Robin des Bois (film, 1973)

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Robin des Bois

Description de l'image  Robindesbois.png.
Titre original Robin Hood
Réalisation Wolfgang Reitherman
Scénario Ken Anderson
Larry Clemmons
Sociétés de production Walt Disney Pictures
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Sortie 1973
Durée 83 minutes

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Robin des Bois (Robin Hood) est le 27e long-métrage d'animation et le 21e « Classique d'animation » des studios Disney. Sorti en 1973, il s'inspire en même temps de la légende du voleur justicier anglais et du Roman de Renart, un recueil de récits médiévaux français des XIIe et XIIIe siècles.

Ce film avait été initié par Walt Disney peu avant sa mort en 1966, même s'il n'en avait choisi que le thème.

Sommaire

Synopsis [modifier]

Dans l'Angleterre médiévale du Royaume des Animaux, le roi Richard Cœur de Lion règne en bon monarque sur ses sujets. Alors qu'il est parti aux Croisades, sa couronne et son pouvoir sont usurpés par son frère, le cupide et cruel prince Jean, conseillé par Triste Sire, un serpent aussi perfide que malfaisant. Les deux comploteurs ne poursuivent qu'un seul but : s'emparer de toutes les richesses du royaume. Leurs manigances iraient pour le mieux, si Robin des Bois, un renard à l'esprit vif et au cœur tendre, ne se dressait en travers de leur route.

Fiche technique [modifier]

Distribution [modifier]

Voix originales [modifier]

Voix françaises [modifier]

Chansons du film [modifier]

  • Quel beau jour vraiment (Oo-de-lally) - Adam de La Halle
  • Hier deux enfants (Love) - Soliste
  • Messire le roi de mauvais aloi (The Phony King of England) - Petit Jean
  • Pas à Nottingham (Not in Nottingham) - Adam de la Halle

Distinctions [modifier]

  • 1974 - Nomination à Oscar pour la Best Music, Original Song (Nous n'étions encore que deux enfants)
  • 1976 - Prix au Golden Screen d'Allemagne

Sorties cinéma [modifier]

Sorties vidéo [modifier]

  • 6 décembre 1984 - VHS (États-Unis et Québec) avec format 4/3
  • 1985 - VHS en Europe avec format 4/3
  • 1991 - VHS (Québec et États-Unis)
  • Février 1992 - VHS avec format 4/3
  • Automne 1994 - VHS et Laserdisc avec format 4/3
  • 28 octobre 1994 - VHS (Québec)
  • 1996 - VHS avec format 4/3
  • 13 Juillet 1999 - VHS (Québec) avec format 4/3 (1:37,1)
  • 4 juillet 2000 - VHS et DVD (Québec) Collection « classique or » avec format 4/3
  • 26 juillet 2002 - DVD et VHS (Europe)
  • 18 novembre 2006 - DVD Collector (Québec)
  • 6 juin 2007 - DVD Collector (Europe)

Origine et production [modifier]

Le studio Disney avait déjà réalisé une adaptation de l'histoire de Robin des Bois en 1952 avec des acteurs, sous le titre Robin des Bois et ses joyeux compagnons (1952)[3]. Selon Leonard Maltin, ce film en prise de vue réelle est bien mieux que la version en animation réalisée par le studio en 1973 car il est moins basé sur la comédie, toutefois cette seconde version a éclipsée cette production avec des acteurs[4].

Au milieu des années 1960, alors que Walt Disney validait la production du film Les Aristochats (1970), Ken Anderson propose de prendre un sujet classique, la légende de Robin des bois, et de le traiter d'une nouvelle manière[5]. Cela permet de dater les prémisses de la production à l'automne 1966 car c'est peu de temps avant son décès, en décembre 1966, que Walt étudie les storyboards dessinés par Ken Anderson pour Les Aristochats et en autorise la production[6].

L'animation du film a nécessité 350 000 dessins dont plus de 100 000 cellulos peints et 800 décors[7].

Afin de renforcer l'esprit médiéval du film, le compositeur Georges Bruns a utilisé pour certaines séquences de vrais instruments anciens tels que les cors et le clavecin[7], bien que l'existence de ce dernier ne soit pas attestée avant le XIVe siècle.

Le premier animateur à travailler sur le film est Ollie Johnston qui, alors que le reste du studio travaille sur d'autres projets, entame l'animation du prince Jean à partir du travail vocal de Peter Ustinov et des esquisses de Ken Anderson[8]. Mais au final, le personnage n'est pas l'œuvre de Johnston seul mais d'une douzaine d'animateurs[8]. Respectant un schéma courant chez les méchants de Disney, les mouvement du visage du prince Jean sont lents mais précis — et donc détaillés —, afin d'appréhender l'évolution des idées qui germent dans son esprit. Cette technique avait déjà été utilisée pour la belle-mère dans Cendrillon et le capitaine Crochet dans Peter Pan[9].

Économie d'animation [modifier]

La production du film est marquée pour la réutilisation de nombreux éléments des précédentes productions depuis Blanche-Neige (1937) aux Aristochats (1970). Par exemple lors de la séquence de la fête dans la forêt de Sherwood, certains personnages reprennent des « chorégraphies » imaginées pour d'autres films de Disney[10],[11] :

  • Petit Jean et Dame Gertrude : Baloo et King Louie dans Le Livre de la jungle (1967) ;
  • Robin et Belle Marianne : Thomas O'Malley et Duchesse dans Les Aristochats (1970) ;
  • Belle Marianne : Blanche-Neige dans Blanche-Neige et les Sept Nains (1937) ;
  • le chat flûtiste et le lapin batteur : Scat Cat et le chat siamois dans Les Aristochats (1970).

Une explication envisageable est la conséquence du manque d'animateurs expérimentés lors de la production de Robin des Bois. Pour rappel c'est suite au décès fin 1971 de Roy O. Disney frère de Walt et pdg depuis 1966[12], que Ron Miller, gendre de Walt et vice-président de la division cinématographique[13], décide d'aller de l'avant sur le projet de California Institute of the Arts (CalArts)[12]. Le studio entame un projet de formation de nouveaux animateurs avec l'ouverture en 1971 du CalArts à Valencia en Californie[14]. Une classe dédiée à l'animation ouvre en 1972 sur le campus de CalArts[12].

Sortie et accueil [modifier]

Robin des Bois a recueilli autour de 9,5 millions de $ de recettes lors de sa première exploitation et plus encore lors de la deuxième.[réf. nécessaire]

Analyse [modifier]

Pour Bob Thomas, le film n'a rien d'innovant comme précédemment Les Aristochats (1970)[15]. Pour Robin Allan, Les Aristochats comme Robin des bois sont le reflet de la turpitude qui gagne les studios Disney depuis la mort de leur fondateur[16]. Allan ajoute que pour ces deux films les meilleurs animateurs encore présent chez Disney n'ont pas réussi à faire un usage créatif du médium Animation, réutilisant à la place des ressources précédemment produites[16]. Les animateurs préfèrent alors se souvenir de ce que Walt Disney appréciait au lieu de prendre leurs propres décisions[16]. J. P. Telotte écrit lui que Les Aristochats et Robin des bois font partie des projets réalisés avec peu d'efforts par les animateurs pendant 15 ans après la mort de Walt Disney[17].

Autour du film [modifier]

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  • La scène dans laquelle Triste Sire essaye d'hypnotiser le prince Jean n'est pas sans rappeler Kaa essayant d'hypnotiser Mowgli dans Le Livre de la jungle (1967). Par ailleurs, les « dents du bonheur » de Triste Sire sont un hommage au comédien Terry-Thomas qui l'incarne dans la version originale du film.
  • Lorsque, dans la forêt de Sherwood, Robin prépare à manger en pensant à Belle Marianne, il fredonne l'air de la chanson Hier deux enfants.
  • À l'origine du projet, frère Tuck devait être un cochon. Mais la production a redouté une protestation des autorités religieuses.
  • La cloche de la chapelle de frère Tuck est une vraie cloche qui a été filmée puis ajoutée en postproduction.
  • Lors de son mariage, Belle Marianne est entièrement vêtue de blanc. Or, les robes de mariage blanches n'existaient pas au Moyen Âge. De même, les lunettes à branches de la veuve Lapin et les culottes bouffantes que portent Belle Marianne, dame Gertrude et la sœur aînée de Bobby n'existaient pas non plus à cette époque.
  • Peter Ustinov, qui incarne la voix du prince Jean dans les versions anglaises et allemandes du film, a avoué qu'il avait pour cela parodié son rôle de l'empereur Néron dans le film Quo Vadis (1951).
  • Les voix originale et française de Petit Jean sont les mêmes que celles de Baloo dans Le Livre de la jungle. Elles appartiennent respectivement à Phil Harris et Claude Bertrand. De plus, en dehors de la couleur de leur poil et de l'aspect de leurs pattes avant, les deux ours se ressemblent beaucoup.
  • Les personnages de Robin des Bois apparaissent régulièrement dans la série télévisée Disney's tous en boîte.
  • Le prince Jean d'origine, objet de la légende, était certainement un personnage moins grotesque que celui du film de Disney. Quand le roi Richard est rentré de croisade, Jean a finalement été désigné comme son héritier légitime et a régné pendant dix-sept ans. Il est connu pour avoir signé — certes contre son gré — la Magna Carta, fondement de la monarchie constitutionnelle et de la démocratie moderne. Jean est néanmoins considéré dans le folklore comme l'un des plus mauvais rois de l'histoire d'Angleterre. À titre de référence historique, la « maman » que le prince Jean du film de Disney réclame en pleurnichant et en suçant son pouce n'est autre qu'Aliénor d'Aquitaine — un des personnages du film Robin des Bois et ses joyeux compagnons, réalisé en prises de vues réelles par Disney en 1952.
  • Dans la version française du film, Robin s'adresse par deux fois à Belle Marianne en l'appelant « ma mie », forme abrégée de « mon amie » en ancien français.
  • À la fin du film, on entend les mêmes cloches de mariage que dans Cendrillon (1950).

Titre en différentes langues [modifier]

  • Anglais : Robin Hood
  • Bulgare : Робин Худ (Robin Houd)
  • Chinois : 罗宾汉 (Luóbīn Hàn)
  • Espéranto : Kapuĉa Robĉjo
  • Grec : Ρομπέν των Δασών (Robén ton Dhasón)
  • Japonais : ロビン・フッド (Robin・Fuddo)
  • Russe : Робин Гуд (Robin Goud)
  • Vietnamien : Robin rừng xanh

Notes et références [modifier]

  1. (en) Robin des Bois (film, 1973) sur l’Internet Movie Database
  2. (en) Dave Smith, Disney A to Z: The Updated Official Encyclopedia, p. 21
  3. (en) Leonard Maltin, The Disney Films : 3rd Edition, p. 105.
  4. (en) Leonard Maltin, The Disney Films : 3rd Edition, p. 107.
  5. (en) Christopher Finch, The Art Of Walt Disney, p. 127.
  6. (en) Christopher Finch, The Art Of Walt Disney, p. 126.
  7. a et b (en) Dave Smith, Disney A to Z: The Updated Official Encyclopedia, p. 473
  8. a et b (en) Christopher Finch, The Art Of Walt Disney, p. 128.
  9. (en) Frank Thomas et Ollie Johnston, Disney Animation : The Illusion of Life, p. 467
  10. (en) David Koenig, Mouse Under Glass, p. 151.
  11. Quelques points communs entre différents Walt Disney, 1 juil. 2008
  12. a, b et c (en) David Koenig, Mouse Under Glass, p. 139.
  13. (en) Leonard Maltin, The Disney Films : 3rd Edition, p. 259.
  14. (en) Leonard Maltin, The Disney Films : 3rd Edition, p. 265
  15. (en) Bob Thomas, Disney's Art of Animation : From Mickey Mouse to Beauty and the Beast, p. 111.
  16. a, b et c (en) Robin Allan, Walt Disney and Europe, p. 252.
  17. (en) J. P. Telotte, The Mouse Machine: Disney and Technology, p. 143

Liens externes [modifier]

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