Le Lotus bleu

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Le Lotus bleu
5e album de la série Les Aventures de Tintin
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Auteur Hergé
Genre(s) Aventure

Personnages principaux Tintin
Milou
Dupond et Dupont
Tchang
Lieu de l’action Drapeau de l'Empire britanniques des Indes Inde britannique
Drapeau : République de Chine (1912-1949) République de Chine
Concession internationale de Shanghai Concession internationale de Shanghai

Titre original Les aventures de Tintin, reporter, en Extrême-Orient
Éditeur Casterman
Première publication 1936 (noir et blanc)
1946 (couleur)
Nb. de pages 115 (noir et blanc)
62 (couleur)

Prépublication Le Petit Vingtième
Albums de la série Les Aventures de Tintin
Précédent Les Cigares du pharaon L'Oreille cassée Suivant

Le Lotus bleu (ou Les aventures de Tintin, reporter, en Extrême-Orient) est le cinquième album de bande dessinée des aventures de Tintin, prépublié en noir et blanc du 9 août 1934 au 17 octobre 1935 dans les pages du Petit Vingtième, supplément du journal Le Vingtième Siècle. La version couleur et actuelle de l'album est parue en 1946. Le Lotus bleu est classé à la 18e place des 100 meilleurs livres du XXe siècle.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Cet album est la suite des Cigares du pharaon. À la fin de ce précédent opus, Tintin est parvenu à démanteler une organisation de trafiquants de drogue. Seul son mystérieux grand maître, tombé dans un ravin et dont le corps n'a jamais été retrouvé, semble toujours en liberté.

Fumeurs d'opium chinois

Au début du Lotus bleu, un messager venu de la Chine vient rencontrer Tintin dans le palais de son ami le Maharadjah de Rawhajpoutalah, où notre héros se repose (mais sans rester inactif car il est à l'affût de mystérieuses communications par TSF). Ce messager, ressortissant chinois, est touché par une fléchette empoisonnée au radjaïdjah, le poison qui rend fou. Il n'a que le temps de prononcer les mots Shanghaï et Mitsuhirato, avant de sombrer dans la folie. Très vraisemblablement, cette affaire a un lien avec les trafiquants de drogue que Tintin a combattus dans l'album Les Cigares du pharaon, d'autant plus que le fakir, membre du gang, s'est évadé de prison.

Tintin part à Shanghai pour rencontrer Mitsuhirato. Arrivé en Chine, il est très vite repéré par les agents de Mitsuhirato et reçoit un message de ce dernier qui désire le rencontrer.

Le Japonais Mitsuhirato semble être un paisible commerçant, propriétaire d'une boutique de vêtements féminins. Très avenant, il dit à Tintin avoir envoyé le messager pour le mettre en garde de grands dangers. Il le convainc également de rentrer en Inde pour protéger le maharadjah. Plus tard un télégramme venant d'Inde, confirme les propos de Mitsuhirato. En repartant de chez le Japonais, Tintin est victime d'un attentat à la mitraillette. Il doit la vie à l'intervention d'un mystérieux jeune homme, sans toutefois rien comprendre à la situation, car son sauveur prend la fuite. Le soir à l'hôtel, Tintin s'apprête à boire du thé et le même homme casse sa tasse d'un adroit coup de revolver. Tintin, pensant qu'on en voulait à sa vie, le prend en chasse mais est arrêté par la police de la concession internationale de Shanghai.

Le lendemain Tintin, qui a réussi à sortir de prison après quelques péripéties, reçoit une invitation anonyme à se rendre rue T'aî P'in Lou. Au lieu du rendez-vous, il rencontre le l'homme quil'a sauvé lors de l'attentat, mais sans le reconnaître. Toutefois l'homme a à son tour été atteint par une fléchette empoisonnée et a perdu la raison. Il tente de décapiter Tintin au sabre, mais celui-ci a le dessus et remet le malheureux à la police. Tintin décide alors de mettre un terme à son séjour inutile à Shanghai et repart le lendemain pour l'Inde. Sur le paquebot, il est enlevé par l'organisation de Wang Jen-Ghié, vieillard Chinois qui combat le trafic d'opium. L'organisation s'appelle « Les Fils du Dragon ». Wang apprend à Tintin que c'est son propre fils qui l'a sauvé lors de l'attentat, puis qui a cassé sa tasse qui contenait un thé empoisonné, et qu'il a enfin rencontré rue T'aî P'in Lou.Il apprend en outre à Tintin que Mitsuhirato est en fait un trafiquant d'opium, et que le message indien est un faux. Suite à un attentat simulé, le Japon envahit la Chine et Tintin est pris dans le conflit. Il est capturé par Mitsuhirato, qui tente d'empoisonner Tintin avec le poison qui rend fou. Cela échoue parce que le domestique de Wang Jen-Ghié a volé le vrai poison.

Poursuivi par la police de la concession internationale et par les autorités japonaises, Tintin sauve la vie d'un jeune Chinois orphelin, Tchang, qui était en train de se noyer dans le Yangzi Jiang. Les deux deviennent vite amis. Finalement, après plusieurs péripéties - comme un nouvel attentat par les japonais, où Tintin reçoit une blessure par balle à l'épaule - ils découvrent que le gang de trafiquants d'opium qu'il avait combattu en Inde est dirigé par Roberto Rastapopoulos. Finalement, Tintin démantèle définitivement le gang grâce à l'aide de Tchang, conduisant à l'arrestation de Rastapopoulos (chef du gang du Kih-Oskh, et il se révèle avoir été l'homme que Tintin avait vu tomber dans un ravin), de Mitsuhirato et des autres trafiquants. Il parvient à faire guérir le fils de monsieur Wang de sa folie et à faire adopter Tchang par ce dernier, tandis que le Japon annonce retirer ses troupes d'invasion et quitte la Société des Nations. C'est avec une larme que Tintin quitte ses amis chinois pour l'Europe.

Autour de l'album[modifier | modifier le code]

  • Le Lotus bleu est le premier album directement publié par les Éditions Casterman possédant des hors-texte. Ces hors-texte, à l'origine au nombre de 5, furent réduits à 4 lors de l'édition suivante de 1939.
Experts japonais inspectant la scène du «sabotage ferroviaire» de Moukden, prétexte à l'occupation japonaise de la Mandchourie.(18 Septembre 1931)
  • Publié en 1936, Le Lotus bleu est sans doute l'album de Tintin le plus proche de l'actualité de l'époque. Hergé y fait clairement allusion à l'incident de Mukden, prétexte à l'invasion japonaise de la Mandchourie et prélude à la terrible guerre sino-japonaise de 1937. C'est aussi le premier album démontrant un vrai souci de réalisme, Hergé ayant reçu l'aide de Tchang Tchong Jen, jeune étudiant chinois en art qui lui avait été recommandé, et qui a servi de source d'inspiration pour le personnage de Tchang. Ainsi, tous les textes en chinois visibles dans cette bande dessinée ont une signification réelle et souvent, très politisée. Une profonde amitié liait les deux hommes. Georges & Tchang une histoire d'amour au vingtième siècle, une bande dessinée de Laurent Colonnier parue en 2012 raconte de façon très documentée la rencontre et le travail d'Hergé et Tchang à l'élaboration de l'album.
  • La situation politique de l'époque est également évoquée à travers quelques allusions à la Société des Nations, notamment avec le discours parfaitement mensonger prononcé par un diplomate japonais devant une assemblée amorphe.
  • Le personnage du consul de Poldévie, pris pour Tintin dans la fumerie d'opium, fait allusion à un célèbre canular de l'époque, la Poldévie.
  • Depuis 1993, Le Lotus bleu est édité au Japon, malgré le fort ton anti-japonais de l'album et l'allusion à l'incident de Mukden, très probablement perpétré par les Japonais, et qui fut le déclencheur de l'invasion japonaise en Mandchourie. La version japonaise comporte d'ailleurs une introduction expliquant la situation politique de l'époque. En outre, Hergé adopte pour la première fois une position anticolonialiste, décrivant une Chine opprimée par les Japonais et des Occidentaux sans scrupules et racistes, faisant du commerce d'opium et baignant dans des affaires louches.
  • Mitsuhirato se fait hara-kiri à la fin de cet album. Mitsuhirato et Wolff (On a marché sur la Lune) sont ainsi les seuls personnages de la série à se suicider.
  • La version originale présente quelques différences par rapport à la version actuelle :
    • Le fakir des Cigares du pharaon est visible après qu'il a rendu fou le messager chinois des Fils du Dragon, et avant sa nouvelle arrestation.
    • Les soldats chargés de bastonner Tintin dans sa cellule sont britanniques et non plus indiens, et dans leur chambre d'hôpital, un militaire leur rend hommage.
    • Une fois Rastapopoulos et Mitsuhirato arrêtés, en remontant le repaire, Tintin et Tchang tombent sur un autre gangster, que Tintin neutralise en lui claquant une porte sur la figure.
    • Dans le cinéma, Tintin entend parler du record de vitesse réalisé par Sir Malcolm Campbell dans son véhicule.

Adaptations[modifier | modifier le code]

Autres versions de l'album[modifier | modifier le code]

L'édition en couleurs que nous connaissons date de 1946. Lors de la mise en couleur, seules quelques planches du début ont été redessinées. Les premières pages de l'album où Tintin est toujours en Inde sont redessinées pour ressembler aux albums récents, mais le reste du récit, à partir de la page où Tintin débarque en Chine, est laissé dans son style « ancien ».

Version animée[modifier | modifier le code]

Cet album fut adapté dans la série animée de 1992 mais le contexte politique est très édulcoré et de nombreux personnages n'apparaissent pas.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Gérard Lenne Tchang au pays du Lotus bleu, Éditions Séguier, 2013.
  • Laurent Colonnier Georges & Tchang, une histoire d'amour au vingtième siècle, éditions 12 bis, 2012.
  • Jean-Michel Coblence (photogr. Yves Gellie), « Shanghai : Le réveil du dragon », Géo, Paris « Hors-série », no 1H « Tintin, grand voyageur du siècle »,‎ novembre 2000, p. 108-119
  • Léon Vandermeersch, « L'empire du Milieu », Philosophie Magazine, Paris « Hors-série », no 8H « Tintin au pays des philosophes »,‎ septembre 2010, p. 24-27