Relations entre les États-Unis et la France

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Les relations entre la France et les États-Unis ont débuté avant même la création des États-Unis d'Amérique. Le 3 mai 1803, Napoléon vend la Louisiane aux Américains. Depuis la guerre d'indépendance des États-Unis, la France est l'un de ses meilleurs alliés politiques. Mais malgré de constantes relations diplomatiques, ces deux pays sont souvent en conflit sur de nombreux dossiers.

L'époque coloniale (XVIe et XVIIIe siècles)[modifier | modifier le code]

Chateaubriand écrit dans la préface d'Atala « La France possédait autrefois, dans l'Amérique septentrionale, un vaste empire qui s'étendait depuis le Labrador jusqu'aux Florides, et depuis les rivages de l'Atlantique jusqu'aux lacs les plus reculés du haut Canada ».

Les relations entre la France et les États-Unis débutent avant même la création des États-Unis. Les Français sont parmi les premiers à explorer les côtes nord-américaines, à y installer des colons et à en explorer l'intérieur des terres. Louis Jolliet et le père Marquette, pour ne citer qu'eux, explorent le Mississippi dès 1643. Selon L'Express du 4 octobre 2004, on comptait à cette date 8,3 millions de Français de souche aux États-Unis.[réf. nécessaire][1].

Plusieurs guerres ont opposé la France et l'Angleterre / la Grande-Bretagne aux XVIIe et XVIIIe siècles et se sont déroulées sur le sol américain : la guerre du roi Guillaume (1689-1697); la guerre de la reine Anne (1702-1713); la guerre du roi George (1744-1748) ; et la guerre de Sept Ans (1756-1763).

L'engagement de la France dans la guerre d'indépendance[modifier | modifier le code]

La France a soutenu le combat des indépendantistes américains. Si La Fayette est de nos jours la figure emblématique de cette politique pro américaine anti-britannique, il n'en reste pas moins vrai qu'il avait été précédé sur le terrain par Armand-Charles Tuffin, marquis de La Rouërie, intégré dans l'armée de Washington avec le grade de colonel sous le nom de colonel Armand. Ce dernier paya de sa poche l'équipement de ses hommes avant de se retrouver à la tête du 1er bataillon de la légion de partisans. Au printemps 1778, La Rouërie obtint l'autorisation du Congrès de créer une légion de « Chasseurs libres et indépendants » forte de 452 hommes et 14 officiers - une force considérable pour l'époque - ,placée sous ses ordres mais prise en charge financièrement par le Congrès. En 1781, la flotte française contribua grandement à la victoire de Yorktown en Virginie, laquelle mit fin à la Guerre d'Indépendance. L'accord de paix entre la Grande-Bretagne et ses anciennes colonies, ainsi que la reconnaissance de l'indépendance des États-Unis furent signés à Paris en 1783.

L'envoi de troupes et d'armes contre la Grande-Bretagne est conditionné par la volonté française de prendre une revanche sur l'humiliation de 1763. L'appui des insurgents américains répond aussi au désir des milieux éclairés d'établir une république sur le continent américain. Au début de l'insurrection des colons américains, la France a envoyé secrètement des armes et des munitions pour les soutenir. Après la Déclaration d'indépendance du 4 juillet 1776, le Congrès américain envoya Benjamin Franklin qui débarque à Auray avant de se rendre à Nantes puis à Paris pour obtenir de l'aide pour les "Insurgents". Il souhaite surtout recruter des officiers pour l'armée continentale et solliciter une alliance militaire. La victoire des rebelles américains à Saratoga en 1777 incite la France à signer un traité de commerce et une alliance militaire en février 1778. La France est la première nation qui reconnaît officiellement les États-Unis d'Amérique.

L'amiral Charles Henri d'Estaing arriva à la tête d'une flotte et combattit aux côtés du général John Sullivan. D'Estaing perd le siège de Savannah. L'alliance franco-américaine se renforce grâce à l'arrivée du comte de Rochambeau en 1780. Les forces navales françaises participent à la bataille de la baie de Chesapeake et rendirent possible la victoire de Yorktown en Virginie en octobre 1781, qui achève la guerre.

Le 7 juin 1777, le marquis de La Fayette envoie une lettre à sa femme qui déclare :

« Défenseur de cette liberté que j'idolâtre, libre moi-même plus que personne, en venant comme ami offrir mes services à cette république (des États-Unis) si intéressante, je n'y porte nul intérêt personnel. Le bonheur de l'Amérique est intimement lié au bonheur de toute l'humanité ; elle va devenir le respectable et sûr asile de la vertu, de l'honnêteté, de la tolérance, de l'égalité et d'une tranquille liberté. »

Pendant le traité de Paris, les négociations de paix se font sous la houlette de Benjamin Franklin, John Adams et John Jay. Des personnalités politiques comme Thomas Jefferson, sont alors fondamentalement francophiles.

Des relations complexes avec la jeune nation (XIXe siècle)[modifier | modifier le code]

Après la signature du traité de paix de 1783, deux grand partis politiques se forment aux États-Unis: les républicains-démocrates, francophiles et les fédéralistes qui souhaitent renouer les liens avec la Grande-Bretagne.

Les relations entre la France et les États-Unis suivront les influences relatives de ces deux partis. C'est ainsi que les États-Unis et la France conçoivent leurs constitutions à la même époque et que la philosophie des Lumières inspire ces mouvements et transparaît clairement dans les deux textes. Mais la jeune nation signe bien vite quantités d'accords avec l'ancienne métropole coloniale et le soutien américain durant les guerres révolutionnaires puis de l'empire fut quasi inexistant.

L'influence américaine sur la Révolution française[modifier | modifier le code]

Les événements révolutionnaires en Amérique ont trouvé un écho en France, parmi la noblesse et la bourgeoisie éclairée notamment. Les officiers français ayant servi la cause des insurgés américains rentrent en France : le plus célèbre est le marquis de La Fayette. La référence politique à la révolution américaine est présente à l'esprit des députés en 1789 : Thomas Jefferson a commenté et annoté un projet de déclaration des droits présentés par La Fayette[2]. Jacques-Pierre Brissot, qui séjourna aux États-Unis en 1788, crée une société gallo-américaine[2]. De nombreuses éditions de la Déclaration d'indépendance et de la constitution américaine circulent en France

La quasi-guerre[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Quasi guerre et Parti français à Washington.

Au début de la Révolution française, les relations sont excellentes entre les républicains américains et les révolutionnaires français et un Parti français à Washington tentait de les renforcer, mais elles se détériorent après l'exécution de Louis XVI. Les Français reprochent au gouvernement de Washington sa neutralité dans les guerres révolutionnaires, le rapprochement avec la Grande-Bretagne et les retards de remboursement de la dette.

En 1794, Edmond-Charles Genêt (1763-1834), ambassadeur de France à Philadelphie, est révoqué par les Américains après de nombreuses maladresses. Ils lui fournissent cependant l'asile et s'opposent à son retour en France alors confrontée à la Terreur.

Le 19 novembre 1794, le traité de Londres signé par John Jay est vécu comme une trahison par les Français, puisqu'il permet aux Britanniques de confisquer les marchandises françaises découvertes dans les navires américains. La Convention réplique en immobilisant des navires américains au mouillage dans les ports français et en autorisant ses corsaires à arraisonner ceux qui sont en mer.

En 1797 éclate l'affaire XYZ. Des agents du ministre français des affaires étrangères Charles Maurice de Talleyrand exigent des pots de vin de la part des émissaires américains venus négocier un traité. Ces révélations provoquent un scandale aux États-Unis et le président John Adams doit peser de tout son poids pour éviter une déclaration de guerre formelle contre la France.

Les relations entre les deux pays continueront cependant de se dégrader pour aboutir à la révocation de Charles Pinckney. C'est le début de l'état de « quasi guerre », avec des combats navals entre les deux nations, qui ne prendra fin qu'avec la signature du traité de Mortefontaine en 1800.

Vente de la Louisiane[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Vente de la Louisiane.
Achat de la Louisiane par les Américains.

Par les conventions du 30 avril 1804, le premier consul Napoléon Bonaparte vend la Louisiane, dont la superficie correspondait à dix états américains actuels, à la jeune République des États-Unis. On dit souvent que la France et les États-Unis ne se sont jamais fait la guerre, pourtant le contrat de cession de la Louisiane française garde la trace de ces conflits. En effet, sur les sommes demandées par la France aux États-Unis, 25 % sont retenues par les États-Unis au titre des « dommages de guerre » à la suite des confrontations, le plus souvent défavorables aux Américains, qui marquèrent la période troublée de la Révolution. Précisons également que la somme demandée par la France pour la Louisiane représentait 150 % du PIB des États-Unis de l'époque, c'était donc une somme non négligeable. Les États-Unis n'avaient évidemment pas ces liquidités, et des banques françaises furent sollicitées pour financer le contrat.

Les Américains tentent d'envahir le Canada lors de la guerre de 1812, mais ils sont nettement repoussés par les troupes britanniques qui incendient même les principales villes de la côte Est en 1812.

En 1831, le gouvernement de Louis-Philippe Ier envoie Alexis de Tocqueville et Gustave de Beaumont étudier le système pénitentiaire américain. De retour en France après un voyage de neuf mois, Tocqueville publie De la démocratie en Amérique (1835,1840), un ouvrage sur le système politique et social américain, qui devient rapidement un succès en Europe comme aux États-Unis. Beaumont, quant à lui, publie Marie, ou l'esclavage aux États-Unis (1835), un roman sur la condition des esclaves noirs.

En 1848, de nombreux Français partent en Californie pour faire fortune : ils participent avec d'autres à la ruée vers l'or. Dans les années 1845-1852, San Francisco compte ainsi près de 5 000 Français[3].

Guerre de Sécession[modifier | modifier le code]

Napoléon III, à l'image des autres régimes européens, tient à rester officiellement neutre dans la guerre de Sécession qui ravage les États-Unis entre 1861 et 1865. Officieusement toutefois, Napoléon III a, comme les Britanniques, une préférence pour les Sudistes qui ont un état d'esprit plus « européen » que les Yankees du Nord. Napoléon III interdit à tout Français résidant aux États-Unis de participer au conflit. Pourtant, sur les 53 989 Français recensés aux États-Unis en 1860, 40 % prirent les armes dans le Nord, soit environ 14 000 sur 35 819, contre environ 70 % dans le Sud; soit 12 000 combattants sur 18 170 Français du Sud. Certains régiments de Français s'illustrèrent dans les deux camps. Citons ici le 55e Régiment de New York, les « Gardes La Fayette », pour les Yankees, et les troupes du général Camille de Polignac, surnommé « La Fayette du Sud » par les confédérés.

Période de paix et artistique[modifier | modifier le code]

Les populations de France et des États-Unis sont comparables en 1870. C'est à cette période d'égalité démographique que le sculpteur français Bartholdi expose le 10 mai 1876 à l'Exposition universelle de Philadelphie la « torche de la Liberté » que devrait brandir la Statue de la Liberté alors en projet. Construite et même totalement assemblée à Paris, la Statue de la Liberté est ensuite démontée, mise en pièces détachées dans les caisses expédiées à New York. Elle est finalement inaugurée le 28 octobre 1886.

D'une manière générale, l'influence de l'Académie des beaux-arts de Paris sur l'architecture américaine s'étend de 1860 aux années 1930. Plusieurs architectes américains (Richard Morris Hunt, Henry Hobson Richardson, Frank Furness) voyagent en France et rapportent l'éclectisme en vigueur à cette époque.

Le temps des guerres (1914-1945)[modifier | modifier le code]

Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Au début de la guerre, les États-Unis observent une politique de stricte neutralité. Isolationnistes par tradition et encore très vulnérables militairement, ils n'ont aucun intérêt direct à défendre dans le conflit qui vient d'éclater. Si l'opinion publique penche en faveur des alliés, l'Allemagne étant désignée comme la principale responsable des horreurs de la guerre, elle manifeste des sentiments pacifistes très forts.

En janvier 1915, puis en janvier 1916 Edward M. House est chargé par le président Woodrow Wilson de mettre en place une conférence de paix. Ses missions sont des échecs du fait de l'intransigeance des gouvernements, dont celui de la France qui exige la rétrocession de l'Alsace-Lorraine. En janvier 1917, une troisième tentative obtient l'accord des alliés, mais l'Allemagne s'oppose toujours à une médiation des États-Unis.

Sur un plan économique, la guerre permet aux États-Unis d'exporter leurs produits. Le commerce transatlantique est florissant, jusqu'en 1917 quand les Allemands décident de reprendre la guerre sous-marine qu'ils avaient suspendue après le torpillage du paquebot Lusitania en 1915. Les États-Unis rompent les relations diplomatiques avec l'Allemagne. Le 19 mars 1917, les Allemands coulent le Viligentia. Le 2 avril 1917, Wilson fait voter la déclaration de guerre par le Sénat. La commission d'enquête Ney a estimé en 1936 que c'était principalement des considérations économiques liées à la dette des alliés, qui avaient motivé cette entrée en guerre. Les États-Unis étaient en effet devenus très rapidement créanciers du vieux Continent, prêtant 2,3 milliards de dollars aux alliés et 27 millions aux empires centraux.

Dans les mois qui suivent, les soldats américains s'engagent progressivement sur le territoire français. Le gros des troupes arrive dans les tranchées de la Première Guerre mondiale à l'été 1918. Diplomatiquement toutefois, l'avis américain pèse peu face à la résolution française de mettre définitivement hors d'état de nuire la menace allemande. Les quatorze points avancés par le président des États-Unis Woodrow Wilson lors de la création de la Société des Nations ne sont donc pas repris dans le traité de Versailles.

Le 19 février 1999, le président de la République française, Jacques Chirac, avait remis la légion d'honneur à des anciens combattants américains de la Première Guerre mondiale, à Washington D.C. au total, près de 300 anciens combattants américains ont déjà reçu cette distinction.

Entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]

Pendant l'entre-deux-guerres, les relations entre les deux nations sont extrêmement tendues. Les États-Unis considèrent la vieille Europe comme un ensemble de régimes monarchiques arriérés, qu'ils méprisent[4]. Ils exigent le paiement des dettes de guerre, nominal et intérêts compris sans aucune négociation possible. La France n'a alors d'autre alternative que d'envahir la Ruhr pour tenter de trouver de quoi payer ses dettes. Les US répliquent en endettant encore plus l'Allemagne via les prêts Young et Dawn, fait directement aux municipalités allemandes, siphonnant ainsi l'économie allemande et déclenchant une spirale d'hyper-inflation. Cette politique aura pour conséquence de faire éclater l'Europe et de conduire à la seconde guerre mondiale [5][non neutre]. Pendant les années folles la culture américaine commence à s'implanter en Europe avec le jazz, le cinéma ou des romanciers comme William Faulkner. À la même époque, la mode, la littérature, la philosophie, le théâtre, l'art et la gastronomie française sont appréciés des élites américaines[réf. souhaitée].

En 1928, les deux nations sont à l'origine du Pacte Briand-Kellogg.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Au début de la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis ne sont absolument pas prêts à s'engager et le 16 juin 1940 Franklin Roosevelt rejette la demande d'assistance militaire émise par Paul Reynaud. À cette époque le pays ne disposait, selon les estimations actuelles des historiens américains, que de la 39ème armée du monde.

Bien que dès le 16 septembre 1940, Roosevelt rétablisse la conscription et commence à engager l'industrie dans l'effort de guerre, les États-Unis sont partagés entre les isolationnistes et les interventionnistes. Le 11 mars 1941, Roosevelt obtient cependant du Congrès la permission d’approvisionner en armements les alliés.

Les États-Unis entrent finalement en guerre à la suite de l'attaque de Pearl Harbor, le 7 décembre 1941. Roosevelt qui entretient encore des relations diplomatiques avec le gouvernement de Pétain n'apprécie pas du tout De Gaulle, qui le lui rend bien. D'humiliations en bassesses, les relations entre la France libre et Washington sont quasi inexistantes jusqu'en juin 1944.

Libération[modifier | modifier le code]

Roosevelt avait prévu de placer la France sous administration de l'AMGOT, comme les Pays-Bas ou l'Italie par exemple. De Gaulle s'y oppose fermement et engage une course de vitesse pour imposer l'administration du gouvernement provisoire de la République française sur l'ensemble du territoire. Prenant conscience de la popularité dont jouit le général, Roosevelt s'incline dès juillet 1944 et reconnaît la légitimité du GPRF. Roosevelt reste cependant extrêmement méfiant envers son encombrant allié.

C'est alors le Royaume-Uni qui permet à la France de retrouver sa place dans le concert des nations. À la conférence de Yalta, elle insiste pour que la France soit chargée d'une zone d'occupation de l'Allemagne et c'est également cette alliance qui permet à la France d'obtenir l'un des cinq fauteuils de membre permanent au Conseil de sécurité de l'ONU .

La période de la guerre froide (1945-1989)[modifier | modifier le code]

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, la France est affaiblie et divisée. Elle va alors accepter les prêts de la banque mondiale et les contrôles du FMI mis en place dans le cadre du plan Marshall et de la doctrine Truman. La montée des tensions entre Washington et Moscou à la suite du refus de Moscou d'accepter les conditions financières des États-Unis et en particulier à propos du droit de veto des États-Unis sur toutes les décisions de la Banque mondiale et du FMI, va éloigner la France de l'URSS. La France va cependant tirer profit de cette rupture et de la peur du communisme pour avoir plus de marges de manœuvres en vue de sa reconstruction et d'un remboursement rapide de ses dettes envers le FMI-États-Unis. Elle pourra alors par la suite conduire une politique indépendante.

La présence militaire américaine en France (1948-1958)[modifier | modifier le code]

Après le retrait de De Gaulle et l'émergence de la IVe République, les relations franco-américaines sont au beau fixe. Le régime parlementaire de la IVe République est très clairement proaméricain malgré, ou à cause, d'une forte représentation du Parti communiste français.

Dès février 1948, Paris autorise le transit et le séjour sur son sol des troupes américaines. Les États-Unis craignent une offensive soviétique sur l'Europe. Ils envoient plusieurs bataillons à Saint-Nazaire et Bordeaux. Le 4 avril 1949, les États-Unis, la France et dix autres pays signent l'accord créant l'OTAN.

Alors que le monde est en train de se polariser, la France et les autres nations européennes perdent progressivement une grande part de leur influence diplomatique sur la scène internationale. En 1954, malgré un soutien tardif des États-Unis, la guerre d'Indochine est perdue par la France qui s'engage dans une autre guerre, l'Algérie. En 1956, la crise de Suez montre bien les limites qu'implique le rôle ingrat réservé aux satellites des deux grandes puissances. L'alliance franco-britannique est contrainte de rentrer sagement à la maison par le couple américano-soviétique. Les États-Unis, qui se découvrent anticolonialistes, critiquent de plus en plus la gestion de la « crise algérienne ». Ces critiques sont perçues en France comme une ingérence dans les affaires intérieures.

En 1958, la France abrite 100 000 Américains, soldats et civils. Les régions « occupées » vivent à l'heure américaine et adoptent les produits américains (films, boissons, nourriture, vêtements, musique). Cette présence américaine engendre un mouvement d'antiaméricanisme. « Les libérateurs » de juin 1944 sont remplacés par « les impérialistes ». Le parti communiste menace de faire basculer la France dans le camp soviétique et s'oppose ouvertement aux États-Unis.

La volonté d'indépendance de la France[modifier | modifier le code]

Avec le retour au pouvoir du Général Charles de Gaulle en 1958, la décennie qui suit est une période dure pour les relations bilatérales. Le président français conteste le leadership américain, estimant que la paix ne passe pas forcément par l'américanisation du monde. La France gaullienne cherche alors à montrer son indépendance vis-à-vis des États-Unis, notamment par sa sortie du commandement intégré de l'OTAN, la fermeture des bases militaires américaines installées en France et sa politique d'indépendance nationale qui touche tous les domaines de la diplomatie à l'art en passant par l'économie.

La France souhaite disposer de l'arme nucléaire pour ne pas être dépendante des États-Unis. Cette ambition se heurte à la politique de non prolifération de la commission de l’Énergie atomique du Congrès des États-Unis, se basant sur l'Atomic Energy Act (en), qui interdit toute assistance des États-Unis, malgré plusieurs annonces en ce sens de part de la diplomatie américaine.

Cette volonté d'autonomie n'ira cependant jamais jusqu'à la rupture et, lors de moments de tensions comme le blocus de Berlin ou de la crise des missiles de Cuba, la France réaffirmera sans ambigüité son alignement stratégique dans le bloc occidental.

Si de Gaulle est accueilli avec tous les honneurs aux funérailles de John Fitzgerald Kennedy, les relations franco-américaines ne vont pas tarder à devenir exécrables après l'accession au pouvoir de Lyndon Baines Johnson.

Le président Charles de Gaulle, bien qu'il ait un temps refusé la décolonisation française en Indochine, condamne l'aide militaire apportée par les États-Unis d'Amérique à la République du Viêt Nam (dite Viêt Nam du Sud) contre la rébellion communiste menée par le Viêt Minh (autoproclamé « République démocratique du Viêt Nam », dite Viêt Nam du Nord), ainsi que l'attaque israélienne lors de la Guerre des Six Jours.

À partir de 1961 les dépenses américaines liées à la guerre du Viêt-Nam entraînent une émission de dollars garantie par les réserves d'or américaine. Sous l'influence du général de Gaulle, les pays d'Europe en particulier la France et Allemagne exigent de pouvoir échanger leurs dollars contre de l'or. Les relations entre le général et les États-Unis vont se dégrader dans les mêmes proportions que les réserves d'or américaines[5].

Le 21 février 1966, de Gaulle annonce sa volonté de se retirer du commandement militaire de l'OTAN, tout en restant membre de l'Alliance. C'est la fin d'un processus de désengagement qui avait débuté en 1959, après le rejet britannique de sa proposition de cogestion par les États-Unis, le Royaume-Uni et la France de l'état major de l’OTAN. Cela annule le traité établi en 1948 visant à la libre circulation des troupes américaines sur le sol français. Le président des États-Unis redéploie les 70 000 hommes installés en France, vers la RFA, le Royaume-Uni, la Belgique et l’Italie.

En 1968, profitant des évènements en France qui affaiblissent le Général De Gaulle, les États-Unis réussissent à diviser les pays européens et a leur faire accepter de ne plus garantir le dollar contre de l'or. Sans plus aucune contre-partie à l'émission de monnaie, les États-Unis se retrouvent avec une ligne de crédit illimitée aux frais du reste du monde. Disposant de militaires armés dans toute l'Europe, la seule alternative laissée par les États-Unis est d'acheter la dette américaine, creusant encore plus de déficit américain et repoussant encore plus l'éventualité d'un remboursement. Cette politique contre laquelle a lutté le Général prendra pour nom « Benign neglect » (« négligence bénigne ») car pour les États-Unis, la dette n'est plus un problème américain, mais cela devient celui de ceux qui ne seront jamais remboursés[5]. et qui n'ont pas les moyens militaires de faire valoir leur intérêts[non neutre].

Une nouvelle entente[modifier | modifier le code]

Les présidents Nixon (gauche) et Pompidou (droite) lors du sommet en Islande.

Le départ de De Gaulle en 1969 ramène une relative détente entre les deux nations. Dès 1970, Georges Pompidou rééquilibre les relations avec Richard Nixon en effectuant une politique de rapprochement avec les États-Unis. Il est aidé par le francophile secrétaire d'état américain Henry Kissinger. Nixon contourne même les lois de son pays afin de fournir à la France des super ordinateurs essentiels pour la recherche, notamment dans le domaine nucléaire. Le président fait ensuite modifier la loi[réf. souhaitée] et entame alors des relations officielles d'échanges d'informations dans les domaines très sensibles du nucléaire.

Mais en 1973, les tensions ressurgissent. Officiellement, les deux politiques s'opposent sur plusieurs dossiers notamment sur la création d'une nouvelle charte atlantique. Kissinger envenime la situation en qualifiant la France « d'enfant rebelle de l'Europe. ». En effet, le président Pompidou a pris l'initiative de réunir les pays Européens pour taxer à 100 % les capitaux étrangers empêchant toute manipulation des taux de devises et il mène les négociations sur la dette et les excédents agricoles américains. Les États-Unis souhaitent vivre aux dépens du reste du monde[non neutre] et refusent de faire une quelconque réforme structurelle. Tout comme pour la dette, ils souhaitent avoir un accès illimité au marché européen pour écouler leur surplus. Que cela ait pour conséquence de ruiner l'agriculture européenne et d'asservir l'Europe au bon vouloir américain en cas de mauvaise récolte, cela n'est pas le problème américain, bien au contraire. Les tensions retomberont quand les États-Unis arriveront à vendre leurs excédents à l'URSS, vente qui sera réalisée après que l'URSS aura remboursé aux États-Unis le montant des prêts-baux de la Seconde Guerre mondiale et qui prendra le nom de « politique de détente ».

Sous la présidence de Valéry Giscard d'Estaing, les relations bilatérales sont meilleures grâce à une légère détente du conflit Est-Ouest, de plus les États-Unis sont frappés par le choc pétrolier. La France profite de ce contexte pour affirmer sa position internationale en manifestant une solidarité sans faille avec les États-Unis lors des crises internationales.

La fin du septennat de Giscard d'Estaing est marquée par une nette dégradation des relations entre Paris et Washington due à un regain des tensions entre les deux blocs au lendemain de l'invasion de l'Afghanistan par l'URSS en 1979.

En 1981, l'alternance politique gauche-droite en France assombrit les relations. Les élans tiers-mondistes de François Mitterrand inquiètent les États-Unis mais les relations reprennent vite. Entre 1981 et 1983, la France socialiste est une solide alliée de l'Amérique de Ronald Reagan. En 1983, les tensions refont surface à cause de contentieux commerciaux mais ne dégradent pas les relations diplomatiques.

La période post-guerre froide (depuis 1989)[modifier | modifier le code]

La chute du mur de Berlin en 1989 et l'éclatement de l'URSS en 1991 mettent fin à la bipolarisation du monde. Mais ces événements font entrer le monde dans une période instable, de nouvelles menaces apparaissent comme les conflits régionaux (Palestine) et le terrorisme international (attaque à la bombe du World Trade Center à New York en 1993). Dans ce contexte, les États-Unis et la France se rapprochent pour faire face ensemble à ces menaces.

La première guerre du Golfe[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Guerre du Golfe (1990-1991).

Il faut ensuite attendre la première guerre du Golfe pour voir à nouveau à l'action les relations franco-américaines. Le cas est d'ailleurs d'autant plus intéressant que le président français François Mitterrand était socialiste tandis que George Bush père était un Républicain. Malgré cette différence politique, l'entente entre les deux alliés fut bonne. Les Américains se félicitèrent d'ailleurs de l'efficacité des troupes françaises à l'occasion de ce conflit, une délégation défilant même à New York à l'occasion d'une parade de la victoire. L'après guerre en Irak fut pris en mains par quatre pays : le Canada, le Royaume-Uni, les États-Unis et la France. Les missions dévolues à ces nations étaient de contrôler l'espace aérien, de faire respecter les zones d'exclusions et de bombarder au sol tous les sites suspects. Après plusieurs temps de ce régime sévère, France et Canada décident de ne plus accepter les missions de bombardement au sol et se contentent alors de missions d'observations ou de protection de l'espace aérien. C'est à ce moment-là qu'éclate la belle entente franco-américaine, en pleine ère Clinton. Ainsi, plutôt que de régler à l'abri des regards une affaire d'espionnage économique, le ministre de l'Intérieur Charles Pasqua révèle publiquement celle-ci en février 1995, faisant expulser le chef de station de la CIA à Paris, Richard L. Holm, ainsi que plusieurs autres agents sous couverture diplomatique.

Depuis les toutes dernières années des présidences Clinton, la France et le Canada militent pour un assouplissement de l'embargo en Irak arguant que c'était avant tout la population qui en subissait les conséquences. L'UNICEF évoqua même un bilan catastrophique de 500 000 enfants morts en raison de cet embargo. Gros problème pour les États-Unis et le Royaume-Uni qui, en raison de leur attitude « guerrière » vis-à-vis de l'Irak, ne parviennent pas à signer des contrats avec le gouvernement irakien pour la période d'après embargo… La France, en revanche, engrange les contrats. Ces derniers seront d'ailleurs souvent utilisés par les Américains pour critiquer la position française sur l'affaire irakienne de la deuxième guerre du Golfe.

Par la suite les deux pays ont coopéré militairement dans plusieurs crises : Bosnie-Herzégovine, Kosovo, Afghanistan, Haïti, etc.

Les attentats du 11 septembre[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Attentats du 11 septembre 2001.

Les attentats du World Trade Center à New York donnent l'occasion aux deux pays de prouver au monde la solidarité qui les unit. Jacques Chirac est le premier chef d'État étranger à annoncer son soutien au peuple américain. Le 12 septembre 2001, la France propose à l'ONU une résolution condamnant les attentats de la veille : la résolution 1368 est adoptée par le Conseil de sécurité.

Elle engage ses forces aériennes et navales dans la Guerre d'Afghanistan depuis le début des opérations.

En 2004, la coopération entre les forces françaises et américaines en Afghanistan se place dans de la Force internationale d'assistance et de sécurité (FIAS). À la suite de l'accord du sommet d'Évian de juin 2003, la France a également envoyé plus de 200 commandos des forces spéciales. Elles sont sous le contrôle des Américains et relèvent aussi du commandement d'Henri Bentégeat, chef d'état-major des armées. Elles reçoivent la confiance des forces américaines qui leur offrent la totalité des informations disponibles. Elles sont épaulées par l'action des forces aériennes américaines.

Selon le quotidien américain Washington Post (3 juillet 2005), les services secrets français et américains (respectivement la DGSE et la CIA), ont créé en 2002 une unité spéciale à Paris, appelée « Alliance Base ». Elle organisait jusqu'en 2009 la recherche de suspects liés aux réseaux islamistes terroristes.

La crise de la guerre d'Irak[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Guerre en Irak (2003-2004).

Cependant la France se veut « aux côtés » et « non derrière » les États-Unis. Cette ambition fait apparaître de profondes divergences, qui atteignent leur paroxysme en 2003.

À partir de 2002, la diplomatie française s'oppose de plus en plus frontalement à la volonté de l'administration américaine d'intervenir militairement en Irak. Le 14 février 2003, Dominique de Villepin, alors ministre des Affaires étrangères, prononce au Conseil de sécurité des Nations unies un discours s'opposant fermement à l'entrée en guerre[6]; c'est le plus grand contentieux entre les deux pays. Cependant, la France décide d'ouvrir son espace aérien aux avions militaires américains qui sont utilisés pour bombarder l'Irak.

Se développe alors dans les médias et dans l'opinion américaine un fort ressentiment à l'égard des Français, notamment avec l'expression « Cheese-eating surrender monkeys » (littéralement « singes capitulards bouffeurs de fromage ») pour désigner les Français. Le 15 mai 2003, l'ambassadeur de France à Washington, Jean-David Levitte, publie une lettre à l'attention des directeurs de presse américains, dans laquelle il dénonce les fausses informations dont la France est victime[7].

Parallèlement, s'accentue en France un sentiment négatif à l'égard de la politique des États-Unis. Lors d'un sondage CSA-La Croix, réalisé le 22 septembre 2004 à l'occasion des élections présidentielles américaines, 33 % des Français se disent « inquiets » à l’évocation des États-Unis, contre 12 % quatre ans auparavant. Et 87 % d’entre eux auraient voté pour l'opposant John Kerry. George W. Bush remportera finalement ces élections, au regret de nombreux Français qui craignent que cette réélection empêche une véritable reprise des relations politiques.

Situation actuelle[modifier | modifier le code]

Mi-2004, le commerce bilatéral a repris une activité normale et certains Américains ont même proclamé que la France avait eu raison de ne pas intervenir militairement en Irak.

En novembre 2004, à la suite de la crise ivoirienne, les États-Unis soutiennent la résolution 1572 présentée par la France devant le conseil des Nations unies, qui prononce un embargo sur les armes ivoiriennes. En février 2005, les deux pays se rejoignent sur le problème libanais : ils appellent ensemble au retrait des troupes syriennes du Liban et propose la résolution 1559, votée le 2 septembre 2004 à l'ONU. Le 14 octobre 2005, Condoleezza Rice s'est entretenue avec le président de la République et Philippe Douste-Blazy. Ils travaillent ensemble sur le dossier nucléaire iranien. La France a également soutenu le projet de résolution américain contre la Corée du Nord en octobre 2006[8].

Le retour de la France dans le commandement intégré de l'OTAN début 2009 marque le renforcement de l'alliance entre Paris et Washington.

Dans un sondage effectué en mai 2007 pour le CSA et la French-American Foundation France, l'image de la France aux États-Unis s'est améliorée puisque 48 % des Américains reconnaissent la France comme un partenaire et 41 % ont de la sympathie envers la France[9],[10]. Selon le même sondage, seuls 15 % des Français éprouvent de l'antipathie à l'égard des États-Unis.

Israël[modifier | modifier le code]

Un point de divergence important entre la France et les États-Unis est la question du conflit israélo-arabe. La France fut, jusqu'en 1967, l'allié privilégié d'Israël. Depuis la guerre de 1967, De Gaulle a mis à l'index Israël et sa politique. Depuis lors, la diplomatie française a gardé la même ligne, résumée dans l'expression « la politique arabe du Quai d'Orsay ». Aux États-Unis, en revanche, on assiste très passivement aux premières années difficiles de l'état israélien, et puis on change nettement d'attitude par la suite au point de remplacer la France comme allié privilégié d'Israël après 1967. La France tenta de ménager les intérêts arabes et Israéliens durant son alliance avec Israël, tandis que les États-Unis apparaissent plus comme un grand frère protecteur et nourricier qui laisse faire. George W. Bush avait ainsi mis le président de l'Autorité Palestinienne Yasser Arafat sur la touche alors qu'il bénéficiait d'une protection française (Yasser Arafat avait l'habitude d'appeler Jacques Chirac, « Dr Chirac »).

Railleries[modifier | modifier le code]

Les relations franco-américaines sont de plus détériorées par des mouvements « anti », existants dans les deux pays. De nombreux Français sont antiaméricains ; idem de l'autre côté de l'Atlantique avec le « french bashing » où les blagues antifrançaises sont légions et la littérature antifrançaise copieuse. Les Français et les Anglais ont, depuis huit siècles déjà, le même type de relations agressives. Ces huit siècles d'échanges d'insultes n'ont toutefois pas empêché les deux démocraties de s'unir pour affronter ensemble les délicats écueils du XXe siècle, aussi personne ne peut pronostiquer l'évolution des relations franco-américaines à l'avenir qui oscilleront, comme par le passé, entre la guerre froide et l'amitié sincère.

Dans un entretien accordé aux journalistes américains de l'International Herald Tribune le 20 mars 2002, Jacques Chirac exprimait son sentiment face à l'antiaméricanisme en France :

« Je ne peux pas accepter l'idée qu'il y aurait un phénomène culturel d'antiaméricanisme en France, pas plus qu'il n'y a un phénomène d'antisémitisme, malgré les déclarations d'un vice-ministre israélien qui souhaite que des juifs français viennent s'installer en Israël ! Il n'y a pas d'antiaméricanisme. En tous les cas ce n'est pas vrai dans le sens de l'opinion publique. Alors, je le répète, il y a les choses qui agacent les Français, c'est vrai, mais cela relève des querelles naturelles de famille. Il n'y a pas, je le répète, d'antiaméricanisme. Dans une vraie famille il y a des personnalités, tout le monde n'est pas forcément aligné, mais lorsque la solidarité est nécessaire, elle est toujours là. »

Français aux États-Unis[modifier | modifier le code]

Américains en France[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.lexpress.fr/actualite/monde/amerique/quand-l-amerique-etait-francaise_488422.html
  2. a et b François-Joseph Ruggiu, Historiens et géographes, n°393, février 2006, page 118
  3. Philippe Jacquin, Daniel Royot, Go West ! Histoire de l'Ouest américain d'hier à aujourd'hui, Paris, Flammarion, 2002, p. 132
  4. Galbraith, Voyage dans le temps économique
  5. a, b et c Michael Hudson, Super imperialism
  6. Texte du discours
  7. Jean-David Levitte, portrait du conseiller diplomatique de l’Élysée, véritable ministre des Affaires étrangères, Politique.net, 20 mars 2009
  8. Pyongyang : la France avec les États-Unis - Le Nouvel Observateur, 10 novembre 2006
  9. Sondage France–États-Unis - Pierre Beylau, Le Point, 31 mai 2007
  10. France - États-Unis : regards croisés - Sondage de l'institut CSA pour la French-American Foundation France et le Sénat, mai 2007 (voir archive) [PDF]
  11. Ariane Daguin. La reine du foie gras américain - Hélène Vissière, Le Point, 23 mars 2006

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]