Le Lotus bleu
| Le Lotus bleu | ||||||||
| 5e album de la série Les Aventures de Tintin | ||||||||
|
|
||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Auteur | Hergé | |||||||
| Genre(s) | Aventure | |||||||
|
|
||||||||
| Personnages principaux | Tintin Milou Dupond et Dupont Tchang |
|||||||
| Lieu de l’action | Indes britanniques République de Chine |
|||||||
|
|
||||||||
| Titre original | Les aventures de Tintin, reporter, en Extrême-Orient | |||||||
| Éditeur | Casterman | |||||||
| Première publication | 1936 (noir et blanc) 1946 (couleur) |
|||||||
| Nb. de pages | 115 (noir et blanc) 62 (couleur) |
|||||||
|
|
||||||||
| Prépublication | Le Petit Vingtième | |||||||
| Albums de la série Les Aventures de Tintin | ||||||||
|
||||||||
Le Lotus bleu (ou Les aventures de Tintin, reporter, en Extrême-Orient) est le cinquième album de bande dessinée des aventures de Tintin, prépublié en noir et blanc du 9 août 1934 au 17 octobre 1935 dans les pages du Petit Vingtième, supplément du journal Le Vingtième Siècle. La version couleur et actuelle de l'album est parue en 1946. Le Lotus bleu est classé à la 18e place des 100 meilleurs livres du XXe siècle.
Sommaire |
[modifier] Synopsis
Cet album est la suite des Cigares du pharaon. À la fin de ce précédent opus, Tintin est parvenu à démanteler une organisation de trafiquants de drogue. Seul son mystérieux grand maître, tombé dans un ravin et dont le corps n'a jamais été retrouvé, semble toujours en liberté.
Au début du Lotus bleu, un messager venu de Chine vient rencontrer Tintin dans le palais de son ami le Maharadjah de Rawhajpoutalah, où notre héros se repose. Mais il est touché par une fléchette empoisonnée au radjaïdjah, le poison qui rend fou. Il n'a que le temps de prononcer les mots Shanghaï et Mitsuhirato, avant de sombrer dans la folie. Très vraisemblablement, cette affaire a un lien avec les trafiquants de drogue que Tintin a combattus dans l'album Les Cigares du pharaon, d'autant plus que le fakir, membre du gang, s'est évadé de prison. Tintin part à Shanghai pour rencontrer Mitsuhirato. Arrivé en Chine, il est très vite repéré par les agents de Mitsuhirato et reçoit un message de ce dernier qui désire le rencontrer.
Le Japonais Mitsuhirato apparaît être un paisible commerçant, propriétaire d'une boutique de sous-vêtements féminins. Très avenant, il dit à Tintin avoir envoyé le messager pour le mettre en garde de grands dangers. Il le convainc également de rentrer en Inde pour protéger le maharadjah. Plus tard un télégramme venant d'Inde, confirme les propos de Mitsuhirato. En repartant de chez le japonais, Tintin est victime d'une tentative d'attentat. Il doit la vie à l'intervention d'un mystérieux jeune homme. Le soir à l'hôtel, Tintin qui s'apprête à boire du thé empoisonné est de nouveau sauvé par le même homme.
Le lendemain Tintin reçoit une invitation anonyme. Se rendant à l'adresse indiquée, il tombe sur cet inconnu. Toutefois l'homme a à son tour été atteint par une fléchette empoisonnée et a perdu la raison. Après avoir échappé à sa folie, Tintin décide de mettre un terme à son séjour inutile à Shanghai et repart le lendemain pour l'Inde. Il est enlevé par Wang Jen-Ghié, vieillard Chinois qui combat le trafic d'opium avec l'aide de son organisation, « Les Fils du Dragon », et qui apprend à Tintin que Mitsuhirato est en fait un trafiquant d'opium. Suite à un attentat simulé, le Japon envahit la Chine et Tintin est pris dans le conflit. Entre temps, poursuivi par la police et par les autorités japonaises, il sauve la vie de Tchang, jeune Chinois qui devient son ami. Finalement, il réussit à découvrir que le gang de trafiquants d'opium qu'il avait combattu en Inde est dirigé par Roberto Rastapopoulos. Finalement, Tintin démantèle définitivement le gang, conduisant à l'arrestation de Rastapopoulos (chef du gang du Kih-Oskh, et l'homme que Tintin avait vu tomber dans un ravin), de Mitsuhirato et des autres trafiquants. Il parvient à faire guérir le fils de monsieur Wang de sa folie et à faire adopter Tchang par ce dernier, tandis que le Japon retire ses troupes d'invasion. C'est avec une larme que Tintin quitte ses amis chinois pour l'Europe.
[modifier] Autour de l'album
- Le Lotus bleu est le premier album directement publié par les Éditions Casterman possédant des hors-texte. Ces hors-texte, à l'origine au nombre de 5, furent réduits à 4 lors de l'édition suivante de 1939.
- Publié en 1936, Le Lotus bleu est sans doute l'album de Tintin le plus proche de l'actualité de l'époque. Hergé y fait clairement allusion à l'incident de Mukden, prétexte à l'invasion japonaise de la Mandchourie et prélude à la terrible guerre sino-japonaise de 1937. C'est aussi le premier album démontrant un vrai souci de réalisme, Hergé ayant reçu l'aide de Zhang Chongren, jeune étudiant chinois en art qui lui avait été recommandé, et qui a servi de source d'inspiration pour le personnage de Tchang. Ainsi, tous les textes en chinois visibles dans cette bande dessinée ont une signification réelle et souvent, très politisée. Une profonde amitié liait les deux hommes.
- Le personnage du consul de Poldévie, pris pour Tintin dans la fumerie d'opium, fait allusion à un célèbre canular de l'époque, la Poldévie.
- Depuis 1993, le Lotus bleu est édité au Japon, malgré le fort ton anti-japonais de l'album et l'allusion à l'incident de Mukden, très probablement perpétré par les Japonais, et qui fut le déclencheur de l'invasion japonaise en Mandchourie. La version japonaise comporte d'ailleurs une introduction expliquant la situation politique de l'époque. En outre, Hergé adopte pour la première fois une position anticoloniale, décrivant une Chine opprimée par les Japonais et des Européens sans scrupules faisant du commerce d'opium et baignant dans des affaires louches.
- Dans la version originale, quelques éléments apparaissent contrairement à la version actuelle :
- Le fakir des Cigares du Pharaon est visible après qu'il a rendu fou le messager chinois des Fils du Dragon, et avant sa nouvelle arrestation.
- Les soldats chargés de bastonner Tintin dans sa cellule sont britanniques et non plus indiens, et dans leur chambre d'hôpital, un militaire leur rend hommage.
- Une fois Rastapopoulos et Mitsuhirato arrêtés, en remontant le repaire, Tintin et Tchang tombent sur un autre gangster, que Tintin neutralise en lui claquant une porte sur la figure.
- Dans le cinéma, Tintin entend parler du record de vitesse réalisé par Sir Malcolm Campbell dans son véhicule.
[modifier] Adaptations
[modifier] Autres versions de l'album
L'édition en couleurs que nous connaissons date de 1946. Lors de la mise en couleur, seules quelques planches du début ont été redessinées. Les premières pages de l'album où Tintin est toujours en Inde sont redessinées pour ressembler aux albums récents, mais le reste du récit, à partir de la page où Tintin débarque en Chine, est laissé dans son style « ancien ».
[modifier] Version animée
Cet album fut adapté dans la série animée de 1992 mais le contexte politique est très édulcoré et de nombreux personnages n'apparaissent pas.
[modifier] Notes et références
[modifier] Annexes
[modifier] Lien externe
[modifier] Bibliographie
- Jean-Michel Coblence (photogr. Yves Gellie), « Shanghai : Le réveil du dragon », dans Géo, Paris « Hors-série », no 1H « Tintin, grand voyageur du siècle », novembre 2000, p. 108-119
- Léon Vandermeersch, « L'empire du Milieu », dans Philosophie Magazine, Paris « Hors-série », no 8H « Tintin au pays des philosophes », septembre 2010, p. 24-27