Anhui

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31° 50′ 00″ N 117° 00′ 00″ E / 31.833333333333, 117 ()

Anhui
Carte indiquant la localisation de l'Anhui (en rouge) à l'intérieur de la Chine
Carte indiquant la localisation de l'Anhui (en rouge) à l'intérieur de la Chine
Administration
Pays Drapeau de la République populaire de Chine Chine
Autres noms Chinois : 安徽
Pinyin : Ānhuī
Abréviation 皖 (wǎn)
Statut politique Province
Capitale Hefei
Démographie
Population 59 500 510 hab. (2010[1])
Densité 427 hab./km2
Rang 8e
Nationalités Hans (99 %)
Hui (0,6 %)
Géographie
Superficie 139 400 km2
Rang 22e
Économie
PIB (2012) 1 721 200  (14e)
PIB/hab. 28 927 Ұ (18e)

L'Anhui (安徽 pinyin : ānhuī) est une province de Chine dont le chef-lieu est Hefei. L'Anhui est situé en Chine de l'est, autour des bassins du Yangzi Jiang et du Huai He. Ses frontières bordent les provinces du Jiangsu à l'est, du Zhejiang au sud-est, du Jiangxi au sud, du Hubei au sud-ouest, du Henan au nord-ouest et du Shandong sur une petite section au nord. La province marque la limite entre Chine du nord et Chine du sud. Région historiquement agricole, l'Anhui est l'une des plus petites provinces chinoises et a longtemps été l'une des plus pauvres. Cependant de grands travaux d'irrigation ont permis à l'agriculture de se développer et grâce à ses gisements en minerais, la province a pu amorcer sa transition économique.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom « Anhui » dérive des noms de deux villes du sud de la province, Anqing et Huizhou (aujourd'hui Huangshan Shi). L'abréviation pour la province de l'Anhui est Wan (皖), car il existait historiquement un État de Wan, un mont Wan, et une rivière Wan dans la province.

Géographie[modifier | modifier le code]

Géologie[modifier | modifier le code]

L'Anhui possède un relief assez varié, avec de vastes plaines ponctuées de régions montagneuses culminant à 1 873 mètres[2]. Le nord de la province, traversé par le Huai He, fait partie de la grande plaine du nord et est densément peuplé. Au sud, le relief s'accentue avec la présence des monts Dabie au sud-ouest et au sud-est des monts Huang, ces deux massifs étant séparés par le fleuve bleu. Ces montagnes, formées principalement de granite et de grès, sont aujourd'hui une destination touristique populaire et ont été une grande source d'inspiration pour les poètes, notamment pour leur forme massive et leur végétation luxuriante.

La province possède une pédologie assez complexe et peut être divisée en trois grandes régions minéralogique. Les terres au sud et au nord du Yangzi sont relativement podzolisées et sujettes à l'érosion. Bien qu'acides, elles s'apprêtent bien à la culture du thé. Les plaines inondées par le Yangzi sont principalement composées d'alluvions et sont légèrement acides. Les plaines alluviales du bassin du Huai sont plutôt calcaires. Celles-ci possèdent de curieuses masses minérales appelées shajiang heitu (砂姜黑土, littéralement : terres de gingembre noires et sablonneuses)[3]. Les principales ressources de la région sont le cuivre, le fer et le charbon.

Hydrologie[modifier | modifier le code]

Le fleuve bleu à Anqing.

La province est traversée par deux cours d'eau principaux : le Huai He et le Yangzi Jiang. La province comporte quelques lacs dont le lac Chao, d'une superficie de 760 km carré[4]. La pleine du nord est irriguée par le Huai He et ses nombreux affluents. Elle est sujette à de nombreuses inondations, aussi la région a été choisie en 1949 pour accueillir le premier projet de maîtrise de l'eau à grande échelle de la RPC. Quelques barrages ont été construits sur le Huai He et ses affluents, des centaines de kilomètres de digue ont été érigées et un canal a été creusé. Ainsi depuis 1956, la région ne subit plus de graves inondations et l'irrigation a permis de maîtriser les sécheresses.

La série de collines (monts Huayang) qui s'étend au nord-est des monts Dabie jusqu'au lac Hongze marque la séparation entre le bassin du Huai He et du Yangzi Jiang. Les plaines du sud traversées par le Yangzi sont parsemées de lacs qui, en temps de crue, font gonfler le fleuve bleu ; celui-ci peut alors faire près de 8 kilomètres de large[5]. La navigation en hiver sur le Yangzi est difficile, aussi un important réseau de canaux a été développé afin de faciliter l'irrigation et le transport fluvial.

Climat[modifier | modifier le code]

Comme le reste de la Chine, l'Anhui jouit d'un climat subtropical humide caractérisé par des étés humides chauds et par des hivers secs assez froids. Les températures moyennes au nord du bassin du Huai He vont de 0 °C (en janvier) à 28 °C (en juillet). La province s'étendant sur plus de 500 km sur un axe nord-sud, le climat y varie légèrement. Le nord subit le gel 130 à 160 jours par an quand le sud n'y est soumis que 100 à 130 jours par an. Le bassin du Yangzi au Sud est également plus humide que le nord de la province, avec une hygrométrie moyenne de 76%[6] contre 70% pour le nord[7]. Les précipitations varient sensiblement avec la latitude. Ainsi le sud de la province reçoit en moyenne entre 1200 et 1 800 mm de précipitation avec une pluviométrie qui augmente lorsqu'on se rapproche du mois de juin alors que le nord n'en reçoit qu'entre 600 et 800 mm, plus de la moitié étant reçue entre les mois de juin et de septembre.

Comparaison du climat au nord et au sud de l'Anhui

Faune et flore[modifier | modifier le code]

Originellement la province était recouverte de forêt, mais des siècles d'agriculture et de peuplement intensif ont largement participé à sa disparition, excepté au sud de la province, où le relief est plus accentué. La déforestation, qui a entraîné l'érosion des sols, s'est fortement accélérée depuis le milieu du XVIIIe siècle. Cependant depuis les années 1950, des mesures ont été prises pour reboiser la région. À part les rongeurs et les reptiles, peu de mammifères vivent dans les plaines de l'Anhui. Quelques rares alligators de Chine subsistent dans la région de Wuhu.

Histoire[modifier | modifier le code]

La province d’Anhui a été fondée au XVIIe siècle pendant le règne de l’empereur Kangxi[8]. La région était déjà habitée il y a 2,5 millions d’années et est un des berceaux de la civilisation préhistorique chinoise. Au néolithique, elle était apparentée à la culture de Yangshao puis à celle de Longshan.

Pendant la période des Royaumes combattants, l'Anhui faisait partie du sud de l'État de Chu. La ville de Souchun servit de capitale temporaire après que le centre de l'État fut envahi en 278 av. J.-C. par l’État de Qin. La dynastie Qin unifia ensuite la Chine, ce qui provoqua une grande migration vers le sud. L'Anhui devint ainsi la première région de Chine du sud à être colonisée par les Hans[9]. L'agitation due à la chute de la dynastie Han conduisit à une autre vague d'immigration.

Le bassin du Yangzi devint par la suite le grenier de l'empire, et un système de canaux fut développé au nord de l'Anhui afin d'acheminer les céréales vers la capitale. Lors de la dynastie Sui, ces canaux furent remplacés par le canal de Bian, qui deviendra le Grand canal.

Au IVe siècle de notre ère, le nord de la Chine fut envahi par les tribus nomades d'Asie centrale. L'Anhui se trouvant à la frontière entre le nord et le sud de la Chine, la province fut coupée en deux et passa entre les mains de plusieurs souverains. Au XIIe siècle, la province a été le siège de batailles entre les Song du sud et les Jurchen. L'unité territoriale chinois fut menacée par l'arrivée de la dynastie Jin et la province fut à nouveau coupée en deux, la rivière Huai servant de frontière.

Dans les années 1850, le lit du Huang He se déplaça de plusieurs kilomètres au nord, ce qui provoqua une pénurie d'eau dans le bassin du Huai He. Le manque d'eau associée à la révolte des Taiping fut une catastrophe pour l'agriculture de la province.

Lors de la seconde guerre mondiale, l'Anhui est occupé par les Japonais mais dans les faits ceux-ci ne contrôlent la province que de jour, notamment à cause de la résistance chinoise. Entre 1946 et 1949, la région est contrôlée par les forces nationalistes.

La Grande famine provoquée par le Grand Bond en avant (1958-1961) a fait entre trois et six millions de morts dans la province, selon l'universitaire chinois Yang Jisheng[10]. Les données officielles de cas de cannibalisme s'élèvent à 1 289[11]. L'historienne chinoise Zhou Xun confirme elle aussi les cas de cannibalisme[12].

Économie[modifier | modifier le code]

Historiquement, l'Anhui est une grande région agricole qui, avec ses gisement en fer et en charbon, est cependant en train de devenir une région industrielle[13]. En 2010, les secteurs primaires, secondaires et tertiaires représentaient respectivement 14,1%, 52,1% et 33,8% de l'économie pour un produit intérieur brut de 1226 milliards de yuan (soit 185,8 milliards de dollars). L'économie de la province est en plein essor, et affiche même une croissance supérieure au reste de la Chine (en 2010 la croissance était de 14,5% contre 10,4% pour le reste de la Chine[14]). Cependant, la région reste en retrait par rapport à ses voisines. Les provinces du Jiangsu et du Zhejiang possède ainsi un PIB par habitant deux fois plus élevé que celui de l'Anhui, où les disparités économiques restent importantes.

Jusqu'en 1949, l'Anhui était considéré comme la province la moins développée de l'est de la Chine. Sa population était principalement rurale et du fait d'une mauvaise gestion de l'eau, ses rendements agricoles étaient faibles. Cependant depuis les années 1950, de grands progrès ont été faits dans les secteurs primaires et secondaires. Une meilleure irrigation a permis d'agrandir dans les plaines du sud la surface dédiée à la riziculture. Le retour aux exploitations familiales a grandement amélioré les rendements et le revenu par habitant. La zone économique spéciale de Shanghai, dont l'Anhui faisait partie, a permis de développer l'industrie de la région ainsi que l'exploitation des ressources minérales sur un modèle similaire à celui de la Ruhr[5].

Agriculture[modifier | modifier le code]

Produit Production (2010)[13]
Céréales 30,8 millions de tonnes
Plantes oléagineuses 2,3 millions de tonnes
dont arachides 0,86 millions de tonnes
Colza 1,3 millions de tonnes
Coton 316 000 tonnes
Tabac 29 000 tonnes
Thé 83 000 tonnes

Les cultures de l'Anhui sont principalement céréalières. La quasi totalité des plaines du sud est dédiée à la riziculture ; les plaines du nord, plus sèches, possèdent des cultures plus diversifiées, bien qu'un tiers des terrains soit consacré à la culture du blé. La région est également un grand exportateur de soja, qui est cultivé au nord en alternance avec le blé et l'orge. Les principales cultures industrielles sont le coton, le tabac et les plantes oléagineuses. Parmi les oléagineux, les plus cultivés sont le colza, les arachides et le sésame.

Depuis le VIe siècle, la région est célèbre pour son thé, qu'elle exportait en Chine et dans le reste du monde. Cependant, le commerce du thé a connu un déclin entre la fin du XIXe siècle et le début du XXe mais a été relancé depuis. Le thé noir Qimen est aujourd'hui particulièrement prisé. Le thé est cultivé au sud de la province, sur les pentes des monts Dabie et des monts Huang.

Les grands animaux domestiques sont principalement utilisés comme animaux de trait. Le porc est la principale source de viande, bien que le nombre de moutons ait augmenté au nord de la province. L'aquaculture est pratiquée sur les rives du Yangzi et de nombreux cours d'eau abondent en poissons, principalement des carpes et des brèmes.

Industrie[modifier | modifier le code]

Avant les années 1950, l’industrie de la province était très peu développée, et reposait essentiellement sur ses abondantes ressources en cuivre, fer et charbon. Le bassin houiller de Huainan a commencé à être exploité dans les années 1920, mais c’est dans les années 1950 qu’il a véritablement été développé. D’autres bassins houillers, comme celui de Huaibei, ont connu un essor similaire dans les années 1960. Le charbon issu de ces bassins est, comme dans le reste de la Chine, la principale source d’électricité. L’Anhui possède un fer de très bonne qualité, dont les gisements ont commencé à être exploités par les Japonais pendant la Seconde guerre mondiale. Une grande mine de cuivre a été ouverte dans les années 1950.

La province est aujourd'hui un important centre du charbon et de l'acier. Ses industries couvrent des domaines aussi variés que la métallurgie, le textile, les matériaux de construction, la manufacture légère et l'électronique. L'industrie textile a pris son essor dans les années 1950, pendant lesquelles de nombreuses usines furent transférées de Shanghai.

Tourisme[modifier | modifier le code]

Le tourisme n'est pas très développé et en 2010 la province n'a capté que 3,5% des 56 millions de touristes étrangers qui ont visité la Chine. L'Anhui comporte pourtant quelques sites touristiques, les plus connus étant :

  • Le site montagneux du Huang Shan (黄山 Huáng shān, montagne jaune), qui est une référence en Chine
  • La montagne sacrée bouddhique Jiuhua (九華山 jiǔhuá shān, neuf montagnes brillantes)
  • Les villages de Xidi et Hongcun, inscrits au patrimoine mondiale de l'UNESCO

Villes[modifier | modifier le code]

Carte # Nom District Hanzi
Pinyin
Population (2010)
Anhui prfc map.png 1 Hefei Luyang 合肥
Héféi
7 457 000
2 Anqing Yingjiang 安庆
Ānqìng
5 311 000
3 Bengbu Longzihu 蚌埠
Bèngbù
3 164 000
4 Bozhou Qiaocheng 亳州
Bózhōu
4 851 000
5 Xuancheng Xuanzhou 宣城
Xuānchéng
2 533 000
6 Chizhou Guichi 池州
Chízhōu
1 403 000
7 Chuzhou Langya 滁州
Chúzhōu
3 938 000
8 Fuyang Yingzhou 阜阳
Fǔyáng
7 600 000
9 Huaibei Lieshan 淮北
Huáiběi
2 114 000
10 Huainan Tianjia'an 淮南
Huáinán
2 334 000
11 Huangshan Tunxi 黄山
Huángshān
1 359 000
12 Lu'an Jin'an 六安
Lù'ān
5 612 000
13 Ma'anshan Yushan 马鞍山
Mǎ'ānshān
2 304 000
14 Suzhou Yongqiao 宿州
Sùzhōu
5 353 000
15 Tongling Tongguanshan 铜陵
Tónglíng
724 000
16 Wuhu Jinghu 芜湖
Wúhú
3 443 000

Démographie[modifier | modifier le code]

Selon le recensement de 2010, la province comptait 59 500 510 habitants, en recul par rapport à 2006. Les bassins du Huai He et du Yangzi sont les principaux foyers de population, la densité de population étant légèrement moindre au sud. Les régions montagneuses séparant ces deux bassins sont quant à elles très peu peuplées.

En 2006[15], la province comptait 59 680 000 habitants, avec une natalité de 12,23 ‰, une mortalité de 5,91 ‰ et un accroissement naturel de 6,32 ‰. Malgré ce taux d'accroissement naturel encore positif, la population diminue, témoignant d'une émigration constante vers des régions plus dynamiques, en particulier vers les région de Shanghai, Nankin et Hangzhou. Seules les principales villes de la province, qui s'industrialisent rapidement, enregistrent une croissance démographique.

Les Han, les Hui et les She sont les principales ethnies, les Han représentant la quasi-totalité de la population. Le sex-ratio de la province est extrêmement déséquilibré, avec près de 138 garçons pour 100 filles dans la tranche d'âge des 1 à 4 ans[16]

Culture[modifier | modifier le code]

L’Anhui a été une des premières régions du bassin du Yangzi a être colonisée par les Chinois. Malgré la majorité Han, quelques sous-cultures continuent d’exister, comme la culture Hui.

Un grand nombre de spécialités traditionnelles viennent de la province, notamment le papier xuan et les bâtons d’encre Huizhou, qui font partie des quatre trésors du lettré. Les images de fer de Wuhu et les sculptures de jade de Bengbu sont également des produits estimés.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Communiqué of the National Bureau of Statistics of People's Republic of China on Major Figures of the 2010 Population Census [1] (No. 2) », National Bureau of Statistics of China,‎ 29 avril 2011 (consulté le 4 août 2013)
  2. http://www.learnchinesehistory.com/anhui-province/
  3. Enclyclopædia Britannica
  4. http://www.mssanz.org.au/MODSIM07/papers/34_s36/AnalysisofWater_s36_Hong_.pdf
  5. a et b Encyclopædia Britannica
  6. Mesurée à Anqing
  7. Mesurée à Bozhou
  8. http://www.chinadaily.com.cn/m/anhui/travel/2010-04/23/content_9768644.htm
  9. Encylopædia Britannica
  10. Yang Jisheng, Stèles. La Grande famine en Chine, 1958-1961, p. 411-412
  11. Yang Jisheng, Stèles. La Grande famine en Chine, 1958-1961, p. 24
  12. Le cannibalisme durant la Grande Famine chinoise Nouvelles NTD, chaîne de télévision chinoise de Hong Kong, 24 octobre 2012, « Zhou Xun (historienne chinoise) : Je suis allée dans la région de Xinyang dans la Province du Henan et dans la Province de l’Anhui pour faire des interviews, les survivants m’ont dit que presque chaque village avait eu des incidents cannibales et que certaines personnes avaient même mangé leurs propres enfants. »
  13. a et b http://www.ahfao.gov.cn/english/Anhui.aspx?ClassId=10919&TypeId=10941 Foreign Affairs Office Of Anhui Province]
  14. Data World Bank
  15. http://219.235.129.58/reportView.do?Url=/xmlFiles/en/fcc90b760b1b489e86bb27993f16baf8.xml&id=0a8abcf560a0444a99b26105085402d8&bgqDm=20110000&i18nLang=en_US
  16. British Medical Journal