Lust, Caution

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Lust, Caution

Titre québécois Désir, danger
Titre original 色、戒
Réalisation Ang Lee
Acteurs principaux
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Drapeau de la République populaire de Chine Chine
Drapeau de la République de Chine Taïwan
Genre Thriller
Sortie 2007
Durée 158 min

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Lust, Caution (titre original , en pinyin Sè, Jiè), ou Désir, danger au Canada francophone, est un film sino-américain[1] d'Ang Lee, présenté pour la première fois à la 64e Mostra de Venise en 2007 où il a remporté le Lion d'or du meilleur film.

C'est l'adaptation d'une nouvelle éponyme de 1950, écrite par Eileen Chang, prétendument fondée sur des faits réels qui se seraient déroulés en 1939-1940. Les Éditions Robert Laffont ont publié une version de cette nouvelle traduite en français à l'occasion de la sortie du film[2].

Synopsis[modifier | modifier le code]

1938, Hong Kong, pendant l'occupation de la Chine par les Japonais. Cinq étudiants idéalistes, qui se sont rencontrés en interprétant une pièce patriotique, complotent pour assassiner le politicien Yee, qui collabore avec l'occupant. Ils sont naïfs, sans réelle conviction politique et leur conspiration relève plus du théâtre amateur que du terrorisme. Ils vont être brutalement confrontés au monde réel et amenés à sacrifier bien plus que ce à quoi ils étaient prêts. La jeune Wong Chia Chi, qui doit devenir la maîtresse de Yee pour l'attirer dans un guet-apens, est encore vierge. Pour être crédible dans son rôle de femme fatale, elle se laisse déflorer et se « perfectionne » avec un condisciple.

Shanghai, trois ans plus tard. Leur tentative a avorté mais une occasion de poursuivre leur plan se présente car Yee est maintenant ministre dans le gouvernement collaborateur de Wang Jingwei. Ils sont recrutés par les services secrets du Kuomintang. Afin d'entrer dans l'intimité de sa cible, Wong Chia Chi se lie d'amitié avec son épouse oisive et parvient à prendre le mari dans ses rets. Ce dernier, courtois et raffiné en public, défoule sur elle ses pulsions dominatrices. Au début méfiant, il se laisse pourtant amadouer par la douceur et l'équanimité de la jeune femme.

La victime consentante se retrouve malgré elle envoûtée par son bourreau. Pour ne pas être démasquée, elle s'est pleinement investie dans son rôle, au point de ne plus distinguer sa vraie personnalité du simulacre. Quand elle rend compte à ses supérieurs, c'est d'une voix sans timbre, qui masque la passion qu'elle manifeste lors des ébats sauvages avec son amant. Lorsqu'il devient évident que Yee est sincèrement épris d'elle, elle va devoir choisir entre deux loyautés, son pays ou l'homme qui s'est métamorphosé à son contact.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Source et légende : Version québécoise (V. Q.) sur Doublage QC[3].

Accueil[modifier | modifier le code]

Aux États-Unis, la Motion Picture Association of America l'a interdit aux moins de 17 ans en raison d'un contenu sexuel explicite et important. Le réalisateur a déclaré qu'il ne chercherait pas à modifier ce classement. Ang Lee avait d'ailleurs insinué que certaines scènes torrides seraient en partie non simulées[4].

L'annonce du Lion d'or décerné au film à la Mostra de Venise a été sifflée et certains ont reproché au président du jury, Zhang Yimou, d'avoir favorisé son compatriote[5].

En République populaire de Chine, une version expurgée des scènes de sexe a été distribuée par les circuits officiels. Des copies de la version complète éditée à Hong Kong sont disponibles sur le marché parallèle dans la rue. Outre la controverse historique sur le sujet délicat du patriotisme, l'actrice Tang Wei s'est vu recommander une mise à l'écart par l'administration d'État, en partie en raison du caractère sexuellement explicite de son rôle[6].

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le bureau d'Ang Lee a demandé à la Mostra de classer ce film non comme sino-américain mais comme taïwanais.
  2. Description de la nouvelle sur le site des Éditions Robert Laffont
  3. « Fiche de doublage québécois du film » sur Doublage QC, consulté le 14 novembre 2014
  4. Voir par exemple le compte-rendu du festival de Venise par Le Point (9 septembre 2007).
  5. (de) Chinas Löwenanteil (Kultur, Aktuell, NZZ Online)
  6. « Article », Le Monde,‎ 13 mars 2008 (lire en ligne)