Jazz punk

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Jazz punk

Origines stylistiques Avant-garde jazz, free jazz, hardcore punk, jazz fusion, no wave, punk rock, post-punk
Origines culturelles Milieu des années 1970 ; Drapeau des États-Unis États-Unis
Instruments typiques Basse, batterie, chant, clarinette, guitare, piano, saxophone, trompette, trombone

Le jazz punk est un sous-genre de la musique punk dans laquelle les éléments de jazz et de punk rock sont fusionnés. Des groupes comme The Plot To Blow Up The Eiffel Tower, Nomeansno, Television, The Minutemen ou les Bérurier Noir sont les premiers groupes punk à avoir utilisé des éléments de jazz.

Histoire[modifier | modifier le code]

Années 1970[modifier | modifier le code]

Patti Smith, qui tente (sans succès) de collaborer avec Ornette Coleman, et Television, permet le développement d'un genre de punk d'improvisation orienté vers le jazz[1]. Lol Coxhill enregistre également avec The Damned[2]. Dans le Maine, The Same Band se structure comme groupe de jazz punk, et devient actif entre 1977 et 1980[3],[4].

Années 1980[modifier | modifier le code]

James Chance à Berlin, 1981.

À Londres, The Pop Group commence à mélanger free jazz et dub reggae à leur style de rock punk[5]. Nick Cave explique que la chanson de The Pop Group, We Are All Prostitutes, a particulièrement inspirée son groupe The Birthday Party. À New York, la no wave s'inspire directement du free jazz et du punk. Des exemples de ce style incluent Queen of Siam de Lydia Lunch[6], le style de James Chance and the Contortions, un mélange entre soul et free jazz et punk[6], Gray, et les Lounge Lizards[6], le premier groupe à s'autoproclamer « jazz punk ». Bill Laswell deviendra une figure importante du jazz punk (grâce à son inspiration du dance-punk, dub et autres genres) avec son groupe Material, qui mélange funk-jazz et punk[7], et l'un de ses autres groupes, Massacre, qui fait usage de rock agressif d'improvisation[8]. Laswell devient membre des groupes Last Exit[9], et Pain Killer[10]. James Blood Ulmer a également des liens avec la no wave[11].

Bad Brains, connu pour avoir établi les rudiments du style hardcore, se lance dans le jazz fusion[12]. Le guitariste Joe Baiza exécute son propre mélange de punk et free jazz avec Saccharine Trust et en particulier avec Universal Congress Of, un groupe inspiré des chansons d'Albert Ayler[13]. Greg Ginn de Black Flag commence également à incorporer des éléments de free jazz dans ses morceaux de guitare, et notamment dans l'EP instrumental de Black Flag The Process of Weeding Out, sorti en 1985[14]. Henry Rollins soutient le free jazz en faisant paraître les albums de Matthew Shipp sur son label 2.13.61[15] et en collaborant avec Charles Gayle[16]. The Minutemen s'inspirent du jazz, du folk et du funk, et Mike Watt du groupe explique s'inspirer de John Coltrane[17].

Le punk australien est particulièrement ancré dans la tradition jazz punk. Les Laughing Clowns, produit une esthétique sheets of sound (en) free jazz similaire à celle de Sun Ra, Pharoah Sanders, et John Coltrane[18]. Les premiers projets punk d'Ollie Olsen s'inspirent également du free jazz, en particulier d'Ornette Coleman[19]. The Birthday Party incorporent des éléments jazz variés au début des années 1980 ; leurs chansons extraites de l'album Junkyard sont catégorisées dans les genres no-wave, free-jazz, et punk[20]. Les groupes australiens sont catégorisés dans le genre « desert jazz »[21].

Le groupe anarcho-punk néerlandais the Ex incorpore également des éléments de free jazz, en particulier de musique improvisée européenne, et collabore par la suite avec Han Bennink[22]. La chanteuse greco-américaine Diamanda Galás s'approche aussi de la tradition jazz thématiquement et stylistiquement transgressive. Son album The Singer est un exemple prototypique de jazz punk mélangé à des morceaux de chant et de piano. Le bassiste de Nick Cave and the Bad Seeds Barry Adamson a enregistré l'album Moss Side Story, qui inclut également une perspective punk et noise rock mélangée à du jazz orchestral[23].

Le free jazz influence significativement la scène post-hardcore américaine au début des années 1990.

Jazzcore[modifier | modifier le code]

Quelques groupes de jazz punk sont catégorisés jazzcore comme Zu, Pain Killer, Ephel Duath (à leurs débuts) et autres. Le genre mélange jazz et punk hardcore ou parfois le metalcore.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Stephen Thomas Erlewine, « Television bio », sur AllMusic (consulté le 25 mars 2012).
  2. (en) "Burt MacDonald with Lol Coxhill" LIST.CO.UK, 2008
  3. Joe Harrington, « The Same Band: Inventors of Punk (Who Knew?) », Kapital Ink,‎ (OCLC 297170614).
  4. Byron Coley et Thurston Moore, « The Top 80 of 2006 », BullTongue, no 26,‎ (lire en ligne).
  5. (en) Dave Lang, février 1999. Perfect Sound Forever. consulté le 15 novembre 2008.
  6. a, b et c (en) Bangs, Lester. Musician Magazine, 1979. Free Jazz / Punk Rock, consulté le 20 juillet 2008.
  7. Jason Ankeny, Material bio, Allmusic Guide
  8. (en) Rick Anderson.
  9. (en) Last Exit sur AllMusic.
  10. (en) Steve Huey.
  11. (en) « James Blood Ulmer Biography », Musicianguide.com (consulté le 15 août 2012).
  12. « Bad Brains », Punknews.org,‎ (consulté le 15 août 2012).
  13. (en) Charles Michael Sharp, Improvisation, Identity and Tradition: Experimental Music Communities in Los Angeles, ProQuest,‎ 2008 (ISBN 9781109123777, lire en ligne), p. 224.
  14. « www.citizine.net » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), consulté le 15 août 2012.
  15. LOkennedyWEBdesignDOTcom, « Matthew Shipp », Matthewshipp.com (consulté le 15 août 2012).
  16. « Charles Gayle Biography », Musicianguide.com (consulté le 15 août 2012).
  17. Charles Michael Sharp, « Improvisation, Identity and Tradition: Experimental Music Communities in Los Angeles », ProQuest,‎ (consulté le 24 avril 2014).
  18. (en) The Laughing Clowns play at Brisbane's GoMA.
  19. (en) Dogs in Space: Crew
  20. (en) The Birthday Party
  21. (en) Australian Punk: The Birthday Party
  22. (en) All About Jazz, « Jazz article: “Misha Mengelberg and Han Bennink in Berlin” by Alexander J. Beissenhirtz », Allaboutjazz.com (consulté le 15 août 2012).
  23. (en) « Barry Adamson | Interview » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), 12 août 1998, consulté le 15 août 2012.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Berendt, Joachim E. (1992). The Jazz Book: From Ragtime to Fusion and Beyond. Revised by Günther Huesmann, translated by H. and B. Bredigkeit with Dan Morgenstern. Brooklyn: Lawrence Hill Books. The Styles of Jazz: From the Eighties to the Nineties, pp. 57–59. (ISBN 1-55652-098-0).
  • (en) Byrne, David, et al. (2008). New York Noise: Art and Music from the New York Underground 1978–88. Soul Jazz Records. (ISBN 0-9554817-0-8).
  • (en) Hegarty, Paul (2007). Noise/Music: A History. Continuum International. (ISBN 0-8264-1727-2)
  • (en) Heylin, Clinton (1993). From the Velvets to the Voidoids: The Birth of American Punk Rock. (ISBN 1-55652-575-3)
  • (en) McNeil, Legs and Gillian McCain (1997). Please Kill Me: The Uncensored Oral History of Punk. Grove Press. (ISBN 0-8021-4264-8)
  • (en) Masters, Marc (2008). No Wave. Black Dog Publishing. (ISBN 1-906155-02-X)
  • (en) Mudrian, Albert (2000). Choosing Death: The Improbable History of Death Metal and Grindcore. Feral House. (ISBN 1-932595-04-X)
  • (en) Reynolds, Simon (2006). Rip It Up and Start Again: Postpunk 1978–1984. Penguin. (ISBN 0-14-303672-6)