Panzerfaust 100 9,4 kg 190–200 g 149 mm 60 m/s 100 m 200 mm
Panzerfaust 150 6,5 kg 190–200 g 106 mm 85 m/s 150 m 280–320 mm

Le Panzerfaust au combat[modifier | modifier le code]

Cette arme fut très appréciée des soldats et redoutée des équipages de chars en raison de son faible encombrement (permettant à n'importe quel soldat de l'emporter en plus de son arme principale) et de sa capacité de pénétration des blindages de chars alliés. L'absence de recul en fait une arme prisée par le personnel peu ou pas formé. Mais son emploi était malaisé et dangereux car les organes de visée étaient réduits à leur plus simple expression alors même que le tireur devait veiller à se protéger des gaz brûlants produits lors du tir tout en se maintenant, non dissimulé ou protégé, à immédiate portée des armes ennemies. L'inconvénient de cette arme est sa faible portée ainsi que la flamme de trois mètres qui sort du tube au moment du tir. Il est donc assez mal aisé de l'utiliser en environnement confiné, ce qui est souvent le cas en combat urbain. L'autre inconvénient est son usage unique. Conscients de la rareté des métaux en Allemagne à cette époque, les rédacteurs du manuel d'utilisation stipulent qu'il faut, si possible, récupérer les tubes usagés afin de pouvoir les recycler.

Un manuel d'utilisation à destination des équipes de casseurs de char (« Panzerknacker ») a été édité par les fabricants. Il stipule que seules certaines parties du char ennemi doivent être visées. La roquette aura alors moins tendance à rebondir sur ces zones.

En de nombreuses occasions, le Landser se servait de son Panzerfaust comme d'un lance-grenades, il avait en effet un pouvoir de destruction supérieur aux grenades à fusil[1]. Il créait suffisamment de fumée au moment du tir pour servir de fumigène à son porteur, particulièrement pratique pour traverser une rue battue par le feu ennemi sans être vu[2]. Un plan d'utilisation fut imprimé sur chaque exemplaire du Panzerfaust pour permettre à tout soldat ou membre du Volkssturm de se servir correctement de son arme[3].

Galerie[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. histoire du second conflit mondial no 18
  2. histoire du second conflit mondial no 18
  3. Batailles et blindés hors série no 21: Panzerknacker, histoire du combat antichar allemand 1939-1945

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • « Le Guide du Landser - 1939-1945 », Ligne de Front, no 27 - Hors série,‎ janvier-février 2011. Présentation ici.
  • « Wehrmacht 1946 - L'arsenal de la dernière chance », Ligne de Front, no 12 - Hors série,‎ avril-mai 2011. Présentation ici.
  • Histoire du second conflit mondial no 18
  • Batailles et blindés no 21, Panzerknacker: histoire du combat antichar allemand 1939-1945.

Article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]