Le Plus Heureux des milliardaires
Le Plus Heureux des milliardaires
| Titre original | The Happiest Millionaire |
|---|---|
| Réalisation | Norman Tokar |
| Scénario | Cordelia Drexel Biddle A. J. Carothers |
| Sociétés de production | Walt Disney Pictures |
| Pays d’origine | |
| Sortie | 1967 |
| Durée | 144 min |
Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution
Le Plus Heureux des milliardaires (The Happiest Millionaire) est un film musical de 1967, basé sur l'histoire vraie du millionnaire de Philadelphie, Anthony J. Drexel Biddle. Le film a été nommé pour l’Oscar du meilleur costume de Bill Thomas. La musique a été composée par les frères Sherman. Le scénario a été rédigé par A. J. Carothers d'après une pièce de théâtre, elle même basée sur un livre intitulé My Philadelphia Father de Cordelia Drexel Biddle. Ce film est le dernier film musical comique produit par Walt Disney, qui décède durant sa production.
Sommaire |
Synopsis[modifier]
L’histoire nous présente un immigrant irlandais nommé John Lawless (Tommy Steele), récemment devenu majordome dans la famille d’un millionnaire excentrique de Philadelphie, Anthony J. Drexel Biddle (Fred MacMurray). Lawless se plait parmi cette famille bizarre et joue ensuite le narrateur de l’histoire de cette famille tout le long du film.
M. Biddle passe ses journées dans son école de boxe et d'opéra et à jouer avec son alligator dans son terrarium privé. À ses côtés, sa femme, Cordelia (Greer Garson) supporte ses excentricités avec constance et une certaine fierté. Les deux fils, Tony et Livingston (Paul Petersen et Eddie Hodges) vont eux à l’université et n’apparaissent plus au cours du film. La fille, Cordy (Lesley Ann Warren), est un garçon manqué avec une droite foudroyante. Elle suit une scolarité par correspondance et a de ce fait peu de contact avec le monde.
Cédant à l'insistance de Cordy et de sa tante Mary (Gladys Cooper), Biddle autorise Cordy à entrer dans un pensionnat où elle apprend à attirer les garçons par une technique appelée "Bye-um-pum-pum".
Cordy rencontre Angie Duke (John Davidson) lors d'un bal et tombe amoureuse de lui. Fasciné par les voitures, Angie veut aller à Detroit afin d’y faire fortune. Au cours de l'hiver, Cordy retourne chez elle pour annoncer à ses parents sa décision d’épouser Angie.
M. Biddle est réticent mais il accepte de laisser sa petite fille épouser Angie après une démonstration de Jiu Jitsu. Par la suite, Angie emmène sa fiancée à New York afin de lui présenter sa mère (Geraldine Page) qui s'avère être très possessive. Les Biddle's et les Dukes se mettent d’accord sur la date du mariage.
Le stress du mariage et les remarques désagréables de la mère d’Angie éloignent Cordy et Angie peu à peu. Ils n’arrivent pas à se réconcilier, en viennent aux mains et annulent le mariage. Toute la famille est chamboulée et M. Biddle envoie John Lawless chercher Angie. John retrouve Angie dans un bar, se demandant ce qu’il fera de son avenir et essaye de le convaincre de retourner vers Cordy. Une bagarre éclate et Angie est envoyé en prison.
M. Biddle vient payer la caution pour faire sortir Angie de prison et lui fait se rendre compte à quel point Cordy l’aime toujours. Angie décide alors de se marier avec Cordy et d'aller à Detroit vivre avec elle. Malgré ses craintes et contre l'avis de sa mère, Angie prend de l'assurance et sort alors de prison pour commencer une nouvelle vie avec sa dulcinée.
Fiche technique[modifier]
- Titre original : The Happiest Millionaire
- Titre français : Le Plus Heureux des milliardaires
- Réalisateur : Norman Tokar assisté de Paul Cameron
- Scénario : A. J. Carothers d'après un livre de Cordelia Drexel Biddle et une pièce de Kyle Crichton
- Photographie : Edward Colman
- Montage : Cotton Wartbutton
- Direction artistique : Carroll Clark et John B. Mansbridge
- Décors de plateau : Emile Kuri et Frank R. McKelvy
- Costumes : Bill Thomas (conception), Chuck Keehne, Neva Rames
- Effets spéciaux : Eustace Lycett, Peter Ellenshaw
- Animation du générique : Alan Maley
- Musique :
- Superviseur, arrangeur et chef d'orchestre : Jack Rlliott
- Montage : Evelyn Kennedy
- chansons ; Robert B. Sherman, Richard M. Sherman
- Chorégraphie : Marc Breaux, Dee Dee Wood
- Maquillage : Gordon Hubbard
- Coiffure : Vivienne Zavitz
- Technicien du son : Robert O. Cook (supervision), Dean Thomas (mixeur)
- Producteur : Bill Anderson assisté de Tom Leetch
- Société de production : Walt Disney Pictures
- Technicien du son : Dean Thomas (mixage)
- Durée : 164 min
- Date de sortie : 1967
Sauf mention contraire, les informations proviennent des sources concordantes suivantes : Leonard Maltin[1] et IMDb[2]
Distribution[modifier]
- Fred MacMurray : Père
- Tommy Steele : John Lawless
- Greer Garson : Mère
- Geraldine Page : Mrs. Duke
- Gladys Cooper : Aunt Mary Drexel
- Hermione Baddeley : Mrs. Worth
- Lesley Ann Warren : Cordelia Drexel Biddle
- John Davidson : Angie Duke
- Paul Petersen : Tony Biddle
- Eddie Hodges : Livingston Biddle
- Joyce Bulifant : Rosemary
- Sean McClory : Police Sgt. Flanagan
- Jim McMullan : Lt. Powell
- William Wellman Jr. : Lt. Grayson
- Jim Gurley : marine lieutenant
- Aron Kincaid : Walter Blakely
- Larry Merrill : Charlie Taylor
- Frances Robinson : Aunt Gladys
- Norma Grabowsky : Joe Turner
Source : Leonard Maltin[1] et IMDb[2]
Chansons[modifier]
- Fortuosity
- What's Wrong with That?
- When a Man Has a Daughter
- I'll Always Be Irish
- Are We Dancing
- Strengthen The Dwelling
- Watch Your Footwork
- I Believe in This Country
- There Are Those
- Valentine Candy
- Bye-Yum Pum Pum
- Let's Have A Drink On It
- Detroit
- It Won't Be Long 'Til Christmas
Sorties cinéma[modifier]
Sauf mention contraire, les informations suivantes sont issues de l'Internet Movie Database[3].
- États-Unis : 30 novembre 1967 (New York)
- Australie : 7 décembre 1967
- Japon : 9 mars 1968
- Royaume-Uni : 5 avril 1968 (première à Londres)
- Danemark : 9 août 1968
- France : 6 octobre 1968
- Suède : 7 octobre 1968
- Espagne : 28 octobre 1968 (Madrid)
- Finlande : 22 novembre 1968
- Autriche : 4 avril 1969
- Allemagne de l'ouest : 24 avril 1969
Origine et production[modifier]
Après le succès de Mary Poppins (1964), le studio Disney décide de produire à nouveau une comédie musicale et ainsi concurrencer les nombreux spectacles de trois heures présentés à l'époque[1]. Walt Disney choisit l'œuvre The Happiest Millionaire adaptée à Broadway en 1956[4]. Ce spectacle est une adaptation du livre My Philadelphia Father de Cordelia Drexel Biddle, écrite par Kyle Crichton et jouée au Lyceum Theatre à Broadway à partir du 20 novembre 1956[5]. La pièce avait été jouée au sein du studio Disney par une troupe d'employés amateurs de théâtre comprenant Roberta Shore et Peter Renaday[6]. Renaday a joué le rôle d'Angie Duke et Shore celui de Cordy[6]. Ce n'est qu'après le succès de Mary Poppins que le projet de film s'est changé en comédie musicale[6].
Le studio a déjà produit plusieurs comédies comme L'Été magique (1963) ou Mary Poppins (1964) ayant la musique comme support principal[7]. Le Plus Heureux des milliardaires suit cet exemple en proposant de nombreuses scènes digne de comédies musicales reliées par de la musique[7]. Le succès de Mary Poppins a permis de dépenser sans compter sur les costumes, les décors mais aussi sur les autres postes[7].
La cabine téléphonique de Mrs. Worth a été reproduite dans le Club 33 à Disneyland en Californie[8].
Musique[modifier]
Disney confie la partie musicale aux Frères Sherman et la chorégraphie à Marc Breaux et Dee Dee Wood, tous déjà présents sur Mary Poppins mais c'est Norman Tokar qui assure la réalisation du film[4].
La chanson Strengthen the Dwelling a été composée pour le film Mary Poppins (1964) lors d'une lecture des versets de la Bible par la précédente nounou et fut réutilisée à l'identique comme un exercice dans Le Plus Heureux des milliardaires[9].
La chanson "Detroit" contient une parole "Detroit F.O.B." (freight on board). D'après les Frères Sherman, cette chanson vient du fait que Walt Disney était en train de marcher dans le couloir du studio d'animation et entendant les Frères Sherman la chantant il l'a mal interprétée par "S.O.B." (« Son of Bitch » fils de pute). Immédiatement il enfonça la porte de leur bureau pour leur interdire d'utiliser un tel langage. Par la suite, les Frères Sherman et Walt s’expliquèrent et les trois se mirent à rire.
Sortie et accueil[modifier]
Ce film est le dernier sur lequel Walt Disney appose sa touche personnelle avec son décès en décembre 1966 et malgré le fait que le film sorte un an plus tard[4]. Le film a fait l'objet d'une première le 23 juin 1967 mais n'a été diffusé à travers les États-Unis qu'en janvier 1968[1]. Pour profiter de l'engouement pour les comédies musicales comme Mary Poppins ou La Mélodie du bonheur le film devait être présenté à travers les États-Unis comme un spectacle itinérant à l'instar de tous les studios hollywoodiens[7]. Mais le projet fut stoppé car le public était déjà arrivé à saturation[7]. Toutefois plusieurs salles de spectacles ont accueilli le film entre octobre 1967 et janvier 1968[1], et non des cinémas. Pour le Noël 1967, le film a été diffusé au Radio City Music Hall de New York[7].
Les différentes sorties du film se sont fait avec des versions différentes, 159 minutes à Los Angeles en raison de l'absence de la chanson It Won't Be Long 'Til Christmas, 141 minutes à New York et 118 minutes pour la version nationale[7]. La version originale de 164 minutes n'a été présentée pour la première fois qu'en 1984 au Filmex de Los Angeles[7]. Le film ne récolte que 5 millions d'USD, en comptant les sorties en salles de spectacles, bien loin des 31 millions de Mary Poppins[7].
L'interprétation du rôle de la bonne par Hermione Baddeley est qualifié de « formidable » par Wolfgang Reitherman et c'est pour cela qu'elle donne sa voix à Madame Bonnefamille dans Les Aristochats (1970)[10].
Analyse[modifier]
Leonard Maltin écrit qu'il aurait été agréable de dire que ce dernier film de Walt Disney a été un succès mais ce n'est pas le cas[4]. Il indique que la plupart des critiques considèrent que le rôle de Tommy Steele comme l'un des bons cotés du film[7]. Mais à contrario Geraldine Page et Gladys Cooper jouent des caricatures au point que l'on peut voir le film comme une comédie de carton-pâte et non la vraie vie[7]. Il est difficile de savoir si le film est une comédie musicale ou une simple comédie, et pour Maltin il n'est convaincant dans aucune des deux catégories[7]. Maltin ajoute que Le Plus Heureux des milliardaires n'a ni la magie de Mary Poppins ni le coté divertissant de L'Été magique[7].
Bosley Crowther du New York Times considère le film comme « snobe et laborieusement sans prétention » et ajoute « heureusement que le personnage principal soit milliardaire et de la haute société sinon il n'a rien qui justifie sa place dans nos foyer ou une comédie musicale de Disney[7]. » Judith Crist du Herald Tribune écrit que le film est « un chamallow géant mièvre avec tellement de sucre qu'il retournera la plupart des estomac des enfants[7]. » Richard Schickel dans Life ajoute que « les qualités de Disney, travail impeccable et innovation technique, histoire croustillante, jeu d'acteur superbe sont absents du film et font apparaître une fausse nostalgie, une prédominance de personnages suaves[7]. » Maltin en conclut que Le Plus Heureux des milliardaires est une parodie des productions Disney dans la la phase commerciale tardive [des années 1960][7].
Variety à l'opposé considère le film comme fantastique, une comédie familiale mêlant éléments créatifs et techniques, scénario et distribution excellents, réalisation, musique et chorégraphie magnifiques[7]. Maltin précise que Variety a pu voir la version originale de 164 minutes[7].
Notes et références[modifier]
- (en) Leonard Maltin, The Disney Films : 3rd Edition, p. 256.
- (en) The Happiest Millionaire sur l’Internet Movie Database
- (en) The Happiest Millionaire - Date de sortie sur l’Internet Movie Database
- (en) Leonard Maltin, The Disney Films : 3rd Edition, p. 257.
- The Happiest Millionaire
- (en) Tim Hollis and Greg Ehrbar, Mouse Tracks: The Story of Walt Disney Records, p. 120.
- (en) Leonard Maltin, The Disney Films : 3rd Edition, p. 258.
- (en) David Koenig, Mouse Tales - A Behind-the-ears look at Disneyland, p. 57
- (en) David Koenig, Mouse Under Glass - Secrets of Disney Animation & Theme parks, p. 128
- (en) John Grant, The Encyclopedia of Walt Disney's Animated Characters, p. 277.
Lien externe[modifier]
- (en) The Happiest Millionaire sur l’Internet Movie Database