Littérature prolétarienne

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La littérature prolétarienne est un courant littéraire qu'Henry Poulaille, fondateur du « Groupe des écrivains prolétariens de langue française » (connu aussi sous le nom d'« école prolétarienne », (terme que Poulaille désapprouvait), fut le premier à définir et organiser en France dans les années 1930.

Est défini comme auteur prolétarien tout auteur :

  • né de parents ouvriers ou paysans,
  • autodidacte (ayant quitté tôt l'école pour travailler, ou à la rigueur ayant bénéficié d'une bourse - en général pour devenir instituteur dans le système primaire, « l'école des pauvres », à l'époque où deux systèmes scolaires cohabitaient),
  • et qui témoigne dans ses écrits des conditions d'existence de sa classe sociale.

La définition première précise aussi que l'auteur prolétarien doit continuer de gagner sa vie comme ouvrier ou comme paysan, mais plusieurs auteurs faisant exception à cette règle (à commencer par Poulaille lui-même qui a exercé divers métiers de 13 à 27 ans, mais s'est consacré ensuite à des activités moins « ouvrières » dans l'édition et le journalisme) sont cependant considérés comme auteurs prolétariens, du fait que leurs ouvrages et leur action restent orientés vers la défense du prolétariat et d'une expression littéraire spécifiquement ouvrière.

Histoire de la littérature prolétarienne[modifier | modifier le code]

Marcel Martinet est le premier à tenter de définir une culture spécifiquement prolétarienne. Très marqué par les Réflexions sur l'éducation (publiées en 1912-1913 dans La Vie Ouvrière), où l'instituteur syndicaliste Albert Thierry (1881-1915) revendique son appartenance de classe, et définit le « refus de parvenir », Martinet publie dès juin 1913, dans l'Effort libre dirigé par Jean-Richard Bloch, un manifeste intitulé L'art prolétarien. Entre 1918 et 1923, il publie plusieurs articles qu'il rassemblera en 1935 dans le recueil Culture prolétarienne. De 1921 à 1924, il est directeur littéraire de L'Humanité ; il publie les premiers textes du jeune Henry Poulaille. Il fait se rencontrer Poulaille et Lucien Bourgeois et les incite à écrire d'un point de vue prolétarien. Bourgeois publie L'Ascension en 1925. En 1922, Poulaille rencontre Tristan Rémy et ensemble ils recherchent des écrivains ouvriers et paysans avec le projet de former un groupe littéraire. Une tentative semblable a lieu parallèlement en Belgique, sous l'impulsion d'Augustin Habaru, d'Albert Ayguesparse et de Pierre Hubermont.

À partir de 1925, Poulaille s'active infatigablement pour diffuser des ouvrages de Charles-Ferdinand Ramuz, Blaise Cendrars, Upton Sinclair, Panaït Istrati, Henri Pourrat, etc.

En 1930, la réflexion de Poulaille sur la littérature prolétarienne arrive à maturité, et il développe ses théories dans un essai, Nouvel âge littéraire. Cet ouvrage a un fort retentissement, et de nombreux écrivains prolétaires commencent à se rassembler autour de Poulaille. En mars 1932, Tristan Rémy, Marc Bernard et d'autres dont Poulaille forment le Groupe des écrivains prolétariens, qui publie aussitôt un Bulletin des écrivains prolétariens, dans le premier numéro duquel paraît un manifeste intitulé Notre position et signé par 36 auteurs (cf. la liste en bas de page).

Poulaille fonde des revues pour diffuser les auteurs ouvriers (Nouvel âge, 1931, 12 numéros ; Prolétariat, 1933, 12 numéros ; À contre courant (sans tiret), 1935-1936, 12 numéros). Il est aussi invité par Emmanuel Mounier à publier dans sa revue Esprit un Cahier de littérature prolétarienne de 30 pages (1936-1937, 4 numéros).

Au fil des années 1930, les attaques venant du PCF pleuvent de plus en plus durement sur Poulaille et le groupe prolétarien. Henri Barbusse et Marcel Martinet, quoique appartenant au PCF, continuent de soutenir Poulaille. Martinet publie en 1935 Culture prolétarienne, où il réaffirme des positions prolétariennes contre la ligne officielle du PCF (voir ci-dessous le paragraphe Peuple et littérature dans les années 1930). Mais Tristan Rémy, le comparse des débuts, rejoint l'AEAR (Association des écrivains et artistes révolutionnaires, fondée par le PCF en décembre 1932). Et Jean Fréville, Louis Aragon ou Paul Nizan invectivent l'école prolétarienne dans la presse communiste.

Le 16 mars 1935, Poulaille, Paul-Adolphe Loffler, René Bonnet, Ferdinand Teulé, Édouard Peisson et J.Romagne ouvrent « Le Musée du soir ». Il s'agit d'un local destiné aux ouvriers : une bibliothèque met à leur disposition des livres, des revues, journaux et brochures, des expositions de photos ou de gravures y sont organisées, ainsi que des rencontres avec des écrivains. 300 livres sont prêtés chaque mois. Il y aura jusqu'à 450 adhérents en 1939. Mais la guerre survient et le Musée du Soir ferme en 1940.

Après la guerre, Poulaille souhaite reformer un Groupe Prolétarien, et pour cela il crée une nouvelle revue (Maintenant, 1945-1948, 10 numéros) : cette revue rassemble des anciens (Lucien Bourgeois, Émile Guillaumin, Charles Plisnier, René Bonnet, Ludovic Massé… et même Tristan Rémy !), elle favorise aussi l'apparition de nouveaux venus qui vont prendre la relève de la défense d'une littérature spécifiquement ouvrière et paysanne (Roger Boutefeu, Jules Mougin, Michel Maurette, Bénigno Cacérès, Michel Ragon…). Cacérès fonde en juin 1946 la revue Peuple et Culture. Ragon fonde la revue Les cahiers du Peuple (1946-1947, 3 numéros), publie deux livres, Les écrivains du peuple (1947) et Histoire de la littérature ouvrière (1953), et fonde avec Jean L'Anselme la revue Peuple et poésie (1947-1951). Charles Bourgeois fonde en 1946 le « Groupe des écrivains paysans », qui édite un bulletin auquel participe Emile Guillaumin. D'autres revues, certes confidentielles, vont naître et permettre aux auteurs ouvriers et paysans d'être publiés : Faubourgs (1949), Après l'boulot (1953-1956), Le Musée du Soir (1954-1968), etc.

Dans les années 1970, les défenseurs de la littérature prolétarienne ne désarment pas : fondation de la revue et des éditions Plein Chant par Edmond Thomas (1971 jusqu'à aujourd'hui), fondation de l'Association des Ecrivains Paysans (1972, encore active aujourd'hui sous le nom d'AEAP), fondation en 1972 de l'association Les amis d'Henry Poulaille et de la littérature d'expression populaire, publication de Histoire de la littérature prolétarienne de langue française de Michel Ragon (1974).

Encore aujourd'hui, la littérature prolétarienne est le sujet de publications, de débats publics, d'études...

Peuple et littérature dans les années 1930[modifier | modifier le code]

Ce courant de la littérature prolétarienne se distingue de deux autres courants littéraires des années 1920-1930, le populisme contre lequel il s'est d'abord défini, et les courants portés par le PCF dont il a eu à subir les attaques.

Le populisme (André Thérive et Léon Lemonnier, Manifeste du populisme, 1929) prend le peuple comme sujet de fiction ; il prône un retour au naturalisme du XIXe siècle qui, dans la foulée de George Sand puis Zola, avait affiché un intérêt pour les humbles, le peuple, le monde ouvrier et paysan. Réagissant contre cette tendance une fois encore amorcée par des écrivains extérieurs au prolétariat, Henry Poulaille fonde le Groupe prolétarien, affirmant que des écrivains issus du peuple sont les mieux à même de parler du peuple. La confusion est parfois entretenue encore de nos jours entre les deux courants, confusion s'appuyant notamment sur le fait que le groupe populiste a attribué certaines années son prix littéraire à des auteurs du groupe prolétarien ; mais si Eugène Dabit et Tristan Rémy ont accepté ce prix, Poulaille l'a refusé.

Parallèlement, le PCF, dans sa presse et dans ses éditions, ressent la nécessité d'utiliser la littérature comme moyen d'agit-prop au service de son combat politique.
Dans une première période de tâtonnement (1921-1929), Marcel Martinet, puis Henri Barbusse ont carte blanche, et ils soutiennent les auteurs du Groupe prolétarien, qu'ils publient dans l'Humanité puis dans Monde.

Mais dès 1930, le vent tourne, de nouvelles directives, parfois contradictoires, arrivent d'URSS. L'Humanité commence alors de violentes attaques contre le groupe de Poulaille, par les plumes de Jean Fréville, puis de Louis Aragon et Paul Nizan, qui adhérent en 1937 à la nouvelle théorie venue d'URSS, le « réalisme socialiste ».

Pour le PCF, l'important n'était pas que les écrivains appartiennent au prolétariat, mais qu'ils appartiennent au Parti. Or la majorité des auteurs prolétariens, comme la majorité des ouvriers politisés et des syndicalistes avant 1935, n'étaient pas marxistes, mais plutôt proches des différents courants de ce qu'on a appelé le « socialisme anti-autoritaire » (anarchistes ou libertaires, proudhonniens, fourieristes, syndicalistes révolutionnaires, etc.). Comme l'écrivait Paul-Adolphe Loffler, écrivain communiste hongrois ami de Poulaille, dans son Journal en 1931 : « Il est exact que Poulaille n'aime pas Staline, mais cela ne l'empêche pas qu'il puisse être un prolétaire honnête. Il est anarchiste, mais qui n'est pas anarchiste en France ? »

En France[modifier | modifier le code]

En France le métier d'écrivain était réservé aux gens de bonnes familles, certains[Qui ?] auteurs prolétariens français ont dû s'affirmer en tant que tels.

Et l'œuvre de ces auteurs semble toujours s'être retrouvée confrontée à un mépris et à des difficultés de diffusion que n'ont pas connu des écrivains comme Erskine Caldwell, Jack London (aux États-Unis), Thomas Hardy (en Angleterre), Maxime Gorki (en URSS), Knut Hamsun, Johan Bojer (en Norvège), ou les écrivains de l'école prolétarienne suédoise (Harry Martinson, Eyvind Johnson, Stig Dagerman, Vilhelm Moberg, Ivar Lo-Johansson, Folke Fridell, Jan Guillou, etc.).

Formes littéraires[modifier | modifier le code]

La littérature prolétarienne se compose principalement de récits. Pour autant il y a une forte tendance à éviter, consciemment ou non, le romanesque ou l'esthétisme. Les récits prennent plutôt la forme de témoignages, de chroniques, d'autobiographies, de souvenirs, voire de confessions. Il y a cependant des romans. Il existe aussi une tradition poétique, marginale, mais constante (depuis Rutebeuf, au moins !).

Les auteurs[modifier | modifier le code]

Des écrivains ouvriers et paysans écrivaient avant que Poulaille et ses comparses ne proposent un cadre rassembleur. Depuis la disparition du Groupe prolétarien, d'autres auteurs prolétariens n'ont pas cessé d'écrire, jusqu'à aujourd'hui...

La littérature prolétarienne comprend de très nombreux auteurs (Thierry Maricourt en présente 381 dans son Dictionnaire des auteurs prolétariens, Paul Feller en avait recensé 850 dans un catalogue établi en 1960), de nombreux chefs-d'œuvre, de rares succès (Marie-Claire, de Marguerite Audoux, Travaux, de Georges Navel...).

Certains de ces ouvrages ont été publiés en collection de poche et peuvent encore se trouver.

Les précurseurs

Poulaille, Ragon et d'autres ont reconnu comme précurseurs des écrivains issus du peuple et autodidactes :

  • Les auteurs du groupe prolétarien

Marcel Martinet (Culture prolétarienne, essai, 1935), Lucien Bourgeois (L'ascension, 1925), Henry Poulaille (Le pain quotidien, 1931, Seul dans la vie à 14 ans, posthume 1980, etc.), Tristan Rémy (Porte Clignancourt, 1928), Eugène Dabit (Hôtel du Nord, 1929), Marc Bernard (Pareils à des enfants, 1941), Constant Malva (Histoire de ma mère et de mon oncle Fernand, 1932), Édouard Peisson (Hans le marin, 1934), Ludovic Massé (Le mas des Oubells, 1933, Le refus, écrit en 1947, publié en 1962)...

  • Les auteurs prolétariens publiant à la même époque

Panaït Istrati (Kyra Kyralina, 1923, Oncle Anghel, 1924, etc.), Louis Guilloux (La maison du peuple, 1927, Le sang noir, 1935), Jean Guéhenno (Caliban parle, 1928, Changer la vie, 1961), Jean Pallu (L'usine, 1931), Jean Giono (Jean le bleu, 1932), Jean Malaquais (Les Javanais, 1939, Planète sans visa, 1947)...

  • Les auteurs après 1945

Jean Meckert (Les coups, 1942), Georges Navel (Travaux, 1945), Roger Boutefeu, Bénigno Cacérès (La rencontre des hommes, 1950), Louis Calaferte (Requiem des innocents, 1952), Michel Ragon (Drôles de métiers, 1953, etc.), Bernard Clavel (La maison des autres, 1962, etc.), Albertine Sarrazin (L'astragale, 1965), Claire Etcherelli (Elise ou la vraie vie, 1967),

  • Les auteurs après 1968

Jean-Marie Konczyk (Gaston ou l'aventure d'un ouvrier, 1972), Pierre-Jakez Hélias (Le cheval d'orgueil, 1975), Georges Valero ("Dans un bien-être sûr", 1975), François Cavanna (Les ritals, 1978, Les russkoffs 1979), François Bon (Sortie d'usine, 1982), Serge Livrozet, Raymond Ceuppens (L'été pourri, 1982), Régis Phily (Theresa et autres récits de la vie ordinaire, 1985).

  • Le cas d'Annie Ernaux est particulier. Elle ne témoigne pas en tant que prolétaire, mais en tant que « déclassée » : poussée par ses parents à « s'en sortir », elle ne parvient en réalité jamais à se sentir appartenir à la bourgeoisie, mais elle n'appartient plus non plus à la culture de ses parents. Elle raconte ce déchirement, notamment dans deux ouvrages remarquables, le premier écrit à la mort de son père (La place, 1983), le second écrit à la mort de sa mère (Une femme, 1989). Franck Magloire, d'une autre façon, cherche également à retarder ce « déclassement », en écrivant l'ouvrage Ouvrière en 2002[réf. nécessaire].

Mais des écrivains contemporains appartenant à la classe ouvrière continuent d'écrire, sans intermédiaire :

  • des enfants de travailleurs immigrés : Mehdi Charef (Le Thé au harem d'Archi Ahmed,1983), Azouz Begag (Le Gone du Chaâba, 1986)
  • des « irréguliers » : Alexandre Dumal (Je m'appelle Reviens, récit autobiographique d'un mauvais garçon étonnamment publié dans la Série noire, 1995), Abdel Hafed Benotman (Eboueur sur échafaud, 2003)
  • Silien Larios, ouvrier de PSA Aulnay, publie en 2013 un roman L’Usine des cadavres.
  • et surtout Jean-Pierre Levaray, écrivain remarquable apparu en 2002 avec Putain d'usine.

La poésie prolétarienne :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Christian Chevandier, La Fabrique d'une génération. Georges Valero, postier, militant, écrivain, Les Belles Lettres, 2009.
  • Henry Poulaille, Nouvel âge littéraire, 1930
  • Michel Ragon, Les écrivains du peuple, 1947, Histoire de la littérature ouvrière, 1953, Histoire de la littérature prolétarienne de langue française, 1974, nouvelle édition 1986, édité en poche 2006
  • Bénigno Cacérès, Regards neufs sur les autodidactes, 1960
  • Thierry Maricourt, Dictionnaire des auteurs prolétariens de langue française, Encrage, 1994
  • Philippe Geneste, Visages de la littérature prolétarienne contemporaine, Acratie, 1992
  • Paul Aron, La littérature prolétarienne en Belgique francophone depuis 1900, Labor, 1995
  • Philippe Bouquet, La Bêche & la Plume (- I. L'aventure du roman prolétarien suédois,1986. - II. Un matin de novembre. Nouvelles choisies et traduites par Philippe Bouquet, 1987. - III. L'écrivain et la société.Textes choisis et traduits par Philippe Bouquet,1988.) aux éditions Plein Chant.
  • Collectif, Quelques Ecrivains Du Peuple, Cahiers Trimestriels De Litterature, Plein Chant Eté 1979. (Contient des textes de Lucien Bourgeois, Emile Guillaumin, Lucien Jean, Constant Malva, Marcel Martinet, Charles-Louis Philippe, Henry Poulaille et Albert Thierry )
  • Edmond Thomas, Voix d'en bas, La poésie ouvrière du XIXe siècle, collection La Mémoire du Peuple, François Maspéro, Paris, 1979.

Revues :Plein Chant, Marginales

Collections : La collection Marginales (éditions Agone), publie des auteurs prolétariens, notamment suédois (Harry Martinson, Eyvind Johnson, Stig Dagerman, Jan Guillou...)

Les éditions Plein Chant : publient des auteurs prolétariens dans la collection Voix d'en bas (Jules Mougin, Emile Guillaumin, Constant Malva, Louis Nazzi, Josepkh Kjellgren, etc.) ainsi, notamment, que les Cahiers Henri Poulaille et les trois volumes de Philippe Bouquet signalés ci-dessus.

Sur internet : Bibliographie : les romans sur le mouvement ouvrier (1850-1900) par la Médiathèque Louis Aragon de Martigues

http://www.litteratureouvriere.fr/index.php/ecrivains-ouvriers/repertoire-liste-des-ecrivains-ouvriers-acces-public/ Site entièrement dédié à la littérature ouvrière. 1800 auteurs référencés.

Citations[modifier | modifier le code]

  • « La vie du prolétariat racontée par des auteurs qui sortent de ses rangs, voilà la littérature prolétarienne. » Tristan Rémy
  • « L'éducation ne viendra pas au peuple d'ailleurs que du peuple. » Marcel Martinet
  • « Il n'y a pas d'art de classe ?... Quelle plaisanterie ! La vérité est qu'il n'y a pas, qu'il n'y a jamais eu, en aucune période sociale saine, d'autre art qu'un art de classe. » Marcel Martinet
  • « La culture prolétarienne est condition de l'émancipation humaine du prolétariat. Mais en même temps, il lui appartient de décrasser et de sauver la culture humaine tout entière, qui se survit aujourd'hui dans l'oubli de sa raison d'être. » Marcel Martinet
  • « Depuis toujours on s'est habitué à considérer l'art et la littérature comme étant les prérogatives d'une élite (...). Et il en aurait été peut-être ainsi toujours si le peuple n'avait connu la lecture. Maintenant, à ceux qui ne le convient qu'à lire, il répond qu'il veut également tenter de s'exprimer. » Henry Poulaille
  • « Je ne prétends pas que toute littérature ouvrière est admirable, même si, dans ses intentions, elle est en effet admirable. Mais je soutiens que la littérature d'expression populaire française a déjà produit maints chefs-d'œuvre. » Michel Ragon
  • « Ce qui caractérisera notre époque sera l’ascension de la classe prolétarienne vers la prise de pouvoir […]. Comment peut-on prétendre que ce grand bouleversement n’entraînera pas une nouvelle façon de sentir et de voir ? Comment peut-on concevoir que l’art demeure immobile, figé, au milieu de ce torrent de vie ? » Marc Bernard (Monde, 29 septembre 1928, cité par Jean-Michel Péru, Des ouvriers écrivent. Le débat sur la littérature prolétarienne en France, p. 135.)

Annexe[modifier | modifier le code]

Liste des signataires du manifeste du groupe des écrivains prolétariens (1932) : Georges Altman, Francis André, Pierre Autry, Albert Ayguesparse, T.-L. Bancal, Marc Bernard, Victor Crastre, H.V. Crouzy, Eugène Dabit, Georges David, Oscar David, Maurice Fombeure, Lucien Gachon, Léon Gerbe, Edouard Haine, Augustin Habaru, Pierre Hubermont, Fernand Jouan, Michel Lévit, Marcel Lapierre, Jean Loubes, Constant Malva, Ludovic Massé, Pierre Manhi, Henri Philippon, Henry Poulaille, Charles Plisnier, Edouard Peisson, Jean Perwez, Jules Reboul, Tristan Rémy, Victor Serge, Albert Soulillou, Joseph Voisin, Edmond Vandercammen, Charles Wolff.