Ilonse

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : Navigation, rechercher
Ilonse
village d'Ilonse
village d'Ilonse
Administration
Pays Drapeau de France France
Région Provence-Alpes-Côte d'Azur
Département Alpes-Maritimes
Arrondissement Nice
Canton Saint-Sauveur-sur-Tinée
Intercommunalité Métropole Nice Côte d'Azur
Maire
Mandat
Richard Lions
2008-2014
Code postal 06420
Code commune 06072
Démographie
Population
municipale
153 hab. (2008)
Densité 3,8 hab./km2
Géographie
Coordonnées 44° 01′ 59″ N 7° 06′ 01″ E / 44.0331, 7.100344° 01′ 59″ Nord
       7° 06′ 01″ Est
/ 44.0331, 7.1003
  
Altitude Min. 351 m — Max. 1 992 m
Superficie 40,59 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Alpes-Maritimes

Voir sur la carte administrative des Alpes-Maritimes
City locator 14.svg
Ilonse

Géolocalisation sur la carte : Alpes-Maritimes

Voir sur la carte topographique des Alpes-Maritimes
City locator 14.svg
Ilonse

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte administrative de France
City locator 14.svg
Ilonse

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte topographique de France
City locator 14.svg
Ilonse

Ilonse est une commune française, située dans le département des Alpes-Maritimes et la région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Ses habitants sont les Ilonsois.

Sommaire

Géographie [modifier]

Ilonse se situe à une heure de Nice soit 72 km.

Économie [modifier]

Histoire [modifier]

Une voie romaine reliait les deux capitales successives de la province des Alpes-Maritimes, Cimiez et Embrun. Elle devait passer par la vallée de la Tinée et à partir de Saint-Sauveur-sur-Tinée se dirigeait vers le Var par Ilonse ou Roubion.

L'abbaye de Saint-Dalmas-de-Pedona avait un prieuré placé sous le vocable de saint Laurent et une chapelle Notre-Dame à Ilonse.

Le village apparaît dans le cartulaire de l'abbaye de Lérins au XIe siècle, Ilontia, puis au XIIe siècle Ilonza dans le cartulaire de la cathédrale de Nice.

Le village a d'abord appartenu à la famille Féraud de Thorame, Thorame-Glandevès, puis aux Grimaldi de Bueil au XIVe siècle.

La peste de 1327 emporta toute la population qui se trouvait dans le vieux castel.

En 1344, Astruge Grimaldi ou Astruga Rostagni-Grimaldi[1], devenue veuve, acheta la seigneurie aux Glandevès mais dût faire valoir ses droits auprès de la Communauté des habitants par la force[2]. Le 18 février 1344, le viguier de Tinée donne l'investiture de la seigneurie aux barons de Beuil et ordonne aux habitants d'Ilonse de reconnaître Astruge Grimaldi. Les habitants passent l'acte de reconnaissance mais refusent de payer certaines redevances féodales, en particulier de participer au paiement de la dot de Tiburge Grimaldi à son mariage avec Ludovic ou Louis Lascaris de Vintimille. Traités durement par les agents de la dame Astruga, les habitants se révoltent. Faucon d'Agoût au nom du sénéchal de Provence Hugues del Bazo vient à Ilonse avec ses milices et décide de convoquer un tribunal arbitral composé du chevalier Guillaume du Puget et de Philippe Balbi, co-seigneur de Saint-Sauveur-sur-Tinée. Le jugement est prononcé par l'évêque de Nice et Philippe Balbi en présence de la dame Astruga, de son père Guillaume Rostaing, de son fils Barnabé Grimaldi et des représentants de la commune, et publié le 9 août 1348. Ils sont condamnés le 2 mai 1351 à payer une indemnité.

Le 29 novembre 1390, Jean Grimaldi de Bueil renonce contre 105 écus annuels à tous ses droits féodaux sur les habitants d'Ilonse sauf exceptions énoncées.

En 1621, à la suite de l'exécution du dernier comte de Beuil, Annibal Grimaldi, le château est démoli. Ilonse devient une seigneurie des Badat, et les habitants font hommage et prètent serment de fidélité le 6 juillet 1621[3]

En 1729, Ilonse devient une seigneurie des Pascalis avec le titre de comte[4].

En 1848, le hameau d'Abeleria est détruit par un incendie.

En 1860, Ilonse, comme la plus grande partie du comté de Nice, est rattaché à la France. La commune fait alors partie du canton de Saint-Sauveur-sur-Tinée.

La route arrive à Ilonse en 1945. Une route est inaugurée en septembre 1987 entre Ilonse et Pierlas.

Héraldique [modifier]

Blason de Ilonse Blason D’or aux trois rencontres de bélier de sable accornés d’argent, au chef de sinople chargé de trois épis de blé du champ.
Détails Le statut officiel du blason reste à déterminer.

Administration [modifier]

Liste des maires (occupation française 1794-1815 et depuis 1860)
et syndics (1815-1860) successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1800   Matheudi    
1803   Ciamos    
1803   Jean-Louis Remusatty    
1807   Antoine Chamossi    
1815   Charles Ciamos   Syndic
1816   Jean Antoine Chiabaudo   Syndic
1816   Jean Honoré Bergondi   Syndic
1819   Jean Stéphane Audoli   Syndic
1821   Charles Ciamos   Syndic
1823   Louis Chiabaudo   Syndic
1825   Jean-Stéphane Audoli   Syndic
1829   Joseph Antoine Puons   Syndic
1831   Jean-Stéphane Audoli   Syndic
1833   Jean Baptiste Ricelme   Syndic
1837   Joseph Robion   Syndic
1840   Jean Baptiste Ricelme   Syndic
1846   Laurent Issautier   Syndic
1849   Joseph Ciampossin   Syndic
1852   Joseph Ciabaut   Syndic
1857   Laurent Issautier   Syndic
1860   Laurent Issautier    
1865   François Audoly    
1870   Jean Bres    
1874   Baptiste Audoli    
1878   Augustin Ciamos    
1884   Jean-Baptiste Audoli    
1888   Joseph Mario    
1890   Louis Poesi    
1892   Jean-Baptiste Richelme    
1896   Baptiste Ricelme    
1900   Baptiste Ciamos    
1904   Baptiste Ricelme    
1908   Joseph Pierlas    
1912   Eugène Dalbouse    
1929   Joseph Ribotti    
1934   Honoré Riquier    
1935   Louis Paul    
1938   André Rousset    
1938   Charles Rousset    
1945   Louis Bres    
1945   Lucien Pierlas    
1983   Michel Rittano    
1995   Christian Castellani    
mars 2008   Richard Lions[5]    

Démographie [modifier]

Évolution démographique
(Source : INSEE[6])
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006
58 80 57 55 78 113 132
Nombre retenu à partir de 1962 : population sans doubles comptes

Lieux et monuments [modifier]

  • De l'ancienne seigneurie d'Ilonse, il reste les ruines d'un château qui a été démoli après l'exécution d'Annibal Grimaldi de Beuil, en 1621, et quelques vestiges de remparts près de l'église.
  • Village perché, il a conservé des ruelles avec passages voûtés. On a à partir du village un beau panorama sur la vallée de la Tinée et le Valdeblore.
  • Église paroissiale Saint-Michel[7] datant du XIIIe siècle, agrandie dans la seconde partie du XVIIe siècle, restaurée aux XIXe siècleet XXe siècle. La travée du chœur est couverte d'ogives pouvant dater de la fin du XVe ou du début du XVIe siècle. Cette partie aurait pu être l'ancienne chpelle castrale. Le reste de l'église aurait été construite après. On y a découvert au cours d'une restauration, en 1973, des peintures murales représentant saint Michel en armure pesant les âmes. Leur comparaison avec celles de la chapelle Saint-Michel de Clans les a fait attribuer à Andrea de Cella. On trouve aussi au chevet un retable sculpté avec une toile représentant saint Michel entre saint Pierre et saint Paul.
  • Chapelle Saint-Grat, du XVIIe et XVIIIe siècles, avec des peintures murales modernes par Irène Pagès[8]

Personnalités liées à la commune [modifier]

  • Raimond Féraud[9], fils de Guillaume Feraud III seigneur d'Ilonse, peut-être né à Ilonse vers 1245. Mort vers 1325. Troubadour, il a fréquenté la cour de Charles Ier de Provence et l'accompagna dans le royaume de Naples. Lié à Charles II de Provence et à Marie de Hongrie, il lui a rendu hommage dans ses écrits. Entré dans l'abbaye de Lérins avant 1300, il devint prieur du prieuré de Roquestéron. Il a laissé un grand poème en provençal de 4127 vers «Vida de saint Honorat», composé vers 1300[10] qui est le seul texte qui nous soit parvenu[11]. Il a aussi écrit une Vie de saint Hermentaire qui a disparu.

Voir aussi [modifier]

Bibliographie [modifier]

  • Yves Bernard, L'annuaire Touristique et Culturel des Alpes-Maritimes et de Monaco, p. 429-430, Éditions Campanile, 1997 (ISBN 2912366-003)
  • Philippe de Beauchamp, Villages & hameaux isolés des Alpes-Maritimes, p. 86-87, Éditions Serre, Nice, 1989 (ISBN 2-86410-131-9)

Articles connexes [modifier]

Liens externes [modifier]

Sources [modifier]

Notes [modifier]

  1. Note 1 : Astruge Rostaing (aussi écrit Rostang) ou Astruga Rostagni est la fille de Guillaume Rostaing (ou Rostagni), seigneur de Beuil. Ce dernier avait poussé à la révolte en 1258 les habitants de Beuil, puis avait été tué en 1315 par les habitants de Thiéry indignés parce qu'il a usé d'un prétendu droit de cuissage sur une nouvelle mariée. Astruge se maria en 1315 avec Andaron Grimaldi, oncle de Rainier Ier Grimaldi, seigneur de Monaco. C'est le début de la famille Grimaldi de Beuil. Son fils Barnabé Grimaldi s'est rendu célèbre par le meurtre en 1353 de son voisin Bertrand de Caïs, fils de François Caïs qui avait acheté la seigneurie de Roure qu'il convoitait. Il lui avait fait trancher la main droite et crever les yeux. Il obtint le pardon du sénéchal de Provence après paiement de 2 000 florins d'or à la chambre royale. Pour laver sa conscience de ce crime il testa le 18 avril 1368 un don de 300 florins d'or aux héritiers de Caïs. Barnabé Grimaldi est le père de Jean Grimaldi de Beuil.
  2. Philippe de Beauchamp, Villages & hameaux isolés des Alpes-Maritimes, p.  86-87, Éditions Serre, Nice, 1989 (ISBN 2-86410-131-9)
  3. Note 2 : Annibal Badat, gouverneur de Villefranche, avait conduit l'armée du duc de Savoie contre Annibal Grimaldi retranché dans son château de Tourette-du-Château pour l'investir.
  4. En 1729, le fief appartient au comte Charles-François Pascalis (ou Charles-François Pascal, seigneur d'Ilonse). Les membres de la noble famille Pascalis (ou Pascal, Pascale), originaire de Cuneo en Piémont (Italie), étaient barons de Nucetto et comptes de Ilonse (Ilonsa en italien).
  5. Site de la préfecture des Alpes-Maritimes, consulté le 20 juin 2008
  6. Ilonse sur le site de l'Insee
  7. Luc F. Thévenon, L'art du Moyen Âge dans les Alpes méridionales, p.  46, Éditions Serre, Nice, 1983 (ISBN 2-86410-047-9)
  8. Philippe de Beauchamp, L'art religieux dans les Alpes maritimes, p.  88, Édisud, Aix-en-Provence, 1993 (ISBN 2-85744-485-0)
  9. Google Livres : Annales de la Société des lettres, sciences et arts des Alpes-Maritimes, Tome Ier, p.  VII, Nice, 1863
  10. Luc F. Thévenon, op. cité, p.  46
  11. Yves Bernard, L'annuaire Touristique et Culturel des Alpes-Maritimes et de Monaco p.  211, Éditions Campanile, 1997 (ISBN 2912366-003)