Robin des Bois (film, 1973)
Robin des Bois
| Titre original | Robin Hood |
|---|---|
| Réalisation | Wolfgang Reitherman |
| Scénario | Ken Anderson Larry Clemmons |
| Sociétés de production | Walt Disney Pictures |
| Pays d’origine | |
| Sortie | 1973 |
| Durée | 83 minutes |
Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution
Robin des Bois (Robin Hood) est le 27e long-métrage d'animation et le 21e « Classique d'animation » des studios Disney. Sorti en 1973, il s'inspire en même temps de la légende du voleur justicier anglais et du Roman de Renart, un recueil de récits médiévaux français des XIIe et XIIIe siècles.
Ce film avait été initié par Walt Disney peu avant sa mort en 1966, même s'il n'en avait choisi que le thème.
Sommaire |
Synopsis [modifier]
Dans l'Angleterre médiévale du Royaume des Animaux, le roi Richard Cœur de Lion règne en bon monarque sur ses sujets. Alors qu'il est parti aux Croisades, sa couronne et son pouvoir sont usurpés par son frère, le cupide et cruel prince Jean, conseillé par Triste Sire, un serpent aussi perfide que malfaisant. Les deux comploteurs ne poursuivent qu'un seul but : s'emparer de toutes les richesses du royaume. Leurs manigances iraient pour le mieux, si Robin des Bois, un renard à l'esprit vif et au cœur tendre, ne se dressait en travers de leur route.
Fiche technique [modifier]
- Titre original : Robin Hood
- Titre français : Robin des Bois
- Réalisation : Wolfgang Reitherman assisté de Dan Alguire, Edward Hansen, Jeffrey C. Patch
- Scénario : Ken Anderson, Eric Cleworth, Vance Gerry, David Michener, Julius Svendsen, Frank Thomas
- Direction artistique : Don Griffith
- Styliste couleur : Al Dempster
- Animation
- Supervision : Milt Kahl, Ollie Johnston, Frank Thomas et John Lounsbery
- Animation des personnages : Dale Baer, Don Bluth, Fred Hellmich, Hal King, Eric Larson, Burny Mattinson, Cliff Nordberg, Art Stevens
- Assistant animation clé : Stan Green, Bob McCrea, Dale Oliver, Chuck Williams
- Layout : Basil Davidovich, Joe Hale, Sylvia Roemer, Ed Templer Jr.
- Effets d'animation : Dan McManus, Jack Buckley
- Décors : Ann Guenther, Ralph Hulett, Bill Layne
- Montage : Tom Acosta et Jim Melton
- Musique : Floyd Huddleston, Roger Miller
- Composition originale : George Bruns
- Édition : Herb Taylor et Evelyn Kennedy
- Orchestration : Walter Sheets
- Producteurs : Don Duckwall
- Production : Walt Disney Pictures
- Distribution : Buena Vista Pictures Distribution
- Format : Couleurs (Technicolor) - 1,37:1 (1,75:1 étendu) - Mono (RCA Photopohone Sound Recording)
- Durée : 80 minutes
- Budget : 1,5 million de USD
- Dates de sortie[1] :
États-Unis : 8 novembre 1973,
France : 30 octobre 1974
Distribution [modifier]
Voix originales [modifier]
- Brian Bedford : Robin Hood (Robin des Bois)
- Phil Harris : Little John (Petit Jean)
- Peter Ustinov : Prince John (Prince Jean) / King Richard (Roi Richard)
- Terry-Thomas : Sir Hiss (Triste Sire)
- Monica Evans : Maid Marian (Belle Marianne)
- Carole Shelley : Lady Kluck (Dame Gertrude)
- Andy Devine : Friar Tuck (Frère Tuck)
- Roger Miller : Allan-A-Dale[2] (Adam de la Halle)
- Pat Buttram : Sheriff of Nottingham
- George Lindsey : Trigger (Pendard)
- Ken Curtis : Nutsy (Niquedouille)
- Billy Whitaker : Skippy (Bobby)
- Dana Laurita : Sis (Sœur de Bobby)
- Dora Whitaker : Tagalong
- Richie Sanders : Toby
- J. Pat O'Malley : Otto (Corniaud)
- Candy Candido : Tournament crocodile (Crocodile du tournoi)
- Barbara Luddy : Mother Rabbit (Mère Lapin) / Mother Church Mouse (Mère Souris)
- John Fiedler : Sexton (Croquenote), une souris
- Beulah Bondi : Mother Church Mouse (Mère Souris)
Voix françaises [modifier]
- Dominique Paturel : Robin des Bois, un renard
- Claude Bertrand : Petit Jean, un ours
- Jean Stout : Petit Jean (chant)
- Philippe Dumat : le prince Jean, un lion
- Jean Martinelli : le roi Richard, un lion
- Roger Carel : Triste Sire, un serpent
- Michèle André : Belle Marianne, une renarde
- Huguette Morins : Dame Gertrude, une poule
- Pierre Tornade : frère Tuck, un blaireau
- Pierre Vassiliu : Adam de La Halle, le coq-narrateur
- Jacques Marin : le shérif de Notthingham, un loup
- Albert Augier : Pendard, un vautour
- Francis Lax : Niquedouille, un vautour
- Christophe Bruno : Bobby, un lapereau
- Marie Francey : la veuve Lapin, sa mère
- Béatrice Bruno : la sœur aînée de Bobby
- Aurélia Bruno : Tagalong, la petite sœur de Bobby
- Fabrice Bruno : Toby, une tortue
- Henry Djanik : Corniaud, un chien
- Georges Atlas : le hérault du tournoi, un crocodile
- Guy Pierrault : Croquenote, une souris
- Colette Ripert : mère Souris
- Chanteurs : Franca Chevalier (soliste Love), Jean Cussac, Michel Barouille, Olivier Constantin, Claudine Meunier, Anne Germain, Janine de Waleyne, Géraldine Gogly
Chansons du film [modifier]
- Quel beau jour vraiment (Oo-de-lally) - Adam de La Halle
- Hier deux enfants (Love) - Soliste
- Messire le roi de mauvais aloi (The Phony King of England) - Petit Jean
- Pas à Nottingham (Not in Nottingham) - Adam de la Halle
Distinctions [modifier]
- 1974 - Nomination à Oscar pour la Best Music, Original Song (Nous n'étions encore que deux enfants)
- 1976 - Prix au Golden Screen d'Allemagne
Sorties cinéma [modifier]
- 8 novembre 1973 - États-Unis
- 6 décembre 1973 - Argentine
- 10 octobre 1974 - Italie
- 30 octobre 1974 - France
- 30 novembre 1974 - Suède
- 5 décembre 1974 - Espagne
- 13 décembre 1974 - Allemagne de l'Ouest
- 20 décembre 1974 - Finlande
- 5 juillet 1975 - Japon
- 26 mars 1982 - États-Unis (ressortie)
- 2 décembre 1983 - Suède (ressortie)
Sorties vidéo [modifier]
- 6 décembre 1984 - VHS (États-Unis et Québec) avec format 4/3
- 1985 - VHS en Europe avec format 4/3
- 1991 - VHS (Québec et États-Unis)
- Février 1992 - VHS avec format 4/3
- Automne 1994 - VHS et Laserdisc avec format 4/3
- 28 octobre 1994 - VHS (Québec)
- 1996 - VHS avec format 4/3
- 13 Juillet 1999 - VHS (Québec) avec format 4/3 (1:37,1)
- 4 juillet 2000 - VHS et DVD (Québec) Collection « classique or » avec format 4/3
- 26 juillet 2002 - DVD et VHS (Europe)
- 18 novembre 2006 - DVD Collector (Québec)
- 6 juin 2007 - DVD Collector (Europe)
Origine et production [modifier]
Le studio Disney avait déjà réalisé une adaptation de l'histoire de Robin des Bois en 1952 avec des acteurs, sous le titre Robin des Bois et ses joyeux compagnons (1952)[3]. Selon Leonard Maltin, ce film en prise de vue réelle est bien mieux que la version en animation réalisée par le studio en 1973 car il est moins basé sur la comédie, toutefois cette seconde version a éclipsée cette production avec des acteurs[4].
Au milieu des années 1960, alors que Walt Disney validait la production du film Les Aristochats (1970), Ken Anderson propose de prendre un sujet classique, la légende de Robin des bois, et de le traiter d'une nouvelle manière[5]. Cela permet de dater les prémisses de la production à l'automne 1966 car c'est peu de temps avant son décès, en décembre 1966, que Walt étudie les storyboards dessinés par Ken Anderson pour Les Aristochats et en autorise la production[6].
L'animation du film a nécessité 350 000 dessins dont plus de 100 000 cellulos peints et 800 décors[7].
Afin de renforcer l'esprit médiéval du film, le compositeur Georges Bruns a utilisé pour certaines séquences de vrais instruments anciens tels que les cors et le clavecin[7], bien que l'existence de ce dernier ne soit pas attestée avant le XIVe siècle.
Le premier animateur à travailler sur le film est Ollie Johnston qui, alors que le reste du studio travaille sur d'autres projets, entame l'animation du prince Jean à partir du travail vocal de Peter Ustinov et des esquisses de Ken Anderson[8]. Mais au final, le personnage n'est pas l'œuvre de Johnston seul mais d'une douzaine d'animateurs[8]. Respectant un schéma courant chez les méchants de Disney, les mouvement du visage du prince Jean sont lents mais précis — et donc détaillés —, afin d'appréhender l'évolution des idées qui germent dans son esprit. Cette technique avait déjà été utilisée pour la belle-mère dans Cendrillon et le capitaine Crochet dans Peter Pan[9].
Économie d'animation [modifier]
La production du film est marquée pour la réutilisation de nombreux éléments des précédentes productions depuis Blanche-Neige (1937) aux Aristochats (1970). Par exemple lors de la séquence de la fête dans la forêt de Sherwood, certains personnages reprennent des « chorégraphies » imaginées pour d'autres films de Disney[10],[11] :
- Petit Jean et Dame Gertrude : Baloo et King Louie dans Le Livre de la jungle (1967) ;
- Robin et Belle Marianne : Thomas O'Malley et Duchesse dans Les Aristochats (1970) ;
- Belle Marianne : Blanche-Neige dans Blanche-Neige et les Sept Nains (1937) ;
- le chat flûtiste et le lapin batteur : Scat Cat et le chat siamois dans Les Aristochats (1970).
Une explication envisageable est la conséquence du manque d'animateurs expérimentés lors de la production de Robin des Bois. Pour rappel c'est suite au décès fin 1971 de Roy O. Disney frère de Walt et pdg depuis 1966[12], que Ron Miller, gendre de Walt et vice-président de la division cinématographique[13], décide d'aller de l'avant sur le projet de California Institute of the Arts (CalArts)[12]. Le studio entame un projet de formation de nouveaux animateurs avec l'ouverture en 1971 du CalArts à Valencia en Californie[14]. Une classe dédiée à l'animation ouvre en 1972 sur le campus de CalArts[12].
Sortie et accueil [modifier]
Robin des Bois a recueilli autour de 9,5 millions de $ de recettes lors de sa première exploitation et plus encore lors de la deuxième.[réf. nécessaire]
Analyse [modifier]
Pour Bob Thomas, le film n'a rien d'innovant comme précédemment Les Aristochats (1970)[15]. Pour Robin Allan, Les Aristochats comme Robin des bois sont le reflet de la turpitude qui gagne les studios Disney depuis la mort de leur fondateur[16]. Allan ajoute que pour ces deux films les meilleurs animateurs encore présent chez Disney n'ont pas réussi à faire un usage créatif du médium Animation, réutilisant à la place des ressources précédemment produites[16]. Les animateurs préfèrent alors se souvenir de ce que Walt Disney appréciait au lieu de prendre leurs propres décisions[16]. J. P. Telotte écrit lui que Les Aristochats et Robin des bois font partie des projets réalisés avec peu d'efforts par les animateurs pendant 15 ans après la mort de Walt Disney[17].
Autour du film [modifier]
- La scène dans laquelle Triste Sire essaye d'hypnotiser le prince Jean n'est pas sans rappeler Kaa essayant d'hypnotiser Mowgli dans Le Livre de la jungle (1967). Par ailleurs, les « dents du bonheur » de Triste Sire sont un hommage au comédien Terry-Thomas qui l'incarne dans la version originale du film.
- Lorsque, dans la forêt de Sherwood, Robin prépare à manger en pensant à Belle Marianne, il fredonne l'air de la chanson Hier deux enfants.
- À l'origine du projet, frère Tuck devait être un cochon. Mais la production a redouté une protestation des autorités religieuses.
- La cloche de la chapelle de frère Tuck est une vraie cloche qui a été filmée puis ajoutée en postproduction.
- Le manteau du prince Jean est le même que celui du roi Léonidas dans L'Apprentie sorcière (1971).
- Lors de son mariage, Belle Marianne est entièrement vêtue de blanc. Or, les robes de mariage blanches n'existaient pas au Moyen Âge. De même, les lunettes à branches de la veuve Lapin et les culottes bouffantes que portent Belle Marianne, dame Gertrude et la sœur aînée de Bobby n'existaient pas non plus à cette époque.
- Peter Ustinov, qui incarne la voix du prince Jean dans les versions anglaises et allemandes du film, a avoué qu'il avait pour cela parodié son rôle de l'empereur Néron dans le film Quo Vadis (1951).
- Les voix originale et française de Petit Jean sont les mêmes que celles de Baloo dans Le Livre de la jungle. Elles appartiennent respectivement à Phil Harris et Claude Bertrand. De plus, en dehors de la couleur de leur poil et de l'aspect de leurs pattes avant, les deux ours se ressemblent beaucoup.
- Michèle André, qui prête sa voix à Belle Marianne dans la version française du film, avait déjà été la voix de Duchesse dans la version française des Aristochats (1970) ; quant à Philippe Dumat (la voix française du prince Jean), il sera également la voix de Snoops dans la version française des Aventures de Bernard et Bianca (1977) et la voix du docteur Dawson dans la version française de Basil, détective privé (1986).
- Les personnages de Robin des Bois apparaissent régulièrement dans la série télévisée Disney's tous en boîte.
- Le prince Jean d'origine, objet de la légende, était certainement un personnage moins grotesque que celui du film de Disney. Quand le roi Richard est rentré de croisade, Jean a finalement été désigné comme son héritier légitime et a régné pendant dix-sept ans. Il est connu pour avoir signé — certes contre son gré — la Magna Carta, fondement de la monarchie constitutionnelle et de la démocratie moderne. Jean est néanmoins considéré dans le folklore comme l'un des plus mauvais rois de l'histoire d'Angleterre. À titre de référence historique, la « maman » que le prince Jean du film de Disney réclame en pleurnichant et en suçant son pouce n'est autre qu'Aliénor d'Aquitaine — un des personnages du film Robin des Bois et ses joyeux compagnons, réalisé en prises de vues réelles par Disney en 1952.
- Dans la version française du film, Robin s'adresse par deux fois à Belle Marianne en l'appelant « ma mie », forme abrégée de « mon amie » en ancien français.
- Les cibles du tournoi d'archers sont du même modèle que celles du film de 1938 avec Errol Flynn.
- À la fin du film, on entend les mêmes cloches de mariage que dans Cendrillon (1950).
Titre en différentes langues [modifier]
- Anglais : Robin Hood
- Bulgare : Робин Худ (Robin Houd)
- Chinois : 罗宾汉 (Luóbīn Hàn)
- Espéranto : Kapuĉa Robĉjo
- Grec : Ρομπέν των Δασών (Robén ton Dhasón)
- Japonais : ロビン・フッド (Robin・Fuddo)
- Russe : Робин Гуд (Robin Goud)
- Vietnamien : Robin rừng xanh
Notes et références [modifier]
- (en) Robin des Bois (film, 1973) sur l’Internet Movie Database
- (en) Dave Smith, Disney A to Z: The Updated Official Encyclopedia, p. 21
- (en) Leonard Maltin, The Disney Films : 3rd Edition, p. 105.
- (en) Leonard Maltin, The Disney Films : 3rd Edition, p. 107.
- (en) Christopher Finch, The Art Of Walt Disney, p. 127.
- (en) Christopher Finch, The Art Of Walt Disney, p. 126.
- (en) Dave Smith, Disney A to Z: The Updated Official Encyclopedia, p. 473
- (en) Christopher Finch, The Art Of Walt Disney, p. 128.
- (en) Frank Thomas et Ollie Johnston, Disney Animation : The Illusion of Life, p. 467
- (en) David Koenig, Mouse Under Glass, p. 151.
- Quelques points communs entre différents Walt Disney, 1 juil. 2008
- (en) David Koenig, Mouse Under Glass, p. 139.
- (en) Leonard Maltin, The Disney Films : 3rd Edition, p. 259.
- (en) Leonard Maltin, The Disney Films : 3rd Edition, p. 265
- (en) Bob Thomas, Disney's Art of Animation : From Mickey Mouse to Beauty and the Beast, p. 111.
- (en) Robin Allan, Walt Disney and Europe, p. 252.
- (en) J. P. Telotte, The Mouse Machine: Disney and Technology, p. 143
Liens externes [modifier]
- (en) Robin des Bois sur l’Internet Movie Database
- Robin des Bois : les dessins originaux sur Disney-Archive
- Robin des Bois sur Ultimate Disney
- Archives DisneyOnline