Ilonse

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Ilonse
village d'Ilonse
village d'Ilonse
Blason de Ilonse
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Provence-Alpes-Côte d'Azur
Département Alpes-Maritimes
Arrondissement Nice
Canton Saint-Sauveur-sur-Tinée
Intercommunalité Métropole Nice Côte d'Azur
Maire
Mandat
Richard Lions
2014-2020
Code postal 06420
Code commune 06072
Démographie
Gentilé Ilonsois
Population
municipale
172 hab. (2011)
Densité 4,2 hab./km2
Géographie
Coordonnées 44° 01′ 59″ N 7° 06′ 01″ E / 44.0331, 7.1003 ()44° 01′ 59″ Nord 7° 06′ 01″ Est / 44.0331, 7.1003 ()  
Altitude Min. 351 m – Max. 1 992 m
Superficie 40,59 km2
Localisation

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Ilonse est une commune française située dans le département des Alpes-Maritimes en région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Ses habitants sont appelés les Ilonsois.

Géographie[modifier | modifier le code]

Ilonse se situe à une heure de Nice soit 72 km.

Histoire[modifier | modifier le code]

Une voie romaine reliait les deux capitales successives de la province des Alpes-Maritimes, Cimiez et Embrun. Elle devait passer par la vallée de la Tinée et à partir de Saint-Sauveur-sur-Tinée se dirigeait vers le Var par Ilonse ou Roubion.

L'abbaye de Saint-Dalmas-de-Pedona avait un prieuré placé sous le vocable de saint Laurent et une chapelle Notre-Dame à Ilonse.

Le village apparaît dans le cartulaire de l'abbaye de Lérins au XIe siècle[1], Ilontia, puis au XIIe siècle Ilonza dans le cartulaire de la cathédrale de Nice.

Le village a d'abord appartenu à la famille Féraud de Thorame, Thorame-Glandevès, puis aux Grimaldi de Bueil au XIVe siècle.

La peste de 1327 emporta toute la population qui se trouvait dans le vieux castel.

En 1344, Astruge Grimaldi ou Astruga Rostagni-Grimaldi[2], devenue veuve, acheta la seigneurie aux Glandevès mais dût faire valoir ses droits auprès de la Communauté des habitants par la force[3]. Le 18 février 1344, le viguier de Tinée donne l'investiture de la seigneurie aux barons de Beuil et ordonne aux habitants d'Ilonse de reconnaître Astruge Grimaldi. Les habitants passent l'acte de reconnaissance mais refusent de payer certaines redevances féodales, en particulier de participer au paiement de la dot de Tiburge Grimaldi à son mariage avec Ludovic ou Louis Lascaris de Vintimille. Traités durement par les agents de la dame Astruga, les habitants se révoltent. Faucon d'Agoût au nom du sénéchal de Provence Hugues del Bazo vient à Ilonse avec ses milices et décide de convoquer un tribunal arbitral composé du chevalier Guillaume du Puget et de Philippe Balbi, co-seigneur de Saint-Sauveur-sur-Tinée. Le jugement est prononcé par l'évêque de Nice et Philippe Balbi en présence de la dame Astruga, de son père Guillaume Rostaing, de son fils Barnabé Grimaldi et des représentants de la commune, et publié le 9 août 1348. Ils sont condamnés le 2 mai 1351 à payer une indemnité.

Le 29 novembre 1390, Jean Grimaldi de Bueil renonce contre 105 écus annuels à tous ses droits féodaux sur les habitants d'Ilonse sauf exceptions énoncées.

En 1621, à la suite de l'exécution du dernier comte de Beuil, Annibal Grimaldi, le château est démoli. Ilonse devient une seigneurie des Badat, et les habitants font hommage et prêtent serment de fidélité le 6 juillet 1621[4]

En 1729, Ilonse devient une seigneurie des Pascalis avec le titre de comte[5].

En 1848, le hameau d'Abeleria est détruit par un incendie.

En 1860, Ilonse, comme la plus grande partie du comté de Nice, est rattaché à la France. La commune fait alors partie du canton de Saint-Sauveur-sur-Tinée.

La route arrive à Ilonse en 1945. Une route est inaugurée en septembre 1987 entre Ilonse et Pierlas.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

La mairie
Liste des maires (occupation française 1794-1815 et depuis 1860)
et syndics (1815-1860) successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1800   Matheudi    
1803   Ciamos    
1803   Jean-Louis Remusatty    
1807   Antoine Chamossi    
1815   Charles Ciamos   Syndic
1816   Jean Antoine Chiabaudo   Syndic
1816   Jean Honoré Bergondi   Syndic
1819   Jean Stéphane Audoli   Syndic
1821   Charles Ciamos   Syndic
1823   Louis Chiabaudo   Syndic
1825   Jean-Stéphane Audoli   Syndic
1829   Joseph Antoine Puons   Syndic
1831   Jean-Stéphane Audoli   Syndic
1833   Jean Baptiste Ricelme   Syndic
1837   Joseph Robion   Syndic
1840   Jean Baptiste Ricelme   Syndic
1846   Laurent Issautier   Syndic
1849   Joseph Ciampossin   Syndic
1852   Joseph Ciabaut   Syndic
1857   Laurent Issautier   Syndic
1860   Laurent Issautier    
1865   François Audoly    
1870   Jean Bres    
1874   Baptiste Audoli    
1878   Augustin Ciamos    
1884   Jean-Baptiste Audoli    
1888   Joseph Mario    
1890   Louis Poesi    
1892   Jean-Baptiste Richelme    
1896   Baptiste Ricelme    
1900   Baptiste Ciamos    
1904   Baptiste Ricelme    
1908   Joseph Pierlas    
1912   Eugène Dalbouse    
1929   Joseph Ribotti    
1934   Honoré Riquier    
1935   Louis Paul    
1938   André Rousset    
1938   Charles Rousset    
1945   Louis Bres    
1945   Lucien Pierlas    
1983   Michel Rittano    
1995   Christian Castellani    
mars 2008 en cours Richard Lions[6]    

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 172 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1822 1831 1838 1841 1848 1851
434 570 534 571 809 659 713 978 652
1858 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
506 493 481 401 434 435 377 333 354
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
308 302 306 262 249 225 160 124 124
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2006 2010
102 80 57 55 78 113 129 132 167
2011 - - - - - - - -
172 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[7] puis Insee à partir de 2004[8].)
Histogramme de l'évolution démographique


Économie[modifier | modifier le code]

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • De l'ancienne seigneurie d'Ilonse, il reste les ruines d'un château qui a été démoli après l'exécution d'Annibal Grimaldi de Beuil, en 1621, et quelques vestiges de remparts près de l'église.
  • Village perché, il a conservé des ruelles avec passages voûtés. On a à partir du village un beau panorama sur la vallée de la Tinée et le Valdeblore.
  • Église paroissiale Saint-Michel[9] datant du XIIIe siècle, agrandie dans la seconde partie du XVIIe siècle, restaurée aux XIXe siècleet XXe siècle. La travée du chœur est couverte d'ogives pouvant dater de la fin du XVe ou du début du XVIe siècle. Cette partie aurait pu être l'ancienne chapelle castrale. Le reste de l'église aurait été construite après. On y a découvert au cours d'une restauration, en 1973, des peintures murales représentant saint Michel en armure pesant les âmes. Leur comparaison avec celles de la chapelle Saint-Michel de Clans les a fait attribuer à Andrea de Cella. On trouve aussi au chevet un retable sculpté avec une toile représentant saint Michel entre saint Pierre et saint Paul avec au regstre supérieur le Père Éternel entouré des archanges Gabriel et Raphaël.
    L'église abrite aussi un triptyque sur toile réprésentant saint Pons, daté de 1630, et qui se trouvait dans une chapelle qui est désaffectée aujourd'hui. Saint Pons est entouré des saints protecteurs de la peste, saint Roch et saint Sébastien[10].
  • Chapelle Saint-Grat, du XVIIe et XVIIIe siècles, avec des peintures murales modernes par Irène Pagès[11]
  • Pont sur la Tinée, inauguré le 11 juin 2010. Le tablier est une structure de 5 poutres en bois espacées de 1 m., sous-bandée par des tirants métalliques tenus par des entretoises en bois. Le hourdis a été réalisé à l'aide de dalles préfabriquées en béton armé fixées sur l'extrados des poutres en bois. Sur ce hourdis ont été mis en place l'étanchéité et la couche de roulement, ainsi que les équipements de sécurité. Le tablier a une portée de 21,50 m. Il a été réalisé par l'entreprise G.T.M.-T.P. Côte d'Azur. La charpente en bois lamellé-collé a été fabriquée par Fargeot Lamellé-collé. Le maître d'ouvrage et maître d'œuvre sont le Conseil général des Alpes-Maritimes. Ce pont remplace un ancien pont réalisé en 1862-1864 par l'entreprise Restolli de Touët de Beuil.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Raimond Féraud[12], fils de Guillaume Feraud III seigneur d'Ilonse, peut-être né à Ilonse vers 1245. Mort vers 1325. Troubadour, il a fréquenté la cour de Charles Ier de Provence et l'accompagna dans le royaume de Naples. Lié à Charles II de Provence et à Marie de Hongrie, il lui a rendu hommage dans ses écrits. Entré dans l'abbaye de Lérins avant 1300, il devint prieur du prieuré de Roquestéron. Il a laissé un grand poème en provençal de 4127 vers «Vida de saint Honorat», composé vers 1300[13] qui est le seul texte qui nous soit parvenu[14]. Il a aussi écrit une Vie de saint Hermentaire qui a disparu.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Ilonse Blason D’or aux trois rencontres de bélier de sable accornés d’argent, au chef de sinople chargé de trois épis de blé du champ.
Détails Le statut officiel du blason reste à déterminer.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Yves Bernard, L'annuaire Touristique et Culturel des Alpes-Maritimes et de Monaco, p. 429-430, Éditions Campanile, 1997 (ISBN 2912366-003)
  • Philippe de Beauchamp, Villages & hameaux isolés des Alpes-Maritimes, p. 86-87, Éditions Serre, Nice, 1989 (ISBN 2-86410-131-9)
  • Pascal Colletta, Ilonse - Au bout du chemin, Serre éditeur, Nice, 2007 (ISBN 9782864104919) ; p. 79

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Nice Rendez-vous : Ilonse
  2. Note 1 : Astruge Rostaing (aussi écrit Rostang) ou Astruga Rostagni est la fille de Guillaume Rostaing (ou Rostagni), seigneur de Beuil. Ce dernier avait poussé à la révolte en 1258 les habitants de Beuil, puis avait été tué en 1315 par les habitants de Thiéry indignés parce qu'il a usé d'un prétendu droit de cuissage sur une nouvelle mariée. Astruge se maria en 1315 avec Andaron Grimaldi, oncle de Rainier Ier Grimaldi, seigneur de Monaco. C'est le début de la famille Grimaldi de Beuil. Son fils Barnabé Grimaldi s'est rendu célèbre par le meurtre en 1353 de son voisin Bertrand de Caïs, fils de François Caïs qui avait acheté la seigneurie de Roure qu'il convoitait. Il lui avait fait trancher la main droite et crever les yeux. Il obtint le pardon du sénéchal de Provence après paiement de 2 000 florins d'or à la chambre royale. Pour laver sa conscience de ce crime il testa le 18 avril 1368 un don de 300 florins d'or aux héritiers de Caïs. Barnabé Grimaldi est le père de Jean Grimaldi de Beuil.
  3. Philippe de Beauchamp, Villages & hameaux isolés des Alpes-Maritimes, p.  86-87, Éditions Serre, Nice, 1989 (ISBN 2-86410-131-9)
  4. Note 2 : Annibal Badat, gouverneur de Villefranche et de Barcelonnette, avait conduit l'armée du duc de Savoie contre Annibal Grimaldi retranché dans son château de Tourette-du-Château et le prit. Le duc de Savoie investit Annibal Badat d'Ilonse, de Rorà et de Pierlas avec le titre de comte. Ces fiefs sont revenus à la Couronne en 1722 (J. De Orestis, La Noblesse niçoise. Notes historiques sur les anciennes familles du comté de Nice, p. 51-52, Nice-Historique, 1909, no 3).
  5. En 1729, le fief appartient au comte Charles-François Pascalis (ou Charles-François Pascal, seigneur d'Ilonse). Les membres de la noble famille Pascalis (ou Pascal, Pascale), originaire de Cuneo en Piémont (Italie), étaient barons de Nucetto et comptes de Ilonse (Ilonsa en italien).
  6. Site de la préfecture des Alpes-Maritimes, consulté le 20 juin 2008
  7. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  8. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2005, 2006, 2010, 2011
  9. Luc F. Thévenon, L'art du Moyen Âge dans les Alpes méridionales, p.  46, Éditions Serre, Nice, 1983 (ISBN 2-86410-047-9)
  10. Christiane Lorgues-Lapouge, René Lorgues, Comté de Nice baroque - Tome 1 : La vallée de la Tinée, p. 44-45, Encyclopædia Niciensis, Volume V, Serre édieur, Nice, 2004 (ISBN 2-86410-416-4) ; p. 99
  11. Philippe de Beauchamp, L'art religieux dans les Alpes maritimes, p.  88, Édisud, Aix-en-Provence, 1993 (ISBN 2-85744-485-0)
  12. Google Livres : Annales de la Société des lettres, sciences et arts des Alpes-Maritimes, Tome Ier, p.  VII, Nice, 1863
  13. Luc F. Thévenon, op. cité, p.  46
  14. Yves Bernard, L'annuaire Touristique et Culturel des Alpes-Maritimes et de Monaco p.  211, Éditions Campanile, 1997 (ISBN 2912366-003)