True-Life Adventures

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir C'est la vie.

True-Life Adventures[1] (C'est la vie en français) est une série de courts et longs métrages documentaires sur la nature, produite par les studios Disney entre 1948 et 1960. Elle a obtenu plusieurs Oscars dont cinq dans la catégorie meilleur court-métrage d'action sur deux bobines et trois dans la catégorie meilleur film documentaire.

Historique[modifier | modifier le code]

Lors d'un voyage en août 1948 en Alaska[2], Walt rencontre Alfred Milotte, propriétaire d'un magasin d'appareils photos et sa femme institutrice Elma[3],[4]. Ils engagent une discussion sur les documentaires consacrés à l'Alaska dont le résultat sera le poste de photographe sur la série de documentaires animaliers True Life Adventures[5]. Milotte souhaitait depuis longtemps filmer la migration des phoques sur les îles Pribilof dans le détroit de Béring et il demande à Disney si le sujet l'intéresse[3]. Walt Disney confirme son intérêt et demande à Milotte de lui envoyer les pellicules[3].

Le premier épisode est L'Île aux phoques (On Seal Island) sorti en décembre 1948[2]. Plusieurs courts métrages sont réalisés dans cette série grâce à des séquences tournées par des naturalistes photographes[6]. En l'absence de distributeur soutenant le format des longs métrages documentaires, la série dont la production se poursuit n'est pas distribuée. En 1953 pour résoudre ce problème, Disney fonde sa propre société de distribution, la filiale Buena Vista Distribution[7], et ainsi assurer la distribution de ces films assez éloignés des productions d'animation. Parmi les naturalistes qui soumettent des bobines de films au studio Disney, Paul Kenworthy se fait remarquer par son film de de doctorant à l'UCLA consacré aux insectes vivants dans le désert américain qui mets en scène une guêpe aux prises avec une mygale[6]. Walt Disney rencontre Kenworthy et lui propose de repartir dans le désert pour ajouter de nouvelles scènes aussi spectaculaires[6]. Les séquences sont regroupées dans un film, le premier film à être distribué par Buena Vista Distribution, et nommé Le Désert vivant[6]. Kenworthy est convaincu que le succès des courts métrages peut être reproduit avec ce long métrage mais en adoptant un style [de narration] divertissante[6]. Le format du Désert vivant devient par la suite le standard de la série True Life Adventures[6].

Une douzaine de films sont réalisés entre 1950 et 1960, tous basés sur la même formule[8]. Un sujet et choisi et des équipes se répartissent le tournage dans plusieurs lieux puis les bobines sont envoyés à Hollywood pour un important travail de montage mené par James Algar, Winston Hubler et Ben Sharpsteen[8]. L'équipe cherche à orienter l'histoire créée en fonction de la tendance humaine à s'identifier aux animaux au niveau émotionnel[8]. Chaque moyen métrage de la série d'une durée d'environ 30 minutes chacun est diffusé au cinéma conjointement à un long métrage du studio[9]. Le succès des courts et moyens métrages diffusés entre 1950 et 1953 pousse le studio à produire des longs métrages[9]. Plusieurs documentaires de la série ont été diffusé dans l'émission Disneyland durant sa première année au coté de compilation de courts métrages d'animation de Mickey Mouse, Donald Duck, Dingo ou Pluto[10].

En 1957, Disney tente de créer une autre série similaire, nommée True-Life Fantasy, sur le principe des docu-fictions, avec Les Aventures de Perri basé sur une histoire de Felix Salten, auteur de Bambi[11]. En 1959, Le Jaguar, seigneur de l'Amazone est le dernier long métrage True-Life Adventures car Walt Disney décide de changer de format, préférant des productions hybrides mélanger des images factuelles et des situations fictives[12], ce que l'on nomme docufiction. Cette décision sera comme de nombreuses décisions prises par Walt, juste et à temps, répondant aux attentes du public[12]. Plusieurs films seront ainsi produits dès le début des années 1960 dont Nomades du Nord (1961)[13] et La Légende de Lobo (1962)[14].

Cette série est aussi en partie à l'origine des attractions Jungle Cruise et de Nature's Wonderland, cette dernière ayant disparue. L'émission Disneyland présentait la zone d'Adventureland comme issue de la série de documentaires animaliers True Life Adventures et était nommée dans les versions de travail True-Life Adventureland[15]. Nature's Wonderland était une attraction inaugurée en 1960 qui faisait le pendant de Jungle Cruise et représenté l'Ouest américain[16]. Elle a fermé en 1973 pour être remplacé par Big Thunder Mountain[16].

La série a été critiquée car elle se présentait comme un documentaire scientifique mais était conçue comme un divertissement[17]. La série a donné lieu à une déclinaison un peu plus touristique nommée People and Places[17] entamée en 1953 et achevée elle aussi en 1960.

On peut noter que cette série est la première expérience de réalisation pour Roy Edward Disney dès 1954, plus tard directeur de Walt Disney Pictures[18].

En 2000, le studio produit quatre documentaires intitulés New True Life Adventures disponibles sur support vidéo au travers de sa filiale Walt Disney Educational Productions dont deux ont été diffusés à la télévision :

  • Sea of Sharks[19],[20]
  • Elephant Journey[19]
  • Everglades: Home of the Living Dinosaurs[21] (diffusé en novembre 2000)
  • Alaska: Dances of the Caribou[22] (diffusé en septembre 2000)

En 2008, le studio Disney lance un nouveau label de production nommé Disneynature, qui reprend le principe des True-Life Adventures[23].

Filmographie[modifier | modifier le code]

Courts et moyens métrages[modifier | modifier le code]

Longs métrages[modifier | modifier le code]

Sorties DVD[modifier | modifier le code]

En décembre 2006, la série a été éditée sous la forme de 4 doubles DVD, dans la collection Walt Disney's Legacy Collection: True-Life Adventures :

  1. Wonders of the World
  2. Lands of Exploration
  3. Creatures of the Wild
  4. Nature's Mysteries

Analyse[modifier | modifier le code]

Steven Watts écrit que la série dispense souvent des réprimandes fortes au sujet de l'impact de l'homme sur la nature avant de conclure sur un ton optimiste[24]. Dans La Grande Prairie la conclusion est que la nature arrive toujours à s'adapter face aux nouvelles contraintes et que l'homme prendre de plus en plus conscience de ce qu'il provoque[24]. Dans Lions d'Afrique, Al Milotte décrit une scène où la caméra montre un animal victime des fauves ainsi[24]: « Les autres animaux restent là autour à regarder leur ami se faire manger. Vous pouvez même les entendre dire - Ils ont eu le pauvre Pierre. Heureusement que ce n'est pas moi. » Pour Watts, certains critiques se sont focalisé sur les aspects rudes de la sélection naturelle et concluent que le studio Disney ne fait que présenter le cycle de la nature[24]. Les meurtriers poussent les autres animaux à survivre au jour le jour, ce que Watts contextualise en rappelant que les films ont été diffusé durant la Guerre froide[24]. La lutte pour la survie des animaux sauvages est mise en parallèle avec la compétition, l'adaptation, l'initiative individuelle et le labeur que doivent développer les américains[24]. Dans La Vallée des castors, le film est une chronique de la vie besogneuse d'un castor avec la construction du barrage pour créer un étang source de nourriture, entourant la maison du castor et protection contre les dangers[24]. La série semble affirmer que la compétition sociale est un processus naturel qui permet au meilleur de s'en sortir, une négation tacite du spectre stagnant du Communisme avec sa voie artificiellement choisie par le gouvernement et son organisation centralisée[24].

Autour de la série[modifier | modifier le code]

Albums[modifier | modifier le code]

Existence d'albums (français) illustrés avec les photos et commentaires[précision nécessaire]. Notamment un pack cartonné de trois livres pour la jeunesse dont un sur les ours et un sur les déserts[réf. nécessaire].

Bandes dessinées[modifier | modifier le code]

De 1955 à 1973, une bande quotidienne True Life Adventures apparaît dans les journaux américains[25]. Les publications sont datées du 14 mars 1955 au 14 avril 1973[26]. Parmi les auteurs de la série on trouve Dick Huemer et George Wheeler. Certaines de ses bandes sont publiées dans l'Almanach du Journal de Mickey ou Mickey Poche, respectivement sous les noms C'est la vie et Zoo flash[27].

Parcs d'attractions[modifier | modifier le code]

L'émission Disneyland présentait la zone Adventureland du parc Disneyland comme issue de cette série de documentaires animaliers, la zone étant nommée dans les versions de travail True-Life Adventureland[15]. Adventureland est consacrée aux zones géographiques exotiques du point de vue nord américain (tropiques, jungles, ...)

Une autre section du parc Disneyland, l'attraction Nature's Wonderland (1955-1977) dans Frontierland, était consacrée aux zones de l'ouest américain.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Aussi graphié True Life Adventures
  2. a et b (fr) Dave Smith & Steven Clark, Walt Disney : 100 ans de magie, p. 62
  3. a, b et c (en) Christopher Finch, The Art Of Walt Disney - From Mickey Mouse To The Magic Kingdoms, p. 132
  4. (en) Richard Schickel, The Disney Version, p. 284
  5. (en) Bob Thomas, Walt Disney, an american original, pp. 213-214
  6. a, b, c, d, e et f (en) Leonard Maltin, The Disney Films : 3rd Edition, p. 113.
  7. (en) Dave Smith, Disney A to Z: The Updated Official Encyclopedia, p. 80
  8. a, b et c (en) Christopher Finch, The Art Of Walt Disney - From Mickey Mouse To The Magic Kingdoms, p. 133
  9. a et b (en) Steven Watts, The Magic Kingdom, p. 304
  10. (en) Steven Watts, The Magic Kingdom, p. 365
  11. (en) Leonard Maltin, The Disney Films : 3rd Edition, p. 142.
  12. a et b (en) Leonard Maltin, The Disney Films : 3rd Edition, p. 174.
  13. (en) Leonard Maltin, The Disney Films : 3rd Edition, p. 190.
  14. (en) Leonard Maltin, The Disney Films : 3rd Edition, p. 203.
  15. a et b (en) The Imagineers, Disneyland: An Imagineer's-Eye Tour , p. 34
  16. a et b Chris Strodder, The Disneyland Encyclopedia, p. 298-2999
  17. a et b (en) Christopher Finch, The Art Of Walt Disney - From Mickey Mouse To The Magic Kingdoms, p. 136
  18. (en) Dave Smith, Disney A to Z: The Updated Official Encyclopedia, p. 143
  19. a et b New True Life Adventures
  20. (en) Sea of Sharks sur l’Internet Movie Database
  21. (en) Everglades: Home of the Living Dinosaurs sur l’Internet Movie Database
  22. (en) Alaska: Dances of the Caribou sur l’Internet Movie Database
  23. « Quand Disney se consacre à Dame Nature », sur consoglobe.com (consulté le 27 avril 2012)
  24. a, b, c, d, e, f, g et h (en) Steven Watts, The Magic Kingdom, p. 305
  25. D'après [1] (code en YL).
  26. (en) Mark Arnold, Frozen in Ice : The Story of Walt Disney Productions, 1966-1985, p. 133.
  27. Voir par exemple (en) Base I.N.D.U.C.K.S : fr/AJM 58 Almanach Mickey 1958 et (en) Base I.N.D.U.C.K.S : fr/MPO 38 Mickey Poche 38.

Sources[modifier | modifier le code]