Utelle

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Utelle
Le village d'Utelle.
Le village d'Utelle.
Blason de Utelle
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Provence-Alpes-Côte d'Azur
Département Alpes-Maritimes
Arrondissement Nice
Canton Lantosque
Intercommunalité Métropole Nice Côte d'Azur
Maire
Mandat
Bernard Cortes
2008-2014
Code postal 06450
Code commune 06151
Démographie
Gentilé Utellois
Population
municipale
743 hab. (2011)
Densité 11 hab./km2
Géographie
Coordonnées 43° 55′ 07″ N 7° 14′ 53″ E / 43.9186111111, 7.24805555556 ()43° 55′ 07″ Nord 7° 14′ 53″ Est / 43.9186111111, 7.24805555556 ()  
Altitude Min. 126 m – Max. 2 080 m
Superficie 67,97 km2
Localisation

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Utelle est une commune française située dans le département des Alpes-Maritimes en région Provence-Alpes-Côte d'Azur. La commune est particulièrement connue pour ses pèlerinages à la madone d'Utelle et son église classée monument historique.

Ses habitants sont appelés les Utellois.

Géographie[modifier | modifier le code]

La commune d'Utelle est située au confluent du Var et de la Tinée, mais le village est situé sur les hauteurs, dominant la vallée de la Tinée, comme celle de la Vésubie.

Hameaux de la commune[modifier | modifier le code]

Saint-Jean-la-Rivière.



  • Le Blaquet
  • Le Chaudan
  • Le Cros d'Utelle
  • Le Figaret
  • Saint-Jean-la-Rivière (où se trouve la mairie)

Près du pont de Saint-Jean-la-Rivière se trouve la prise d'eau[1] du canal de la Vésubie qui alimente les différents villages jusqu'à Nice.

Économie[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Lieu de passage au XVe siècle de la route du sel depuis Hyères vers Borgo San Dalmazzo[2]. L’histoire d’Utelle a toujours été liée à celle de Nice et de son Comté. Nous retracerons donc brièvement l’histoire du Comté, et nous efforcerons de voir les différences et les aspects propres à Utelle : Légende de la Reine Jeanne, Prise du Brec d’Utelle par Masséna, révolte des Barbets.

  • Les Ligures - Le site est déjà peuplé à l’âge de bronze par « les vésubianis ». Ils construisent des castellars, gros blocs de pierre pour eux-mêmes et leurs troupeaux.
  • les Romains - d’abord en lutte contre les Romains, Utelle devient un carrefour du commerce vers la Durance.
  • le comté de Provence[3] - période d’insécurité et de guerre, Utelle affirme sa soumission au Comte de Provence devenu roi de Naples. La Reine Jeanne confirme le privilège de porter des couteaux de longueur non limitée, d’où le surnom des Utellois « les couteliers ». À 17 ans Jeanne commence un règne truffé d’extravagance et de rebondissements.
  • le duché de Savoie - lors de la dédition (rattachement) de Nice à la Savoie en 1388, Utelle rend hommage aux comtes de Savoie.
  • La Révolution[4] - Au cours de la guerre entre les Français et les austro-Piémontais, les Français occupent le Comté de Nice. Plusieurs batailles ont lieu dans l’arrière-pays, à Utelle on note l’exploit de Masséna qui réussit à faire installer des canons sur le Brec d’Utelle pour bombarder Utelle et la Madone. Les Barbets, mi-résistants mi-bandits, mènent la vie dure aux soldats français. Les habitants souhaitent une réunion du Comté à la France. Utelle : 694 oui, 0 non.
  • la période contemporaine - depuis 1860, Utelle suit l’histoire de la France avec le développement du département. La route de la Vésubie par Levens et Duranus en 1864. Le percement de la basse vallée ne se fait qu’autour de 1900 avec l’idée d’un chemin de fer TNL (Tramway de Nice et du Littoral). La jonction Plan du Var – Saint-Jean-la Rivière est achevée en 1893. La première voiture (camionnette avec jantes en fer et pneus pleins) atteint Utelle en 1912. Concurrencé par l’automobile, le tramway s’arrête en 1928. Cette période est surtout marquée par l’exode rural : 2400 habitants en 1860, 500 en 1960.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Utelle Blason D’argent aux deux pals d’azur, à l’ours en pied de sable brochant sur le tout.
Détails Le statut officiel du blason reste à déterminer.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
11 mars 2001 mars 2002      
mars 2002 mars 2008 Alain Faraut sans étiquette  
mars 2008   Bernard Cortes[5]    

Une élection municipale partielle eut lieu en 2002 suite à l'annulation de l'élection de 2001, amenant à l'élection d'Alain Faraut.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 743 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1822 1838 1848 1861 1866 1872
1 449 1 463 1 599 1 859 2 136 2 363 2 172 1 961 2 438
1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906 1911 1921
1 815 1 827 1 635 2 360 1 640 1 531 1 553 1 528 1 312
1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975 1982
1 154 1 040 932 776 693 506 516 451 398
1990 1999 2006 2007 2011 - - - -
456 488 660 685 743 - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[6] puis Insee à partir de 2004[7])
Histogramme de l'évolution démographique


Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Sanctuaire de la Madone d'Utelle.
  • Sanctuaire de la Madone d'Utelle : lieu de pèlerinage, le sanctuaire, reconstruit en 1806, fut fondé en 850 par des marins espagnols qui remercièrent ainsi la Vierge de les avoir sauvés d'un naufrage en les guidant par une étoile. L'intérieur contient des ex-voto des pèlerins reconnaissants.
  • La prise d’eau du canal de la Vésubie servant à alimenter en eau potable la campagne niçoise : cet aqueduc est réalisé à partir de 1881 par la Compagnie générale des eaux sur un projet de l’ingénieur E. Delacroix. L’ensemble des ouvrages de départ du canal dit de Saint-Jean-la-Rivière sont inscrits au titre des monuments historiques le .
  • L’église Saint-Véran, XIVe / XVIIe siècle, commencée dans le style roman et achevée en baroque, présente de nombreuses richesses intérieures, dont un retable en bois sculpté que Napoléon aurait bien voulu s’approprier. Un porche gothique précède un portail en bois sculpté.
  • La chapelle Sainte-Croix ou chapelle des Pénitents blancs.
  • L'ancienne chapelle des Pénitents Noirs, actuelle salle des fêtes.
  • L'ancienne chapelle Saint-Sébastien
La porte de l'ancien hôpital Sainte-Christine.
  • L'ancien hôpital Sainte-Christine d'Utelle[8]. La fondation de l'hôpital est prévue dans le testament du notaire ducal Jacques Cristini fait le 16 avril 1686. Le testament prévoit que "la confrérie du Gonfalon (celle des pénitents blancs sous le vocable de la Sainte-Croix) établisse un hôpital pour les pauvres de ce lieu et les autres … pour ce, le chapelain de la dite confrérie devra faire réparer sa maison". Il lègue aussi 4 draps, une douzaine de serviettes, 6 essuie-mains, 6 nappes et un lit. Le reste des dépenses devait être assuré par la confrérie. Le fils du premier donateur, J.-B. Christini, et ses neveux, J.-B. et Jean-Ludovic Ghinaudi instituèrent un jus-patronat sur la chapelle Sainte-Christine et rédigèrent dans leur testament 20 avril 1740 dans lequel ils prévoient la création d'un hôpital dont la réalisation est confiée à Jean-Ludovic, prêtre et ancien prieur de Malaussène. À sa mort, en 1765, un inventaire de tous ses biens a été dressé et on vendit ceux n'ayant pas d'utilité pour l'hôpital. Avec l'argent ont été achetés meubles et ustensiles nécessaires. L'hôpital devait fonctionner un an après la mort du prêtre et recevoir ses premiers malades. L'hôpital a été administré comme toutes les fondations pieuses du Comté. Il suit les règles canoniques voulues par le fondateur et sous le patronage de l'évêque. Le testament de Jean-Luc Ghinaudi, rédigé le 9 octobre 1765, prévoit que la direction de l'hôpital devait être collégiale : le curé de la paroisse, le prieur de la Confrérie du Gonfalon et le syndic de la ville Il est géré par le recteur-économe, Michel-Ange Massilia, à sa fondation. Le règlement de l'hôpital n'a été rédigé qu'en 1840. Le roi de Piémont-Sardaigne mit en place une réforme du système d'assistance dans l'édit du 24 décembre 1836, pour assurer la gestion et placer son contrôle sous l'autorité du roi et de ses représentants. Malgré l'opposition du collège dirigeant l'hôpital, faisant remarquer que ces dispositions ne sont pas conformes aux testaments, elles furent appliquer par l'édit royal du 22 mars 1850. Cette organisation a perduré après le rattachement du Comté de Nice à la France. Un nouveau règlement entra en vigueur en 1900. Dès 1843, la commission administrative rappelait aux médecins qu'ils devaient aussi soigner à leur domicile les malades non accueillis à l'hôpital à cause du manque de lit ou atteints de maladies non admises. L'hôpital va aussi fournir de la nourriture aux plus pauvres. La Révolution va entraîner une baisse des revenus tirés des biens de l'hôpital, qui ne suffirent plus pour couvrir les dépenses. En 1798, les déficits de l'hôpital vont entraîner la liquidation des biens de l'hôpital. L'hôpital a eu des difficultés à recouvrer ses créances. La loi du 21 juillet 1927 "permettant la réduction des charges des fondations dans les établissements hospitaliers", va conduire à la fermeture de l'hôpital en mai 1928.
  • De nombreuses maisons anciennes dans les différentes rues du village

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Madeleine Faraut (1899-1983) : Institutrice à Nice et communiste proche de Virgile Barel et de Célestin Freinet, elle fut déplacée d'office en 1932 à Saint-Jean-la-Rivière. C'est le Front Populaire qui la ramena à Nice. Elle s'y distingua en s’occupant pendant deux ans de l'Union des Femmes contre la misère et la guerre. Elle fut révoquée en mars 1940 et envoyée en résidence surveillée à Berre-les-Alpes. Elle fut ensuite internée dans le Tarn mais libérée en 1942 en raison de son mariage, et c'est en 1943 qu'elle entra en contact avec les maquis FTP de la région. À la Libération, elle entra comme représentante des « Femmes de France » dans l'équipe municipale (délégation spéciale) que dirigeait alors Virgile Barel. Membre du bureau fédéral du PC, elle fut élue conseillère municipale de Nice en 1947 et le resta jusqu'en 1965.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

L'église du Chaudan.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre-Robert Garino, La vallée de la Vésubie. Guide du visiteur, p. 66-72, Serre éditeur, Nice, 1998 (ISBN 2-86410-287-0).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Prise d'eau du canal de la Vésubie », base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. Philippe de Beauchamp, Le haut pays méconnu. Villages & hameaux isolés des Alpes-Maritimes, p. 31-35, Éditions Serre, Nice, 1989 (ISBN 2-86410-131-9)
  3. Ernest Hildesheimer, Utelle d'après les anciennes chartes, p. 7-34, Nice historique, Paris, 1952 [1]
  4. Georges Baumet, Aspect de la vie économique et sociale dans la commune d'Utelle 1792-1814, p. 91-114, Nice historique, Nice, 1970 [2]
  5. Site de la préfecture des Alpes-Maritimes, consulté le 20 juin 2008
  6. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  7. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2011
  8. Janine Malausséna, Olivier Vernier, Un hôpital du comté de Nice au XIXe siècle : Sainte-Christine d’Utelle, p. 46-53, Nice historique, Nice, 1994 [3]